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Gérard Quenot/Luc Fourichon sur « Nauti-stock.com » JPK 1010

3ème double de la première étape Transquadra 2011

Le bateau a totalement confirmé ce que nous pensions. Nous ne l’avions encore essayé ni en haute mer, ni au portant dans la brise… Un régal !…

Un comportement sain, très maniable dans les surfs (record à battre = 19,5 nds au speedo), un plan de pont où tout est naturellement à sa place, un intérieur pratique et facile à vivre…, Bref, tout ce qu’il nous fallait pour étaler une météo « à records » et une mer à faire regretter la croisière côtière. Parce qu’on a beau appeler ça les Alizés Portugais, avec un vent bien établi – quoi qu’oscillant en force et en direction –… la mer, elle, n’était ni établie ni franchement agréable : entre pas assez formée pour bien surfer et «un peu trop dans tous les sens ».

Ces 5 jours et demi, nous les avons passés à l’attaque tout le temps. Même un peu trop pour nos spis. Avec des quarts raccourcis à une heure, pour ne rien lâcher pendant que d’autres levaient un peu le pied la nuit. Sans trop concéder sur la gastronomie à bord, et sans se refuser une petite bouteille de champagne pour fêter l’anniversaire de Luc devant le Cap Finisterre (rare période de petit temps)Et le résultat est là : Podium !…Malgré le manque cruel du grand spi le dernier jour, nous sommes 3èmes, pas bien loin des deux qui nous précèdent en temps compensé. Le tout avec un paquet de concurrents franchement sérieux (et sympathiques) qui ne lâchaient rien non plus.

Quelques détails sur la course…
Tout d’abord une semaine de préparation d’avant-départ, au pied de la base de sous-marins de Saint-Nazaire. Tout vérifier, installer le matériel de sécurité « off-shore », assurer toutes les manilles, scotcher… Notre bateau était un tel chantier que Jean-Pierre Kelbert, qui rendait une petite visite, n’a pas osé y entrer.
Jean-Pierre, on t’assure, on a rangé avant de partir – Dernières vérifications de l’informatique et de l’Iridium (Merci à Guillaume, notre support Geolink pour sa patience même pendant ses congés).Ces quelques jours étaient aussi l’occasion de goûter l’ambiance particulière de la Transquadra : « rencontres, échanges, solidarité ». Outils, tuyaux au propre comme au figuré, huile de coude, et même jambon basque… le partage entre concurrents va bon train.
Nous voilà donc prêts à partir de Saint-Nazaire lundi 11 juillet, 24 heures après l’horaire prévu suite à quelque conflit chez le personnel portuaire.Prévisions : Petit temps pour un début en douceur, mais le vent doit rentrer de NW dans les heures qui suivent. Pour que le public puisse apprécier le départ, l’organisation a prévu un petit parcours le long de la côte. Bonne idée pour répéter les empannages, mêmes si les suivants ne se feront que beaucoup plus tard. Car la traversée du Golfe de Gascogne s’annonce plutôt tout droit, au largue serré ou au travers.
Départ donc. Pas tonitruant pour ce qui nous concerne. Mais la route est longue, ce n’est pas une banane… Série d’empannages en douceur, et la flotte commence à s’étaler en mettant le cap au SW. Tout va bien, même si quelques amateurs de petit temps vont un peu trop vite à notre goût.
Traversée du Golfe. Là ça devient moins tranquille, mais c’est tout droit ou presque. Spi médium, code 5, code 0, génois, presque toute la garde robe y passe. Merci à Bernard Mallaret et à ses voiles Delta magiques. Parce que ça va vite ! Le cap Ortegal est déjà là ! On est pas mal !… 2èmes en compensé… Pas mal du tout même !…
Et là il faut choisir… Au plus court près de la côte ? au large ?… Maître Bernot déconseille fortement le ras de la côte par vent de Nord. Nous n’irons pas y risquer les effets de coussin… Au large alors ?… Mais pourquoi ce vent n’est-il pas comme annoncé sur les fichiers ?… Prudence ! Ne pas jouer les extrêmes… On le saura après, c’était effectivement prudent. Même si quelques-uns profitent de la molle pour s’échapper (bravo à « Night and Day » ! Et nous qui pensions que le JPK 960 n’était pas à l’aise dans le petit temps…), on comprend qu’on vient d’échapper à une dorsale en formation. Et on s’en sort pas si mal.
Pour la suite, les Alizés Portugais jusqu’à l’arrivée. Ca oscille (vent irrégulier entre 20 et 30 nds). C’est pas confortable. Mais ça va vite et c’est tout schuss jusqu’à Porto Santo.

La seule question est : quand réduire ?… Comme déjà dit, nous décidons d’attaquer. Spi médium, spi lourd… A fond !… Et ça paie : nous grignotons des places, surtout la nuit. Les frères Croyère restent intouchables en temps réel, mais ne s’éloignent plus beaucoup. « Night and Day » est toujours en tête en compensé (encore bravo !), mais nous voit revenir dans le rétro : Nous leur reprenons 5 milles par jour. Nous avons nos chances…Mais un peu trop gourmands peut-être. La mer est courte et un peu dans tous les sens. Elle entraîne quelques sorties de pistes. Le spi lourd ne se remet pas d’un méchant départ au lof. Et la dernière nuit, le spi médium décide de céder pour nous aider à sortir d’un mauvais départ à l’abattée. Dommage ! Le fichier position du petit matin nous montre que nous sommes passés 3èmes en temps réel, à seulement 1,5 mille de « Night and Day »… Mais le vent mollit et nous n’avons plus que le code 5 pour mettre un peu de toile devant. Ce n’est pas assez, et 20 nœuds de vent nous semblent de la pétole.
Le dernier jour sera donc dur pour le moral. Les premiers s’échappent, d’autres nous repassent devant, les poursuivants se rapprochent. Mais nous limitons les dégâts. L’arrivée se fait de nuit, dans les rafales et le crachin. 5èmes en réel, 3èmes en compensé…

Heureux !…

Un grand merci à Jean-Pierre pour ses conseils et la qualité de son travail ainsi qu’à Jacques Valer qui a une fois de plus conçu un bateau sain et performant, à Delta Voiles pour la garde-robe (on ramène un peu de couture à la maison, mais c’est de notre faute), et à nos partenaires Nauti-stock.com et Segula Technologies qui nous soutiennent dans cette belle aventure.
Nous avons bien quelques petits trucs à régler pour la deuxième étape mais rien de bien méchant : trouver les bons réglages du pilote, prévenir l’usure de quelques drisses (maladie qui a touché une bonne partie de la flotte sur cette étape). Cette deuxième manche s’annonce palpitante. Nos concurrents ne se laisseront certainement pas faire mais ils savent qu’ils peuvent compter aussi sur nous.
Rendez-vous le 28 janvier à Porto Santo… et quelques jours plus tard en Martinique …

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