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Pascal Loison/Nicolas Pasternak sur « Night and day » JPK 960

Vainqueur double de la première étape Transquadra 2011

Je pense que notre bon résultat doit en bonne partie à notre option de départ dans le Golfe qui a été de rester au nord de la route directe.

Il y avait une dépression orageuse au sud qui remontait vers nous pendant la première nuit de course; lorsque la bascule de nord à nord-est engendrée par le passage de ce front orageux est arrivée, beaucoup ont mis le spi, nous  avons mis un code 5 et l’avons affalé relativement tôt pour repasser au reaching sous génois. Beaucoup sont restés sous spi un peu plus longtemps, sont allés un peu plus sud, et je crois qu’il était important de ne pas le faire. Les fichiers montraient assez clairement que le lendemain le vent serait un peu plus faible et un peu plus refusant si on était plus sud et les fichiers minorent assez souvent ces phénomènes par rapport à la réalité en « lissant » les bascules et les variations de force du vent. Donc, nous avons ensuite bénéficié d’un vent plus fort, moins refusant, même si aucun des « sudistes » n’a été obligé de virer ou de faire du près serré, je pense que l’explication de notre très bon classement à l’approche de l’Espagne est dans cette option (sans parler des qualités du bateau que JP connait et dont il peut parler aussi bien et même certainement mieux que moi).

Au nord-ouest de l’Espagne, on n’a certainement pas été les meilleurs. Philippe Vicariot  explique très bien ses états d’âme vis à vis du  » coussin » prévu par Maître Bernot (vent de nord ouest sur la côte espagnole), coussin qui était en fait associé à un bon thermique à la côte qui a permis au A 35 « Galatée », notamment de nous en mettre plein la vue à ce moment là en prenant la corde dans le virage. Cela dit, on n’a pas non plus été les plus mauvais, à ce moment là on était à touche-touche avec le JPK 110 « Ederlezi » dont la présence stimulante nous a fait nous arracher un peu et, même si c’était pas le temps du bateau , on est sortis de ce contournement de la pointe espagnole en conservant une certaine avance sur « Ederlezi « et « Victoria », ce dernier s’en sortant quand même  mieux que nous et reprenant une bonne partie de son retard.

Dans les alizés portugais, on se savait très bien en temps compensé et on a laissé les autres prendre des risques; on n’est surtout pas allé  chercher trop la cogne près du Portugal, préféré 22 noeuds de grib maxi à 26 ou 27 qu’on pouvait espérer un peu plus près du Portugal, ce qui nous a permis de faire zéro départ au tas et zéro accrocs de spi; il y a quand même eu des passages où  » ça allait fort », avec des vitesses « supersoniques » permises par  un spi symétrique lourd de Figaro 2, à la fois très solide et bien grand qui tenait le coup par 35 noeuds et restait présentable par 20 noeuds; encore fallait-il avoir un bateau qui puisse descendre près de la panne sans risquer le départ à l’abattée. Je pense que tous les bateaux ne peuvent peut-être pas tirer le même parti de ce type de spi que « Night and day ex-  » Léon », mais bon on va arrêter de faire des compliments au 960 sans ça tu ne vas pas arriver à vendre des 1010 !
Nos seules angoisses, cela a été « Nauti-stock », qui revenait très fort et dont nous ne nous méfions pas assez quand on a passé Finisterre tellement il nous semblait « lojn » (mais ça va vite un 1010), et   la ligne de casiers qu’on a pêchée 5 milles avant l’arrivée; on venait d’avoir le classement de 21 heures, qui nous rassurait sur « Nauti-stock » (on a appris après coup qu’ils n’avaient plus de grand spi), le moral était donc très élevé, on avait quasiment vendu la peau de l’ours, et là dans la nuit bien noire, le bateau s’arrête, repart à 5 noeuds (mais il allait à 9 avant), et la mer est illuminée par les flash-lights de la bouée (énorme) qu’on trainait, coincée sous le bateau; même si on a pensé que le comité d’accueil faisait bien les choses et nous offrait un « son et lumière » pour l’arrivée, ça nous a fait perdre pas loin d’une demi heure, la seule façon de s’en débarrasser ayant été d’affaler le spi, de faire une belle marche arrière à la voile, de couper le bout et…….. d’attendre que le vent revienne car on s’était tellement abrités au ras de l’ilöt Cima pour faire cette fine manoeuvre qu’on a un moment cru qu’on allait y rester tanker toute la nuit….On imaginait pendant ce temps là les Croyère, déjà arrivés, qui buvaient des bières et commençaient à y croire, et « Victoria » et « Nauti-stock » qui allaient nous faire l’extérieur, bref les pêcheurs portugais ont dû avoir les oreilles qui sifflent ….
Merci encore à Jacques Valer d’avoir dessiné un  » très bon bateau de vieux », et à JP Kelbert de l’avoir habitué à aller vite dans la bonne direction; je l’adore ce bateau,surtout quand il y a de la brise !

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