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Transquadra

A bord de "Léon" Transquadra 2017/2018

Clap de fin !

Avec 5 bateaux sur les 6 places des podiums, le chantier a réussi un joli carton plein sur l'édition 2017/2018 de la Transquadra.

Chez les doubles, la victoire revient à Ogic, le JPK 1010 mené par Fabrice Sorin et Pascal Chombart de Lauwe devant Agence directe le JPK 1080 de François-René Carluer et Gwenael Roth. A la 3eme place sur le podium, un récidiviste, le JPK 1010 Nauti sport de Gerard Quénot et Jérôme Apolda, vainqueur en 2012.
Le match a été très serré entre Ogic et Agence directe avec un écart très faible de 35 minutes à l'issue des 2 manches. François-René et Gwen y croyaient pourtant en arrivant au Marin avec une fin de course "engagée" et un rythme fort dans les conditions mouvementées des 3 derniers jours. Ils pensaient avoir fait le break sur Ogic mais c'était sans compter sur la pugnacité de Fabrice et Pascal clairement venus sur la Transquadra pour la gagner. A la barre 95% du temps pour faire sur chaque vague un léger gain sous le vent, sans cesse aux réglages le terrible duo a effacé une entame de course en demi teinte pour finir en beauté une épreuve dominée depuis le prologue à Lorient. Le coach Corentin Douguet, gendre de Pascal, peut avoir le sourire, ils ont bien assimilé tout le travail de préparation et fait preuve d'un mental d'acier. Gérard Quénot connait son JPK 1010 par coeur, il était un des premiers acquéreurs en 2010. Toujours présents aux avants postes, Gérard et Jérôme ont surmonté les problèmes (petites casses matérielles) pour arracher la place sur le podium au A 35 Malouane. Les grands animateurs de la 1ere semaine, François Valraud et Daniel Péponnet sur le 1080 Bouznik en tête la 1ere semaine ont dû lever le pied suite à des soucis consécutifs à de méchants départs à l'abattée. Bout dans l'hélice, palonnier de safran désaxé, spi abîmé, Bouznik changera de mode à contre coeur dans les derniers jours. LS Résa d'Olivier Burgaud et Louis Lagadec longtemps à jouer le podium terminent finalement 6eme et nourissent quelques regrets notamment sur la 1ere manche "à côté". La Transquadra est une course par élimination et la constance est vraiment le point commun des bateaux terminant sur le podium. Eviter les écoeuils, avoir toujours une vitesse moyenne élevée, surmonter les problèmes et les petites casses, la formule est simple à comprendre mais plus délicate à appliquer !
En solo, je me suis déja bien répandu sur le sujet mais clairement il y avait un obstacle infranchissable pour moi sur cette édition. Alex remporte donc sa Transquadra après 2 ans d'intense préparation et une fusion totale avec son ultra light Beepox, bateau de 15 ans d'âge inconnu des podiums car aussi efficace au portant que handicapé sur tous les autres types de parcours notamment le vent dans le nez.
C'était vraiment SA course car il est fort probable que les organisateurs interdisent à l'avenir les bateaux aux DLR trop bas (rapport longueur/poids) pour garder une certaine homogénéité à la flotte. Dès les 1eres heures de course dans 25/30 nds abattus et malgré mon spi max, je voyais Alex me rendre 1 mille par heure. A un moment, je me suis dit qu'il finirait 1 jour devant moi ! Aucune frustration cependant car j'ai l'impression d'avoir donné le maximum et à part 12 h sous foc tangonné, j'ai toujours poussé le bateau à 100% de mes polaires. Je me suis senti parfaitement en phase avec mon "Léon" qui est franchement un bateau génial. Il est désormais vendu à Peter Mc Whinnie naviguant à New york et je le regrette déjà !
Sur le podium, Wasabi le JPK 1010 de Stéphane Bodin n'a vraiment pas volé sa place en mettant toute l'intensité qu'on lui en sait capable de mettre dans l'exercice du solitaire. Sans quelques petits soucis de casse et autre, Stéphane aurait été encore plus dangereux. Chez les solitaires, les Rochelais ont vraiment fait fort car Alex et Stéphane font partie du Team La Rochelle mais également le 4eme le SF 3600 Be happy de Frédéric Couture (et Gérard Quénot également 3eme double) peu expérimenté mais tout à fait "dans son élément". A noter qu'ils sont tous entrainés par Marc Rène ainsi que beaucoup d'autres ils ont prouvé que les entrainements à plusieurs avec un bon coach était très stimulant et profitable. En solo, une mention spéciale à Patrick Roséo qui à 73 ans réalise la transat parfaite. 5eme en temps réel, il a géré en sage sa course mais en mettant du charbon quand il le fallait (jusqu'à 38 nds sous spi lourd, 1 ris GV sous pilote à l'intérieur sur son pogo 30 !).
Je retiendrai aussi l'ambiance extraordinaire qui règne entre les solitaires et ce bel esprit d'aventure.
Désormais terrien, beaucoup de choses vont nous revenir en mémoire tranquillement au fil des semaines post transat pour continuer de rêver encore et encore...

 

"Léon" JPK 1080
"Léon" JPK 1080

Classement Transquadra 2017/2018

18 - A bord Leon 22/02/18

Ca glisse vite sous la lune en cap direct sur l'ile aux cabrits pointe sud de la Martinique

Jolie récompense que ce moment suspendu où on réalise le bout de chemin qu'on vient de faire avec le sentiment agréable du travail bien fait.

Je ne pensais pas être capable de tenir ce rythme sur toute la traversée, je suis fier de moi ! C'est simple il faut quasi oublier le sommeil pour enchainer les séquences de régate sans baisser de régime. Je suis clairement vidé mais heureux d'avoir poussé jusque là ! Evidemment avec ce degré d'engagement, je suis déçu de ne pas m'être imposé devant Alex Ozon sur Team 2 choc mais j'ai eu l'impression de courir dans une

autre catégorie de bateaux. Dès le départ j'ai assisté impuissant à son décollage et ensuite je me suis concentré sur des objectifs ambitieux mais atteignables avec un focus sur les doubles .

Au final il n'y aura que le figaro 2 à terminer devant, c'est dingue ! 13 jours de régate contact, je me suis régalé. Happy et Enertek en solo sont 80 et 175 milles derrière et
j'aurais pu lever le pied mais j'ai cru à la gagne jusqu'au bout surtout qu'Alex s'est fait une frayeur en arrachant un bout de safran il y a quelques heures ! La course a bien faillit s'arrêter là pour lui ce qui aurait été totalement injuste tant il a mené avec brio et panache son Beepox.
Bravo Alex t'es un géant et tu aurais sans doute gagné sur un autre support (JPK bien sûr !) mais j'aurais été curieux de me confronter à toi sur des bateaux plus ressemblants !
les doubles cravachent derrière moi avec FR Carluer à 20 milles et je suis curieux de voir les écarts qu'il y aura entre Agence directe et Ogic. 1er et 2eme de la 1ere manche je les vois bien rééditer JPK 1010 /JPK 1080. si c'est le 1010 il s'agira de la 4eme transquadra gagnée par ce bateau !
Le futur 1020/1030 sera notre prochaine machine à gagner sur ce type de course mais une discussion de fond s'impose avant avec coureurs et organisateurs pour protéger la flotte existante et faire en sorte que le niveau sportif soit le seul qui établisse la hiérarchie.
Il me reste encore quelques heures avant de retrouver Sophie et les enfants, Jacky et les copains; Alex aussi pour le débrief!
Je donne vite de mes nouvelles et ne donnerais ma place à personne !
bises
jp



17 - A Bord de Leon 22/02/18

Hors Piste Dangereux !

Jusque là, tout allait plutot bien, la nuit a demandé pas mal de boulot avec changement de spi, prise de ris etc ..Juste un bon départ au tas sous spi lourd quand je siestais.

Jusque là, tout allait plutot bien, la nuit a demandé pas mal de boulot avec changement de spi, prise de ris etc ..Juste un bon départ au tas sous spi lourd quand je siestais. Affalage , tout est revenu à bord. Le vent grimpe encore, c'est 28 constant avec claques 30/35. Sous code 5 et avec un ris dans la GV ça gère nickel et ça va très vite.

Le vent se stabilise autour des 30 nds et ce spi fait merveille, il ne charge pas le bateau et ça "droppe fort dans le djebbel" En revanche la mer devient de plus en plus grosse et désordonnée comme si nous étions sur un énorme haut fond ! Ca devient de plus en plus compliqué de faire sa trace dans cette gigantesque marmite.

Alors que je me pose la question d'affaler ( jamais simple quand ça souffle fort) le départ à l'abattée va mettre un terme à cette sacrée chevauchée ! Il est encore une fois très impressionnant mais vu le coup de roulis, le tangon se retrouve planté dans l'eau et casse net au niveau de sa machoire sur le mat ! 30 mn de guerre sur le pont et après avoir coupé la drisse ( la seule qui n'avait pas de sur longueur !!) car le spi chalute dangereusement, je récupère à peu près tous mes morceaux ! Stress et restress, faut être costaud !! Je souffle un peu et attend que la mer se range avant de remettre un pépin.


Là je suis sous Gv 1 ris + solent et c'est très confort ( encore que une déferlante vient de remplir le cockpit !). Je vais en profiter pour récupérer un peu car je suis en forte dette de sommeil .
bises à tous
JP



15- A bord de "Léon" 21/02/2018

encore 2 nuits !

Quelles sont longues ces nuits de tension et quel sentiment agréable on éprouve lorsque le jour se pointe! C'est simple, je n'ai pas laché les écoutes de spi de la nuit car avec le spi max en tête et la mer "pourrie" c'était accrobatique à bord et super piégeant!

Au petit matin, je commençais à avoir des hallucinations, je voyais une barre d'immeuble en bout de bôme et je croyais naviguer avec Gérard Quénot à bord !! Du gros n'importe quoi surtout que cela ne m'est jamais arrivé.
Je voulais cravacher à fond tant que le vent permettait de porter le grand spi et breaker un peu sur mon groupe de chasse . A priori, j'ai bien géré car 0 sortie de route + 2 grains à 30 nds passés sur le fil du rasoir !
Au lever du jour, le vent grimpe encore un peu et la mer devient très forte, j'en profite pour affaler le spi max et envoyer mon spi lourd. Et là tout devient plus cool (trop!), inutile de rester aux écoutes, je vais pouvoir m'affaler sur mon matelas de microbilles et dormir, le rêve !
bises
jp



14- A bord de "Léon" 20/02/2018

rodéo

La lune n'est plus là depuis longtemps et on se sent vulnérable dans cette nuit d'encre à la merci des grains qui vous chassent.

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Premières bouffes nerveuses accompagnées de gouttes de pluie, le rodeo va bientôt commencer. En veille à la table à carte, je vois l'anémomètre grimper de 22 à 26 nds et la pluie commence à tambouriner .
J'enfile la veste et saute dehors pour attraper l'écoute de spi et me caler à l'avant du cockpit .
Je monte le gain du pilote (merci Alex pour tes précieux conseils), je bride encore un peu plus le spi et debout les pieds calés, je régule à l'écoute. 26/28/30nds je ne fais pas le malin avec mon spi max en tête surtout que lorsque la claque arrive le spi fait basculer le bateau qui prend un bon coup de roulis suivi du contre roulis encore amplifié. A ce moment là, le risque est grand de partir en distribil. Choquer un poil d'écoute pour délester l'épaule du spi puis reborder aussitôt pour le brider, le bateau se calme et accélère comme sur des rails.
Là c'est vraiment excellent comme sensation, mélange d'appréhension et d'exaltation. Pendant de longues minutes, le bateau ne bronche plus, comme un cheval bien dressé. Je suis super concentré et ressens parfaitement le bateau qui n'engage jamais de l'avant et reste incroyablement sain (sacré Jacques !).
Quelques minutes plus tard l'anémo commence à redescendre et c'est le soulagement, je n'ai pas été mis par terre. Dans 2 heures, délivrance, il fera jour !
bises
jp

 



13- A bord de "Léon" 20/02/2018

Vie à bord

Côté nourriture, j'avais prévu quelque chose de très simple, peut être trop!!

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Plats cuisinés au bain marie pour l'essentiel. Je m'étais laissé séduire par tous ces noms évocateurs, blanquette de veau, chilicon carne, boeuf bourguignon, petit salé aux lentilles, curry d'agneau en oubliant que je mettais le cap sur les chaudes Antilles ! Pour cette 2eme semaine, clairement les menus me font moins rêver ! Le vrai plaisir culinaire de la journée était de savourer une bonne orange juteuse (il m'en reste encore 2). Mais ne vous inquiétez pas, j'ai largement de quoi tenir avec dans le stock encore 12 boites de paté henaff que m'a donné Mamou !
Finalement la journée a été assez calme à part 2 alertes aux grains. Là ça change de ton surtout qu'à la VHF ce matin j'entendais Jakata qui s'est retrouvé grand spi en l'air dans 35 nds puis affalage cata et bateau couché sur l'eau .
A la VHF ca calme un peu tout le monde et chacun y va de ses préparatifs. Les spis de brise sont lainés serrés (je vois encore la petite dame dans la mercerie de Machico me regardant de travers quand je testais la solidité de chaque pelote !), les drisses prêtes à filer tout comme les bras et les écoutes. Le risque c'est de casser du matériel vu la violence des efforts. J'ai validé tout à l'heure avec affalage très tôt dans le grain mais finalement "fausse alerte" car une fois le spi de brise en l'air et 1 ris de pris dans la Gv, le vent est revenu à 20 nds ! C'est la course, 10mn plus tard le grand spi est de nouveau en tête et la GV a perdu son ris.
La nuit s'installe et la jeune lune éclaire désormais la route en début de cycle. C'est superbe, le spi éclairé au dessus de la tête et l'océan face à moi qui miroite au rythme de ses respirations.
jp


carto Transquadra Madère- Martinique

12- A bord de "Léon" 19/02/2018

ça glisse

Ca glisse gentiment depuis hier avec un vent stable autour de 20 nds et une mer bien organisée.

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Je pense à une descente neigeuse tranquille, ambiance piste bleue, avant d'attaquer du plus solide, une rouge demain et sans doute une noire à bosses mercredi avec du hors piste super pentu jeudi et vendredi.
A l'opposé de la nuit précédente, je n'ai absolument pas touché aux écoutes. A part un empannage juste avant la nuit pour mettre le cap sur la Martinique et rester avec mon "groupe d'amis" ! J'en ai profité pour dormir comme une marmotte. Au début, je mettais mon buzzer toute les heures (merci Fred au chantier, il est top mon klaxon) puis en milieu de nuit j'ai tout coupé et au réveil, 5 h plus tard il fait grand jour.
Dans le même temps, le classement va dans le bon sens, donc un très bon bilan de début de journée. Sur le front de la course, le niveau est super homogène et personne ne veut lâcher le moindre mille mais il se dessine comme sur l'étape 1 une certaine hiérarchie.
A la 1ere étape double, Ogic l'emporte au compensé de 15 mn sur Agence directe et il est fort probable que ces 2 équipes seront les vrais "clients" de cette transat. 4eme compensé de la 1ere étape, le 1010 de Gérard Quénot et Christope Apolda "Atlantique loisir" est lui aussi super placé pour jouer le podium. A ne pas oublier, Le figaro 2 Yuzu qui carbure dans "ses" conditions et risque de s'échapper dans les 3 jours à venir mais sa 1ere étape un peu cata risque de lui couter cher.
Quant au "groupe d'amis", je pense que les dernières 48 h vont mettre le bazar dans cette belle vie en communauté et il est impossible de savoir qui sortira du lot.
Chez les solos, Alex gère son matelas d'avance et ne montre pas de faiblesses pour l'instant . Il ouvre la voie pour tout le monde et sa performance restera dans les annales ! C'est juste dingue ce binome bateau/bonhomme !
Dans la catégorie "bateaux normaux" (!) je suis super content de ma course pour l'instant. L'idée était de s'accrocher aux doubles pour être en mode "attaque" en permanence. C'est un peu crevant mais ça fonctionne ! A moins de 20 milles derrière, Frédéric Couture sur "Be happy", fait la course parfaite et s'accroche derrière "Léon" mais je garde surtout un oeil sur "Enertek" de Stéphane Bodin, 3eme de la 1ere étape sur son JPK 1010. Lui aussi fait une course magistrale et il restera dangereux jusqu'au bout avec la grosse baston.
Le vent grimpe un peu, je vais voir là haut comment ça se passe.
Bonne journée
jp


carto Transquadra Madère- Martinique

11- A bord de "Léon" 18/02/2018

Content !

Quelle nuit les amis !

JP Kelbert JPK 1080
JP Kelbert JPK 1080

Déjà toute la journée d'hier demandait d'être bien attentif aux réglages pour négocier la porte de sortie de cette zone de transition. Il fallait idéalement bien en sortir pour emprunter le tapis roulant qui se profile pour les 5 derniers jours.
A chacun sa stratégie, route Sud donc plus loffée pour Bouznik', Agence directe et Yuzu, trajectoire plus ouest pour la plupart des autres.
Mon idée est que même si nous avons légèrement moins d'air à l'ouest, nous allons naviguer plus loffé avec l'intérêt d'être dans un 2ème temps à l'intérieur de la corde pour réduire le nombre de milles à faire. Très à l'aise en speed sur le largue serré, j'avais réussi à prendre quelques petits milles à mes poursuivants mais c'est à la nuit et comme toujours que le scénario va s'écrire.
La ligne de grains va complètement diviser la flotte qui va se retrouver une nouvelle fois très écartée en latéral. Le vent qui souffle sur les bords du grain ont des angles totalement différents et pendant 2 x 1 h je me retrouve à naviguer à 40°de la route.
Angoissant car ça dévie mon cap vers la zone moins venteuse. Spi bordé plat, bateau "sur les portières" j'arrive à sortir du piège et je vois disparaitre mes poursuivants à l'AIS. Motivé en diable je sais que c'est le moment de breaker et d'effacer la frustration de l'autre jour où j'étais resté englué. Les yeux piquent un peu du manque de sommeil mais je suis top content, les choses s'enchainent parfaitement et je suis à 200% !
Ca y est les grains sont derrière, la dernière zone de molle vient d'être négociée et avant l'aube ça y est on peut souffler. Je suis impatient de voir le classement car je sais qu'il va y avoir du dégât !
Le soleil se lève et c'est l'heure où je vais me coucher ...
Bon dimanche
JP


carto Transquadra Madère- Martinique

10- A bord de "Léon" 17/02/2018

Enfin seul !

Il m'en aura fallu de la patience pour faire disparaitre de mon AIS toutes ces taches vertes autour de moi !

La tombée de la nuit a véritablement fait éclater le groupe de 7 dès le 1er passage d'une fine ligne de grains . 1/2 heure plus tard LS resa et Give me five ne sont déja plus à l'AIS.

A suivre un vent changeant en permanence qui oblige à régler et en tous cas interdit tout sommeil. A 2 h du matin, je vois encore Bouznik' décalé dans mon sud suivi par Malouane et Agence directe et je commence a semer Jakata dans mon sillage.
Nouvel épisode très mou avec de nouveau une fine ligne de nuages qui va distribuer des vents totalement différents selon où on se trouve. Au même moment, on croise un cargo "Federal Bristol" qui me harcèle à la VHF, "leone leone leone " et moi je suis avec mon vent qui shifte de partout et avec mon cap qui varie de 40° toute les minutes.
Le philippin (vu l'accent) à la VHF n'est pas content, il se demande à quoi on joue ! 5 h plus tard Bouznik' et AD se trouve 12 milles dans mon sud ouest et ils se sont un peu "fait la malle" quand pour moi, impuissant, le vent m'a poussé sous la route.
Le réveil que j'ai oublié d'activer ne m'a pas aidé non plus ! J'ai dû dormir 2 bonnes heures d'affilée à un moment sensible . Le problème c'est que l'idéal serait de ne jamais dormir !!
Ce matin c'est reparti avec un vent plus stable, sous la route donc plus loffé et rapide.
Au milieu de l'Atlantique, il devient difficile de récupérer ses fichiers et il y a un côté frustrant quand après 5mn de chargement laborieux et à 80% de fichier chargé, la liaison se coupe!
Me voilà de nouveau bien seul avec toute cette immensité et mes 4000 m d'eau sous la quille !
Sinon tout va bien à bord de "Léon" avec chaleur en hausse et 1ers poissons volants. On glisse à 9 nds, l'eau froufroute contre la coque et moi je vais me faire un petit plaisir, m'allonger sur mon matelas billes et fermer les yeux...
Bon WE
JP



9- A bord de "Léon" 16/02/2018

"Là je dis oui!"

Enfin des conditions idéales pour le solitaire. Terminé, les grains sournois, place au ciel dégagé, au vent stable et clément.

12/15 nds de flux de NE c'est un peu faible pour battre le record de vitesse de la course mais quel bonheur de pouvoir se détendre, laisser l'esprit vagabonder et enchainer les siestes sans crispation.

Depuis hier, nous naviguons "collés serrés" à 6 bateaux tous visibles à l'AIS. Bouznik', LS Resa, Jakata, Agence directe, Give me five, Malouane.
Evidemment, ça tchatche dans le micro et la star du début de journée, à l'heure du petit déjeuner, c'est Sophie qui a fait beaucoup d'heureux en distribuant sur les JPK s'entrainant à Lorient, le fameux pain recuit au raisin de chez Viallard et le délicieux gâteau breton idéal avec le café.
Bref, l'heure est à la détente tout en se concentrant sur la marche du bateau. Après mon matelas de milles perdu dans le grain d'hier (je les ai traumatisés à la VHF en leur racontant le piège +++), il faut revenir sur Bouznik' qui en a profité pour s'échapper. 6 milles hier soir, 3.5 ce matin, le compteur tourne dans le bon sens !
A venir la rotation un peu est du vent et une glissade babord amure pour rejoindre les routages qui semblent concordants. Ils annoncent à partir de dimanche un flux ENE plus musclé pour le dernier tiers de course avec la possibilité de retrouver les fameuses sargasses en dessous d'un certain parallèle.
Hier soir, le coucher de soleil était "à tomber" .
Impossible de ne pas être fasciné. Le bateau est déjà dans une quasi obscurité. Le ciel rouge/orange face à moi est flamboyant à l'horizon. Des strats de gigantesques cumulus sont suspendues au dessus de cette bande de feu quand juste en dessous de petits nuages inclinés dans le sens du vent font penser à une interminable caravane nomade en marche laborieuse.
Tout va bien à bord, je profite pour vous.
Bises
jp



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