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Actualités

Coupe de France IRC des équipages - novembre 2016

Journal de bord JPK 1010 "COCODY Leclerc Hennebont " par Richard Fromentin

Nous voilà enfin au terme d’une saison 2016 dense avec pour objectif de participer à La finale de la coupe de France IRC des équipages.

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Marseille la ville qui accueillera probablement les jeux olympiques se devait d’être à la hauteur de ses ambitions et même si modestement nous ne prétendons pas à ce niveau d’excellence, il est flagrant que l’organisation de cette finale était remarquable et l’ambiance formidable.
Nous imaginons aisément ce que sera la fête à Marseille pour tous les compétiteurs en 2024 !
Donc en ce qui nous concerne, le plan d’eau Atlantique et Breton, en particulier, nous est plutôt familier ce qui n’est pas du tout le cas de la Méditerranée. Nos questionnements se focalisaient sur les conditions météos et les effets de site.
Malgré nos nombreuses sollicitations il est évident que nos compatriotes Sudistes gardent bien au chaud leurs petits secrets.
La première journée portée par une météo musclée nous convenait particulièrement car elle évitait les écueils que nous redoutions le plus, la fameuse `` pétole’’ avec son lot d’incertitudes.
Samedi 12 novembre sur les 5 manches courues nous terminons en tête avec un écart de points relativement faible sur Team Vision Future , un équipage aguerri naviguant sur TP 52 et comme souvent sur la cote ouest et Manche Foggy Dew est toujours présent et à craindre.
Dimanche pariant que 2 manches au moins devaient être lancées nous devions être particulièrement vigilants sur les intentions de nos adversaires. Elles se sont rapidement concrétisées par un départ prématuré réparé immédiatement pour rester dans le match. Nous étions 4 dans ce petit wagon de bateaux pressés d’en découdre et prétendant à la victoire.
Finalement sur les deux manches du jour nous en gagnons une et terminons deuxième sur la dernière course de cette finale. C’était enfin !!!! `` Dans la boite’’ comme on dit.
Les situations sur l’eau étaient relativement complexes, malgré cela, grâce à une vitesse régulière, un engagement physique permanent et une tactique inspirée, nous repartons champion et ravis d’avoir pu nous mesurer aux meilleurs équipages Français sur un support monotype.
Notre organisation se décomposait ainsi :
N°1 Pierre Louiset , Piano Richard Beauvir, Performeur régleur Laurent Allard, Embraque réglages Jean Frétigny, Tacticien Loïc Merlin , Skippeur Barreur Richard Fromentin et pour finir la Bonne Mère qui a veillée sur nous.
C’est une année qui s’achève pour un groupe de copains habitants tous à moins de 3 km du chantier JPK et de la voilerie EUROPE SAILS qui nous équipent et qui voient un travail de plusieurs saisons récompensé.
Merci à toute l’organisation, à l’UNCL, au comité de course, à l’UNM , aux bénévoles de nous avoir permis de découvrir ce magnifique plan d’eau.
Un grand merci aussi à nos familles, nos épouses conjoints … qui nous apportent leur soutien et partagent notre passion de la Mer.
L’esprit de compétition qui nous anime, nous amènera probablement à explorer ce qui ce passe en Manche avec notamment le Fastnet 2017, mais ça c’est une autre histoire...



Victoire de "Foggy Dew" JPK 1010 de Noel Racine Rolex Middle Sea Race 2016 en classe 6 et 4eme overall !

Encore un fantastique résultat de Noel Racine et de son équipage sur une saison 2016 de toute beauté .

Avant qu'Alex (Loison) équipier de luxe de Noel sur la Middle sea race ne nous raconte dans le détail le déroulé de leur course, Noel m'a brièvement campé le décor de cette édition 2016.

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Noel : "Je crois que nous n'avons jamais réalisé une course aussi aboutie ! L'équipage a été excellent avec Alex et Ludo en meneur, toujours à la recherche du 100 % de performance. Aucune erreur non plus en navigation, poste que j'ai partagé avec Alexis, ni en tactique d'ailleurs. C'est vraiment un sans faute ! Nous avons eu toutes les conditions avec un maximum à 30 nds mais au près dans le détroit de Messine et c'est pourtant là qu'on a vraiment breaké avec les autres .
En général les petits bateaux sont pénalisés au près mais là nous avons vraiment cartonné. Pendant longtemps on a joué la gagne en overall et c'est seulement le dernier jour qu'on a dû s'incliner lorsque le vent nous a lâché ce qui a favorisé les gros et très gros ratings. Il n'y a qu'à voir les bateaux autour de nous au classement overall, il n'y a que des 50 pieds et plus ! Le 2eme de notre classe, un JPK 1080 ( "Bogatyr" un équipage russe) est tout de même 3h30 derrière en compensé et on termine 3eme en réel de notre classe alors que nous étions le plus petit bateau !
Donc une course où on s'est beaucoup amusé, tout ce qu'on rêve de vivre quand on aime la régate. "



VICTOIRE GROUPAMA RACE JPK 1080 "BANQUE DE NOUVELLE CALEDONIE" !! par Alexis LOISON

Comment refuser une invitation pareille ?? Michel Quintin, skipper, me propose le poste de navigateur sur la Groupama Race qui est le tour de la Nouvelle-Caledonie.

Le bateau n'est pas n'importe lequel !! Il a pour nom de baptême "Léon", le JPK 1080 n° 1 de la série, vainqueur dans sa classe et second overall de la Sydney-Hobart 2015 !!

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La pub de la course est annoncée: 650 milles nautiques dans le plus grand lagon du monde, "le plus grand parcours banane au paradis "..! Ça fait rêver non??

Les inscrits ?!: il y a de tout !! Cela va de "Vodaphone" le Orma 60 (ex géant) qui veut décrocher le record du tour, "Scallywag", un monocoque full carbone de 100 pieds (ex "Raggamuffin") et d'autres pelles à feu très rapides. Dans notre catégorie, on trouve par exemple des Sydney 38 affûtés, un Shaw 35 baptisé "Keel Bill", sorte de M34 avec une quille basculante et une GV à corne, un Sunfast 3200, un Pogo 40, etc.

Notre bateau est prêt, l'équipage se connait déjà, tout le monde est très motivé, bref, on y va pour la gagne !!


Jour-J :

Forcément, les alIzés sont partis en vacances ... Pas de vent annoncé sur la régate. C'est tellement rare que personne ne sait ce qu'il peut se passer, quelles seront les options payantes. Les fichiers météo sont à la rue . Bref c'est la grande inconnue !! Moi qui était venu là pour faire un parcours banane ...!!!??

Le départ, donné par "Dieu" en personne (alias Michel Desjoyeaux , bah oui je vous l'ai dit on est au paradis !!!) est grandiose ! Énormément de monde sur l'eau, à terre , dans les airs , pour assister à l'événement phare de la voile en Calédonie . A la barre , "Tug" le match racer , nous fait prendre un bon départ , au vent des très gros bolides . Après un rapide parcours spectacle, nous voilà lancés vers le sud de l'île. Il y a 12-15 noeuds de vent, grand soleil, la bagarre d'empannage commence le long des îlots. Le premier soir le vent est annoncé nul à absent , foireux , inexistant , etc. D'habitude , il y a 25-30 noeuds au portant ... Les premiers touchent la pétole en premier . Ils ne s'aventurent pas dans le lagon le long de la côte , mais nous surveillons leurs positions régulièrement. C'est alors que 2 options se dessinent, à terre ou au large. Nous choisissons la 2ème option après avoir vu s'arrêter sous les montagnes tous nos concurrents directs. On se frotte les mains , l'ambiance à bord est concentrée, ça y est on se barre ... Puis on s'arrête !!! Bien entendu , vous avez deviné la suite !! A terre , le thermique de nuit s'installe gentiment , les voilà tous propulsés à 7 noeuds et nous à zéro ! Oups!!!! On essaie de rester positifs mais quand on se fait doubler par L'ENSEMBLE de la flotte, on a quand même la vilaine impression que notre banque à fait faillite !!
La nuit passe, on a pris 15 milles de retard dans la vue si ce n'est pas plus . "Ça part de là comme dirait l'autre ".

Le 2ème jour, on s'applique. Le vent est revenu, nous sommes au près et le JPK aime cette allure. On joue les ados, les refus, le vent est très instable en force et en direction, il y a de gros gains à faire . Ça tourne à la barre , aux réglages , à la banette.

Le 3ème jour est certainement celui de notre renaissance !! Le vent rentre à 20 noeuds au reaching , puis dans la journée après un petit front sorti de nulle-part, le vent tourne à gauche et nous pouvons envoyer le A5. Ayant choisi le large, nous avons certainement un peu plus de vent et nous avons surtout un angle parfait pour attaquer "sur les portières" avec tout l'équipage au rappel. Le soir , plus de vent à nouveau ... Seul le courant nous fait avancer . La nuit est difficile pour les nerfs lors du contournement de l'île au nord (surnommée le grand passage). Mais à bord on s'applique d'autant plus que le moral est en forte hausse ! Nous sommes revenus au contact des leaders et avons commencé à larguer nos poursuivants, notamment le petit mais très malin Sunfast 3200 qui fait depuis le début une navigation parfaite.

Le retour pose de nouvelles questions tactiques. Intérieur ou extérieur Lagon? Il faut se décider car les passes pour y rentrer ou en sortir sont rares. On se décide à y rentrer pour y trouver une mer plus plate et moins de courant . On se dit également que la nuit nous serons plus proches de la côte pour accéder aux brises de terre (on ne veut pas se faire avoir 2 fois !!). Sur le retour encore, l'option gagnante aura été de rester dans le lagon le plus longtemps possible . Certains bateaux vont perdre gros tandis que certains vont revenir très fort !
Le 5ème jour nous sommes dans le sprint final. Les Sydney 38 vont plus vite que nous dans le petit temps , malgré tous nos efforts. Il ne faut pas trop les laisser filer. À l'arrière de la flotte, on assiste à certains bateaux qui reviennent , bref c'est ultra tendu pour jouer la victoire en ORC.
Le vent finit par s'installer pour de bon à l'approche de Noumea . A 1 mille de la ligne d'arrivée, plusieurs bateaux accompagnateurs, avec la famille, les amis mais aussi les autres concurrents comme une partie de l'équipage de "Keel Bill" viennent nous accueillir et nous féliciter. Le super fan club de Banque de Nouvelle-Caledonie est présent sur la digue également, bref , le top !!!
Un bon steak frites et une sieste plus tard nous apprenons que nous gagnons la course de moins de 2 minutes !!! Chaud !!!!
La remise des prix est superbe, l'équipage a d'ailleurs donné ses toutes dernières forces pour également gagner la soirée !! Un véritable esprit de winners !!

Un grand merci à Michel (le big boss) pour m'avoir invité à bord mais aussi d'avoir concocté un équipage en or, avec Charly à l'avant, Laurent en numéro 2 et responsable cuisine et testeur banette, Mathieu en piano et media-man, Cedric à la barre et responsable rangement, Tug le match-racer à la barre et aux réglages, et moi-même, bien caché à la table à cartes et à la barre.
Et je confirme que si cette régate ne se court pas réellement au paradis, ça doit y ressembler beaucoup !!

Vivement la prochaine édition !!


http://www.groupamarace.nc/la-course/les-equipages-2016/banque-de-nouvelle-caledonie

Un grand jour ce mercredi 21 Septembre avec la mise à l'eau du 1er JPK 45.

Temps parfait et super ambiance pour assister à ce "grand moment" ! Un an après le démarrage du mannequin de coque, le bateau est à flot et dans ses lignes .

Depuis un bon moment ce bateau "idéal" de croisière me trottait dans la tête et le résultat est vraiment conforme à ce dont je rêvais...

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Jacques (Valer) a une nouvelle fois visé juste avec un devis de poids respecté à 100 kg et une assiette légèrement sur l'arrière comme souhaité.

Toute l'équipe JPK a vraiment réalisé du super boulot. Les premiers mois par l'équipe des modeleurs et moulistes pour un travail délicat, physique et souvent ingrat sur les préformes et les moules puis par l'équipe de l'infusion mené par Kevin qui a sorti des pièces parfaites en maitrisant les devis de poids et enfin par celle de l'assemblage enmenée par Jean-Miche notre chef d'atelier investi à 200% sur ce projet qui demande beaucoup d'engagement.

Si le résultat se mesure à l'émotion provoquée sur les 3 co-propriétaires présents lors de la  mise à l'eau, nous pouvons tous être fiers de notre travail !

Il reste maintenant à le tester et naviguer...




COWES WEEK La démonstration de "YES" le JPK 1080 d'Adam Gosling

Du 6 au 13 août dernier a eu lieu la fameuse semaine de Cowes qui rassemble les meilleurs bateaux anglais et aussi français

Vainqueur Overall de l'épreuve "Yes" a été véritablement intouchable en remportant 6 des 7 manches courues (2eme sur la plus mauvaise manche !) et ce quelque soient les conditions rencontrées.

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L'épreuve disputée dans le Solent est toujours un grand moment de voile avec décor superbe, ambiance fabuleuse à Cowes sur l'île de Wight, terrain de jeu compliqué autant en terme de courant que de vent avec les effets de côtes et niveau sportif sans égal au regard de la qualité des bateaux inscrits. Assez loin devant les concurrents, de l'avis de tous "Yes" navigue plus haut plus vite au près, plus bas plus vite au portant!

C'est intéressant d'analyser le pourquoi d'une telle domination. Comme le répète toujours Jacques Valer, l'architecte du bateau, la performance est un ensemble dans lequel tous les paramètres comptent.
Au delà du dessin de coque et de la construction le travail essentiel concerne le gréement et le dessin des voiles .
Ajouté à cela une carène retravaillée de façon maniaque et un soin permanent apporté à tous les détails comme le réglage des safrans, l'ajustement optimal de l'ergonomie de cockpit pour l'équipage (systeme GV sur winches pour réglage direct), la chasse au poids systématique et le travail sur l'assiette du bateau.
L'équipage est naturellement le facteur 1 de la performance et clairement sur "Yes" chacun apporte une véritable valeur ajoutée à son poste.
Sur "Yes", James le préparateur et "performer" du bateau a délibérement accepté d'augmenter le rating du bateau (en moyenne 7 points de plus que les autres 1080) pour ajouter des chevaux au moteur. Les surfaces de GV, génois et spis sont plus grandes ce qui donne beaucoup d'aisance au bateau dans les conditions légères où le bateau fait par exemple jeu égal en temps réel avec le First 40 .
Pour effacer la puissance lorsque la brise grimpe, le mat carbone Axxon traversant (dessiné par Ìlly brummer il est léger, nerveux et suffisamment souple pour être bien "travaillé" ) est posé en fond de coque sur un mast jack (vérin hydraulique avec pompe manuelle et cales). Entre chaque manche, James adapte la tension en adaptant les cales de mât. Résultat ; le principe permet de jouer sur l'ensemble des tensions et de faire varier de façon importante le volumes des voiles.
Un pataras hydraulique (2 boutons +/- de chaque côté à la main du règleur) permet d'être encore plus réactif sur la variation du cintre de mât.
Point essentiel, le travail sur le dessin des voiles. La garde robe North a été travaillée et retravaillée pour pouvoir en jouant sur les tensions de gréement et le cintre du mât modeler totalement les volumes.
Au final, l'écart est important mais très instructif pour comprendre le principe général et affiner sa propre démarche d'optimisation.
En conclusion, je dirai que nous sommes rarement à l'optimum de l'optimisation de nos bateaux. Dès lors que nous ne naviguons pas en monotypie il est plus délicat de s'étalonner. Comme Jacques, je pense que le travail sur la carène et les détails représentent peu par rapport à ce qu'il est possible de gagner ailleurs notamment par la connaissance de son bateau et au travail de fond qu'il faut accomplir sur les voiles et l'adéquation voiles/mât ainsi que sur l'ensemble des réglages liés au gréement.



Cowes week 6-13 aug 2016

Cowes Week est un mélange à l’anglaise de compétition, de fête et de tradition

Pour le retour de Raging-Bee sur cette compétition, que nous avions remporté dans notre classe en 2013 finissant au passage 3ème overall, l’équipage est constitué d’Alexis LOISON à la barre, Jérôme Aubert à la tactique, David BOSSE à la GV, Nicolas Léon et Alexis LAFAYE à l’embraque, Arnaud TESSIER N°1 et moi-même au piano.

La compétition : des régates disputées
La compétition : des régates disputées

Notre ambition est de gagner mais la concurrence est rude avec entre autres le JPK1010 Strait-Dealer qui est LE spécialiste des inshores dans le Solent, le A35 Dunkerque les Dunes de Flandres champion en titre overall du National IRC anglais et qui a terminé 2ème de la Commodore’s cup la semaine précédente dans ces mêmes eaux ou encore IBA un A35 belge redoutable. Une inconnue concerne le Kerr 33 Acheron dont nous ne connaissons pas le potentiel.
Toute la semaine nous bataillerons aux avant-postes dans des conditions de vent allant de 5 à 30Nds et toujours très « shifty », composant au mieux avec les bancs de sable et les fameuses veines de courant du Solent. Au final notre régularité nous mène à la 1ère place la veille de la finale. Strait-Dealer et IBA qui ont alterné le bon et le mauvais ne sont plus dans la course pour la victoire, Acheron non plus qui a démâté dès le 2ème jour. Notre dernier adversaire est donc Dunkerque qui compte 2 points de retard sur nous. Tout est donc encore possible pour eux mais pour gagner nos amis nordistes devront interposer deux bateaux entre nous. Peut être du fait que la veille nous avons trop arrosé l’anniversaire d’Alexis LOISON et que les dunkerquois, que nous avions conviés à la fête, ont mieux géré l’apéro, mais Dunkerque fait 2 et nous 5 : nous perdons Cowes Week pour un point…
Au final nous avons passé une super semaine entre régates acharnées, fêtes (feux d’artifices, exhibitions aériennes) et traditions (la remise des prix au Royal Yacht Squadron restera dans toutes les mémoires) qui font que Cowes Week reste une compétition vraiment à part. L’organisation parfaite et le niveau sur l’eau élevé font que nous reviendrons sans aucun doute l’année prochaine.



La tradition : remise des prix au RYS
La tradition : remise des prix au RYS

FAUTE ! les Raging-Bee’s boys n’avaient pas prévu le traditionnel « jacket and tie »…  Heureusement il restait des chemises propres au fond des valises !
FAUTE ! les Raging-Bee’s boys n’avaient pas prévu le traditionnel « jacket and tie »… Heureusement il restait des chemises propres au fond des valises !
Remise du trophée par la femme du commodore : so british !
Remise du trophée par la femme du commodore : so british !

LA OUESSANT RACE DE RAGING-BEE :

Du rêve au cauchemar et du cauchemar au rêve

La Ouessant Race est une nouvelle course au large de 410M organisée par le RORC. Le parcours est digne d’une étape de la Solitaire du Figaro. Le premier tiers de course est le même que pour la Rolex Fastnet Race parcourant la côte sud de l’Angleter

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La Ouessant Race est une nouvelle course au large de 410M organisée par le RORC. Le parcours est digne d’une étape de la Solitaire du Figaro. Le premier tiers de course est le même que pour la Rolex Fastnet Race parcourant la côte sud de l’Angleterre. Le jeu consiste à opter pour les bonnes options tactiques pour jouer avec les courants de marée. Puis la flotte contourne le phare de Wolf Rock pour entamer le deuxième tiers de course : un long bord de plus de 100M pour traverser la Manche vers Ouessant. Le sens de rotation pour contourner Ouessant est au choix selon l’heure de marée où l’on arrive, mais laisser l’île à tribord rallonge la course d’environ 6 M ! Après avoir arrondi Ouessant la flotte entame le dernier tiers de la course : un long bord de 120M le long de la côte bretonne pour une arrivée à St Malo. Pour ce dernier tiers de la course, la marée nous mènera à jouer dans les cailloux pour s’abriter des forts courants et la hauteur de marée à St Malo pour la fin de course sera de 10 mètres…
Sur Raging-Bee mon équipier sur cette course est Guillaume LAMARRE. Guillaume est un ami de longue date qui connait parfaitement le bateau et sa garde robe puisque c’est lui qui l’a taillée ! Le dimanche 14 aout à 12h locale, c’est un départ « à l’anglaise » sous spi par un vent de NE entre 3 et 5Nds. Nous mettons le cap vers l’Ouest mais par ce vent faible et avec seulement 2 heures de courant favorable nous savons qu’il ne sera pas possible de sortir du Solent avant la renverse… Vers 14h30 le thermique s’établit au Sud-ouest pour environ 8Nds. Nous voilà donc contraints d’affaler pour tirer des bords contre la marée. La tactique consiste alors à naviguer dans la partie Nord du Solent pour s’abriter du courant derrière Hurst-Point. La sortie du Solent à contre la marée se fait « à la plage » de Hurst Point pour bénéficier du contre-courant et nous nous engouffrons dans le passage de North-Head à l’Ouest des Shingles où le courant est moins fort que côté Est. Le vent adonne alors nous permettant d’envoyer le Code 0. A ce moment de la course, nous sommes au contact de Night and Day et de Foggy Dew ce qui nous laisse penser que nous avons fait une bonne sortie de Solent.
La transition suivante est une rotation à gauche du vent qui va passer Est en forcissant au fil des heures. La nuit se passe par vent faible (à très faible) sous code0 car la rotation attendue n’arrivera qu’au petit matin. Nous pouvons enfin envoyer le spi. Tout au long de la journée le vent forcit pour finir plein Est à 25-30Nds. Pour nous c’est tout bon et, en VMG descente vers Wolf Rock sous grand spi de tête symétrique, nous creusons un écart important sur Foggy-Dew et N&D qui tirent des bords avec leurs spis asymétriques ! Nous naviguons comme dans un rêve avec des surfs à 18Nds : on se croirait sur la Transquadra ! Les copains sont relégués à plus de 12M après un peu plus de 24h de course : le rêve !
Il est 16h le lundi 15 aout et c’est l’heure à laquelle notre grand spi décide de rendre l’âme. Il faut vous avouer que tout à notre joie de descendre les vagues plein pot nous avions précédemment fait un départ à l’abattée qui nous avait obligé à affaler le spi pour réparer un petit accroc au niveau du renfort de tête : un pansement au Grey-Tape et s’était reparti comme en 14. Sauf que au premier claquement suivant : «CRAC» plus de grand spi… A ce moment, nous sommes au large du cap Lizard à 45M de Wolf Rock et nous n’avons pas d’autre choix que d’envoyer notre A5 : pas idéal dans ce vent plein cul et mollissant en plus… De fait nous nous trainons et pour arranger le tout, comme nous sommes contraints avec ce spi de tirer des bords, nous foirons un empannage qui voit notre spi faire des tours bien serrés comme il faut autour de l’étai... Nous mettrons pas loin d’un quart d’heure à démêler et renvoyer. Résultat nous tournons Wolf Rock à 20h au contact de N&D et Foggy Dew qui nous ont donc repris 12M en 4 heures : le cauchemar !
Après cet après-midi catastrophe nous avons le moral dans les chaussettes et l’affalage du spi à Wolf Rock achève de nous démoraliser : en effet la drisse, un moment coincée en tête, nous fait craindre de finir sur les rochers. Heureusement le spi finit par descendre mais on gamberge à fond et je suis persuadé que Foggy-Dew, qui est en équipage, et N&D, qui a un grand pro à bord, vont nous déposer sur ce bord vers Ouessant de plus de 100M au reaching (vent de 18Nds à 70°TWA). Dans nos têtes nous ne sommes plus vraiment dans la course et, perdu pour perdu, je décide d’envoyer le Jib-top pour faire un speed test : Foggy-Dew et N&D sous génois short-sheetés VS Raging-Bee sous Jib-Top. Ca fait longtemps que je me demande si mon Jib-top est plus efficace qu’un génois avec short-sheet : au moins cette course va me servir à apporter une réponse à cette question et devinez quoi ? …Eh bien à 18NDS 70°TWA le génois short-sheeté c’est mieux que le jib-top …et d’environ 10% en plus ! Par 20NDS à 80° ça pourrait être différent : faudrait ré-organiser un speed-test ! En attendant si on continue avec le Jib-Top, à Ouessant on aura 10M de retard sur nos meilleurs ennemis : le cauchemar va donc continuer ? Eh bien non ! Le bord est humide et il fait bientôt nuit mais je vais à l’avant changer de voile. J’ai à nouveau l’envie de compétition et l’envoi du génois sous le Jib-top est vite exécuté : dans la manœuvre on ne perd pas plus d’un demi mille sur Foggy-Dew mais N&D s’est un peu échappé, il est à 2M. Toute la nuit nous bataillons tentant un décalage au vent de Foggy-Dew qui ne nous laisse pas passer puis un autre sous le vent qui paie : au petit matin du mardi 16 Ouessant est en vue, le vent toujours à l’Est faiblit à 15Nds et nous sommes revenus au contact de Foggy et N&D est seulement 1M devant.
Notre atterrissage sur Ouessant se fait au bon moment de la marée c'est-à-dire que l’on va laisser l’île à babord. Dans un vent pétolant et avec un fort courant qui nous dépale vers l’Ouest nous contournons Nividic et la Jument. La côte sud de l’ile se fera dans un vent d’Est de 5Nds à contre courant : l’occasion de faire un peu de géologie toujours au contact de Foggy que nous croisons au milieu des cailloux.

Raging-Bee à la poursuite de Foggy-Dew dans les cailloux de Ouessant
Nous traversons ensuite le Four à contre-courant dans un vent toujours faible avec nos meilleurs ennemis juste devant nous. L’après-midi s’annonce paisible avec la renverse à venir qui va nous amener avec son courant favorable jusqu’à l’île de Batz dans un vent forcissant à 15Nds. Les problèmes de la veille sont oubliés, nous prenons beaucoup de plaisir à naviguer au près sous le soleil dans ce vent maintenant à 18Nds et on en profite pour se reposer. Mais, comme si nous étions maudits, le cauchemar commencé la veille continue: alors que je suis à la bannette en plein sommeil, Guillaume qui est de quart sent une odeur de brûlé. Il me réveille en catastrophe : de la fumée sort du tableau électrique ! J’ouvre le panneau du tableau et l’appel d’air provoque l’embrasement de gaines électriques. L’extincteur vient rapidement à bout des flammes. Très vite nous trouvons l’origine du feu : provenant du Jib-top trempé que j’ai rentré dans le bateau la veille, il y a de l’eau dans l’équipet tribord ce qui a provoqué le court-circuit du chargeur de la VHF portable installé à cet endroit et relié au tableau électrique sans aucune protection, ni fusible, ni disjoncteur…
Au final plus de peur que de mal car si les gaines ont noirci au feu, elles ont résisté et tout l’électronique fonctionne normalement. Soulagés, nous laissons toutes ces émotions derrière nous pour nous concentrer sur la suite de ce qui, pour nous, ressemble de plus en plus à un périple : Il est 20h et il faut maintenant aller s’abriter du courant en baie de Lannion. Nous avons un peu perdu sur la course 2M derrière Foggy-Dew et 3M derrière N&D. Vers 22h c’est devant Trégastel qu’il va falloir aller de nuit s’abriter du courant dans les cailloux… Heureusement N&D ouvre la route : Alexis connait ces cailloux par cœur et on s’engouffre dans son sillage. Avec la lune qui fait briller l’eau et les rochers dont la masse noire parait si proche, ce sont des moments magiques. On en viendrait presque à regretter la renverse qui nous permet de regagner le large, cap vers les Héaux de Bréhat que nous contournons vers 03h mercredi matin.
Les écarts sont stables : 2M avec Foggy et 3M avec N&D. Il s’agit maintenant de gérer la dernière ligne droite. Nous téléchargeons un fichier Navimail maille fine qui annonce une grosse mistoufle sur l’arrivée avec un vent pétolant au large du cap Fréhel prenant de la droite dans un premier temps puis revenant à l’Est par une grosse gauche. L’arrivée à St Malo est dans notre Sud-Est et avec la gauche annoncée Il va falloir aller chercher le côté gauche du plan d’eau. N&D part dans l’Est sitôt passée la Nord Horaine qui est marque de parcours. Nous décidons de retarder notre virement le temps de profiter au maximum de la veine de courant qui porte au Sud. Foggy-Dew a la même option que nous. Finalement à la latitude de Bréhat nous virons pour nous recaler à l’Est tandis que Foggy-Dew prolonge quelques minutes de plus vers le Sud. A 6h00 et à 30M de l’arrivée les décalages sont faits : nous faisons tous les trois route au même cap, N&D 4M à notre vent plus à l’Est, et Foggy 2M sous notre vent plus à l’Ouest. Vers 09h00, lorsque la pétole arrive avec sa droite, Foggy-Dew se retrouve bloqué du mauvais côté du cap Fréhel en mauvaise position pour toucher la gauche qui arrive une heure plus tard. Logiquement N&D, le plus à l’Est, touche le nouveau vent en premier, puis c’est notre tour alors que Foggy-Dew reste scotché. Ainsi après environ 410M et 3 jours de course, grâce à notre petit décalage dans l’Est à 30M de l’arrivée, nous finissons 40’ devant Foggy-Dew ce qui donne 26’ à notre avantage en temps compensé et, avec tous les problèmes rencontrés durant ces trois jours, le résultat est inespéré: Raging-Bee 1er en IRC3, 2ème en 2H et 6ème overall. Le rêve!
Bon en ce qui concerne N&D c’est encore raté mais cette fois on les a faits trembler en début de course. Je pense que les 12M d’avance que l’on avait sur eux après 28H de course vont les faire réfléchir : sans notre spi éclaté et sur un parcours avec moins de jeu comme le Fastnet, ça aurait été difficile pour eux de les récupérer. Alors les copains, l’année prochaine: Asy or not Asy ? that is the question…;)))


Raging-Bee à la poursuite de Foggy-Dew dans les cailloux de Ouessant
Raging-Bee à la poursuite de Foggy-Dew dans les cailloux de Ouessant

Commodores cup 2016

Victoire par équipe pour France bleu et victoire individuelle overall pour Foggy dew le JPK 1010 de Noel Racine

Un grand bravo aux équipes de France engagées dans la commodores cup 2016.

En placant les 3 équipes de France aux 1ere, 3eme et 4 eme place l'objectif est plus que largement atteint !

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Depuis 10 ans les français attendaient une victoire et elle est savourée aujourd'hui.
Si l'équipe France bleu remporte la victoire avec Teasing Machine, Goa et Cifraline 4,
La 2eme équipe française France white aurait tout aussi bien pû la remporter avec foggy dew, Pen koent et Lannael.
Dans cette équipe 2 bateaux remportent leur classe respective.
En class 1 Pen koent remporte le classement devant Relax et Teasing .
Machine lorsque Foggy dew remporte lui aussi sa classe 2 devant Cifraline et Time line le JPK 1080 de Marc Alperovitch.
Clairement le JND 39 de Didier Gaudoux n'est pas encore tout à fait au point et termine en bas de sa classe ce qui impacte évidemment l'équipe white.
Pour le chantier JPK le bilan est flatteur avec au total 7 manches gagnées entre "Sunrise ", "Time line" et "Foggy dew".

Noel Racine remporte donc le "top boat" qui récompense le meilleur bateau overall de la commodores cup.
Dans des conditions idéales et variées l'équipage de Noel n'a fait aucune faute et tiré le plein parti du dessin de Jacques Valer qui allonge encore son palmarès !
Vainqueur de 4 manches dont le fameux tour de l'île de wight qu'il remporte toutes classes foggy dew a vraiment navigué magistralement face à une concurrence au top.

Bravo à toute les équipes engagées pour ce magnifique résultat et l'esprit qui l'a animé tout au long de l'épreuve.


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Round The Rock Solo - juillet 2016

Bravo à Louis-Marie Dussere pour sa victoire sur "Raging-Bee" JPK 1010

Le Fastnet en solo de "Raging – Bee" par Louis-Marie :

La navigation en solitaire c’est le nouveau challenge que je me suis donné et « Round The Rock Solo » (il ne faut pas dire «Fastnet» c’est réservé à Rolex…) sera ma première régate en solo.

Le passage du rocher du Fastnet
Le passage du rocher du Fastnet

Parmi les 46 concurrents 7 Sunfast3600, 6 Sunfast3200, 6 JPK1010 et 1 JPK960 et des skippers de haut niveau tels que Pierrick PENVEN que l’on ne présente plus, Deb FISH fameuse solo-navigatrice aussi redoutée Outre-manche que l’est Pierrick de notre côté du Channel, Will SAYER ancien vainqueur de l’OSTAR, et beaucoup d’habitués des courses du RORC en double.
Pour le départ le samedi 02 juillet à 12H00 Lo, les fichiers donnent 20nds Sud Ouest Mollissant dans la soirée. Puis dimanche passage d’un petit front chaud vers Lands End se déplaçant vers l’est pouvant donner des vents de secteur Nord Est faibles. Retour du vent au Sud Ouest vers les Scilly et bascule à droite forcissant pour une montée musclée au près vers le Fastnet (25nds fichiers). Vent d’Ouest 15nds pour tourner le caillou et pour redescendre aux Scilly, tournant sud ouest à l’arrivée au DST Scilly. Enfin une dorsale en provenance du golf de Gascogne pour la dernière ligne droite : vent faible secteur SO entre Bishop et Plymouth.
En résumé de l’Ouest avec deux transitions à négocier: le petit front chaud dimanche et la dorsale pour la fin de course.
Samedi 02 juillet 12h00 Lo : départ musclé sous un gros nuage donnant des rafales à 27nds… Je décide de ne pas prendre de ris pariant sur un vent mollissant 20nds conformément aux fichiers météo. Erreur… Le vent ne faiblit pas au contraire. GV haute je subis mais sur l’eau plate du Solent j’arrive à garder le bateau +/- à plat.
A la sortie du Solent le vent est toujours fort (entre 25 et 30Nds) et la mer se forme. Je vire pour m’abriter en baie de Poole. Mon objectif en restant à terre est d’attraper la renverse de marée à Portland ce que je parviens à faire dans la soirée. De plus le vent faiblit enfin : je reprends la maîtrise de ma navigation, je vire dans la veine et ressorts de Portland devant les bateaux partis au large : joli coup !
Suit un grand bord au sud ouest vers DST Casquet pour contourner le petit front chaud annoncé par les fichiers et éviter les vents les plus faibles situés sur la route. Le bord est long, je suis bien réglé et j’en profite pour dormir et manger. Au près, allure « penchée », je mange froid pour ne pas avoir à cuisiner : sandwichs jambon-fromage et Yop en dessert. Je dors par tranche de 30’ après avoir réglé mes différentes alarmes : AIS bien sûr mais aussi TWA, TWD, COG, approche des côtes et des zones interdites (roadbook)… Bref il est rare que je ne sois pas réveillé par une alarme avant les 30’ prévues ! Je me repose tout de même bien et en fin de nuit, je n’échappe pas à la molle. A un moment je redoute même d’avoir à mouiller… Heureusement il n’en sera rien mais les petits copains s’en sortent mieux que moi et au petit matin un message SMS sur mon iridium m’informe que Pierrick est devant. Mais je suis dans le match, Pierrick est mon favori sur cette course et je considère comme une bonne nouvelle d’être à son contact à ce stade de la course.
Dans ce front chaud le vent tourne Est ce qui nous permet de sortir le spi : chouette on va manger chaud ! Pour les premiers jours de course, j’ai prévu des plats cuisinés frais que je réchauffe au bain-marie (bœuf bourguignon et blanquette de veau FERIAL). Pour les derniers jours ce sera lyophilisé.
Pour cette deuxième journée de course il va falloir négocier Lands End et l’arrivée aux Scilly. Le vent toune SO et avec ce secteur il y a risque de tampon à terre (présence de falaises + côte à droite du vent = divergence). Je choisis de rester au large. Pierrick qui est avec moi au large repique à terre dans l’Après-Midi. Je reste sur mon option large et dans la soirée j’aborde le couloir des Scilly en tête : 2ème joli coup et apéro Coca-Cola/saucisson pour fêter ça !
Passées les Scilly on se retrouve en mer Celtique où le courant est beaucoup plus faible et globalement toujours travers à la route donc facile à gérer. Le vent en revanche ne va pas être facile à gérer : sur ce long bord vers Irlande on va prendre 35/40nds de secteur Ouest. Je ne fais pas route directe au près serré car une bascule à droite est prévue. Je vais la chercher au débridé 50/60° TWA. Je suis en tête de course 3Milles devant les meilleurs Sunfast 3600 Bellino et Game-On et j’ai creusé un écart de plus de 7 Milles sur les meilleurs Sunfast 3200 que sont Pierrick et Deb.
Le mardi matin vers 05h00 j’aborde en tête la côte Irlandaise accompagné de mes indécollables Sunfast 3600. Nous tombons tous les trois dans une bulle sans vent devant la baie de Glendore : bilan 6h de sur-place et les Sunfast 3200 reviennent par derrière… Pierrick, Deb sont à nouveau à portée d’AIS. Tout le monde reste scotché là quelques heures sauf le Sunfast 3600 BAM qui trouve une petite veine de vent au large, au ras du DST. Vers 10h00, Game-On et Bellino plus à terre que moi redémarrent en premier. Je les suis de près mais nous comptons environ 5 Mille de retard sur BAM.
Avec un vent mou revenu au 220° nous avançons au près sur un bord direct vers le Caillou situé à 12 Milles. L’écart avec les Sunfast 3600 est stable et je tourne le Fastnet en 4ème position talonné à 3Milles par les Sunfast 3200 de pointe. Pour le classement général ce n’est pas super, je dois être 3ème de ma classe mais j’ai le moral, il me reste 2 jours de course pour finir 1h20’ devant Pierrick et Deb (c’est environ le temps que je leur dois pour 5 jours de course): jouable non ? Je suis motivé, heureux d’être en mer avec un long bord sous Code 0 à faire jusqu’aux Scilly à 80/90° TWA : le confort quoi ! Mais comme on est jamais peinard longtemps c’est à ce moment précis que mon aérien me lâche : plus d’infos de vent… J’avais déjà eu une alerte la veille au soir mais c’était revenu. Là ça dure et même s’il me reste le mode compas, perdre les infos de vent est un vrai handicap quand on joue la gagne. Je me mets donc un peu en marge de la course pour réparer : je déconnecte tous les branchements de l’aérien en pied de mât, j’arrête la centrale, je la redémarre et… ça marche ! Bilan environ 30’ perdus sur la course = 3,5Milles … j’ai perdu les 3600 à l’AIS ce qui veut dire qu’ils sont à + de 7Milles devant et Pierrick PENVEN et Deb FISCH sont dans mon tableau arrière.
Ce mauvais coup me donne la niaque : je repars couteau entre les dents sous code 0 avec pour objectif de rechoper les 3600 à l’AIS aux Scilly. Le bord fait une 100aine de Milles, Je navigue vite, je dors bien, je mange bien et j’attends avec impatience le coin Sud-Ouest du DST Scilly, point de passage obligatoire avec son effet entonnoir sur la flotte, pour faire le point sur le classement.
Au coin Sud-Ouest du DST des Scilly : Banco, j’ai Game-On à l’AIS ! Je suis heureux mais j’ai un œil derrière : Pierrick et Deb sont partis plus dans l’Est que moi après le DST Fastnet et je les ai rapidement perdus à l’AIS. Mais à ce point de passage je ne devrais par tarder à voir Zephyrin réapparaitre à l’AIS. Je passe le DST et… rien, personne, nada. Je suis maintenant à + de 7M du coin du DST et toujours rien. Je me dis que le petit décalage à l’Est qu’il a fait avec Deb serait peut être pour passer au-dessus du DST pour redescendre par le couloir situé dans son Est. Si c’était le cas ce serait une grosse erreur car le vent prenant de la gauche sous les îles pour passer au 170° ils seraient contraints de descendre le couloir au près : 10M à louvoyer pendant que je cavale à 90° du vent sous code 0 ! En m’approchant de la terre je capte du réseau et l’application Yellowbrick me confirme que Pierrick et Deb sont là-haut. Ca va leur couter 15Milles qui seront difficiles à me reprendre à ce stade de la course car il ne reste plus qu’une 100aine de Milles avant l’arrivée!
Bon OK c’est bien parti pour la classe2 mais reste l’overall. Les premiers 3600 sont 20Milles devant mais comme sur la durée de la course (environ 5 jours) ils me doivent environ 3h30 ça reste jouable. Le problème c’est qu’il n’y a pas beaucoup d’option pour cette fin de parcours : la dorsale est bien là qui nous donne un vent faible revenu au 220° après avoir passé les îles Scilly. On avance à la queue leuleu jusqu’au cap Lizard et je ne gagne pas un centimètre sur eux… Pour le sprint final, c'est-à-dire la traversée de la baie de Plymouth jusqu’à l’arrivée, J’ai besoin d’infos météo fiables pour définir une stratégie. Je télécharge un fichier Navimail maille fine qui me montre qu’il faut éviter de trop s’approcher de la terre où le vent tamponne et le fichier montre un petit plus de pression en milieu-Ouest de la baie. Je la joue comme ça tandis que Bellino et Game-On s’empétolent à terre : je reviens à 3 Milles de ces deux là tandis que BAM reste au large mais vraiment trop. Je ne comprends pas sa trajectoire et de fait il ne reviendra pas dans le match. Nous sommes à 40 Milles de l’arrivé il y a 8Nds de vent toujours au 220° et il se maintiendra ainsi jusqu’à l’arrivée : ça commence à sentir bon…
A la maison les copains aussi commencent à sentir le bon coup : je reçois de nombreux textos d’encouragements auxquels je prends le temps de répondre. Erreur car j’oublie un peu de faire marcher le bateau, je me déconcentre et foire deux empannages spi dans la balancine (l’empannage dans la molle c’est mon point faible : il va falloir que je m’entraîne…). Bref par deux fois je suis obligé d’affaler, ferler et renvoyer. Je m’énerve et alors que j’étais revenu dans le tableau arrière de Game-On et à 3 Milles de Bellino, je reperds 3Milles sur la course. Rien de grave au final, je coupe la ligne 3ème en temps réel 6 Milles derrière Bellino et 3 Milles derrière Game-On : finir avec les Sunfast 3600 après presque 5 jours de course c’est une belle performance.
Et l’overall dans tout ça ? Je pensais vraiment que finissant premier des JPK et des Sunfast ça devait le faire pour l’overall. Oui mais… C’était sans compter avec les petits ratings, ceux que l’on ne voit jamais car on ne fait pas la même course. D’ailleurs au moment où nous coupons la ligne à Plymouth on m’apprend qu’un Sigma 33C barré par Will SAYER ancien vainqueur de l’OSTAR se trouve encore aux Scilly est encore susceptible de remporter l’overall pour peu que le vent tienne. Ainsi c’est la météo qui décidera. De fait je lui dois 18H et le vent se renforçant dans la nuit du jeudi au vendredi ELMARLEEN passera la ligne deux heures avant l’échéance…
Bon tant pis pour l’overall mais mon bilan est plus que positif. Pour une première en solo j’ai mis tous les Sunfasts 3600 derrière en compensé et seulement 2 finissent devant en réel à respectivement 6 Milles et 3Milles seulement devant moi après 630Milles de course ! J’ai également battu des coureurs du gabarit de Pierrick PENVEN, Deb FISCHER et l’énorme talent de ces skippers expérimentés donne évidemment du relief à ma victoire.
Mon bateau m’a donné entière satisfaction et, au petit souci d’aérien près, la préparation du bateau était impeccable ce qui est essentiel pour cette course qui est aussi une course par élimination avec seulement 23 bateaux à l’arrivée pour 46 au départ : merci à Mathias pour son travail de préparation !
Enfin au-delà du résultat je me suis senti heureux seul sur l’eau, j’ai eu beaucoup d’émotions fortes (tout est exacerbé en solitaire) et j’ai maintenant l’envie de persévérer dans cette voie… ce qui pose la question de la suite à donner à cette aventure : devinez à quoi je pense…


Raging-Bee à l’arrivée à Plymouth : fier de hisser les couleurs normandes et du chantier JPK
Raging-Bee à l’arrivée à Plymouth : fier de hisser les couleurs normandes et du chantier JPK

Bord de spi « pointu » et affalage en solo
Bord de spi « pointu » et affalage en solo
Le passage de la ligne d’arrivée
Le passage de la ligne d’arrivée

Cowes - Dinard St Malo Race - juillet 2016

Carton plein des JPK dans chacune des classes

1er IRC 3 "Time Line" JPK 1080 Marc Aperovitch
1er IRC 4 "Foggy Dew" JPK 1010 Noel RACINE
1er IRC double "Shaitan" JPK 1080 de Jean-Eudes RENIER

"Shaitan"
"Shaitan"

Marc Aperovitch sur son JPK 1080 "Time Line" s'est imposé avec 30 mn d'avance sur le dangereux sistership "Dream Pearl" d'Eric Mordret et Arnaud Delamarre qui conserve une belle avance sur le championnat du RORC.
Une première victoire propre et nette pour Marc qui découvre au fil des courses son nouveau bateau.

En IRC 4, Noel Racine s'impose et réalise une saison fantastique sur tous les formats de courses. Malgré une course propice aux gros bateaux avec le vent qui s'essouffle en fin de traversée de manche, Noel et son équipage est le seul IRC 4 qui se place dans l'overall.
Vraiment toujours au top notre très jeune retraité !
Prochain objectif, la Commodore's Cup avec l'équipe de France.

En double, terrible bagarre entre "Shaitan" le 1080 de Jean-Eudes Rénier qui réussit à contenir le J 120 "Nunatack" toujours dangereux dans ces conditions de vent.
Jean-Eudes progresse au fil des courses et affine sa préparation à la prochaine Transquadra. Ce circuit du RORC en double est vraiment génial pour acquérir des automatismes, peaufiner l'aspect navigation et connaitre par coeur son bateau.

Récit de course de Jean-Eudes RENIER :

En l'absence de Raging Bee, la concurence en double venait de deux J120 anglais et hollandais bien menés. Je courais avec Ronan de Kersauson car Patrick était pas dispo mais on n'avait jamais couru en double ensemble.

Tout de suite on est rentré dans le dur: 25mn avant le départ la GV tombe sur la bôme et la drisse reste en haut. Ronan monte courageusement en haut du mât récupérer la drisse dont la manille textile était défaite. Le temps de bricoler et d'envoyer la GV et l'inter (je pensais que le vent dans les Needles allait bien monter) et on passe la ligne 7mn en retard.

On se refait un peu en s'appliquant bien côte Nord du Solent mais aux Neddles un croisement un peu juste nous oblige à virer en catastrophe avec foc à contre. 2mn plus tard le solent sort de l'étai - pas facile de l'affaler dans 25kts a deux. On y laisse encore 10mn.

Puis à peine reposés, la bouteille de gaz décide de sortir du coffre comme un diable de sa boite - Ronan la récupère en plongeant pour éviter qu"elle tombe à l'eau sans réaliser qu'elle est en train de se vider ... dans ses narines!! Plus de café et le lyophilise froid n'est vraiment pas bon.

La différence s'est faite dans le passage des Casquets où il fallait suivre le courant (ce que "Foggy Dew" a fait à la perfection) qui a complètement divisé la flotte et dans la négociation de la transition de fin de course sans vent.

On a passé les Casquets sans trop perdre de temps et on a réussi a rester juste derrière les J120 dans toute la descente. Vu leurs ratings plus élevés, on était confiant pour un podium car il y avait pas d'écarts de vitesse significatifs. Sur la fin, contrairement aux autres bateaux, on est parti chercher de la pression a l'ouest ce qui a bien payé et nous a permis de passer devant les deux J120 en réel.

Voilà - un bonne fin pour un début difficile. Ce bateau reste incroyable et on commence a trouver les bons boutons.



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