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Récit de Noel Racine « Foggy Dew » – Transquadra 2022

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La Transquadra est terminée depuis un mois, les effluves du rhum commencent à s’estomper, peut-être est-il temps de revenir sur ce que fut cette aventure. Au départ de Madère la situation est simple, nous sommes troisième de la première étape, en position idéale pour la seconde étape en théorie avec notre bateau dernière génération un peu plus typé pour le portant. Mais voilà la théorie a des ratés cette année car les alizés sont aux abonnés absents . Le jour du départ il faut se rendre à l’évidence, un système dépressionnaire (onde d’est) siphonne l’alizé dans le sud ce qui nous barre la route vers le soleil, donc cap au nord-ouest pour contourner ce système par le nord, et pour corser l’addition une dépression descend du NW et devrait venir fusionner avec l’onde d’est nous obligeant à la passer aussi par le nord, avec entre les deux une zone de transition à négocier. La partition est claire, a nous de l’interpréter sans fausse note, on va s’appliquer… La première difficulté qui se présente après le départ est le devant de Madère qu’il faut négocier au plus court en évitant de tomber dedans, c’est subtil mais il faut avoir à l’esprit qu’il vaut mieux faire trois milles de trop que de risquer de se faire encalminer et perdre beaucoup plus. Une fois le devant contourné, empannage et cap au NW pour passer au dessus de la première dépression. Le vent va progressivement monter à 25/30 noeuds la seconde nuit. L’absence de lune,  les nuages , la plume nous feront connaitre nos premières heures de stress et nous découvrons un peu notre bateau dans ces conditions de vent fort que nous avons peu pratiqué avant. On fera même un speed test avec notre meilleur adversaire, Alex Ozon qui nous donne quelques éléments de réponse, car il va diablement vite a certaines allures ce « Sapristi ». Vient ensuite une zone de molle entre les deux systèmes dépressionnaires et là nous allons faire le break, d’abord sous J3 (mais tout le monde ou presque n’a plus qu’un petit génois sur cette étape  puis sous notre A3 qui fait toujours autant merveille. Nous serons parmi les premiers à toucher le nouveau vent et ainsi nous échapper. La troisième difficulté à été le contournement par le nord de la deuxième dépression avec surtout sur son avant le front froid associé, générant quelques bonnes rafales à 35 noeuds et plus pendant quelques heures avant la délivrance et la possibilité de descendre en ligne directe vers la Martinique. On aurait pu se croire sorti de l’auberge, et bien non, rapidement les premiers grains apparaissent, il ne paient pas de mine, gris clairs et pas noirs ils se révèlent particulièrement virulents et ne nous laisseront aucun repos jusqu’à l’arrivée. Pour couronner le tout voilà notre ami Alex qui se rappelle à notre bon souvenir en revenant sur nous, alors qu’avec plus de 100 milles d’avance sur le second double , on la jouerait bien tranquille, il est vraiment intenable le garnement. En conclusion on arrive avec un bateau et des voiles en superbe état, les avaries se limitant à une balancine de tangon endommagée, les mâchoires de tangon côté mât légèrement abimées et plus gênant un palonnier de pilote qui glissait sur la fausse mèche et qu’il a fallu recaler une bonne dizaine de fois, mais rien de rédhibitoire. Tous les deux, nous sommes contents et fiers de la copie que l’on a rendue, mais on doit aussi saluer la performance de quelques équipages, les solo Alex Ozon , Pierrick Penven et Paolo Mangionne et les doubles de « Numerobis » et « Eurovoiles » et au dessus de tous le double de « Marcher sur l’eau » pour sa belle leçon de vie. La suite c’est la douceur des iles et elle se dissout dans les vapeurs du rhum. Noel

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