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News

Le blog de Delphine Priollaud-Stoclet

Carnet de voyage Transquadra Madère Le Marin

Laurent bricole sur Oxymore, tandis que sur le ponton 5 il règne une vie incroyable. Quelle ambiance !

Laurent Stoclet, 2ème solitaire sur "Oxymore" JPK1010
Laurent Stoclet, 2ème solitaire sur "Oxymore" JPK1010

Les équipages se saluent, plient les voiles, briquent le pont, lavent leur linge sale en famille, discutent, lorgnent l’état du bateau voisin, comptabilisent la casse. On échange des nouvelles : ceux qui sont encore loin, les démâtés, les touchés-coulés… Cette édition fut riche en péripéties, mais heureusement, aucune perte humaine à déplorer.


Croquis de voyage
Marina du Marin
Marina du Marin
"Crescendo" à l'arrivée
"Crescendo" à l'arrivée
"Oxymore" à l'arrivée
"Oxymore" à l'arrivée


Nouveau challenge !

Le nouveau "Courrier du Léon" 3DDI (Développeurs Immobiliers) bientôt à l'eau.

Après l'épisode Transquadra, "Léon" a donc été vendu et vogue en ce moment dans le Pacifique avec une arrivée prochaine aux Îles Marquises.

DSC01564.jpg

Dans le même temps cela n'a pas chômé chez JPK pour sortir avant le Spi ouest France 2015 un nouveau JPK 10.80 .
Rien de changé sur le nouveau "Courrier du Léon" par rapport au précédent qui nous donnait entière satisfaction après le temps nécessaire à sa mise au point (réglages gréement et coupes des voiles).
Le programme 2015 s'annonce donc bien chargé surtout que le bateau sera confié à Gery Trentesaux et son équipe de "gros bras" après le Spi Ouest France.
La quasi totalité des courses du RORC est au menu avec en point d'orgue le Fastnet 2015.
Gery possède un des plus beaux palmarès sur ce type d'épreuve et nul doute que le bateau sera exploité au mieux.
François Lamiot de All Purpose, pilier de l'équipe de Gery, aura en charge la partie voiles et le choix de la configuration en spi asymétrique se veut adaptée aux courses off shore même si cela sera sans doute un peu moins vrai sur les parcours "bananes" du Spi Ouest .
Le compte a rebours est donc lancé avec au programme une mis à l'eau le 25, une jauge le 26, un convoyage le 27 et un entrainement le 28 !
Même si le timing interdit d'enchainer les entrainements, on compte sur la connaissance du 1er "Léon" et le talent de notre barreur Alexis Loison ( + l'équipe de l'an dernier ) pour améliorer le score 2014 et notre 3eme place.
Dans tous les cas, le challenge est très excitant...

 

 



Caraibbean du RORC 600

L’After de Raging Bee

Après une TQS décevante, Raging Bee avait la gueule de bois : Quoi de mieux pour s’en remettre qu’un bon « after » ?

Louis-Marie Dussere et Eric Leroy
Louis-Marie Dussere et Eric Leroy

La TQS étant à oublier sur le plan sportif nous souhaitions rapidement renouer avec la victoire et à cet égard la 600 Caraibbean du RORC revêtait une grande importance à nos yeux.
Avec son parcours magnifique slalomant au milieu des îles antillaises la 600 du RORC pourrait apparaitre comme une sympathique balade. Il n’en est rien puisque ces méandres sont en fait une série de 12 sprints dans lesquels il faut rechercher en permanence la « V » Max et qui amènent beaucoup de manœuvres vite épuisantes sous la chaleur surtout en équipage réduit. De plus le niveau est élevé avec une flotte de 66 bateaux de 11 nationalités différentes et la participation de nombreux champions parmi les équipages (anciens de la Volvo-Ocean-Race, de la Coupe de l’América et même quelques Champions du Monde).
Titi retourné à la mine, c’est avec Eric Leroy, autre marin cherbourgeois émérite avec qui je courrai le Fastnet en aout prochain, que je participe à cette course. Le départ est donné lundi 23 février à 11h00 Lo devant l’entrée d’English Harbour. L’alizé est établi à 20Nds et le premier bord de près jusqu’à la pointe Est de l’île est pimenté par l’arrivée d’un grain sous lequel le vent monte à 30Nds. On est tout de suite dans le dur d’autant plus que le pilote automatique nous lâche : il faudra s’en passer tout le long des 4 jours de régate…
La remontée vers Barbuda se fera dans ce vent soutenu sous Code 5. Puis empannage et envoi du grand spi de tête pour un bord vers Nevis. Toujours sous spi de tête et dans un vent mollissant et tournant Sud-Est, nous longeons ces îles sous le vent jusqu’à Saba que nous atteignons au petit matin.
A ce stade de la course, au matin du 2ème jour, nous sommes bien placés seulement 2,5 Milles derrière « Redshift » Sun Fast 3600 (il s’agit en fait de « Yolo » qui a été loué pour cette course à un équipage anglais) et 2 Milles derrière « Intuition » un Reflex 38 mené par un équipage russe. Nous sommes loin devant « Zarafa » (Hod35), concurrent que nous redoutons particulièrement pour bien le connaître (nous l’avions battu lors de Cowes Week 2013) très rapide près du vent mais qui est beaucoup moins à l’aise que nous au portant.
Toute la 2ème journée se fera au portant dans un vent de 12Nds de secteur SE.  Yolo et Intuition, très à l’aise dans ce médium, s’échappent alors que nous maintenons l’écart avec Zarafa. Nous naviguons bord à bord avec « Profile » un First 40.7 avec lequel nous jouons à saute mouton : il nous servira de lièvre tout le long de la régate puisque nous ne le quitterons plus jusqu’à l’arrivée.
Durant la nuit nous faisons le tour de St Barth et de St Martin par le Nord et au matin du troisième jour nous entamons le grand bord (160 Milles) qui doit nous mener jusqu’en Guadeloupe. Le vent a repris des tours et s’établit à 20Nds. De plus il a tourné ENE ce qui nous permet de débrider : on pourra peut-être limiter les dégâts sur ce long bord par rapport à Zarafa qui va beaucoup plus vite que nous au près serré.
L’ile de Montserrat avec son volcan en activité (spectacle magnifique) est pile au milieu de la route et compte tenu de sa faible étendue et de son relief modéré (faible dévent) nous choisissons de passer sous son vent : nous évitons ainsi de trop pointer pour passer au vent. Zarafa très logiquement passe au vent mais au final à l’atterrissage en Guadeloupe si l’écart s’est réduit, nous restons devant. Yolo et Intuition ont choisi également de passer au vent et se sont échappés : ils sont maintenant hors de portée AIS.
Avant la course nous avions questionné les figaristes du pôle Guadeloupe quant au dévent de cette île : pour un passage de jour, il nous avait été conseillé de tirer à terre. Nous appliquons à la lettre allant même chercher des risées à la plage. Tactique payante car Yolo et Intuition qui ont tiré au large se voient stoppés pendant trois heures dans le dévent : au passage des Saintes ils ne sont plus que 2,5 milles devant nous mais nous avons Zarafa sur les talons…
Cette nuit au près entre Les Saintes et La Désirade est marquée par un vent forcissant à plus de 20Nds dans une mer croisée : épuisant. Au petit matin nous pouvons enfin abattre pour un long bord vers Barbuda. L’angle est serré et nous hissons le Jib-Top. Après 30’ le vent adonne et forcit. Alors que la flotte reste sous voiles plates nous envoyons le Code 5. Entre 20 et 25Nds de vent à 120°/130°TWA : ça le fait ! Hélas le vent refuse à nouveau et après une heure nous sommes contraints d’affaler et de renvoyer le Jib-Top. Ce sera la voile qui nous accompagnera jusqu’à Redonda, dernière marque avant l’arrivée que nous atteignons après un bord de près serré. Zarafa qui est resté dans notre ombre jusqu’à Redonda nous passe logiquement lors de ce dernier bord de près serré.

Epuisés, nous remportons au final le classement double et terminons 3ème du classement IRC3 derrière Redshift et Zarafa ce que nous considérons comme une bonne performance eu égard au fait que nos concurrents naviguaient en équipage, aux conditions rencontrées (beaucoup de près et très peu de spi) et surtout eu égard à la défaillance du pilote. D’ailleurs Nick Cherry, figariste émérite et tacticien de Redshift, vainqueur en IRC 3, nous rendait hommage à l’arrivée  « Nous sommes ravis d’avoir gagné dans une classe aussi disputée contre des bateaux comme Zarafa et Raging Bee… C’est un endroit magnifique pour naviguer et la course est faite pour pousser marins et bateaux dans leurs derniers retranchements. Nous reviendrons de nouveau sans aucun doute… »
Raging Bee reviendrait bien de nouveau également… après la prochaine Transquadra ???... Chiche !


Le parcours
Le parcours
Raging Bee sous code 5
Raging Bee sous code 5

Montserrat et son panache de fumée soufrée
Montserrat et son panache de fumée soufrée
Raging Bee à Antigua : le plus petit bateau du port…
Raging Bee à Antigua : le plus petit bateau du port…

"Léon en route vers le Pacifique" par Michel et Jean-Claude QUINTIN à suivre dans le menu Voyage

Février 2015 - A l'issue de la Transquadra, Léon, le 10.80 du chantier JPK, a changé de main et c'est en Nouvelle-Calédonie qu'il va désormais naviguer dans l'un des plus beaux et grands lagons du Monde.

Pour s'y rendre, Léon vient de traverser la mer des Caraïbes entre la marina du Marin en Martinique et Colon, à l'entrée du canal de Panama. Une traversée en mode convoyage dans les alizés antillais pour l'équipage qui découvrait le bateau.

Michel et Jean-Claude QUINTIN
Michel et Jean-Claude QUINTIN

Prochaine étape du périple, la traversée du canal de Panama, avant d'attaquer la traversée du Pacifique jusqu'à Nouméa son nouveau port d'attache, via la Polynésie Française (avec un atterrissage aux îles Marquises avant de rejoindre Tahiti et Raiatea) et Tonga.
L'équipage, Michel, un ami de longue date de Jean-Pierre Kelbert, comme lui ancien planchiste de haut niveau, l'heureux nouveau propriétaire de Léon, et son jeune équipier, Jean-Claude, qui n'est autre que son père, toujours alerte et en pleine forme à 79 ans.
Duo de choc avec un régatier olympique pur jus et un marin d'expérience, pilote maritime retraité, qui a sillonné le Pacifique de long en large sur 22 Sud son dériveur en alu, un rangi 38 mis à l'eau en 1985.
Retour sur cette traversée de 1300 miles au portant. Les 1ères 24h se passe très bien VA en ciseau avec genoa tangoné. Le bateau glisse et des le 1er jour en mode convoyage affiche ses 175 miles au compteur. Le lendemain, l'équipage prenant de l'assurance, le code 5 de 105 m2 est envoyé pour palier la baisse du vent, la bateau est facile et toute la toile est gardée pour la nuit, quelques petits grains a 20-25 nds sont négociés au vent arrière sans problème. Le 3ème jour, le genoa tangonné est re-essayé, puis le code 5 arisé et enfin toute la toile en fin de journée, le vent faiblissant et les fichiers météo prévoyant une nuit tranquille,
Et la nuit fut tout sauf tranquille avec a minuit le passage d'un front. L'équipage se fait surprendre, le vent monte en un instant à 30-35 nds, rafales à 45 nds, le pilote automatique n'assure plus, un a la barre à essayer de garder le bateau sur la piste, l'autre tout seul à la manœuvre. Bilan de la nuit, le bateau et son gréement sont solides, le bateau va très vite surtoilé,... Mais le spi est perdu avec impossibilité d'utiliser les voiles d'avant sans escale technique. Après avoir envisagé cette solution, la décision est prise de continuer sous grand voile seule jusqu'à Panama, au vu des aptitudes entrevues du bateau au portant sous GV seule et des conditions de vent soutenues prévues.
Le bateau tient toutes ses promesses dans une configuration inédite pour lui, il glisse sous GV seule, pleine ou avec 1 ou 2 ris à des vitesses prometteuses, des surfs à plus de 12 et même 14nds enregistrés sous GV seule et sous pilote automatique c'est plutôt pas mal pour un canot de cette taille. Leon affiche une journée à 190 NM soit près de 8 nœuds de moyenne sur 24h sous GV seule arisée, certes dans un alizé soutenu et aidé par le courant. La traversée de plus de 1300 miles au final avec le contournement très large de la Colombie pour éviter une dépression, aura été bouclée en 7,5 jours soit à plus de 7 nœuds de moyenne, sous voilure réduite la moitié du temps.
Mathias vient de Nouméa renforcer l'équipage à Panama pour la traversée jusqu'aux îles Marquises. La suite dans quelques semaines.

 



La TRANSQUADRA 2014/ 2015 ou L’Odyssée COCODY par Richard Fromentin

« Ça y est enfin arrivés au Marin en Martinique, île magnifique de l'arc antillais. Après une traversée éprouvante et physique nous voilà enfin à destination

L'idée d'une traversée de l'Atlantique germait déjà depuis 4 ans et l'occasion de participer à cette aventure s'est présentée après avoir reçu COCODY, mon bateau , un rapide coursier des mers, un JPK 10,10 flambant neuf.

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I La préparation
Donc revenons à notre affaire, le départ c'est le 24 janvier. Déjà 6 mois que nous attendons ce jour et pouvoir en découdre enfin avec nos adversaires et néanmoins amis .
Au terme de la première étape, nous sommes 6 ème au général et les premiers se méfient de nous évoquant que 1h sur une traversée ce n'était pas grand chose , il n’empêche que je les aurais bien pris dans ma besace ces 60 minutes. La première étape a rapproché bon nombre d'équipages et de forts liens d'amitiés se sont créés. La semaine qui précède est ponctuée de petites excursions nautiques pour valider, essayer et s'assurer que tout fonctionne correctement. Je pense en plus avoir prévu toutes les situations de pannes possibles . Réparation voiles, moteur , Époxy avec durcisseur et fibre, pilote de secours........

 

Ensuite et le plus important était de définir la stratégie de course, une semaine à bosser tous les jours les schémas météo.
Bertrand Castelnérac mon beau frère sera d'une aide précieuse durant cette semaine de préparation météo, clef de la réussite de notre traversée.
Après avoir lu et relu toutes les revues possibles sur la météo la formation des nuages et même le vol à voile qui fonctionne à l'envers de nous, eux cherchent les ascendants, nous on les évite justement pour ne pas rester dans une molle.
L'aide d'un fin régatier comme « Tranbert »(Bertrand Castelnérac) et un regard extérieur nous est fort utile.

 

Voilà brièvement à quoi ressemble une stratégie de course :
Réalisation Bertrand Castelnérac – reaching@48nord.com

 

Stratégie étape 2
Système anticyclonique plutôt classique au début, incertitudes sur la seconde moitié.

 

MADERE – LE MARIN : route directe CAP AU 254° A 160° TWA :
Butée en tribord 274°
Butée en bâbord 234°
Vent neutre au 74°
Si + que 74° bâbord rapprochant
Si – que 74° Tribord rapprochant
Butées à recalculer ensuite selon le cap du waypoint.

 

Quitter Madère : jouer sur le côté droit du dévent sur zone tracée sur la carte, probablement dans une canalisation, faire du bâbord quitte à ce qu’il soit loffé dès que le vent baisse en tribord.

 

STRATEGIE N°1
1 – Les routes vont chercher la courbure de l’anticyclone au nord : début en tribord tant que le vent est NE. Tribord rapprochant dans l’adonnante, compromis vmg portant.
2 – Le vent passe progressivement à l’E, tribord moins rapprochant. Toujours chercher le gain sous le vent et dans l’ouest, mais rajouter des empannages dans ados/refus (court/moyen terme) pour gérer la courbure.
3 - A un moment ça devient certainement rapprochant en bâbord, choisir le point d’empannage pour placer ce long bâbord. Penser à l’éventail pour décider s’il est « définitif ».
4 - Ce bâbord peut être sport, au largue serré penser : code 5 - 2 ris GV.
OU dans du vent mollissant, si vous êtes trop près de l’axe de la dorsale.
5 – Faire évoluer le point d’atterrissage par anticipation des zones de basses pressions entraînant des perturbations dans l’Alysée à la fin de semaine, décalage Nord ou Sud à trancher.
6 - Atterrissage : soit HP est stable on arrive par le Nord, soit HP affaiblit par phénomène au N : Front froid etc… on arrive vers le Sud.

 

STRATEGIE N°2
1 – Le tribord n’est pas si rapprochant que ça, on cherche tout de suite le gain sous le vent avec des empannages dans ados/refus (court/moyen terme) pour gérer la courbure te le gain sur la route selon état de la mer et nuages.
2 – Le vent reste entre le 70° et le 100°, anticiper des zones de basses pressions entraînant des perturbations dans l’Alisé à la fin de semaine, décalage Nord ou Sud à trancher.
3 - Atterrissage : soit HP est stable on arrive par le Nord, soit HP affaiblit par phénomène au N : Front froid etc… on arrive vers le Sud.

 

CONCLUSION / PROBLEME : vu d’ici on part plus sur une route « Nord » ce qui vu d’ici à l’hôtel devant l’ordinateur, n’est pas définitif.

 

 Situation en fin de semaine, prévision 1 semaine avant :

 

Vu d’ici on est clairement dans une situation d’arrivée par le Sud HP affaiblit.

 

Faire la descente à l’est de l’axe de la dorsale, pas couper l’axe, type vent au 100°.

 

A surveiller précisément :
l’AXE DE LA DORSALE
SON DEPACEMENT EVENTUEL VERS L’EST (pour ne pas se faire rattraper

 

Jeudi 29 à 0h prévi du 23 à 12h
Samedi 31 à 0h prévi du 23 à 12h

 

Exemple de cas extrême qui peut arriver :
Attention à l’orientation de la houle, la mer va être de travers tout pourri au nord :
Vous voyez ce n'est vraiment pas simple !!!!!!
Un vrai travail de professionnel .
Ensuite après le départ et durant toutes la traversée nous sommes restés en autarcie météo validant ajustant corrigeant tous les phénomènes qui se présentaient à nous et ils furent nombreux.
Les routages extérieurs étant interdits nous souhaitions être irréprochables. Faire une performance en ayant triché me paraissait insupportable.

 

II Le Départ
Ça y est enfin parti.
Nos familles nos amis nos proches sont présents pour nous encourager Jean et moi ferons le maximum pour qu'ils soient fiers de nous, le résultat étant secondaire l'important est d'arriver de l'autre côté

 

Dès le départ nous sommes dans le groupe de tête derrière Laminak un autre JPK 10,10 , nous contournons en deuxième position la bouée de dégagement et comme d'habitude les meilleurs sont déjà aux avant postes.
Rapidement nous dépassons le premier bateau. Quel plaisir que de voir toute la flotte derrière nous surtout Raging bee et Jean Pierre Kelbert que nous connaissons bien et dont le palmarès laisse rêveur ……. respectivement 2ème et premier de la première étape Saint Saint-Nazaire Madère.

 

Tout commençait pour le mieux . En tête de la flotte nos prenons l'option Nord, l’orthodromie, en traversant le dévent de l’île même s'il est pénalisant nous nous obstinons car l'objectif est d'aller chercher du vent frais et une rotation favorable . Je pensais que ce serait moins long mais je garde la tête froide et continue dans le schéma prévu en allant renifler le bon moment pour tourner définitivement à gauche. La position des autres concurrents n'a pas d'importance pour le moment c'est encore beaucoup trop tôt il faut avancer vite et toujours vite, notre obstination 100% c 'est le chiffre reporté sur nos instruments de navigation annonçant la performance du bateau .
Nous étions rivés, focalisés dessus.
Le premier passage à niveau va arriver avec vent fort on s'y prépare en ayant à l'esprit de ne jamais lâcher, erreur que nous avions commise à la première étape après épuisement.

 

Des vagues de dingue à surfer avec un vent oscillant poussant parfois à 35 nœuds, le pilote ne peut pas tenir Jean et moi alternons des quarts d'une heure, le sommeil nous manque déjà. la peur de casser du matériel s'installe également mais il faut tenir .
Le lever du jour arrive bientôt et les positions de 6h00 avec . On va voir ce qu'on va voir.
Peine perdue ils ont tenu aussi, ça commence bien, il faudra oublier l'image des alizés tranquilles à siroter un petit verre de rhum, les meilleurs sont là, présents, accrocheurs et la traversée s'annonce tendue.
On a passé 3 jours difficiles à la limite du sommeil et des hallucinations
Nous dormions à même le cockpit pour être prêt à réagir au plus vite.

 

Extraits de journal de bord
JOURNAL DU 29 janvier 2015
La nuit a été particulièrement éprouvante car toujours autant de vent et de vagues qui nous obligent à barrer le bateau tout le temps.
Le départ à l’abattée de la veille nous a bigrement calmé je devrais dire les départs car à chaque fois nous avons relancé le bateau sachant les concurrents proches et prêts à en découdre.
Sur le pointage de ce matin nous avons pris de l’avance sur Xanlite sûrement un meilleur suivi des oscillations de vent et surtout des gros grains
Les grains, c’est nouveau pour nous et pas vraiment agréable à traverser vu les variations forte du vents en force et en direction, nous avons constaté 100 degrés d’écarts de route à tel point qu’il a fallu affaler le spi et passer sous génois au bon plein travers, impressionnant ces variations.
Tout ceci nous oblige à dormir sur le pont ou dans la descente, s’assoupir conviendrait le mieux quand les hallucinations commençaient à venir, vision triple ….. etc , il était temps de demander de l'aide.
Donc au pointage 7 miles d’avance sur Xanlite mais pas vraiment d’avance sur
Merlin et vu les efforts que nous avons déployés on s’attend à ce qu’ils ne lâchent rien .
Sur le schéma météo je pense que nous sommes sur la bonne position et ne voit pas comment vont s'en sortir Raging bee et JPK . Face à eux les vents vont tourner à droite avec en plus une grosse zone de molle bref ça ne sent pas bon du tout ils jouent avec le feu .
S’ils passent ce sera certainement un magnifique coup météo.
Pour le moment nous sommes sous génois et GV à 125 degré du vent 25 nœuds et prenons pour cible l’endroit ou nous devrions mettre les clignotants à droite.

 

JOURNAL DU 30 janvier 2015
La nuit a été plutôt ventée  mais cette fois-ci vent de travers bon plein
Le pilote en marche, l'homme de quart, dans le cockpit ou au rappel, surveille  dans le cockpit d’éventuels dangers mais surtout reste attentif aux oscillations de vent
Il a fait relativement froid et le temps était maussade. Dans la matinée, le ciel s’est dégagé apportant du soleil bien agréable mais aussi un vent irrégulier et faible c’est mon avis un nouveau passage à niveau à ne pas rater.
Toutes la journée nous avons alterné les voiles au gré des oscillations et du coup par mégarde avons déchiré le spi asymétrique .
Le mousqueton d’écoutes légères était saillant et lors de l’envoi a déchiré le spi, quelle poisse !
2/3 bonnes heures à le réparer du temps perdu et de l’énergie pour rien
Aujourd’hui douche quel délice
Premier envoi du spi léger je pense être le seul à avoir pris cette option .
Ce soir il faudra barrer sans arrêt, quarts d’1 heure pour ne rien rater
Rien à l’horizon ni bateaux ni dauphins qui pourraient nous distraire un peu. La vie à bord s'installe sans grosses surprises.
Si des poissons volants viennent s'échouer voire percuter nos visages et de l'avis de Jean cela restera une expérience très douloureuse .
Nettoyage du bateau, vérifications du matériel, pansement des plaies …..

 

Le journal de bord est ponctué de ces petites anecdotes .
Instant magique l'ouverture de nos cadeaux après une semaine de MER.
Les messages sont émouvants

 

Le rôle du navigateur est terriblement stressant aller vite Jean et Moi savons le faire et nos concurrents le savent aussi mais aller au bon endroit sur une transat c’est nouveau pour nous .
La tache étant complexe et pour simplifier et caricaturer la chose en l’exorcisant nous décidons de la comparer à un grand triangle olympique voilà tout avec toutes les bonnes vieilles recettes d'ado refus positions décalages sous le vent au vent en introduisant des butées barométriques en contrôlant nos adversaires la difficulté était que pendant 12 heures nous n'avions pas leurs positions
C'est un sport vraiment complet et exigeant qui nous oblige en permanence à réfléchir.
Pensez qu'un écart de 7 jours se creusera entre nous et la queue de la flotte .
Il fallait aller vite au bon endroit et être extrêmement vigilant pour ne pas rater les subtilités météo au risque de voir un nouveau schéma se présenter souvent défavorable .
Pour aller vite il fallait à tout prix se débarrasser de ces satanés algues, les fameuses sargasses s'incrustant sous nos safrans sail drive quille , Au moins 20 % de vitesse perdue sans parler des départs au lof provoqué par des safrans saturés d'algues .
Une vraie plaie que nous avons combattu sans relâche en plongeant, en reculant sous voile ,en utilisant cordes à nœuds, gaffes. Un vrai cauchemar

 

III L'arrivée
Nous arrivons premier au marin épuisés mais tellement heureux
Merlin qui a été notre adversaire régulier passe devant nous en temps compensé . C'est quand même rageant
Je ne sais pas si nous aurions pu éviter le grain qui nous a cloué 1 heure à l’arrivée, ce qui est certain c'est que la victoire au général s'envole à ce moment hélas .
Nous restons humble face à ce coup du sort
Ceci dit deuxième après 2 étapes reste une performance très honorable et nous aurions signé tout de suite si nous l'avions su au départ,

 

Conclusion
Nous avons porté fièrement les couleurs de Leclerc Hennebont qui m'a apporté une aide logistique sur la partie avitaillement et aussi porté un message d'espoir pour l'association Loisirs Pluriels qui développe des centres de Loisirs en France pour les enfants en situation de handicap .
Nous espérons que cette traversée leur a apporté un éclairage médiatique supplémentaire car les efforts qui''ils déploient à l'attention des enfants ne nous semble pas assez connus les fonds manquent également et RDV fin Septembre pour une grande randonnée à Hennebont qui je l'espère réunira 2000 à 3000 personnes.
Les fonds colletés leur seront reversés intégralement pour apporté modestement notre contribution.
Une pensée à Frère Ernest qui, par ses prières bienveillantes, nous a porté jusqu 'à la victoire.

 

Bref ce fut une véritable aventure humaine une véritable entreprise ponctuée de joies et de quelques embûches mais c'est bien entendu le lot de tout projet à mener.
Je remercie nos familles, Anne-Gaëlle, mon épouse et mes 3 enfants pour m'avoir soutenu encouragé et porté .
Un grand merci aussi à Jean Frétigny qui a été un Co skippeur et régleur formidable. Un ami sur qui compter et un excellent Marin aussi teigneux que moi.
Merci à tous nos amis qui nous ont envoyé tant de messages et qui suivaient plusieurs fois par jour.
L'aventure Transquadra se termine mais pas celle de COCODY qui aura d’autres challenges à relever.


Document à télécharger :
     [pdf] L'odyssée_cocody.pdf (6,36 Mo)

Victoire de "Cocody" JPK 1010 de Richard Fromentin et Jean Fretigny 2è étape Transquadra en temps réel

Grand bravo à "Merlin" le JPK 1010 d'Eric Morvan et Benoit Champanac qui vient de s'adjuger l'édition 2015 de la Transquadra

Samedi 7 février 2015
En futé renard, "Merlin" est venu coiffer en temps compensé le redoutable "Cocody" 1er en temps réel.

Jean Fretigny et Richard Fromentin
Jean Fretigny et Richard Fromentin
"Cocody"
"Cocody"
"Merlin"
"Merlin"

News actualisées de "Léon 3 DDI" dans le menu Transquadra

Vendredi 23 janvier J-1

Derniers contrôles ou vérifications, avitaillement, point méteo...
Chacun s'active, ça fourmille dans la marina de Quinta do Lorde


"Léon 3 DDI" JPK 10.80
"Léon 3 DDI" JPK 10.80

Pour Jean-François Gueulette et Gilles Lamarque sur Philia (JPK 1010) c'etait même la course contre la montre. Arrivés jeudi, tout semble ok sur le bateau sauf que le pilote ne répond plus !
Expédié en urgence, le vérin arrive finalement ce soir, veille du départ, pour être réinstallé dans la foulée. Ouf ! ça marche...
Une chose est sûre, tout le monde mesure la chance d'être là avec la perspective d'une traversée qui s'annonce rapide grace a un alizé etabli sur la 1ère partie mais perturbé sur la 2ème semaine avec un front à négocier plus ou moins nord selon l'évolution du système .
En clair, il va y avoir du jeu météo et ce n'est pas pour déplaire à Hervé...
Sur "Léon 3DDI" tout semble ok et cette dernière aprés-midi était assez tranquille aprés avoir chargé l'avitaillement. Petit luxe d'avant départ, je me suis fait un footing à Machico ce soir. Je m'en souviendrai car les pentes sont super raides et je pense sentir mes jambes quelques jours !
Demain 11h départ des solos (une pensée pour notre chouchoute Valérie qui repart sur cette 2ème étape avec un genou toujours un peu fragile !) suivi 30 minutes plus tard des doubles.
On vous donne vite de nos nouvelles en espérant négocier au mieux les dévents de l'île qui courent jusqu'à 60 milles.


Transquadra positions actualisées

JPK est CHARLIE

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Election EYOTY European yacht of the year 2015

"Félicitation ! Belle victoire à Dusseldorf. On va boire à ta santé ! "

C'est par ce message de Loic Madeline (Voile magazine) que nous avons appris samedi soir notre victoire à l'élection du bateau européen de l'année catégorie "Performance Cruiser".
A notre tour, nous avons arrosé cela !

EYOTY_2015.jpg

En partance lundi pour Madère sur la 2ème étape de la Transquadra je ne pouvais pas être présent à Dusseldorf pour cette remise des prix malgré quelques espérances ...
Nous sommes naturellement très heureux de cette récompense qui revient à toute l'équipe du chantier et à notre architecte Jacques Valer toujours aussi inventif et brillant.
La concurrence étant très relevée, il n'était pas simple de relever ce challenge .
Le 1er 10.80 ayant été mis à l'eau en février 2014, il a fallu faire revenir "Léon 3D Développeurs Immobiliers"  le bateau-chantier qui se trouvait à Madère après sa victoire sur la 1ère étape de la Transquadra pour le Grand Pavois de la Rochelle puis l'élection du bateau européen de l'année. Les journalistes des différentes revues européennes se sont alors succédés à bord et il était très motivant de présenter le bateau que je trouve franchement complet et tellement agréable à naviguer. Apparemment le message est bien passé et il est très gratifiant de voir que malgré l'absence de réseau et donc de lobbying, il nous a été possible de remporter ce trophée sur les seules qualités du bateau. Au delà de la logique économique, c'est l'idée même de faire connaitre nos bateaux hors de nos frontières habituelles qui ajoute encore du sens à notre métier, celui de concevoir les meilleurs bateaux possibles pour des passionnés exigeants.


www.voilemagazine.com/2015/01/eyoty-vainqueurs-inattendus/
Andreas Rohde
Andreas Rohde
Category Performance Cruiser JPK1080
Category Performance Cruiser JPK1080

J-10 avant le départ de la 2eme étape de la Transquadra !

Difficile d'imaginer que dans 11 jours nous serons en route pour les Antilles !

Il va falloir s'y mettre rapidement car, d'évidence, il n'y aura pas de "tour de chauffe" pour cette 2ème étape qui s'annonce accrochée et palpitante.

Comme souvent, le départ conditionne la tournure de la course et dès les 1ères heures il va falloir se mettre sur le "bon mode"...
Dans 5 jours nous sommes à Madère et le programme est bien rempli sur place pour les quelques jours qui précèdent le départ.
De son côté, Hervé est bien rodé sur sa météo qu'il surveille comme "le lait sur le feu "depuis quelque temps; histoire d'avoir les schémas météo bien en tête au moment du départ.
Rendez-vous dans quelques jours à Madère où nous vous ferons suivre en direct de "Léon 3DDI" notre nouvelle aventure...

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