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News

Retour sur la CeltiKup 2019

Récit d'une victoire par Thomas Bonnier JPK 1030 n°3 : JUZZY

Une édition 2019 marquée par un coup de vent qui nous a privés de la traversée AR de la Manche.

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La direction de course a pu sauver le programme en 3 étapes, franco-françaises (exit Falmouth) qui se sont finalement déroulées dans du médium et du petit temps avec des transitions et des renverses à gérer.
Première course de Juzzy, un mois après sa mise à l’eau, en compagnie de mon complice, ex-ministe David Sineau, dans le rôle du tacticien-stratège-performer-coach.

1ère étape : Lorient > Douarnenez coef 1 : Vent W 16 nds max
On voit d’entrée de jeu les bateaux en forme : 3 figaros 2, avec notamment le redoutable CMagic de Jérôme Croyère et Patrice Carpentier, la flotte des SunFast 3200 menés par Santosha-Uship (Patrick Isoard et Vincent Gautier), sans oublier le JPK 10.80, skippé par Frédéric Nouel et son fils Timothée (remplacé sur la fin par Anne-Claire Le Berre, fine barre venue de l’olympisme et du match-race).
Première impression : avec nos ballasts nous sommes a l’aise en vitesse dans ce grand bord de près. Nous naviguons plus haut et aussi vite que les figaros 2 et nous arrivons au raz de sein en tête dans un vent molissant contre le courant. David, rivé à la carto me fait passer dans la nuit noire dans les rouleaux au ras de la côte puis au ras de la Plate. Je ne fais pas le malin. Je pense que je ne serais pas passé si près en plein jour.
On n’a pas été récompensé sur ce coup-là, car la molle, rajoutée au fort courant nous empêche d’abattre vers la baie de Douarnenez et nous aspire en plein milieu du raz, direction plein sud.
Nous mettons une heure et demie à repasser la Plate, pour de bon cette fois avec un peu plus d’air (8 nds). 4 bateaux sont passés entre temps, dont CMagic et Santosha. Un bord de 15 NM au portant VMG nous permet de nous refaire et de nous apercevoir que le bateau, sous grand spi asymétrique, descend plus que bien. Nous finissons 2ème en temps réel, derrière le CMgic (Figaro2) et 2ème en temps compensé à 4mn de Santosha (SF 3200) à qui nous reprenons quand même 20 mn sur les derniers 15 NM.

2ème étape : Douarnenez > Lorient avec détour par la Teignouse coef 2 : Vent W 12 nds max
Superbe sortie de la baie de Douarnenez à raser la côte : vraiment un chouette coin pour naviguer. Une bataille rangée. On compte sur de la gauche, et c’est de la droite qui vient. Mauvaise pioche. On se tient à ce qu’on a dit et on reste à gauche : finalement récompensés on passe le raz en tête. Traversée de la baie d’Audierne, toujours interminable, sous grand spi, avec Cmagic aux basques. Il empanne avant nous en restant en limite d’un nuage avec plus de vitesse. On se bagarre derrière eux toute la nuit, sans pouvoir rattraper leurs feux. Au petit matin on percute enfin pour s’apercevoir que nous avons des algues : trop tard. Il arrive à Goue Vas sud bien avant nous, dans un vent molissant et un fort courant. Le parcours y est réduit. Ils gagnent en temps réel mais ne sauvent pas, les autres sont loin, et nous remportons la deuxième étape en compensé.

3ème étape : Lorient > Lorient par les Glénans et Les Chats à babord. coef 1. Vent W 12 nds max
Conditions au top. Judicieuse tactique de David qui nous fait profiter de l’effet à gauche le long de Groix. Nous partons en tête et le restons jusqu’à l’arrivée (Parcours raccourci aux Chats) dans la pétole. Avant que le vent ne tombe, nous avions environ 2 NM d’avance, ensuite tout le monde est revenu par derrière. Nous gagnons en temps réel in extremis devant le JPK 1080 de Frédéric Nouel, revenu de nulle part, et échouons de 4mn en temps compensé derrière l’impeccable Santosha. Au final, ça suffit pour gagner la CeltiKup.

L’entente avec David a été parfaite, j’espère qu’il reviendra pour d’autres courses en 2020. L’application « Juzzy - Courants et Marées dans votre poche", (pour ceux qui ne connaissent pas : https://apps.apple.com/fr/app/juzzy-courants-et-marées/id1317289375), a eu sa part dans notre réussite : Indispensable. Elle a fait des émules dans toute la flotte. J’étais vraiment comblé sur cette course. Ca fait longtemps que je n’avais pas gagné. Ca fait plaisir et c’est prometteur pour la suite. Le bateau est bien né et ne me renvoie que des bonnes ondes : j’adore.
J’en profite pour remercier toute l’équipe du Chantier, bien-sûr Jean-Pierre, Sophie et Jacques, qui ont l’habitude de recevoir les honneurs, mais aussi tous les autres, Jean-Michel, Kevin, Fred, Sébastien, et tous ceux dont j’ai oublié le prénom, mais qui m’ont toujours accueilli chaleureusement et qui ont supporté mes exigences quasi-maniaques (ils se reconnaitront). Merci. Merci.


Classements CeltiKup 2019

Quadra SoloDuo Méditerranée 2019

Par le vainqueur en solo Laurent Camprubi JPK 1030

"Jeanne" étant arrivée une semaine avant la régate, j’ai pu faire 2 entraînements dans le petit temps et un dans la brise. Les sensations étaient bonnes… notamment avec un run à 18N 😎

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mais il me tardait d’avoir de la concurrence à côté pour juger de la performance 🤔

Premier jour, 2 bananes au programme dans un vent de 8/10N. Un premier départ volé…j'étais un peu impatient d’en découdre 🤣, mais je reviens très vite au contact, je sens déjà une certaine aisance pour revenir vite sur les premiers. Malheureusement c’est la reprise après 5 mois sans naviguer en solo, il faut se remettre dans le rythme, et je cumule plusieurs erreurs de manœuvre , je finis cinquième.

La deuxième manche je fais plus simple, je gagne en réel et deuxième en compensé. J’ai pu tester pas mal de réglages, et je prend confiance dans le potentiel de JEANNE…je l’aime déjà 💕.

Jour 2, départ de la grande course toujours dans des conditions 7/10N. Deuxième à la bouée de dégagement derrière un Figaro 2, on enchaine au reaching, je suis le rythme sans problème, j'essaie ballast, pas ballast… puis envoie du spi S2 pour une longue descente vers Porquerolles. le bateau glisse bien, et après une option dans les îles, je me recale avec les bateaux du large. Je suis avec des Figaro2, JPK10.10 …l'écart de vitesse n’est pas flagrant, mais j’ai toujours ce petit plus qui me permet d'accélérer sur une risée ou de glisser plus que mes concurrents. Au cap Sicié la nuit tombe et je prend le large avec Vol de nuit, un autre Figaro2 très affuté, barré par un certain Marc Mallaret. Superbe passe d'armes avec une série d'empannages qui me permettront dans une option moins à terre de me retrouver devant toute la flotte avec plus d'un mille sur Vol de nuit, le premier Duo à 1,4 mille de l'arrivée…avant que le vent ne disparaisse 😰. Peu a peu les poursuivants viennent mourrir près de moi, il va falloir résister dans la pétole. Enfin, des risées de 2/3N me permettent de passer la ligne dans le tableau arrière de Vol de nuit, mais je ne sauve pas en compensé et finis deuxième, je ne suis pas mécontent 😜, je reviens à la troisième place du général

Jour 3, 2 magnifiques parcours en rade de Porquerolles et d’hyères dans l’axe du vent. Première manche dans 7/10N, je finis deuxième derrière un IMX38 qui a pris une option extrême 🤔. Je commence à bien maitriser le bateau dans ce petit temps, et à prendre le dessus sur l'ensemble de la flotte des 10.10 et Figaro2.
La deuxième manche sera le premier fait marquant pour mon 10.30 JEANNE, car le vent mollit pour finir dans un petit 4N, je suis encore plus à l’aise par rapport à mes concurrents directs, et finis premier en réel et compensé…c’est ma première victoire de manche 👍🍾 pour un bateau qui ne marche pas dans le petit temps, c’est la surprise générale 😂🤣 (il va falloir peut être arrêter avec les aprioris 😡). Je prend la tête du général 😉

Jour 4, Porquerolles / Bandol. Départ dans un petit 4N, je pars en tête (je suis déchaîné) mais un rappel individuel est annoncé pour 3 bateaux…dont je fais parti 😱. Je repasse la ligne avec plus de 7’ de retard, les Duos sont déjà en procédure. Je ne suis pas stressé, je sais que je peux revenir…Une heure plus tard, je suis déjà deuxième dans le tableau arrière d’Expresso, mon concurrent direct, le plus véloce des 10.10! Le vent commence à rentrer et rapidement on se retrouve avec 15N avec un angle réel de 130º en moyenne. Je fais jeu égal avec Expresso, qui donne tout, trinquette de spi compris, ce qui me permet de tester beaucoup de choses 👍, mais sur cette angle avec mon grand S2, je sens que ce n’est pas le bon spi, le bateau n'accélère pas ( enfin, pas plus que le 10.10 de Guy). Passé le cap Sicié on glisse, et je m’echappe peu à peu pour gagner la manche en réel, deuxième en compensé derrière Expresso, Ouf, je reviens de loin 🙃

Jour 5, Bandol / Marseille. Départ dans un vent de 12/13N, je prends rapidement la tête car j’ai une capacité à caper impressionnante! Nous voilà parti pour 3 heures de près. Je creuse régulièrement sur mes concurrents, le bateau est incroyable, je fais du cap, j'accélère, bref je m’amuse, il fait ce que je veux 😍, bon enfin pas tout seul, il y a quelques réglages à faire 😂🤣. A La Ciotat le vent se stabilise à 15 / 18N, je suis loin devant la flotte avec une target de 7N, ça va vite, ça fait du cap, ça passe bien dans le clapot… un vrai bateau de près, la surprise du Chef! Bravo et merci Jacques Valer, une belle réussite. Je finis loin devant, avec le meilleur temps de la flotte des Duos/Solos, devant un certain JPK 10.80 Solenn… le bateau a marqué les esprits 😇

Jour 6, il faut finir le job, avec une manche qui n’est pas retirable, la pression est là (j’adore ça 😉). Bon départ, je force un peu le cap, et me voilà rapidement devant la flotte. On reste concentré, il faut faire simple et efficace, attention à la boulette… Je finis premier en réel et compensé, la messe est dite, une semaine après avoir reçu mon bateau, je n’en attendais pas tant, je suis ravi 😍🥂🍾

Je gagne la Quadra Solo pour la quatrième fois !!


la nautique
classement solo

Rolex Fastnet Race 2019

Victoire dans 4 classes pour les JPK avec un Jacques Valer au sommet de son art !

Le Fastnet se court habituellement mi-août et je n'avais jamais pu me libérer sur cette période pour participer à cette course mythique.

Alexis Loison et Jean-Pierre Kelbert
Alexis Loison et Jean-Pierre Kelbert

Cette année, les planètes se sont bien alignées avec une date départ au 3 août, un nouveau JPK 1030 à tester et promouvoir et surtout la disponibilité de mon pote Alexis Loison.

En 2013, le tandem Pascal et Alexis avaient remporté l'Overall ce qui ne s'était jamais fait auparavant et sur les autres éditions le même "Night and day" avait fait 2eme à 15 secondes en 2015 puis gagné de nouveau le double en 2017.

Autant dire qu'avec Alexis comme binôme nous étions "au vent de notre bouée" !

Le 3 aout, nous voici donc au départ de Cowes avec des conditions qui s'annoncent délicates sur la 1ere partie de course puis une 2eme phase plus ventée et avec des angles que notre JPK 1030 adore.

Samedi 3; il est temps de quitter le port de Cowes où notre "Léon" ainsi que "Courrier recommandé" (le 1180 de Gery Trenteseaux) étaient amarrés au ponton d'honneur face au mythique Squadron.

Sur l'eau, des centaines de bateaux croisent en tous sens et le spectacle est ahurissant entre les ultimes, Imocas, Class 40 et les différentes classes IRC.

il faut choisir son côté sur cette ligne très longue en intégrant côté sud l'avantage de la renverse favorable et précoce du courant mais avec le risque par ce même vent de sud de subir les dévents de la terre.

Au final, on partira milieu de ligne et le résultat est plutot moyen car la pression présente côté sud ajouté au courant a favorisé le groupe côté ile de Wight. C'est un peu dans la douleur que nous sortons du Solent sous spi symétrique "étripé" pour serrer le vent au max - le bateau pour la course a troqué sa configuration asymétrique pour une configuration symétrique avec un bout de hors raccouci à 1m pour les voiles de reaching - puis génois. Le spectacle est magnifique aux Needles et rapidement le vent adonne un peu pour envoyer le A3. De suite, ça allonge la foulée et on recolle au groupe de devant mille après mille. Bien sorti du Solent, le SF 3300 "Fastrack" avec ses très grands asymétriques est rapide et vu l'équipe de champion à bord issue de la Volvo Race, on comprend vite qu'on va avoir de la concurrence solide de ce côté là!

A3 puis Asy capelage et enfin le spi runner symétrique pour suivre la tendance adonnante du vent.

Pour l'instant tout est OK et ca glisse bien sur "Léon" avec un retour aux avants postes de l'IRC double mais on se prépare à bientôt cogner dans le "mur" de molle. Il va falloir attaquer cette zone dans sa partie la moins large et anticiper l'arrivée du nouveau vent SO. Les routages donnent une route assez sud mais les fichiers dans ce genre de situation sont à interpréter avec beaucoup de précautions. Alex phosphore depuis un moment car on sait très bien que la course peut se perdre dès cette 1ere nuit et la journée du lendemain.

La transition arrive enfin et la nuit est faite de recalages et d'observations permanentes des autres concurrents à l'AIS pour deviner les veines de vent. Au final, on s'en sortira plutôt bien avec une stratégie sage plutôt centrale pour permettre un recalage éventuel. Le dimanche matin, le vent devient quasi nul et avec les 110 de coef de marée il vaut mieux que cela ne dure pas trop. Le vent rentre enfin très graduellement et nous sommes nombreux en tribord amure à aller chercher la bascule annoncée du vent au Sud Ouest. "Léon" avec son nouveau génois léger est un peu plus véloce qu'en début de saison et on limite vraiment la casse. "Fastrack " est toujours devant à 2 milles mais n'est pas plus rapide et "Raging Bee" le 1080 de Loulou Dussere avec Bruno James est avec nous et revient sûrement. Nous n'avons pas encore de classement et on espère que nous sommes dans le vrai groupe de tête car avec une distribution totale la nuit passée nous ne sommes certains de rien ! Une chose est sûre Noel Racine avec son 1010 "Foggy dew" n'est qu'à 2 milles derrière et il est heureux qu'il ne soit pas dans notre classe avec son rating bien plus bas !

Après quelques pif paf dans les ados/refus, Alex pense que nous sommes dans le bon timing pour virer et faire route vers la pointe de la Cornouaille et les Scillys avec nos concurrents légèrement à notre vent. Pour l'instant nous ne faisons pas le cap mais le vent va poursuivre sa rotation et on veut se faire la "cuillère" par en dessous. Le bord est long, il faut aller vite et régler tout le temps. Ca tombe bien, il y a un figariste à bord (!) et clairement c'est du non stop pour Alex d'ajuster et réguler. Les heures passent et le travail paye car au passage du DST nous sommes revenus proches de "Raging Bee" et "Fastrack" avant d'attaquer une descente de quelques milles à 110° du réel pour parer les iles Scillys.
Il y a 23/25 nds et on décide de vite envoyer notre A3 "magique". Le bateau accélère fort et nous voilà en babord amure à 12/16 nds à fondre sur nos concurrents. "Fastrack" décide d'envoyer lui aussi son spi de brise et n'arrive pas tenir le cap . On le dépasse sans coup férir tout comme "Raging Bee" qui navigue sous gennaker. Tout cela est de bonne augure pour la suite car cet angle sera celui prévu pour les 150 milles du retour Fastnet ... Les Scillys approchent et le ciel est de plomb très menaçant avec on le sait des claques possible au passage du front. Prudents, on décide d'affaler notre A3. 5mn plus tard le vent mollit et nos 2 concurrents qui ont gardé leurs voiles de portant reviennent sur nous. On replie le spi fissa et il est renvoyé à la volée. 10 mn plus tard ça claque à 28/30 nds et l'affalage s'impose et vite. C'est chaud mais le spi rentre à bord sans bobo. "Fastrack" sous gennaker désormais glisse fort mais sous la route tout comme "Raging bee". La nuit tombe enfin et on attaque sous génois notre immense bord qui nous fera traverser la mer d'Irlande. A 2 h du matin "Fastrack" qui était devant sous le vent vire et croise à 1 mètre ! Alex est tranquille à la barre, moi je le suis moins car difficile d'apprécier les distances de nuit. Je garde l'écoute de GV à la main tellement le croisement est serré ! C'est à ce moment là qu'on glisse définitivement en tête de la course des doubles. Nous sommes au près légèrement débridé et le bateau est facile à faire marcher. Je remplace Alex à la barre même s'il semble pouvoir tenir comme cela 3 jours ! A bord pas de quart pré établi mais un seul objectif, être toujours à à 100% du potentiel. Les heures défilent et on creuse très sensiblement sur les 2 morpions qui s'accrochent ! Le jour arrive et la lumière s'intensifie sur une mer bleue profond et un ciel dégagé.
Autour de nous, il n'y a que des "gros bateaux" et nous jubilons quand on arrive à revenir sur des bateaux de 40 pieds menés en équipage. Ca grimpe à 25/28 nds et nous sommes toujours sous GV haute et J2 à 50/60° du vent. Le bateau est puissant et ca galope. Nous arrivons enfin à la pointe est du DST avec sous le vent la pointe de l'Irlande qui apparait. Pour moi c'est un super moment car je n'ai encore jamais fait de Fastnet et me retrouver là dans ce paysage grandiose avec le phare du Fastnet qui se dessine au loin et les champs de verdure de la pointe irlandaise, tout cela est assez émouvant et avec Alex c'est du vrai bonheur. On loffe de 20° pour parer le phare à 3 milles et nous sommes au près avec un mer assez forte.

C'est la 1ere fois que je navigue dans ces conditions avec le bateau et il marche comme un avion, plus vite, plus haut que le J 121 qui navigue devant !

Le phare mythique approche et l'hélico arrive pour nous filmer. Alex en habitué me dit que c'est bon signe !!

Il a déja vécu ça en 2013 et en 2015 avec Pascal sur "Night and day". On passe au raz du rocher et c'est magnifique. Je savoure le moment à la barre mais déjà on pense à la suite, au passage de l'angle haut du DST avant la grand bord retour de 150 milles jusqu'aux Scillys. Je passe sur la plage avant préparer le A3 arrisé et ca mouille pas mal. Ca y est le spi est envoyé et le bateau part de suite en surf sauvage. Ca fume et Alex découvre avec le sourire le potentiel du bateau à cette allure. Les gros bateaux qui étaient avec nous sont vite décrochés et la cavalcade commence avec à l'AIS les cibles AR qui disparaissent et les cibles devant qui se déclenchent ! C'est vraiment bon car on marche en moyenne 2 à 3 nds plus vite que les autres bateaux. "Dream Pearl" le 1080 d 'Eric Mordret apparait à son tour. Il est pour l'instant en tête des IRC 3 mais plus pour longtemps ! Le différenciel de vitesse est tel que 30 mn plus tard nous le perdons à l'AIS ! Seul "Nutmeg" le MC 34, imbattable à ces allures, résiste et nous allons rester proche jusqu'à l'arrivée. La nuit tombe et on se relaye à la barre. C'est juste jouissif de barrer le bateau qui reste super fin à placer sur les vagues avec le bon angle. A un moment, ça grimpe à 35 nds et l'adrénaline grimpe encore faisant oublier toute sensation de froid car ça mouille fort sur le pont et je suis trempé jusqu'au slip ! 22.5 nds sera le record surface du bateau ! 7 h après le Fastnet nous avons déja parcouru 90 milles quand le brêlage de l'anneau du bout dehors cède. Le spi claque derrière et il faut vite le ramener à bord car ça souffle à plus de 30 nds. Pas le choix, on lâche totalement la drisse de capelage et le spi chalute derrière. Tenu par un seul point, on arrive à le hisser à bord. Bon dommage car on devait garder le pépin encore 2 h pour finir loffé sous génois. Ca marche quand même sous J2 et au petit jour les Scillys sont déjà là apparaissant dans la boucaille.

Le DST est paré et on se retrouve de nouveau avec un angle spiable. Le A3 est en l'air et la cavalcade reprend à 130° du vent par 25/30 nds. On rattrape "Codiam", "Pintia" et une floppée d'IRC 1 qui semblent un peu posés ! Le vent adonne comme prévu et on troque le A3 pour le S2. Le spi tout neuf en 0.75 nous fait peur dans les grains à 28/30 nds mais Alex gère la barre et régule tout seul son spi. Au cap Lizard, le réseau permet de récupérer un classement. C'est bon !! Plus de 30 milles collés cette nuit à nos concurrents directs, je n'en reviens pas ! Le vent se calme un peu, ça fait du bien mais ça joue contre nous pour l'overall qu'on sait déja gagné par le Volvo 70 et aussi le Mach 45. Gery sur "Courrier recommandé" est 5 eme Overall et loin devant les autres IRC 2 (2 autres JPK 1180 avec "Nutmeg" intercalé) et on peut encore aller le chercher !

La fin de course est clémente avec le retour du soleil et 20 nds de l'arrière. Les cirés sont enlevés et j'enfile une tenue sèche, le bonheur. Dernière layline, Alex est parti faire une mini sieste et il est difficile de le réveiller. C'est vrai qu'il a dû dormir 2 h en 3 jours ! On rattrape un XP 46 mais sur le dernier "faux jibe" avec tangon sous le vent on voit le spi se déchirer sans savoir comment! Il reste 2 milles qu'on avale sous génois/GV. Ca y est la ligne est franchie et c'est top, on peut être fiers de nous .

Un immense bravo à Jacques (Valer) qui s'est surpassé cette année avec ses dessins aux 1eres places en IRC 1 (proto Millon 41 de Jacques Pelletier), en IRC 2 (Gery), en IRC 3 ("Léon"), en IRC 4 ("Foggy dew") et en IRC double ("Léon") ! Avec le 1030, il nous a dessiné un bateau hallucinant pour le off shore .

Un immense merci à Alex qui s'est donné sans compter et m'a donné une belle leçon de voile.

Et un grand bravo et merci à tous les équipages de JPK qui ont trusté les podiums.

 

JP

 

 

 

 

 


Leon surf to victory in IRC 3 and 2 handed
Voiles et Voiliers. Les français raflent la mise
The crew of Foggy Dew celebrate the end of a successful race, Noel Racine's fourth class win out of eight Fastnets
The crew of Foggy Dew celebrate the end of a successful race, Noel Racine's fourth class win out of eight Fastnets
Crew celebrate "Courrier Recommandé" JPK 1180
Crew celebrate "Courrier Recommandé" JPK 1180
Finish "Leon" JPK 1030
Finish "Leon" JPK 1030


Two-handed class leader at the Rock, JPK 10.30 Léon is skippered by Alexis Loison - 2013 winner of the 2013 Fastnet Challenge Cup and Jean-Pierre Kelbert of JPK - maker of the boat

“Léon has been very fast.

We are happy that last night we were faster than Henry (Bomby) and Hannah (Diamond) on Fastrak and Louis-Marie (Dusserre) on Raging Bee. We are expecting a fast reach to the finish, maybe 110º wind angle and more than 30 knots of wind.

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Hopefully we will finish the race in about 24 hours (approx. 1700 Tuesday 06 August).”


Doublehanded leaders round the Fastnet Rock

Rolex Fastnet Race 2019

Le 3 août prochain sera donné le départ de la Rolex Fastnet Race et cette épreuve courue tous les 2 ans est souvent favorable à nos bateaux .

Pour l'édition 2019 le chantier aligne plus de 25 bateaux au départ dans 4 classes différentes.

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En IRC 2 Gery Trenteseaux, déjà vainqueur Overall en 2015 sur le JPK 1080 "Courrier du Léon", vient de nouveau jouer la gagne avec son JPK 1180 "Courrier Recommandé"

Le bateau est ultra polyvalent et rapide, l'équipage complet et très affuté et Gery apporte une somme d'expérience fantastique pour déjouer les pièges du parcours.

Dans la même classe, sur son JPK 1180 "Cocody", Richard Fromentin ambitionne également de monter sur le podium comme en 2017 sur son JPK 1010 "Cocody".

Richard est très appliqué et a bien fait progressé son bateau à force d'optimisation, d'entrainements, de développement de voiles. Son équipe est soudée autour de lui pour faire un joli score.

En IRC 3, les JPK 1080 reste un peu les épouvantails après le doublé sur l'Overall 2015 et le doublé de l'IRC 3 en 2017. Cette année, "Dream pearl" le fameux bateau malouin emmené par Eric Mordret, Arnaud Delamarre et toujours la même équipe de "pirates" devra de nouveau se battre comme la dernière fois en 2017 contre "Timeline" de Marc Alperovitch qui court en double cette année. Les 2 bateaux avaient réalisé le doublé et l'écart en temps de l'ordre de la minute en faveur de "Dream Pearl" après 3 jours de mer avait été un peu cruel pour Marc.

Sur l'IRC 4, les JPK 1010 sont dans leur jardin ! En 2013, le Fastnet a été remporté pour la 1ere et seule fois de son histoire par un équipage double. Les "Loison" pére et fils avaient réalisé une performance hallucinante en gagnant l'IRC double, l'IRC 4 et l'IRC Overall !

En 2017, le même "Night and day" toujours mené par Pascal et Alexis franchissait le phare du Fastnet en tête de l'overall pour finir 1er de l'IRC 4 et 1er de l'IRC double. "Foggy Dew" le 1010 de Noel Racine termine à la 2eme place devant "Cocody " de Richard Fromentin pour un podium 100% JPK 1010 !

En IRC double et avec plus de 60 bateaux inscrits le match risque d'être passionnant à suivre.

Le dernier vainqueur, "Night and day", a été vendu cette année et j'en ai profité pour proposer à Alexis de m'accompagner sur mon nouveau "Léon" le JPK 1030.

L'expérience va être géniale car Alexis est non seulement un top régatier parmi les tout meilleurs figaristes mais il connait le parcours par coeur et c'est toujours un bonheur de naviguer ensemble.

On espère une météo variée avec un peu de pression pour que le bateau puisse exprimer ses qualités notamment au reaching. Il va falloir dans tous les cas être bons car la concurrence est terrible entre les JPK 1080 " raging bee" ,"aileau", "shaitan", les 1010 "mary" , "papillon", l'autre 1030 "very good trip" et bien sûr tous les autres "non JPK" comme les SF 3600 ou les nouveaux 3300 .

La météo va arbitrer comme toujours le classement Overall mais avec un tel plateau IRC, Ultim, class 40 , Imoca, l'édition 2019 promet vraiment de belles choses....


Doublehanders on the rise

Marblehead to Halifax Race et Storm Trysail Club Block Island Race 2019

Peter Mc Whinnie et son équipage remporte sur son JPK 1080 " In Theory" la Storm Trysail Club Block Island Race dans sa classe et au classement Overall.

Après la Marblehead to Halifax Race (363 milles) remportée également dans sa classe ORR-3, "In Theory" fait forte impression outre Atlantique et devient de plus en plus difficile à battre!

Peter Mc Whinnie et son équipage
Peter Mc Whinnie et son équipage

"In Theory" n'est autre que le JPK 1080 "Léon" qui a participé à la dernière Tranquadra (2eme solo). A l'arrivée au Marin, Peter était venu prendre le bateau pour le convoyer à New York/Richmont où il réside.

Il court contre des bateaux que nous ne connaissons pas en Europe comme les TIR 41, Rhodes 48, Cape fear 38, J 44 mais aussi des XP 38. A priori et même dans la jauge ORR les dessins de jacques Valer fonctionnent à merveille !!

Après une 1ère 1/2 saison 2018 de prise en main, Peter connait désormais son bateau et écume avec son équipe de copains toutes les régates de son secteur jusqu'à la semaine d'Antigua.

Il représente fièrement les couleurs du chantier JPK.

Congratulations Peter !


Try Sail Club Block Island Race

Joli tir groupé des JPK sur Cowes-Dinard juillet 2019

1er/2eme/3eme/4eme IRC double "Mary" "Léon" "Raging bee" "Papillon"

1er/2eme IRC 4 "Mary" JPK 1010 de François Moriceau / "Papillon" JPK 1010 d'Alain Péron et JC Chavigny

1er/2eme IRC 3 "Léon" JPK 1030 Alexis loison et Jérôme Aubert/ "Raging Bee" Loulou Dussere et Bruno James

2eme/3eme /4eme /5eme Overall

"Mary"
"Mary"

Si on devait retenir quelque chose de l'édition 2019 de Cowes-Dinard ce serait le plus faible écart de temps compensé entre les 5 premiers du classement Overall !

3mn 50 entre "Scarlet Oyster " (1er) et "un Papillon Contre l'Eczema" (5eme) avec pour le chantier 2 JPK 1010 , 1 JPK 1080 et le nouveau JPK 1030 dans ce tir groupé.

Alexis Loison et Jérôme Aubert qui menaient Léon le JPK 1030 du chantier nous raconte leur course.

Départ du solent dans du petit médium au près où il faut combiner entre les zones de courant dans l'axe et les zones de pression .

Alex et Jérôme découvrent le bateau et s'en sortent plutôt bien à la sortie du Solent et mettent rapidement du mou dans les écoutes pour naviguer à 40° de l'apparent pour un très long bord de "petits chevaux". Devant, "Raging bee", le 1080 de Louis-Marie Dussere, galope et glisse sur une option sous le vent . C'était a priori le bon choix et rétroactivement, Loulou regrettera de ne pas avoir poussé plus loin l'option, certain qu'il aurait sauvé l'overall en le faisant.

Sur ce long bord de débridé, c'est en mode "gagne petit" et sous génois que la course se joue et les écarts sont faibles entre les bateaux. Devant, les ratings plus forts ont du mal à s'échapper car la pression est plutôt derrière.

Sur "Léon" on attend avec impatience les Casquets que ça ouvre un peu pour envoyer le A3. Ca y est la bulle est envoyée mais 3mn plus tard, le lashing d'anneau friction en bout de bout dehors lâche ! Spi affalé, route sous le vent, de précieuses minutes s'échappent avant de renvoyer. Le bord serré à 100° du vent ne va durer que 17 milles mais ça suffit pour revenir devant avec un Gap impressionnant en vitesse par rapport aux autres.

Dernière portion de parcours, le vent adonne en grand et c'est en mode VMG dans 10/15 nds max que ca va se jouer. Plus compliqué sur "Léon" avec l'asy ! "Mary" et "Papillon" les 2 JPK 1010 ne se sont pas quittés depuis le départ et restent très menaçants tout comme "Raging bee" qui glisse bien sur cette dernière descente .

Au franchissement de la ligne d'arrivée c'est donc très compliqué de savoir qui va rafler la mise car 5/6 bateaux se tiennent dans très très peu de temps.

Au final 5 bateaux en 4mn, la victoire Overall pour "Oyter catcher", un Oyster 46 et un joli tir groupé pour le chantier avec les victoires dans les 3 classes.

Bravo les gars !


2019 RORC Mainseries IRC Three Cowes Dinard St Malo Race
2019 IRC Two-Handed Cowes Dinard St Malo Race
Document à télécharger :
     [pdf] 2019 RORC Mainseries IRC Overall Cowes Dinard St Malo Race (1,49 Mo)

La Trinité-Cowes

Victoire de " Papillon" le JPK 1010 de Jean-Marc Chavigny et Alain Péron en IRC double et 2eme place en IRC 1 de "Courrier Recommandé" le JPK 1180 de Gery Trentesaux.

La saison 2019 est vraiment marqué par des conditions de vent ultra light et à l'image de la course du Figaro cette "La trinité-Cowes" aura alimenté un vrai suspens jusqu'à la fin.

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Naviguer en Manche dans ces conditions pétoleuses est doublement compliqué avec les effets de courant et la position central d'un énorme DST.

Au départ de la Trinité, 50 bateaux affutés pour rallier Cowes, sur l'ile de Wight, en vue de participer pour la plupart au prochain Fastnet (départ 3/4 août) et pour beaucoup également à la Cowes-Dinard dont le départ aura lieu ce we.

Au départ de la Trinité le vent est présent et vite une hiérarchie logique se met en place. En IRC 1, les 2 1180 "CourrierRecommandé" et "Cocody " (Richard Fromentin) se tirent la bourre avec "Codiam" le Grand soleil 43.

En IRC double (la classe la plus fournie), les favoris sont de suite aux avants poste. "Raging Bee" et "Aileau" (vainqueur du dernier Spi Ouest France) les deux 1080 , "Hey joe" le A35, "Mary" et "Papillon" les JPK 1010.

Parti plus sagement "Léon", le JPK 1030 confié à Yves-Paul Robert, va profiter de la nuit au reaching par 18/20 nds pour "traverser" la flotte sous A3 et pointer au petit matin en tête des doubles et de l'overall après avoir impressionné tout le monde !

"Léon" va tenir sa place de leader dans la remontée de la pointe Bretagne mais également à la traversée de la manche par l'ouest du DST rendue très très ardue avec les brises évanescentes. Ils perdront toutes chances de victoire en butant sur la renverse à l'entrée du Solent au niveau des Needles. On comprend mieux pourquoi les anglais ne font jamais d'arrivée des course du RORC dans le Solent (sauf par l' est) pour éviter ce côté franchement trop aléatoire !

Cela n'enlève rien au mérite de "Papillon" toujours solidement placé sur le podium et qui réussira à se glisser finement par l'est du DST avec un angle favorable d'atterrissage sur les Needles. "Papillon" , ex Ogic , vainqueur de la Tansquadra en double et de très nombreuses course, est vraiment un bateau "bien né" . Jean marc et Alain le connaissent désormais par coeur et seront de sérieux clients sur le Fastnet.

En IRC 1, le proto de 60 pieds "Lady first 3" a réussi à sauver son rating facilement naviguant toujours dans une brise plus soutenue et stable que ses concurrents directs. "Codiam", "jivaro", "Courrier Recommandé"," cocody " se sont livrés une bagarre phénoménale avec des "arrêts buffet" et des retournements de situation terrible pour les nerfs des équipages.

Au final "courrier" remporte sa bagarre et prouve une nouvelle fois sa véritable aisance en vitesse . Leader facile au ras de sein après une nuit d'attaque au reaching , une erreur de navigation ( hésitation à prendre le chenal du Fromveur) va les faire décrocher de quelques milles en arrière du paquet des IRC 1 . En gagne petit, l'équipage très accrocheur mené par françois Lamiot, "courrier Recommandé" fera un retour gagnant dans ce groupe pour s'échapper dès que la brise rentrera de nouveau et crée un bel écart à l'arrivée.

L'équipe de Géry semble fin prête pour se battre aux avants postes sur le Fastnet.

Vraiment une très belle idée cette course de ralliement organisée par la SNT mais peut être éviter une arrivée à l'entrée du Solent qui fait trop la part belle au facteur chance !

 



Myth of Malham 28/05/19

Joli tir groupé des JPK sur la mythique Myth of Malahm Race.

1er en IRC 2, IRC 3, IRC double, IRC 4 !

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1er IRC 2 JPK 1180 "Courrier Recommandé" de Gery Trentesaux.

1er/3eme IRC double et IRC 3 JPK 1080 "Time line" de Marc Alpêrovitch devant "Shaitan" le JPK 1080 de Jean Eudes Rénier

1er IRC 4 JPK 1010 "Foggy Dew" de Noel Racine

3eme IRC Overall. JPK 1180 " Courrier Recommandé" de Gery Trentesaux



Myth of Malham 28/05/19

Récit de Marc Alpérovitch proprétaire de "Timeline" JPK 1080

Première double offshore. Notre saison RORC commence par une victoire. C'est assez inattendu. Cette première course en double de la saison s’est donc soldée par une victoire. Sincèrement, c’est une surprise.

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Il y avait beaucoup d’inconnues. Jérôme et moi étions des barreurs (ou parfois GV dans mon cas) dans nos configurations en équipage. Lors du Spi Ouest-France où le bateau avait déjà fait un résultat correct, Jérôme avait aussi essentiellement barré. Là, c’était terminé, il fallait que l’on se débrouille tous seuls.

La sortie du Solent s’est assez bien déroulée. Le bateau va vraiment vite au près dans le petit temps et le medium. J’avais suivi un atelier de l’UNCL 48 heures avant avec Nicolas Lunven sur le Fastnet. J’ai donc fait comme il le recommandait en cherchant l’axe du chenal avant la renverse puis les sondes plus faibles ensuite. On a continué à aller vite jusqu’à Swanage où nous sommes 2ème au moment de commencer à tricoter le long des falaises. Malheureusement, arrivés à la pointe, nous déralinguons. On a mis trop de temps à comprendre ce qu’il fallait faire pour affaler (se mettre au vent arrière et empanner). Entre les deux positions ci-dessous où nous avons progressé d’un demi mille, il s’est écoulé 24 minutes.

Nous avons réussi « à nous refaire » très rapidement en nous éloignant du bord. De notre point de vue, à Saint-Alban la renverse n’avait pas eu lieu, le maximum de courant était donc à la côte avec en plus une mer difficile. Nous avions prévu cela dès la veille. Si nous avons été absolument les seuls à le faire, c’est probablement que quelque chose n’était pas juste dans notre analyse. Il s’avère que cela a marché comme on le voit ci dessous, l'écart avec Raging Bee et Bellino s'est énormément réduit.

Ensuite, nous avons re-déralingué sur le banc de Portland Bill. Forts de notre expérience d'une heure avant, nous maitrisions mieux la technique pour récupérer le genoa. Par ailleurs, on devait avoir 6 nœuds de courant avec nous. La situation a été vraiment scabreuse car cela secouait beaucoup, mais nous avons perdu beaucoup moins de temps que sur la fois précédente.

Durant la nuit, de Portland à la fin de la baie de Salcombe, il ne s’est pas passé grand-chose, Bellino et Raging Bee étaient devant nous et les écarts n’ont pas beaucoup varié. Nous avons fait une mauvaise baie de Plymouth, nous n’avions d’ailleurs aucun projet tactique pour cette baie. Bellino et Raging Bee passent Eddystone avec 2 milles d’avance.

Le retour s’est bien passé. Là encore, notre choix de faire un tout droit correspondait à notre routage et était différent de celui de nos concurrents directs (mais pas de toute la flotte cette fois) et quand Bellino et Raging Bee recroisent devant nous ils sont moins d’un mille devant. Nous avons eu l’impression que Raging Bee n’avait pas le bon spi quand il nous a recroisé, il a probablement eu un problème entre temps. A la fois sur la vitesse et un peu sur les trajectoires nous finissons par repasser Bellino et remporter la manche

Durant cette descente , le vent est rentré un peu au délà de 20 nœuds. Nous avons passé 3 empannages sous spi de tête dont le dernier dans pas loin de 25 nœuds au large de Portland Bill m’a demandé de prendre un peu sur moi pour y aller. En fait, Jérôme n’a pas besoin de tangon pour garder un Spi dans l’axe. Du coup, cela se passait bien. J'ai pu faire mon travail à l’avant, inquiet, mais sans trop de difficultés. C’était notre première régate, il faut que l’on s’habitue un peu à ce nouveau sport.

Voilà pour le récit.
Si on prend un pas de recul, en double ou en équipage, en inshore ou en offshore, tout commence par aller vite. Si on ne va pas vite, on ne fait pas la course. On a donc tenté d’oublier notre ancienne vie de barreurs et d’être vraiment rigoureux sur les réglages en étant tout le temps dessus. Nos voiles North étant de vraies réussites, si on travaille bien on se retrouve à être performants en vitesse. Ensuite, une fois que l’on va vite, la tactique fait la course. C’est intéressant de constater que lorsque l’on avait un projet tactique bien compris, du départ à Portland Bill et sur le retour, alors nous avons fait les bons choix. De Portland à Eddystone, on n’avait aucune idée, pas de vrai projet, et c’est là que nos camarades nous ont lâchés. Nous savons au moins quelle zone nous devons travailler…

Ensuite, il y a le résultat. C’est satisfaisant de se dire qu’on a été capables, une fois, de gagner une course en double. Inversement, cela arrive un peu vite. Je crois aussi qu’il y aura une différence de niveau entre les courses préparatoires et le Fastnet. Sur cette manche, il y avait 4 ou 5 bateaux compétitifs dont un a probablement eu un problème matériel. Au Fastnet, de nombreux bateaux français compétitifs seront présents. L’objectif d’être dans les 10 est inchangé.



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