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Transquadra

5 -A bord de Léon - 20 juillet 2017

J - 2 "Nuit calme" , je pense qu'on pourrait baptiser ainsi la nuit passée.

Avec 17/18nds de vent à 150° du vent réel, le bateau glisse tout seul dans un gentil "froufrou" propice au relâchement ! le "Léon" tyrannique a laissé place à une gentille fée qui s'occupe de tout.

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C'est vraiment parfait ce sac de microbilles que Richard m'a prêté. Il prend ta forme et tu te retrouves parfaitement calé et stable.
J'ai de nouveau enchainé mes séquences "dodo" par tranches de 40mn. Un oeil sur la carto pour voir si le vent n'a pas bougé et s'il n'y a pas de cargo à l'AIS (encore 2 croisés cette nuit). Un check sur le pont et sur les réglages, un coup de charge moteur pendant 30 mn puis retour dans le cocon avec quelques pages de "Quand sort la recluse" de Fred Vargas.
Attention JP tu es en course, il ne s'agit pas de mollir !
Je fais tourner quelques routages et j'hésite toujours à rallonger la route en arrondissant par l'Est où la pression semble un poil plus soutenue.
Là c'est une question pour les matheux ou plus justement pour le logiciel Adrena ! De combien la pression doit elle monter si je rallonge ma route de 10 milles environ ? Sur les fichiers le + de pression 20 milles sous le vent n'est pas évident, je dirai autour de 2/3 noeuds max.
Je reste donc sur ma layline directe en glissant un peu dès que la pression monte. Ca me fait naturellement faire une légère cuillère qui me va bien.
Dans le rétro, j'ai le 1080 de François-René Agence Directe. Il est 15 milles derrière. Je suis content car au DST il était à 2 milles. C'est vraiment là bas que ça s'est passé .
En revanche, Quid d'Alexandre Ozon sur "Team2choc" . Le Beepox rose est pourtant repérable (!) mais là rien . Je l'espère derrière mais je ne cache pas en avoir très peur de cet animal là. Le gars est une boule d'énergie et son bateau un véritable OVNI . Mais bon pour rien au monde je ne troquerais mon super Léon". Il a été top préparé mon bateau et c'est un pur régal de naviguer dessus. On se comprend bien tous les 2. Je m'occupe bien de lui quand il y a besoin et il me laisse tranquille dès que c'est possible.
Tout le monde est content !
Le vent rentre justement et à 140° du vent je suis à 11 nds bien appuyé.
Je crois que le patron m'appelle. J'arrive, pas de panique , tout va bien "Léon" je suis là !


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4 - A bord de "Léon" - 19/07/2017

"Pour que ce jour compte" ! Comme dirait Léonardo di Caprio dans Titanic !

Journée parfaite aujourd'hui qui contraste avec la journée ingrate et difficile d'hier. "En même temps" c'est la journée d'hier qui m'a mis sur le bon orbite.

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Niveau NAV je me sens tout à fait en phase depuis hier soir et c'est très cool ! Depuis cette nuit, je pense avoir fait les bons bords.
J'ai de nouveau Adrena mais je ne m'en suis pas servi au passage Finisterre car les conditions sur zone n'étaient pas claires sur le fichier que j'avais, hormis le fait que le vent allait basculer à l'ouest.
Dans l'idée, je ne voulais pas rallonger la route en faisant le tour du DST mais je voulais le tangenter dans son sud pour ensuite ne faire que de l'ouest jusqu'à la bascule qui est finalement arrivée en milieu de nuit . J'ai viré lorsque le bord tribord est devenu un peu plus rapprochant que le babord 30° sous la route mais comme prévu ça a fait la cuillère, une jolie aile de mouette digne d'Hervé (!).  En mode pilote vent apparent j'ai beaucoup dormi par petites tranches sans risque car j'avais de la marge avant d'être en layline.
Au petit matin, je suis sur la route et je commence à choquer les écoutes . Je piaffais d'envoyer mon grand asy. Une fois en l'air avec un matossage à bloc, c'était parti au taquet sur "la portière" comme dirait Alexis. Une journée entière comme ça forcément ça doit faire du dégat derrière et c'est bon !!
Là, je viens de changer de spi en faisant un peeling ( spi dans spi finalement simple et très efficace) car je suis à 130/140° du réel toujours sur la route. Dans l'idée je veux tendre ma trajectoire et éviter de la route en trop.
Il est possible que ça adonne fort mais ma position me permet a priori de suivre les oscillations si besoin donc j'y vais tranquille avec foi en ma bonne étoile !
Donc le moral est très bon, je suis frais comme un gardon , propre ( 1ere douche ce soir) et avec les 18 nds de vent sur zone ça glisse facile et le roi n'est pas mon cousin !
j'ai même lavé mes chaussettes mais avec du paic citron (on ne se refait pas !) car pas de lessive à bord ! Pour finir un tagine poulet au citron trop bon. La journée parfaite je vous dis.
Quel contraste avec la journée et surtout la nuit au près dans la boucaille humide et froide.
Mais bon je crois que la clé de la 1ere étape était là et je suis content de mon boulot.
Allez on ne s'emballe pas la route est encore longue et le Beepox toujours hors radar.
Bises, je profite pour vous !
JP


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3 - A bord de "Léon" - 19/07/2017

N'ayant pas eu de classements ce matin difficile de dire si je suis 100% satisfait de ma nuit.

Une chose est sûre j'ai fait ce que j'avais décidé de faire sans tenir compte des positions des uns ou des autres.

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Après une séquence tricotage entre terre et DST où j'ai préféré faire des bords assez longs pour ne pas à avoir dématosser trop souvent . Ca en fait des sacs et des caisses à transbahuter. Je n'ose pas imaginer en Imoca !
En général, je commence par enlever le ciré car suées garanties. Donc une fois paré le DST, j'ai poussé mon bord très loin à l"'Ouest en attente de la bascule de vent. Au final, elle est arrivée mais plus tard que prévu. Pas grave, l'important était de dessiner une jolie aile de mouette et sur ma carto ça ressemblait à ça. L'important surtout était de toucher ce nouveau vent avant les autres et notamment le fantôme Team 2 choc apparemment revenu dans les classements. Je l'imagine plus est que moi mais on verra cela plus tard. Une fois fait mon joli dessin sur l'eau, après être bien rentré dans le refus avant de virer, je me suis retrouvé tribord amure 10/15° sous la route directe ce qui était pluitot bon en attente de la rotation progressive à droite pour 1 faire la route directe et 2 choquer les écoutes pour envoyer le spi asy max ce que je viens de faire à l'instant à 8h30 ce matin.

Côté sommeil, on peut dire que je me suis "gavé" cette nuit. Avec le vent assez régulier et la mer correcte, le bateau a bossé tout seul avec son pilote. J'ai dû enchainer 5 séquences de 40mn au moins ce qui est génial. Le pilote était en mode vent apparent ce qui veut dire que le bateau suit la rotation du vent ce qui était parfait tant que j'étais "sous la route".

Comme j'avais pris "la confiance", j'ai raté le dernier lift du vent pendant ma dernière tranche dodo. Pas grave j'ai dû perdre 1 mille. Maintenant ,c'est route directe en tous cas pour l'instant à 100% de la polaire.
Coté cuisine, le risotto de François a eu du mal à passer. 3 jours dans le bateau sans frigo on va dire que j'étais en mode "inquiet" sur mes 1eres bouchées et j'ai craqué psychologiquement à la 10eme en balançant tout par dessus bord . Si François apprend ça ! "En même temps" pas envie de me retrouver l'estomac à l'envers.
Côté paysages, pas grand chose car c'est boucaille et encore boucaille.
Impressionnant en début de nuit, le zig zag entre quelques cargos . Je suis passé à 50 m d'un petit cargo à l'arrêt comme en dérive. Tout éclairé roulant dans la mer, c'était assez fantomatique et très beau à la fois.
En tous cas, je suis en pleine forme et j'attends de voir la suite...
Bises à tous


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2 - A bord de "Léon" - 18/07/2017

Nous y voilà enfin a ce fameux cap Finisterre !

Pas simple de choisir la meilleure trajectoire quand les fichiers ne sont pas concordants et que la situation sur zone ne ressemble pas aux prévisions.

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La journée de lundi était du tout schuss sous grand spi et pilote. La journée idéale sauf que le Beepox s'est échappé à la régulière.
Avec 22/25 nds, il conserve un planing constant lorsque nous sommes encore au seuil limite sur "Léon" pour décoller franchement. Résultat, il doit être 8/10 milles devant. J'attends la phase suivante pour recoller cad le passage du cap Finisterre qui se devait d'être venté et au près pour sa partie intérieure DST mais ce matin à 9h je suis à 4nds sur une mer plate et avec le vent en effet pile dans le nez. La patience sera la qualité à travailler chez moi car je suis très impatient de toucher la rotation à l'ouest puis NW pour de nouveau faire des écarts sur mes poursuivants et recoller à ce foutu bateau en CP !

Niveau fatigue ça tire un peu avec une nouvelle nuit blanche. En fin d'après midi, j'ai fait quelques empannages dans du vent (content de moi car tous passés nickel) pour venir m'aligner sur le couloir de vent et le cap d'atterrissage que je m'étais fixé mais assez rapidement après le coucher de soleil et alors que la brume humide envahissait le plan d'eau le vent s'est écroulé plus tôt que prévu ! Changement de spi (bon dieu qu'il est lourd ce maxi code 3 ) puis génois puis re spi bref "Léon" le tyran s'est bien amusé cette nuit. Le vent bouge en permanence et les heures filent. Il est 6 h quand le vent prend clairement de la droite et me voilà au près dans 18nds mais obligé de barrer car avec les "pieux" qu'il y a ici le pilote arrête le bateau.

Et moi j'ai sommeil et j'ai le matelas à bille de Richard qui m'attend en bas. On est en course donc on gére les priorités et c'est toujours pareil, le bateau en 1er ! Hélas le vent s'est écroulé donc bien pour le repos mais pas top pour faire la route.
Là je vais me préparer de nouveau mes oeufs bacon mais Hier matin je n'étais pas fier, les oeufs bacon était top sauf que ça sentait bizarre pendant la cuisson. j'avais oublié d'enlever le plastoche de protection au cul de la poêle ! Pas brillant mais on mettra ça sur le compte de la fatigue!
je vais récupérer de nouveaux fichiers météo et travailler un peu le routage à venir. J'ai l'impression de commencer ma journée de bureau !
Mais c'est quand qu'on se repose !?
Bises à tous

 


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1 - A bord de "Léon" - 17/07/2017

On va dire que je connais bien le coin avec toutes les sorties d'entrainement que j'ai pu y faire, donc se retrouver là pour le départ de la transat était un vrai cadeau.

Le départ était vraiment sympa hier avec la famille et les amis (merci Bruno et Denis pour les Zodiac) ici à Lorient dans des conditions idéales. J'étais comblé !

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Le vent est rentré juste dans la procédure et ça m'a permis de partir lancé là où je voulais, au bateau comité. Après avoir longé Groix proche de terre pour chercher les adonnantes, la bouée de Pen Men marquait le vrai départ avec cap sur Madère. assez rapidement, j'ai pu mesurer les forces en présence et donc je confirme que le Beepox 990 d'Alexandre Ozon "Team de choc" sera un vrai client ! Il y en a bien d'autres avec Loulou sur "Raging Bee" ou Jean-François Hamon sur "Charline" mais eux je les connais déjà; avec Alexandre, c'est différent car je n'ai jamais couru contre lui mais sa réputation est là et surtout son bateau "extrème" fait un peu peur !

Les JPK sont des bateaux très polyvalents pour être compétitifs dans tous les schémas de course quand le Beepox ne peut marcher qu'au portant et si possible venté. son étroitesse et son poids ultra light lui permettent de planer très tôt. Bref, après une nuit assez active, il est tout proche alors que j'ai l'impression d'avoir bien géré ma 1ère nuit.

De la manooeuvre, il y en a eu avec l'envoi du grand spi asymétrique sur delphinière 1 h après Pen Men puis peeling (changement spi dans spi) un peu "chaud" dans 25 noeuds et de la mer formée en milieu de nuit (plus facile avec Kevin à bord ou Hervé) quand le vent a pris de la droite. J'ai réussi à faire quelques siestes mais avec la mer croisée, le pilote demande encore des réglages.

Le jour s'est levé et j'ai fêté ça en musique (merci Rémi). Les oeufs de poule de Jean-Louis vont passer à la poêle avec du bacon et je me régale à l'avance.

Je vous embrasse. La vie est belle !


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La flotte JPK sur le ponton Transquadra à Lorient

"A bord de Léon" Les news de Jean-Pierre Kelbert à suivre dans la rubrique TRANSQUADRA

Un grand merci à tous nos coureurs JPK 960, 38 FC,1010, 110 et 1080 au départ de la Transquadra 2017-2018 Lorient-Madère-La Martinique

JPK 1080 de JP Kelbert
JPK 1080 de JP Kelbert

"Have a great race
Stay Safe, Sail Fast"


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TRANSQUADRA 2017-2018 1ÈRE ÉTAPE LORIENT-MADÈRE

Dimanche 16 juillet 2017

Après plusieurs mois de préparatifs et d'entrainements, nous voici au jour "J" du départ. Lorient accueille pour la 1ère fois l'épreuve et clairement c'est un choix apprécié de tous.

Stay Safe, Sail Fast
Stay Safe, Sail Fast

St Nazaire et son bassin à flot ne manquaient pas de caractère mais la base de Lorient est tout de même fabuleuse avec un terrain de jeu idéal entre Groix et Lorient accessible à toute heure avec un concentré de compétences techniques lié au pôle course au large.

Bref, avec une météo idéale tout le monde avait la "banane" sur les pontons.

Place désormais à la course car même si entre les coureurs, l'ambiance est très relax à terre sur l'eau, il en va tout autrement!

Le prologue de samedi disputé dans du vent très light se renforçant en thermique en cours de journée a révélé quelques ambitions.

Même si la course se jouait sans classement officiel et avec les familles à bord, "Ogic" le JPK 1010 de Pascal Chombart de Lauwe et Fabrice Sorin vainqueur du dernier Spi Ouest n'a pas laissé passé l'occasion de rajouter un peu de pression à leurs concurrents directs.

A 14h30, ce dimanche départ des 24 solos 30mn devant les 56 doubles.

En solo, je joue la gagne avec "Léon" mon JPK 1080 mais il va falloir contenir les dangereux clients et amis Loulou Dusserre sur "Raging Bee" et Jean-François Hamon sur "Charline" sans oublier aussi en JPK 1010 Stéphane Bodin sur "Enertek". L'outsider en solo sera sans conteste Alexandre Ozon, excellent régatier sur un Beepox 990 ultra léger, ultra rapide au portant .

En double, "Ogic " ne sera pas seul avec beauoup d'autres JPK 1010 et 1080.

A mon sens, le 1080 "LS Resa" d'Olivier Burgaud et Louis Lagadec sera dangereux tout comme "Bouznik" le 1080 de François Valraud équipé de Daniel Péponnet.

Venu de St Malo François-René Carluer et Gwenhael Roth seront également de vrais "clients" avec un magnifique bateau bien préparé.

Gérard Quénot vainqueur de la TQS 2012 en double repart cette année avec Jérôme Apolda sur son 1010 Alkaid 3 avec toujours la même ambition.

Même si 30% de la flotte est composée de JPK, il existe de dangereux concurrents sur d'autres bateaux ! Mais oui !

Le SF 3600 (bateaux des sudistes forty..) sera mené à un train d'enfer c'est sûr avec ces jeunes quadras. Venu de Lisbonne Vincent Labedan et Jean-Baptiste Lemaire excellent ministe seront eux aussi super dangereux sur leur A 35. Des nombreux SF 3200 présents au départ, il risque d'en avoir certains au bonne place également.

En résumé, le danger sera partout et il faut juste se concentrer pour naviguer proprement et au bon endroit.

Pour l'heure nous savourons tous le bonheur de pouvoir vivre de nouveau une telle aventure.

Jean-Pierre Kelbert


site web Transquadra
tracker TSQ

Vidéo JPK 1080

Victoire de "Léon 3D" 1ère étape Transquadra St Nazaire-Madère août 2014



Le blog de Delphine Priollaud-Stoclet

Carnet de voyage Transquadra Madère Le Marin

Laurent bricole sur Oxymore, tandis que sur le ponton 5 il règne une vie incroyable. Quelle ambiance !

Laurent Stoclet, 2ème solitaire sur "Oxymore" JPK1010
Laurent Stoclet, 2ème solitaire sur "Oxymore" JPK1010

Les équipages se saluent, plient les voiles, briquent le pont, lavent leur linge sale en famille, discutent, lorgnent l’état du bateau voisin, comptabilisent la casse. On échange des nouvelles : ceux qui sont encore loin, les démâtés, les touchés-coulés… Cette édition fut riche en péripéties, mais heureusement, aucune perte humaine à déplorer.


Croquis de voyage
Marina du Marin
Marina du Marin
"Crescendo" à l'arrivée
"Crescendo" à l'arrivée
"Oxymore" à l'arrivée
"Oxymore" à l'arrivée


La TRANSQUADRA 2014/ 2015 ou L’Odyssée COCODY par Richard Fromentin

« Ça y est enfin arrivés au Marin en Martinique, île magnifique de l'arc antillais. Après une traversée éprouvante et physique nous voilà enfin à destination

L'idée d'une traversée de l'Atlantique germait déjà depuis 4 ans et l'occasion de participer à cette aventure s'est présentée après avoir reçu COCODY, mon bateau , un rapide coursier des mers, un JPK 10,10 flambant neuf.

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I La préparation
Donc revenons à notre affaire, le départ c'est le 24 janvier. Déjà 6 mois que nous attendons ce jour et pouvoir en découdre enfin avec nos adversaires et néanmoins amis .
Au terme de la première étape, nous sommes 6 ème au général et les premiers se méfient de nous évoquant que 1h sur une traversée ce n'était pas grand chose , il n’empêche que je les aurais bien pris dans ma besace ces 60 minutes. La première étape a rapproché bon nombre d'équipages et de forts liens d'amitiés se sont créés. La semaine qui précède est ponctuée de petites excursions nautiques pour valider, essayer et s'assurer que tout fonctionne correctement. Je pense en plus avoir prévu toutes les situations de pannes possibles . Réparation voiles, moteur , Époxy avec durcisseur et fibre, pilote de secours........

 

Ensuite et le plus important était de définir la stratégie de course, une semaine à bosser tous les jours les schémas météo.
Bertrand Castelnérac mon beau frère sera d'une aide précieuse durant cette semaine de préparation météo, clef de la réussite de notre traversée.
Après avoir lu et relu toutes les revues possibles sur la météo la formation des nuages et même le vol à voile qui fonctionne à l'envers de nous, eux cherchent les ascendants, nous on les évite justement pour ne pas rester dans une molle.
L'aide d'un fin régatier comme « Tranbert »(Bertrand Castelnérac) et un regard extérieur nous est fort utile.

 

Voilà brièvement à quoi ressemble une stratégie de course :
Réalisation Bertrand Castelnérac – reaching@48nord.com

 

Stratégie étape 2
Système anticyclonique plutôt classique au début, incertitudes sur la seconde moitié.

 

MADERE – LE MARIN : route directe CAP AU 254° A 160° TWA :
Butée en tribord 274°
Butée en bâbord 234°
Vent neutre au 74°
Si + que 74° bâbord rapprochant
Si – que 74° Tribord rapprochant
Butées à recalculer ensuite selon le cap du waypoint.

 

Quitter Madère : jouer sur le côté droit du dévent sur zone tracée sur la carte, probablement dans une canalisation, faire du bâbord quitte à ce qu’il soit loffé dès que le vent baisse en tribord.

 

STRATEGIE N°1
1 – Les routes vont chercher la courbure de l’anticyclone au nord : début en tribord tant que le vent est NE. Tribord rapprochant dans l’adonnante, compromis vmg portant.
2 – Le vent passe progressivement à l’E, tribord moins rapprochant. Toujours chercher le gain sous le vent et dans l’ouest, mais rajouter des empannages dans ados/refus (court/moyen terme) pour gérer la courbure.
3 - A un moment ça devient certainement rapprochant en bâbord, choisir le point d’empannage pour placer ce long bâbord. Penser à l’éventail pour décider s’il est « définitif ».
4 - Ce bâbord peut être sport, au largue serré penser : code 5 - 2 ris GV.
OU dans du vent mollissant, si vous êtes trop près de l’axe de la dorsale.
5 – Faire évoluer le point d’atterrissage par anticipation des zones de basses pressions entraînant des perturbations dans l’Alysée à la fin de semaine, décalage Nord ou Sud à trancher.
6 - Atterrissage : soit HP est stable on arrive par le Nord, soit HP affaiblit par phénomène au N : Front froid etc… on arrive vers le Sud.

 

STRATEGIE N°2
1 – Le tribord n’est pas si rapprochant que ça, on cherche tout de suite le gain sous le vent avec des empannages dans ados/refus (court/moyen terme) pour gérer la courbure te le gain sur la route selon état de la mer et nuages.
2 – Le vent reste entre le 70° et le 100°, anticiper des zones de basses pressions entraînant des perturbations dans l’Alisé à la fin de semaine, décalage Nord ou Sud à trancher.
3 - Atterrissage : soit HP est stable on arrive par le Nord, soit HP affaiblit par phénomène au N : Front froid etc… on arrive vers le Sud.

 

CONCLUSION / PROBLEME : vu d’ici on part plus sur une route « Nord » ce qui vu d’ici à l’hôtel devant l’ordinateur, n’est pas définitif.

 

 Situation en fin de semaine, prévision 1 semaine avant :

 

Vu d’ici on est clairement dans une situation d’arrivée par le Sud HP affaiblit.

 

Faire la descente à l’est de l’axe de la dorsale, pas couper l’axe, type vent au 100°.

 

A surveiller précisément :
l’AXE DE LA DORSALE
SON DEPACEMENT EVENTUEL VERS L’EST (pour ne pas se faire rattraper

 

Jeudi 29 à 0h prévi du 23 à 12h
Samedi 31 à 0h prévi du 23 à 12h

 

Exemple de cas extrême qui peut arriver :
Attention à l’orientation de la houle, la mer va être de travers tout pourri au nord :
Vous voyez ce n'est vraiment pas simple !!!!!!
Un vrai travail de professionnel .
Ensuite après le départ et durant toutes la traversée nous sommes restés en autarcie météo validant ajustant corrigeant tous les phénomènes qui se présentaient à nous et ils furent nombreux.
Les routages extérieurs étant interdits nous souhaitions être irréprochables. Faire une performance en ayant triché me paraissait insupportable.

 

II Le Départ
Ça y est enfin parti.
Nos familles nos amis nos proches sont présents pour nous encourager Jean et moi ferons le maximum pour qu'ils soient fiers de nous, le résultat étant secondaire l'important est d'arriver de l'autre côté

 

Dès le départ nous sommes dans le groupe de tête derrière Laminak un autre JPK 10,10 , nous contournons en deuxième position la bouée de dégagement et comme d'habitude les meilleurs sont déjà aux avant postes.
Rapidement nous dépassons le premier bateau. Quel plaisir que de voir toute la flotte derrière nous surtout Raging bee et Jean Pierre Kelbert que nous connaissons bien et dont le palmarès laisse rêveur ……. respectivement 2ème et premier de la première étape Saint Saint-Nazaire Madère.

 

Tout commençait pour le mieux . En tête de la flotte nos prenons l'option Nord, l’orthodromie, en traversant le dévent de l’île même s'il est pénalisant nous nous obstinons car l'objectif est d'aller chercher du vent frais et une rotation favorable . Je pensais que ce serait moins long mais je garde la tête froide et continue dans le schéma prévu en allant renifler le bon moment pour tourner définitivement à gauche. La position des autres concurrents n'a pas d'importance pour le moment c'est encore beaucoup trop tôt il faut avancer vite et toujours vite, notre obstination 100% c 'est le chiffre reporté sur nos instruments de navigation annonçant la performance du bateau .
Nous étions rivés, focalisés dessus.
Le premier passage à niveau va arriver avec vent fort on s'y prépare en ayant à l'esprit de ne jamais lâcher, erreur que nous avions commise à la première étape après épuisement.

 

Des vagues de dingue à surfer avec un vent oscillant poussant parfois à 35 nœuds, le pilote ne peut pas tenir Jean et moi alternons des quarts d'une heure, le sommeil nous manque déjà. la peur de casser du matériel s'installe également mais il faut tenir .
Le lever du jour arrive bientôt et les positions de 6h00 avec . On va voir ce qu'on va voir.
Peine perdue ils ont tenu aussi, ça commence bien, il faudra oublier l'image des alizés tranquilles à siroter un petit verre de rhum, les meilleurs sont là, présents, accrocheurs et la traversée s'annonce tendue.
On a passé 3 jours difficiles à la limite du sommeil et des hallucinations
Nous dormions à même le cockpit pour être prêt à réagir au plus vite.

 

Extraits de journal de bord
JOURNAL DU 29 janvier 2015
La nuit a été particulièrement éprouvante car toujours autant de vent et de vagues qui nous obligent à barrer le bateau tout le temps.
Le départ à l’abattée de la veille nous a bigrement calmé je devrais dire les départs car à chaque fois nous avons relancé le bateau sachant les concurrents proches et prêts à en découdre.
Sur le pointage de ce matin nous avons pris de l’avance sur Xanlite sûrement un meilleur suivi des oscillations de vent et surtout des gros grains
Les grains, c’est nouveau pour nous et pas vraiment agréable à traverser vu les variations forte du vents en force et en direction, nous avons constaté 100 degrés d’écarts de route à tel point qu’il a fallu affaler le spi et passer sous génois au bon plein travers, impressionnant ces variations.
Tout ceci nous oblige à dormir sur le pont ou dans la descente, s’assoupir conviendrait le mieux quand les hallucinations commençaient à venir, vision triple ….. etc , il était temps de demander de l'aide.
Donc au pointage 7 miles d’avance sur Xanlite mais pas vraiment d’avance sur
Merlin et vu les efforts que nous avons déployés on s’attend à ce qu’ils ne lâchent rien .
Sur le schéma météo je pense que nous sommes sur la bonne position et ne voit pas comment vont s'en sortir Raging bee et JPK . Face à eux les vents vont tourner à droite avec en plus une grosse zone de molle bref ça ne sent pas bon du tout ils jouent avec le feu .
S’ils passent ce sera certainement un magnifique coup météo.
Pour le moment nous sommes sous génois et GV à 125 degré du vent 25 nœuds et prenons pour cible l’endroit ou nous devrions mettre les clignotants à droite.

 

JOURNAL DU 30 janvier 2015
La nuit a été plutôt ventée  mais cette fois-ci vent de travers bon plein
Le pilote en marche, l'homme de quart, dans le cockpit ou au rappel, surveille  dans le cockpit d’éventuels dangers mais surtout reste attentif aux oscillations de vent
Il a fait relativement froid et le temps était maussade. Dans la matinée, le ciel s’est dégagé apportant du soleil bien agréable mais aussi un vent irrégulier et faible c’est mon avis un nouveau passage à niveau à ne pas rater.
Toutes la journée nous avons alterné les voiles au gré des oscillations et du coup par mégarde avons déchiré le spi asymétrique .
Le mousqueton d’écoutes légères était saillant et lors de l’envoi a déchiré le spi, quelle poisse !
2/3 bonnes heures à le réparer du temps perdu et de l’énergie pour rien
Aujourd’hui douche quel délice
Premier envoi du spi léger je pense être le seul à avoir pris cette option .
Ce soir il faudra barrer sans arrêt, quarts d’1 heure pour ne rien rater
Rien à l’horizon ni bateaux ni dauphins qui pourraient nous distraire un peu. La vie à bord s'installe sans grosses surprises.
Si des poissons volants viennent s'échouer voire percuter nos visages et de l'avis de Jean cela restera une expérience très douloureuse .
Nettoyage du bateau, vérifications du matériel, pansement des plaies …..

 

Le journal de bord est ponctué de ces petites anecdotes .
Instant magique l'ouverture de nos cadeaux après une semaine de MER.
Les messages sont émouvants

 

Le rôle du navigateur est terriblement stressant aller vite Jean et Moi savons le faire et nos concurrents le savent aussi mais aller au bon endroit sur une transat c’est nouveau pour nous .
La tache étant complexe et pour simplifier et caricaturer la chose en l’exorcisant nous décidons de la comparer à un grand triangle olympique voilà tout avec toutes les bonnes vieilles recettes d'ado refus positions décalages sous le vent au vent en introduisant des butées barométriques en contrôlant nos adversaires la difficulté était que pendant 12 heures nous n'avions pas leurs positions
C'est un sport vraiment complet et exigeant qui nous oblige en permanence à réfléchir.
Pensez qu'un écart de 7 jours se creusera entre nous et la queue de la flotte .
Il fallait aller vite au bon endroit et être extrêmement vigilant pour ne pas rater les subtilités météo au risque de voir un nouveau schéma se présenter souvent défavorable .
Pour aller vite il fallait à tout prix se débarrasser de ces satanés algues, les fameuses sargasses s'incrustant sous nos safrans sail drive quille , Au moins 20 % de vitesse perdue sans parler des départs au lof provoqué par des safrans saturés d'algues .
Une vraie plaie que nous avons combattu sans relâche en plongeant, en reculant sous voile ,en utilisant cordes à nœuds, gaffes. Un vrai cauchemar

 

III L'arrivée
Nous arrivons premier au marin épuisés mais tellement heureux
Merlin qui a été notre adversaire régulier passe devant nous en temps compensé . C'est quand même rageant
Je ne sais pas si nous aurions pu éviter le grain qui nous a cloué 1 heure à l’arrivée, ce qui est certain c'est que la victoire au général s'envole à ce moment hélas .
Nous restons humble face à ce coup du sort
Ceci dit deuxième après 2 étapes reste une performance très honorable et nous aurions signé tout de suite si nous l'avions su au départ,

 

Conclusion
Nous avons porté fièrement les couleurs de Leclerc Hennebont qui m'a apporté une aide logistique sur la partie avitaillement et aussi porté un message d'espoir pour l'association Loisirs Pluriels qui développe des centres de Loisirs en France pour les enfants en situation de handicap .
Nous espérons que cette traversée leur a apporté un éclairage médiatique supplémentaire car les efforts qui''ils déploient à l'attention des enfants ne nous semble pas assez connus les fonds manquent également et RDV fin Septembre pour une grande randonnée à Hennebont qui je l'espère réunira 2000 à 3000 personnes.
Les fonds colletés leur seront reversés intégralement pour apporté modestement notre contribution.
Une pensée à Frère Ernest qui, par ses prières bienveillantes, nous a porté jusqu 'à la victoire.

 

Bref ce fut une véritable aventure humaine une véritable entreprise ponctuée de joies et de quelques embûches mais c'est bien entendu le lot de tout projet à mener.
Je remercie nos familles, Anne-Gaëlle, mon épouse et mes 3 enfants pour m'avoir soutenu encouragé et porté .
Un grand merci aussi à Jean Frétigny qui a été un Co skippeur et régleur formidable. Un ami sur qui compter et un excellent Marin aussi teigneux que moi.
Merci à tous nos amis qui nous ont envoyé tant de messages et qui suivaient plusieurs fois par jour.
L'aventure Transquadra se termine mais pas celle de COCODY qui aura d’autres challenges à relever.


Document à télécharger :
     [pdf] L'odyssée_cocody.pdf (6,36 Mo)

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