Transquadra
Philippe Vicariot
Récit de la victoire de "Swinhoé" JPK 1010 en solo
Ça y est on est le 28 janvier, on est à Madère pour la deuxième manche de la Transquadra ! J’attendais ce moment depuis un petit bout de temps.
Je le trouve trop joli ce bateau!
Signal d’attention, départ dans 8 minutes. Je pars sous spi tribord à la bouée, puis empanner au plus vite pour se sortir du dévent de l’île et filer sur la bouée de dégagement devant l’aéroport, Alex Peraud gère bien l’approche de la bouée et passe devant.
On se dégage des molles et courant d’air de l’ile et je passe sous spi de tête avant la nuit, la manœuvre fait perdre peu de temps et je la ferais souvent pendant la traversée, plus tôt grand spi de capelage quand il y a de l’air et des grains, grand spi de tête dans la molle ou pour se refaire au classement, spi lourd (en fait un code 5) quand il y a pas mal d’air. Dans le doute sur le choix du spi, je passe à la taille au-dessus et en même temps je n’oublie pas d’assurer. Résultat pas de départ a l’abattée ni au lof en étant à la barre et il me semble 2 départs au lof sous pilote quand le vent est monté au début d’un grain, mais le bateau est très raide avec le bulbe et le bateau reprend sa route sans avoir à larguer de la drisse de spi.
Puis c’est parti en bâbord pour un long bord toute la nuit, tout le monde va vite, les bateaux sont proches, le lendemain on est toujours au contact, et les jours suivants aussi, c’est très motivant. Les bateaux en double ne vont pas plus vite, ils sont sans doute pénalisés par le poids en plus. Il y a des grains pas très forts avec de belles rotations qu il vaut mieux exploiter et de la molle derrière. J’avais décidé avant le départ de tomber le spi pour les empannages, pour ne pas prendre de risque, mais compte tenu du nombre d’empannages à faire et des situations de contact je change d’avis. Je mets un peu de temps à me resynchroniser et puis ça va mieux, mon génois belge n’assure pas une protection totale pendant les empannages alors je fais gaffe !
Je passe 2 jours au contact avec le SF3200 "Wiliwaw", ils sont dans mon axe derrière, et c’est un bon repère pour la vitesse en plus on se fait une petite causette de temps en temps par VHF et c’est bien sympa. On est bien nord et le vent mollit avec le baro qui monte et mes concurrents de la première manche sont dans le sud il est temps d’essayer de se recaler devant eux.
Malheureusement pour moi ce n’est pas aussi simple, pour y aller je vais perdre du terrain et ça je n’ai pas trop envie. Et puis je passe une journée très mauvaise, ça commence le matin par un gros grain avec beaucoup d’air et un affalage du spi à la limite : Le mieux c’est de profiter du grain pour faire de la route rapide en barrant, mais il ne faut pas casser le spi… Le bateau est très sécurisant par sa stabilité de route et par sa raideur à la toile, spi bien bridé avec les barber il n’y a plus qu’a suivre le spi en barrant.
Derrière le grain il n’y a plus de vent mais un très gros clapot qui secoue le bateau dans tous les sens, la journée se termine par un gros orage avec un grain a 35 nœuds bien tapé et re un affalage limite, j’ai de la chance le code 5 n’aime pas l’eau et il flotte gentiment a la surface de la mer sans se faire accrocher.
Après cet épisode grain, pétole de presque 2 jours, je suis derrière ceux du nord et du sud, ça fait beaucoup…
Il reste la moitié de l’atlantique pour se refaire, le vent rentre et c’est reparti pour les longues glissades et le jeu avec les nuages. Les nuages, il ne faut surtout pas se les prendre dans l’axe, Il faut viser les bords soit en accélérant soit en empannant. Le deuxième problème avec les grains quand ils s’approchent c’est ciré ou t shirt ?
Sous spi quand ça va vite, je dors sur un matelas de bannette du carré que j’installe en diagonale au bas de l’échelle par terre. C’est l’endroit du bateau ou ça bouge le moins et en plus on est en contact avec l’extérieur, mais pas trop.
L’objectif est toujours de faire du sud quand c’est possible et ce genre d’objectif ça fait beaucoup d’empannage. La stabilité du bateau pousse à prendre quelques risques. C’est comme ça que la dernière nuit je fais un méga cocotier en empannant parce que je n’avais pas assez abattu. Le spi attrape le génois belge et la balancine de tangon, il n’y a plus qu’à larguer les 3 drisses (celle du spi, du belge, et du tangon) et se pendre à l’ensemble en espérant que ça veuille bien descendre. Total, une heure sous GV seule qui nous coute sans doute la première place en compensé de la deuxième manche.J’arrive en matinée à l’ilet Cabrit au sud de la Martinique, Il y a 20 ans j’étais là avec mon minitransat.
Les bateaux ont changé pas la mer et les émotions qui vont avec.
Gérard Quénot
Récit de la victoire de "Nauti-stock" en double
La première étape l’a montré. Le bateau a un super potentiel au portant dans la brise, on partait sereins sur ce point. Mais nos concurrents ?... Aussi motivés et déterminés que nous à vouloir gagner, ils n’allaient sûrement pas se laisser faire…
L. Fournichon et G. Quénot vainqueurs en double sur "Nauti-stock" JPK 1010
A l’arrivée de la première manche nous étions 3èmes : seulement 5mn de retard sur l'A31 Victoria, et une heure sur le JPK 960 Night and Day… mais à peine 2 heures d'avance sur le Sprint 108 Roulez Jeunesse, l'A35 Team Winds des frères Croyere et le Sun Fast 3200 de nos amis de Beroki. Autant dire que la bagarre pour la victoire allait être disputée !
Avec autant de prétendants, inutile de vouloir tous les contrôler. Nous avons décidé de faire notre course, et choisi d'appliquer le précepte de maître Bernot « Investir des milles pour gagner du temps », en investissant dès le départ dans le sud. On savait qu'avec cette stratégie, on ne serait pas en pointe les premiers jours. Mais se voir descendre jusqu'a la 47eme place, c’est quand même dur ! Il fallait y croire à cette option !...Après l’empannage, cap sur la Martinique, le moral est remonté en même temps que le classement… Retour dans le paquet de tête, mais pas encore assez sud. Donc on y retourne pour conserver notre décalage Sud
Mais c’aurait été trop facile. La situation météo s'est vite compliquée. Une belle zone de molle barrait la route de toute la flotte…
Nous avons passé pas mal de temps à analyser cette bulle, à chercher la meilleure façon de la traverser… Là !...Un tout petit couloir de quelques milles de large. Sans doute un peu plus venté… On s'est engouffrés dedans, on s'est appliqués à rester à l'intérieur, empannant jusqu'à deux fois par heure dans du vent oscillant. (merci Adrena pour son illustration des oscillations du vent)
Apres 24 h de ce régime, on est sortis devant tous nos concurrents directs. Deuxièmes en temps réel, derrière l'A35 Think Analytic. Ils avaient sans doute fait la même analyse que nous..
Comme la dorsale anticyclonique au cap Finistère pendant la première manche, cette molle a fermé le passage à niveau. Seul Victoria est sorti à quelques milles derrière nous.
Entre Victoria et nous la bataille pour la victoire était lancée. Elle allait durer 7 jours.
Une semaine de marquage où nous avons échangé virtuellement la première place. Où chaque mille perdu est une défaite, où chaque mille gagné est une victoire.
On essaie de « tricoter à l’endroit » dans les oscillations des marées barométriques.
A 24h de l'arrivée, au petit matin, belle surprise : on croise juste devant Victoria, et juste derrière l'A35 Cruse Control. Eux ils revenaient d’une option extrême au sud. Belle prise de risque qui a payé.
Encore 24h de course et un avantage d'un peu plus de 2 heures en temps compensé.
La stratégie était simple : ne pas casser ! Donc affalage sous les grains.
Erreur ! Il n'y a pas de vent après le grain. Résultat plusieurs milles perdus sur Victoria.
Dernier grain, on décide d'empanner pour rester du "bon côté du grain".
Nouvelle erreur, le grain est déjà sur nous. Cafouillage à l'affalage et le tangon perce le spi.
Heureusement Delta Voiles nous avait fourni des bandes d'insigna pour réparer. En moins de temps qu'il n’en faut pour le dire, le spi est réparé et hissé.
Que la fin de la course a été stressante! On ne voyait plus Victoria. Ce n'est qu’à son passage au sud de la Martinique qu'on a mesuré notre retard : 9 milles.
A 7 nœuds, cela fait une heure et quart, on est encore dans le coup. Mais chaque minute compte.
L'approche de l'arrivée sous l'œil des photographes et de nos proches est une délivrance. Un de ces moments magiques dont on se souviendra longtemps.
Encore bravo à Jacques Valer qui a dessiné un bateau rapide et sain, qui continue à se barrer à 2 doigts à 14 nds avec 30 nds de vent de réel.
Merci à Bernard Mallaret qui nous a fabriqué des voiles magiques, et à Jean-Pierre qui a su fabriquer ce joli jouet avec le sérieux et le professionnalisme qu’on lui connait.
Récit de Nicolas Kervyn
En double avec Paul Codron sur "Lucky Duck" JPK 960
Cette Transquadra 2011/2012 fut effectivement sportive.
Voici, notre perception de cette superbe aventure qui je pense n'aurait jamais été la même à bord d'un autre bateau. Tes JPK sont des merveilles.
Avant tout, nous devons bien avouer, que nous sommes restés submergés jusqu'au dernier moment par nos réalités professionnelles, et nous nous sommes retrouvés bien peu préparés, face à cette deuxième étape; techniquement et psychologiquement.
Heureusement nous avions soigné la préparation initiale du bateau et nous avons pu remédier aux problèmes identifiés lors de la première étape; essentiellement le manque de pilote.
Quoi qu'il en soit nous nous sommes retrouvés le jour du départ sans stratégie de routage définie ni d'alternative éprouvée en cas d'avarie majeure de voile.
Notre amateurisme paraissait quelque peu risible face aux méticuleuses préparations de nos concurrents quelques jours avant le départ
Réconfortés par la première étape, nos objectifs restaient:
• Encore de nous parler en amis après l'arrivée
• D'arriver
• De nous classer honorablement ( 1er tiers.)
Objectifs pleinement atteints (Paul, es-tu d'accord, sur le point 1?), même si le classement en temps réel nous laisse quelque peu sur notre faim.
Nous en retenons un formidable sentiment de découverte et d'aventure.
Découverte de la perception de vie ou de survie en autarcie totale sans recours extérieur possible, découverte de le dépendance totale sur soi-même ou de son coéquipier, l'oubli de toute préoccupation extérieure et recentrage exclusif sur la navigation, l'autre et la course, l'exaltation du sentiment de surpassement de soi, la modestie de se retrouver confronté à des éléments infiniment plus puissants que soi.
Nous avons vécu des moments de vide désespérément intenses et de puissante exaltation dans lesquels la gestion de ses ressources personnelles reste primordiale.
Au 2/3 de la course les sangles de bras et d'écoute de notre grand spi "à tout faire" nous ont lâchées dans un vent soutenu et nous avons essayé les différentes alternatives prévues: spi médium (éclaté), spi assy ou code zéro sur tangon de secours (immaitrisable) ou sur bout dehors défaillant, le tout agrémenté de tangons cassés, poulies volantes, etc… avant de nous attaquer à un laborieux travail de couture.
Ces quelques mots expriment mal les heures de mise en œuvre de ces différentes alternatives et des réparations diverses y afférant. Dans la pratique, entre efforts intenses, temps de sommeil amputé et alimentation précaire, le moral et le physique sont mis à dure contribution. Il faut alors se forcer à lever le pied et à revoir ses priorités: dormir, manger, réparer l'essentiel et relancer la machine avec succès.
Il faut dire que la notion de confort à bord d'un JPK 9.60, secoué par les flots, est pour le moins minimaliste. Entre sommeil tout habillé, la tête sous les WC ou le réservoir de gasoil, ou les menus quotidiens "tout muesli", la résistance de nos organismes, peu entrainés, fut mise à rude épreuve.
Plus précisément, nous avons éprouvé quelques soucis avec le système de sortie du bout dehors que nous avions pourtant renforcé à St Nazaire.
En gros le mécanisme de sortie était bridé à longueur de tangon. Lorsque nous avons voulu l'utiliser, la drisse qui devait le maintenir en position sortie à littéralement été sectionnée à l'intérieur de son logement et le bout dehors s'est rétracté comme un bélier contre une herse de château fort. Impressionnant! Nous n'avons pas encore ni évalué les dégâts ni identifié l'origine du problème.
Accessoirement, le pivot central de la barre montre pas mal de jeu et tout le mécanisme émet des grincements inquiétants.
Le vit de mulet, pourtant changé à St Nazaire a également développé pas mal de jeu. Nous pensons que cela serait partiellement dû au pousse bôme type "Rodkicker" qui soumet la bôme à des vives pressions verticales de bas en haut , en amont du point de tire du hale bas.
Notre traversée a également été marquée par la chute par-dessus bord et la récupération de Paul, mon équipier. Un concours de circonstances presque banal, mais grâce à Dieu, dans un contexte favorable et quelques gestes ou réflexes qui ont transformé ce désastre potentiel en intense soulagement et bonheur.
Nous sortions d'un grain qui nous a permis de ressentir les sensation et gerbes d'eau d'un Volvo 70 et a laissé un mystérieux 27kts sur notre compteur de vitesse maxi et un tangon cassé sans véritable départ au tas.
Nous avions affalé le spi et restions sous GV haute en attendant une accalmie, lorsque Paul a basculé et est tombé. A la barre, j'ai tout de suite viré et largué le "life link", mais je ne voyais personne, ni dans mon environnement proche ni plus lointain; aucune tête, aucun signe, aucune trace. Rien que des vagues et des creux.
Je suis rentré afin d'allumer le contacteur moteur.
A mon retour, toujours rien de visible. Même si cela va très vite, le cerveau est prompt à envisager le pire…
Avant d'enclencher le moteur, j'ai à nouveau appelé et été récompensé par un grognement réponse tout proche. Paul était agrippé à un safran…
Ce moment fut comme la preuve de l'existence de Dieu.
Le reste ne fut que gymnastique et haltérophilie pour le ramer à bord et savourer les bienfaits de la navigation en duo.
Les chocs de sentiments conflictuels ont sérieusement contribués à relativiser la médiocrité de notre classement du moment et nous ont permis de nous recentrer sur l'essentiel et le bonheur d'être vivantS.
Cet épisode "Pol à l'O" a tout de même déclenché pas mal de réflexions et de discussions entre nous, souvent amusantes, pendant lesquelles prévalait parfois la plus extrême mauvaise foi de part et d'autre. Nous avons fini par convenir que l'impact d'un éventuel coéquipier non récupéré serait infiniment pire sur le survivant que sur l'autre…
Entre surfs hallucinants, attaques nocturnes de poissons volants, arcs en ciels féeriques, grains démentiels et rencontres improbables, le reste ne fut que du bonheur.
Le succès de cette aventure fut en grande partie assuré par la qualité et la fiabilité de notre monture.
Merci JP
Tous les JPK à bon port
A venir, les récits de tous nos aventuriers
En 3ème place derrière "Nauti-stock" et "Victoria", "Night and Day", le JPK 960 de Pascal Loison et Nicolas Paternak a joué jusqu'au bout pour revenir sur les 2 duos de tête.
Vainqueurs de la 1ère manche avec plus d'1 h d'avance sur "Victoria" et "Nauti-stock", "Night and Day" a sans doute laissé filer son leadership à mi-course dans la négociation du fameux front. Moins inspiré dans le timing pour le contourner, Pascal et Nicolas rallongent trop leur route au sud et ne profitent pas à 100% de leur investissement...
Il reste une magnifique place sur le podium à l'arrivée pour l'ancien "Léon", vainqueur solo en 2009.
Côté Méditerranée, Daniel Dupont et son frère ont mené leur JPK 1010 à la 1ère place dans leur flotte. Piégés dans une option sud prématurée, ils sont revenus de 50ème au top ten réalisant des moyennes excellentes dans les alizés de la 2ème semaine. Revenus 8ème à 5 jours de l'arrivée, seul ce maudit paquet d'algues non détecté dans le saildrive a coupé les deux frangins dans leur diabolique remontée.
Comme le dit Daniel en rigolant, "si nous étions restés sur la route directe la 1ère semaine, si nous n'avions pas eu de panne de pilote, si nous n'avions pas attrapé ces algues, si si si... nous aurions gagné!"
Transquadra 2012
Doublé solo-double pour les JPK 1010
Philippe Vicariot sur "Swinhoé" remporte le classement solo.
Gérard Quénot et Luc Fournichon, vainqueurs en double.
Philippe Vicariot, vainqueur solo sur "Swinhoé" JPK 1010
Philippe Vicariot avait dominé la 1ère manche entre St Nazaire et Madère et disposait d'un bon "matelas" de 4 heures d'avance sur Jean-Baptiste L'Ollivier et Jean-François Hamont au départ de cette 2ème manche.
A Madère, Philippe confiait "Je n'ai aucune inquiétude sur ma vitesse, le bateau est un avion. Je ne crains que la dispersion de mes concurrents et la difficulté de les contrôler."
Et de fait, après 6 jours de course, l'écart Nord-Sud entre Philippe au nord et Jean-François Hamont était déjà de plus de 100 milles! Longtemps leader sur sa route nord, Philippe a préféré plonger sud et quitter sa position pour venir re-contrôler ses adversaires et éviter un front pétoleux.
Résultat ; à vouloir ménager "la chèvre et le choux", Philippe s'est fait une grosse frayeur. Au nord, ses poursuivants du début de course passent tranquillement au dessus du front quand plus au sud "Festa" profite d'un flux puissant pour revenir aux avant-postes.
En jouant finement sa 2ème semaine et surtout, en imprimant un rythme fou dans la brise qui rentre enfin, Philippe revient comme un "boulet de canon" et termine 1er scrash de cette 2ème étape de tous les dangers. 6ème au scrash solo et double confondu, Philippe a prouvé à tous son immense talent et son mental d'acier.
En double, Gérard Quénot et luc Fournichon, 3ème de la 1ère étape, à 5 mn de "Victoria" et à 1 heure derrière "Night and Day", ne cachaient pas leurs ambitions. Avec une parfaite préparation météo, une optimisation du rating et une "grosse envie" de victoire, le duo a réalisé un véritable sans faute. Aux avant-postes, dès le début de course, ils ont su abandonner temporairement une bonne place au classement pour venir se repositionner idéalement au sud du front piègeux. Par la petite porte et en passant 48h en mode "3 bouées" impasse sur le sommeil - réglages permanents - empannages systématiques à la moindre adonnante "Nauti-Stock" s'est faufilé aux avant-postes avec les espagnols de "Victoria".
La 2ème semaine se déroule en mode "contrôle" avec "Victoria" dans un rayon de 5 milles. Pour gagner, Gérard et Luc ne doivent pas concéder plus de 2 h à "Victoria". La dernière nuit, grosse frayeur sur le JPK. A vouloir jouer la sécurité, Gérard et Luc décident d'affaler le spi avant le grain. Pendant ce temps, "Victoria " prend tous les risques et glisse vers le but. 2ème grain, trop tard pour affaler, cafouillage, et crac, le tangon vient déchirer le spi en partie basse. Plus question de jouer la sécurité ou le calcul, Gérard répare son spi de façon express et 45 mn plus tard, "Nauti-Stock" est reparti.
1h 10 après l'arrivée de "Victoria", la délivrance. Gérard et Luc remportent la Transquadra et savent mieux que personne pourquoi ils l'ont gagnée. Bravo à nos champions!
Départ de la Transquadra
2ème étape Madère-Martinique
Après une trêve de 6 mois, la flotte de la Transquadra vient de repartir ce WE
Une météo propice avec un fux de secteur NE de 15 nds a permis à la flotte de se dégager rapidement de Madère.
L'alizé est bien présent plus au Sud et il est fort probable que le record de l'épreuve soit amélioré sur cette édition.
Côté JPK, les favoris sont déjà positionnés en tête de flotte avec notamment Philippe Vicariot qui vainqueur solo de la 1ère étape sur son JPK 1010 souhaite "enfoncer le clou" dans la seconde.
Chez les doubles, la flotte est très groupée et il faudra encore attendre quelques jours pour juger des forces en présence notamment entre la flotte de Méditerranée et celle de l'Atlantique.
Pascal Loison et Nicolas Pasternack, vainqueurs en double de la 1ère étape sur "Night and day" le JPK 960, attendent le renforcement du vent pour faire parler la poudre. 3ème de son côté avec son JPK 1010, Gérard Quénot et son fidèle équipier jouent placés et sont bien décidés à ferrailler dur pour gravir les 2 marches manquantes !
Au delà de la course, il s'agit bien d'une folle aventure que tous vont vivre intensément...
Classement des JPK 1ère étape juillet 2011
Un grand BRAVO à tous les coureurs JPK 960, JPK 1010 et JPK 110
A chacun son aventure...
Au départ de Saint Nazaire, tous les JPK se retrouvent à couple dans une ambiance hyper conviviale et solidaire.
De passage le jeudi d'avant départ pour encourager et apporter quelques pièces de rechange, je découvre quelques nouvelles têtes sur les 960 qui ont changé de propriétaires.
"Lucky Duck" n'est plus entre les mains de mon ami Vincent Willemart mais se retoruve avec Nicolas Kervyn et Paul Codron. En panne de pilote dès le départ, l'équipage va perdre un temps précieux à tenter de réparer mais en vain. Vissé à la barre, le duo va revenir de la 49ème à la 19ème place !
"CA Technologie" est désormais entre les mains de Marc Le Fur et Morgan
Civilise. Un duo complémentaire avec Marc qui apporte son expérience du grand large lorsqu'il naviguait avec Olivier de Kersauzon et Morgan qui est un régatier pur jus. 18ème à l'arrivée mais pas trop loin en temps, le binôme reste en course pour les places d'honneur...
Sur "Samysan", Pierre Seygneurin et Guy Vincent ont cravaché dur pour essayer de tenir le supersonic 960 "Nght and Day". 9ème à Porto Santo, le score est excellent . Le 1er bord jusqu'au Cap Finisterre a finalement été prépondérant et très stratégique. Il fallait rester haut au début pour "écraser" au bon moment et venir serrer à la corde au passage du cap. Une chose est sûre, "Samysan" est bien dans le match et c'est là l'essentiel...
Mike Murphy, le sympathique Irlandais épaulé de Darren Nicholson navigue
sur "Alchimiste" l'ancien 960 de Jean-Paul Péché. Une entrée en matière en demi teinte pour Mike habitué aux bonnes places sur les courses du RORC. Mais pas de soucis, Mike conserve son éternel sourire!
David Carlo et Fabrice Guilleray on racheté l'ancien "Sobek" à Jean-Philippe Dercourt et Nicolas Dansette, devenus des amis depuis notre
expérience commune de 2009. "Zonpuka" termine juste après "CA Technologies" et "Lucky Duck" ce qui promet de la grosse bagarre sur la 2ème étape...
Patrick Préveaux a emprunté le bateau de son fils Vincent pour faire la traversée avec son ami Grégoire. 35ème à l'arrivée, le duo a déroulé tranquille cette étape histoire de prendre les marques avant la grande traversée...
Sur "Stergann", les 2 frères Reymondet se sont mis sur un mode d'acquisition d'expérience très rapide ! François a pas mal navigué il y a longtemps mais Pascal découvre tout ou presque . Départ au tas, frayeurs nocturnes, le métier rentre... Prochaine étape, laisser le spi en l'air la nuit....
Le 3ème solitaire engagé sur un 960 après Louis Lagadec et Olivier Roussey est jérôme Demay sur la jolie "Danae" avec sa déco "maori".
Jérôme se lance dans la grande aventure après avoir testé un aller -retour aux Açores l'an dernier. Motivé et enthousiaste, Jérôme a "géré" comme un chef sa 1ère manche, occupant longtemps une place dans les 10 avant de céder un peu de terrain . L'expérience est un capital précieux, Jérôme en fait l'expérience et progresse vite dans la perspective de latraversée...
En double, n'oublions pas le JPK 1010 "Papillon". André Devaux a proposé à son cousin Dominique de l'accompagner dans cette aventure. Le bateau mis à l'eau au mois de mai n'aura que très peu navigué avant le départ de Saint Nazaire. Pas de problème, les vieux réflexes de course au large reviennent vite et finalement 14ème à l'arrivée, le rapport résultat /nombre de milles parcourus avant départ est imbattable !!
Pour finir, le seul JPK 110 engagé est mené par Olivier Burgaud accompagné de Jean-François Harlet. Toujours enthousiaste et positif Olivier était dans le trio de tête au Cap Finisterre après 2 jours de reaching, avant de décrocher un peu dans la descente ventée où le monosafran ne facilite pas la navigation "sur la panne"...
Peu importe, le duo garde le sourire, car vraiment dans cette Transquadra c'est l'aventure qui compte....
ATLANTIQUE
SOLO
1 Philippe Vicariot "Swinhoé" JPK 1010
8 Louis Lagadec "Rockall" JPK 960
9 Olivier Roussey "Obportus2" JPK 960
15 Jérôme Demay "Danaé" JPK 960
DOUBLE
1 Pascal Loison/Nicolas Pasternak "Night and day" JPK 960
3 Gérard Quénot/Luc Fourichon "Nauti-stock.com" JPK 1010
9 Pierre Seygneurin/Guy Vincent "Samysam" JPK 960
13 Olivier Burgaud/J.F. Harlet "Ederlezi" JPK 110
14 André et Dominique Devaux "Papilllon" JPK 1010
18 Marc Le Fur/Morgan Civilise "CA Technologies" JPK 960
19 Nicolas Kervyn/Paul Codron "Lucky Duck" JPK 960
20 David Carlo/Fabrice Guilleray "Zonpucka" JPK 960
26 Mike Murphy/Darren Nicholson "Alchimiste" JPK 960
35 François et Pascal Reymondet "Stergann" JPK 960
37 Patrick Preveaux/Gregoire Milojovitch "Hydrogem" JPK 960
MÉDITERRANÉE
DOUBLE
3 Daniel et J.F. Dupont "Art Immobilier Construction" JPK 1010
10 Olivier Duthoit/Christophe Mandeix "Jubilations" JPK 1010
Document à télécharger :
classement solo Saint Nazaire- Madère (106,93 ko)
classement double Saint Nazaire-Madère (136,09 ko)
Philippe Vicariot sur "Swinhoe" JPK 1010
Vainqueur solo de la première étape Transquadra 2011
Le départ a été décalé de 24 h pour cause de blocage de l’écluse de Saint Nazaire par le personnel du port. Cela laisse du temps pour la famille et pour mieux connaitre les autres concurrents en particulier mes voisins JPK 1010 "Papillon" et "Nauti-stock" et le JPK 110 "Ederlezi"
Le départ est donné vent arrière devant les jetées donc sous spi, j’aime bien ça change. Nous partons en bout de ligne avec le JOD 35 d’Alex Peraud, rapidement nous sommes devant. Le bateau va bien, avec moins de 10 nœuds vent arrière, les empannages avec simple bras et écoute sont faciles.
Nous sortons de l’estuaire de la Loire et le vent commence à refuser, je passe du spi de tête au spi de Figaro de capelage, puis le code 5, puis le génois. Au petit jour je mets le solent pour économiser le génois, j’ai un peu de mal à amener le génois sous le solent (on est au reaching avec 20 / 25 nœuds de vent). Deux A35 en double passe derrière moi en tombant sous la route avec leur spi de capelage, néanmoins ils font un peu plus de gain vers le but que moi. Je suis tenté de faire comme eux mais je ne veux pas être à la côte au cap Finisterre, j’ai quelques mauvais souvenirs de la zone de calme par nord ouest sur la Galice, et puis ça veut dire être collé à la barre. Ces conditions me semblent être favorables au bateau, comment vont les 3200 et A31 ? Il me semblait que j’allais un peu plus vite que le Sun Fast 3200 "Festa" à la tombée de la nuit.
Le vent monte encore et je prends le premier ris dans la GV pour la préserver, je ne veux pas qu’elle batte. Le cap Finisterre approche, il ne faut pas être à la côte et en même temps la dorsale approche par l’ouest. Entre la certitude du tampon à la cote et la dorsale, je choisis de contourner la Galice à 25 Milles.
Au pointage suivant, les bateaux à la côte vont plus vite, le baromètre monte et je commence à m’inquiéter… Je réduis un peu ma distance à la côte et je m’applique aux réglages pour échapper à cette dorsale que je vois gonfler dans notre ouest, on est maintenant sous spi avec nettement moins de 10 nœuds de vent. Au soir, je vois le Cap Finisterre par le travers à 15 milles, le baromètre a légèrement baissé, Le A31 "Baleine blanche" est repassé devant pour 4 milles. Je suis bien content de ne pas avoir plus perdu !
Le vent rentre doucement toute la nuit, je traverse les rails des cargos, l’AIS c’est génial ! Je dors le plus possible en
prévision du vent fort annoncé. Le lendemain, on est dans de l’alizé portugais 20 nœuds avec grains bas et donc superbe lumière. La mer est toute chaotique avec les rotations de vent sous les nuages. Je suis repassé devant, le soir je passe au spi de capelage ce qui soulage l’étrave et rend le bateau plus
facile. Repas du soir : cocote minute pleine de pates.
Dans la nuit le vent monte, je ne connais pas encore bien le bateau et je décide d’affaler le spi et de tangonner le génois pour dormir. Au pointage du matin, l’A31 "Baleine Blanche "de Titou est repassé devant pour 6 milles, c’était donc pas la bonne méthode ! Je renvoie le spi lourd et 2 heures après je vois apparaitre une voile devant, je m’approche et je reconnais le bateau de Titou, il est sous GV seule et m’explique à la VHF qu’il a un bout de filet pris dans le saildrive. La mer est toute blanche, il y a pas loin de 30 nœuds de vent et le bateau marche à 10 nœuds de moyenne avec de jolis surf, je filme et prends des photos.
En approchant de Porto Santo le vent molli. Le JPK110 "Ederlezi" est à l’horizon derrière avec son spi blanc, "Baleine blanche" est 30 milles derrière.
J’arrive à 3h du matin, la plus mauvaise heure… encore une dernière rafale a la pointe, le spi tombe puis remontée au près dans le dévent de l’île. J’étais venu ici en 1982 en muscadet et donc au sextant à l’époque, donc pas du tout les mêmes conditions ! Je connais un peu mieux le bateau tous les jours et il me va bien !
Philippe
"Swinhoe" est maintenant en croisière familiale dans l’archipel de Madère avec un passage très sympa aux iles désertes.
vidéo du vainqueur solo Philippe Vicariot
Pascal Loison/Nicolas Pasternak sur "Night and day" JPK 960
Vainqueur double de la première étape Transquadra 2011
Je pense que notre bon résultat doit en bonne partie à notre option de départ dans le Golfe qui a été de rester au nord de la route directe.
Il y avait une dépression orageuse au sud qui remontait vers nous pendant la première nuit de course; lorsque la bascule de nord à nord-est engendrée par le passage de ce front orageux est arrivée, beaucoup ont mis le spi, nous avons mis un code 5 et l'avons affalé relativement tôt pour repasser au reaching sous génois. Beaucoup sont restés sous spi un peu plus longtemps, sont allés un peu plus sud, et je crois qu'il était important de ne pas le faire. Les fichiers montraient assez clairement que le lendemain le vent serait un peu plus faible et un peu plus refusant si on était plus sud et les fichiers minorent assez souvent ces phénomènes par rapport à la réalité en "lissant" les bascules et les variations de force du vent. Donc, nous avons ensuite bénéficié d'un vent plus fort, moins refusant, même si aucun des "sudistes" n'a été obligé de virer ou de faire du près serré, je pense que l'explication de notre très bon classement à l'approche de l'Espagne est dans cette option (sans parler des qualités du bateau que JP connait et dont il peut parler aussi bien et même certainement mieux que moi).
Au nord-ouest de l'Espagne, on n'a certainement pas été les meilleurs. Philippe Vicariot explique très bien ses états d'âme vis à vis du " coussin" prévu par Maître Bernot (vent de nord ouest sur la côte espagnole), coussin qui était en fait associé à un bon thermique à la côte qui a permis au A 35 "Galatée", notamment de nous en mettre plein la vue à ce moment là en prenant la corde dans le virage. Cela dit, on n'a pas non plus été les plus mauvais, à ce moment là on était à touche-touche avec le JPK 110 "Ederlezi" dont la présence stimulante nous a fait nous arracher un peu et, même si c'était pas le temps du bateau , on est sortis de ce contournement de la pointe espagnole en conservant une certaine avance sur "Ederlezi "et "Victoria", ce dernier s'en sortant quand même mieux que nous et reprenant une bonne partie de son retard.
Dans les alizés portugais, on se savait très bien en temps compensé et on a laissé les autres prendre des risques; on n'est surtout pas allé chercher trop la cogne près du Portugal, préféré 22 noeuds de grib maxi à 26 ou 27 qu'on pouvait espérer un peu plus près du Portugal, ce qui nous a permis de faire zéro départ au tas et zéro accrocs de spi; il y a quand même eu des passages où " ça allait fort", avec des vitesses "supersoniques" permises par un spi symétrique lourd de Figaro 2, à la fois très solide et bien grand qui tenait le coup par 35 noeuds et restait présentable par 20 noeuds; encore fallait-il avoir un bateau qui puisse descendre près de la panne sans risquer le départ à l'abattée. Je pense que tous les bateaux ne peuvent peut-être pas tirer le même parti de ce type de spi que "Night and day ex- " Léon", mais bon on va arrêter de faire des compliments au 960 sans ça tu ne vas pas arriver à vendre des 1010 !
Nos seules angoisses, cela a été "Nauti-stock", qui revenait très fort et dont nous ne nous méfions pas assez quand on a passé Finisterre tellement il nous semblait "lojn" (mais ça va vite un 1010), et la ligne de casiers qu'on a pêchée 5 milles avant l'arrivée; on venait d'avoir le classement de 21 heures, qui nous rassurait sur "Nauti-stock" (on a appris après coup qu'ils n'avaient plus de grand spi), le moral était donc très élevé, on avait quasiment vendu la peau de l'ours, et là dans la nuit bien noire, le bateau s'arrête, repart à 5 noeuds (mais il allait à 9 avant), et la mer est illuminée par les flash-lights de la bouée (énorme) qu'on trainait, coincée sous le bateau; même si on a pensé que le comité d'accueil faisait bien les choses et nous offrait un "son et lumière" pour l'arrivée, ça nous a fait perdre pas loin d'une demi heure, la seule façon de s'en débarrasser ayant été d'affaler le spi, de faire une belle marche arrière à la voile, de couper le bout et........ d'attendre que le vent revienne car on s'était tellement abrités au ras de l'ilöt Cima pour faire cette fine manoeuvre qu'on a un moment cru qu'on allait y rester tanker toute la nuit....On imaginait pendant ce temps là les Croyère, déjà arrivés, qui buvaient des bières et commençaient à y croire, et "Victoria" et "Nauti-stock" qui allaient nous faire l'extérieur, bref les pêcheurs portugais ont dû avoir les oreilles qui sifflent ....
Merci encore à Jacques Valer d'avoir dessiné un " très bon bateau de vieux", et à JP Kelbert de l'avoir habitué à aller vite dans la bonne direction; je l'adore ce bateau,surtout quand il y a de la brise !
Gérard Quenot/Luc Fourichon sur "Nauti-stock.com" JPK 1010
3ème double de la première étape Transquadra 2011
Le bateau a totalement confirmé ce que nous pensions. Nous ne l’avions encore essayé ni en haute mer, ni au portant dans la brise… Un régal !...
Un comportement sain, très maniable dans les surfs (record à battre = 19,5 nds au speedo), un plan de pont où tout est naturellement à sa place, un intérieur pratique et facile à vivre…, Bref, tout ce qu’il nous fallait pour étaler une météo « à records » et une mer à faire regretter la croisière côtière. Parce qu’on a beau appeler ça les Alizés Portugais, avec un vent bien établi – quoi qu’oscillant en force et en direction –… la mer, elle, n’était ni établie ni franchement agréable : entre pas assez formée pour bien surfer et «un peu trop dans tous les sens ».
Ces 5 jours et demi, nous les avons passés à l’attaque tout le temps. Même un peu trop pour nos spis. Avec des quarts raccourcis à une heure, pour ne rien lâcher pendant que d’autres levaient un peu le pied la nuit. Sans trop concéder sur la gastronomie à bord, et sans se refuser une petite bouteille de champagne pour fêter l’anniversaire de Luc devant le Cap Finisterre (rare période de petit temps)
Et le résultat est là : Podium !...Malgré le manque cruel du grand spi le dernier jour, nous sommes 3èmes, pas bien loin des deux qui nous précèdent en temps compensé. Le tout avec un paquet de concurrents franchement sérieux (et sympathiques) qui ne lâchaient rien non plus.
Quelques détails sur la course…
Tout d’abord une semaine de préparation d’avant-départ, au pied de la base de sous-marins de Saint-Nazaire. Tout vérifier, installer le matériel de sécurité « off-shore », assurer toutes les manilles, scotcher… Notre bateau était un tel chantier que Jean-Pierre Kelbert, qui rendait une petite visite, n’a pas osé y entrer.
Jean-Pierre, on t’assure, on a rangé avant de partir – Dernières vérifications de l’informatique et de l’Iridium (Merci à Guillaume, notre support Geolink pour sa patience même pendant ses congés).
Ces quelques jours étaient aussi l’occasion de goûter l’ambiance particulière de la Transquadra : « rencontres, échanges, solidarité ». Outils, tuyaux au propre comme au figuré, huile de coude, et même jambon basque… le partage entre concurrents va bon train.
Nous voilà donc prêts à partir de Saint-Nazaire lundi 11 juillet, 24 heures après l’horaire prévu suite à quelque conflit chez le personnel portuaire.
Prévisions : Petit temps pour un début en douceur, mais le vent doit rentrer de NW dans les heures qui suivent. Pour que le public puisse apprécier le départ, l’organisation a prévu un petit parcours le long de la côte. Bonne idée pour répéter les empannages, mêmes si les suivants ne se feront que beaucoup plus tard. Car la traversée du Golfe de Gascogne s’annonce plutôt tout droit, au largue serré ou au travers.
Départ donc. Pas tonitruant pour ce qui nous concerne. Mais la route est longue, ce n’est pas une banane… Série d’empannages en douceur, et la flotte commence à s’étaler en mettant le cap au SW. Tout va bien, même si quelques amateurs de petit temps vont un peu trop vite à notre goût.
Traversée du Golfe. Là ça devient moins tranquille, mais c’est tout droit ou presque. Spi médium, code 5, code 0, génois, presque toute la garde robe y passe. Merci à Bernard Mallaret et à ses voiles Delta magiques. Parce que ça va vite ! Le cap Ortegal est déjà là ! On est pas mal !... 2èmes en compensé… Pas mal du tout même !...
Et là il faut choisir… Au plus court près de la côte ? au large ?... Maître Bernot déconseille fortement le ras de la côte par vent de Nord. Nous n’irons pas y risquer les effets de coussin… Au large alors ?... Mais pourquoi ce vent n’est-il pas comme annoncé sur les fichiers ?... Prudence ! Ne pas jouer les extrêmes… On le saura après, c’était effectivement prudent. Même si quelques-uns profitent de la molle pour s’échapper (bravo à "Night and Day" ! Et nous qui pensions que le JPK 960 n’était pas à l’aise dans le petit temps…), on comprend qu’on vient d’échapper à une dorsale en formation. Et on s’en sort pas si mal.
Pour la suite, les Alizés Portugais jusqu’à l’arrivée. Ca oscille (vent irrégulier entre 20 et 30 nds). C’est pas confortable. Mais ça va vite et c’est tout schuss jusqu’à Porto Santo.
La seule question est : quand réduire ?... Comme déjà dit, nous décidons d’attaquer. Spi médium, spi lourd… A fond !... Et ça paie : nous grignotons des places, surtout la nuit. Les frères Croyère restent intouchables en temps réel, mais ne s’éloignent plus beaucoup. "Night and Day" est toujours en tête en compensé (encore bravo !), mais nous voit revenir dans le rétro : Nous leur reprenons 5 milles par jour. Nous avons nos chances…
Mais un peu trop gourmands peut-être. La mer est courte et un peu dans tous les sens. Elle entraîne quelques sorties de pistes. Le spi lourd ne se remet pas d’un méchant départ au lof. Et la dernière nuit, le spi médium décide de céder pour nous aider à sortir d’un mauvais départ à l’abattée. Dommage ! Le fichier position du petit matin nous montre que nous sommes passés 3èmes en temps réel, à seulement 1,5 mille de "Night and Day"… Mais le vent mollit et nous n’avons plus que le code 5 pour mettre un peu de toile devant. Ce n’est pas assez, et 20 nœuds de vent nous semblent de la pétole.
Le dernier jour sera donc dur pour le moral. Les premiers s’échappent, d’autres nous repassent devant, les poursuivants se rapprochent. Mais nous limitons les dégâts. L’arrivée se fait de nuit, dans les rafales et le crachin. 5èmes en réel, 3èmes en compensé…
Heureux !...
Un grand merci à Jean-Pierre pour ses conseils et la qualité de son travail ainsi qu’à Jacques Valer qui a une fois de plus conçu un bateau sain et performant, à Delta Voiles pour la garde-robe (on ramène un peu de couture à la maison, mais c’est de notre faute), et à nos partenaires Nauti-stock.com et Segula Technologies qui nous soutiennent dans cette belle aventure.
Nous avons bien quelques petits trucs à régler pour la deuxième étape mais rien de bien méchant : trouver les bons réglages du pilote, prévenir l’usure de quelques drisses (maladie qui a touché une bonne partie de la flotte sur cette étape). Cette deuxième manche s’annonce palpitante. Nos concurrents ne se laisseront certainement pas faire mais ils savent qu’ils peuvent compter aussi sur nous.
Rendez-vous le 28 janvier à Porto Santo… et quelques jours plus tard en Martinique…
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