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Actualités

ROLEX SYDNEY HOBART 2017 à bord de "BANQUE DE NOUVELLE CALEDONIE" - JPK 1080

par Alexis LOISON

2 ans après la jolie Rolex Sydney Hobart de COURRIER LEON mené par Gery Trentesaux et Michel Quintin , Michel décide de remettre le couvert avec cette fois son équipage Calédonien .

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J’ai la chance de faire à nouveau partie de l’aventure, toujours au poste de navigateur.

Nous voici donc à 1 semaine du départ tous réunis dans la marina du club organisateur , le CYCA. L’ambiance qui règne sur les pontons est particulièrement agréable. Les bateaux sont magnifiques, les organisateurs sont aux petits soins avec nous, c’est l’été, (et apparemment quand c’est l’hiver là-bas ça reste quand même bien mieux que l’été à Cherbourg … ) , bref tout va bien. Le bateau est très bien préparé, l’équipage particulièrement rodé mais il reste tout de même 2 jours de boulot pour toute l’équipe afin de changer quelques drisses, préparer la nouvelle garde robe, faire du rangement par le vide, installer l’ordi du bord, l’iridium, les logiciels météo, les caméras et surtout afin d’être en conformité avec les règles de sécurité en mer australiennes et des demandes spécifiques de l’organisateur. Malgré l’impression d’être en mode « ceinture et bretelles » , le contrôleur nous fait quelques remarques et nous sort des phrases du genre « oui mais … si vous vous retournez … ça le fait pas du tout votre bricolage !! » . Bref, le ton est donné mais quand on connait l’historique de cette course, sa rigueur est entièrement justifiée. Au final, après avoir tout collé, vissé, scotché, nous sommes bons pour le service, et nous voilà dans cette magnifique baie de Sydney à tirer des bords devant l’Opéra pour réviser toutes les manœuvres, valider les voiles , la calibration de l’électronique, etc. Cela change complètement d’il y a 2 ans où la préparation avait été bien plus laborieuse. La caisse à outils avait alors servi H-24 ,et le shipchandler local se demande encore ce que l’on avait bien pu faire de tout le sikaflex acheté chez lui !! Le réveillon de Noël marque la fin de nos entrainements, nous sommes prêts, motivés, l’avitaillement est à bord. Il ne reste plus qu’à préparer nos sacs de nav. Exercice particulièrement délicat, c’est un peu comme si on partait à la plage un jour de canicule mais avec nos affaires de ski pour anticiper la fin de course… Et encore, cette année la météo s’annonce particulièrement clémente, les organisateurs disent même que nous ne pouvions rêver mieux comme cadeau de Noël. Pour les « grosses luges », comme Comanche, Wild Oats, TP52 et bien d’autres encore (liste bien trop longue à énumérer) c’est effectivement vrai, avec 100% de reaching et de Portant dans du vent assez fort. Le record en temps réel qui était de seulement 1j 13 heures est plus que menacé !
Pour les « petits », disons les IRC3 et IRC4, c’est effectivement une météo clémente, mais qui nous prive déjà de tout rêve de remporter l’Overall. En effet, un front associé à une bulle dépressionnaire et de nombreuses zones de transition seront sur notre route en fin de parcours. Cela donne en gros 2 jours de glisse avec du reaching dans 15 nœuds puis du VMG dans 15-30 nœuds « hors taxes ». Place ensuite à du près sur un seul bord dans 20 nœuds mollissant pour faire place à du petit temps très variable dans la baie de Hobart. Nous avons des routages en 3 jours et quelques heures, ce qui reste plutôt rapide pour avaler les 628 milles nautiques. Nous nous concentrons donc sur le double objectif qui est de remporter la catégorie IRC4 et si possible de battre le record des bateaux de moins de 11 mètres qui est détenu depuis 1975 ! Il y a une fois de plus de sacrés épouvantails dans notre catégorie, comme Dorade , un Yawl dessiné par les frères Stephens en 1931 mais qui parait comme neuf , ou Azzuro un autre plan S&S, bijou de 34 pieds seulement mais qui avait manqué de peu de nous battre il y a 2 ans (moins de 6 minutes à l’arrivée) , mais aussi le Sunfast 3600 Mister Lucky qui aime les conditions similaires au JPK 1080. Tout le monde parait dangereux, avec des caractéristiques et des ratings très différents. Nous comptons sur la polyvalence de notre JPK 1080 !

JOUR J : Après un dernier briefing météo au CYCA qui confirme les prévisions annoncées, nous voici sur la zone de départ. 3 lignes de départ sont prévues, espacées de 0.2 mille nautique chacune. Les « gros » partent devant nous pour éviter un embouteillage à la sortie de la baie type « Fastnet Race » et pour une parfaite équité, ils ont un parcours en baie de 0.2 mille nautique plus long que les concurrents de la ligne centrale, faite pour les « moyens » qui eux aussi ont un parcours plus long de 0.2 mn que la ligne la plus en retrait . C’est Boxing-Day , ou plutôt « Bazar-Day ». il y a des bateaux spectateurs partout, 10 hélicoptères, plus de 100 concurrents, cela forme un clapot très court, un fond sonore assommant et le vent y est fortement perturbé. C’est très compliqué de se faufiler au milieu de tout cela mais nous sortons de la baie en tête des IRC4, entourés d’ IRC2 et 3. Nous voici sous code 0 fractionné direction La Tasmanie. Première nuit très agréable, le « FR0 » est rapidement remplacé par le A4, on est rapides, la lune permet de ranger les lampes, on fait attention à bien se reposer et à s’alimenter avant le vent fort prévu.

J+1, le vent adonne encore en matinée, varie beaucoup, on enchaine les peelings A4 S2 A4  et je choisis d’empanner en nous éloignant de la route directe afin d’exploiter au maximum l’accélération de vent provoquée par la pointe Sud-Est de l’Australie. Les autres IRC4 ne suivent pas ou très peu, on verra bien. Assez vite, le vent augmente , 25-30 nœuds. Cela devient chaud. C’est encore annoncé à forcir, on fait une super « aile de mouette » le long de la pointe et nous choisissons d’affaler le A4 tangonné pour faire place au A5 plus petit juste après l’empannage, car on se dit que le « peeling gybe » va très mal se terminer. Nouvelle manœuvre éclair de l’équipage, on voit que les entrainements payent, et nous voici lancés pleine balle dans le Détroit de Bass, 30-35 – et même 38 nœuds de vent sous A5 tangonné et une mer qui se forme progressivement mais sûrement. Ca fume !!!! les records de vitesse tombent au fur et à mesure que les tandems « barreurs régleurs » se remplacent . Boat Speed, 17, 18 , 17 , 19, etc. Michel nous sort même un 20,2 nœuds !! Sacrés planchistes!!! Tout l’équipage est à l’arrière pour éviter l’enfournement, en tenue de combat, gilets, harnais et balises sur soi. La nuit s’annonce très tonique mais il faut absolument tenir, on a clairement une carte à jouer pour faire le break. Concentration Maximale dans cette nuit noire, on s’arrache malgré un bras de spi qui lâche, puis une amure, une machoire de tangon et même un mousqueton tylaska de drisse qui s’ouvre en pleine charge... On sauve miraculeusement le A5 à chaque fois qui ressort de son sac dés que possible .

J+2 , l’équipage est rincé à tous les sens du terme de cette nuit incroyable mais je leur redonne le sourire avec l’annonce des classements en distance au but. En IRC 4, personne n’a suivi notre trajectoire ni notre rythme et nous avons maintenant 40 milles d’avance sur le second et 100 milles sur Azzuro. Nous sommes d’ailleurs loin devant tous les IRC3 en temps réel !!! La route est cependant encore longue car aujourd’hui le front doit nous passer dessus dans l’après midi. Bientôt terminé le Tasman Express. Téléchargement des derniers gribs, cartes Iso, routages par centaines, on scrute l’horizon en attendant une grosse masse nuageuse. Rien à part quelques petits nuages. Les gribs annoncent un renforcement de Nord avant son passage. Le vent ne fait que mollir, bizarre. Au final, le front quasi invisible nous passe dessus et nous voici au près presque subitement. On galère un peu avec des génois qui déralinguent, on bricole et ça y est 70 milles de près au programme en 3ème nuit. Dans une ambiance glaciale « mais il fait – 8000°C là !?!? », surtout pour les Calédoniens, ça ressemble effectivement à une traversée de la Manche par 30 nœuds de Nord-Est au mois de mars. Nuit très dure au rappel, mais aussi pour les barreurs qui sont tous un peu cramés. Du coup, Les régleurs de GV avaient pour mission d’alerter les écarts de route de leur barreur qui s’endormait quelques secondes. Il faut tenir.

J+3 , la Tasmanie est en vue et le vent s’écroule. On se bagarre dans 5 petits nœuds de vent pour gagner la côte et si possible accrocher les brises thermiques. Génois light, FR0, S2 , ça manœuvre encore et toujours. Tout dans le ciel est réuni pour que cela parte en brise thermique , on patiente. Finalement, on assiste à un combat entre les 2 vents et on passe notre temps à courir après « le nouveau vent ». On stresse beaucoup car les vitesses de nos concurrents sont bien plus élevées que la notre et ils reviennent forts, notamment Dorade qui est annoncé en tête en temps compensé. Mais le Synoptique prend finalement le dessus et 15 bons noeuds libérateurs descendent des collines et nous propulsent vers la ligne d’arrivée. Les écarts sont maintenant trop importants pour craindre de perdre la course. Comme il y a 2 ans , ambiance de folie sur les quais à Hobart. Retrouvailles avec les familles, Champagne pour l’équipage, on est fiers de nous !! Et comme il y a 2 ans , de nombreux regards se tournent à nouveau sur ce bateau fabriqué à l’autre bout du monde, aux multiples astuces « tipycally french spirit » et surtout bien trop petit par rapport aux autres bateaux déjà arrivés …

Au nom de toute l’équipe , un grand merci à Michel pour avoir concocté cette équipage aussi complémentaire que complice mais aussi de nous avoir permis d’être au départ de cette grande épreuve de renommée internationale dans de si belles conditions . Merci également à nos nombreux supporters (familles et amis ) venus sur les pontons au départ et à l’arrivée . Merci au JPK 1080 Dream Pearls pour le prêt du Jib Top . Et enfin un grand merci à tous les partenaires du projet « LEON » qui a encore devant lui de longues et belles histoires à raconter !! Vivement la prochaine !!
Alex


L’EQUIPAGE :
- Michel QUINTIN « Miiiiitcheeeelll Qwwouuuiiiiinnntiiiiiiinnnn !!!! » , barreur , LE BOSS
- Yann RIGAL , « le Tahitien », N°1 et média-man
- Jean-Charles FOSSEY, « Jean-Claude » n°2 et responsable vidéo
- Mathieu VIVIEN , « le mec qui boit de l’eau de mer » , piano, régleur
- Jéremy PICOT , « Le jeune (autres surnoms censurés ) » , régleur , responsable du rangement
- Cédric BOUCHET , « l’ami de JBW » , régleur – barreur , responsable BLU
- Jean-Marie DAURIS , «JM » , performeur , GV , barreur , vérificateur, régleur
- Alexis LOISON , « le métropolitain » , navigateur et barreur



Rolex Sydney Sydney Hobart 2017

Bravo à Michel Quintin et son team vainqueur dans leur classe

Menée tambour battant (record de l'épreuve pulvérisée) BNC le JPK 1080 ex-Léon a dominé sa classe pour terminer comme en 2015 1er de l'IRC 4.

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38 eme Overall sur 102 bateaux alors que "Banque de Nouvelle Calédonie" était le 3ème plus petit bateau de la flotte .
Alexis Loison, le navigateur, a géré la "nav" à merveille et mis le curseur au bon endroit pour attaquer très fort les 2 premiers jours avec du portant bien venté.
30 nds de vent moyen, 40 nds dans les claques il fallait tenir le rythme dans des surfs à plus de 20 nds. Le 3600 "Mister lucky" n'a pas réussi à tenir la cadence et c'est avec une belle marge que Michel et ses gars ont raflé la mise s'offrant même le luxe de battre tous les IRC 3.
Après la victoire de classe dans le Fastnet puis l'overall dans la Middle Sea Race et enfin la Sydney Hobart dans sa classe, le JPK 1080 a réussi son "grand chelem" 2017 !



JPK 1180

Une nouvelle étape de franchit dans le projet 1180 et une vraie fierté avec le démoulage mercredi 13 Décembre de la coque et du pont du n°1.

Ca fait vraiment du bien car le chemin est long entre les 1ers échanges avec Jacques, l'architecte, pour définir le dessin puis la confection des modèles , des moules et enfin des différentes pièces qui vont constituer le 1er bateau.

Démoulage coque n°1 JPK 1180
Démoulage coque n°1 JPK 1180

Un véritable travail d'équipe entre les modeleurs (qui ont consacré une demi année sur l'outillage), les stratifieurs pour les moules puis les équipes habituelles pour la construction proprement dite du bateau.
Les pièces sont belles et le bateau aura clairement une "sacrée gueule" !
Jacques Valer a le sourire et c'est bon signe !
Le compte à rebours est enclenché pour mettre le bateau à flot fin Janvier 2018 et attaquer les 1ers entrainements dès le début d'année.
Gery Trentesaux et toute l'équipe menée par françois Lamiot attendent leur nouveau jouet mais il arrivera après noël !!



ROLEX MIDDLE SEA RACE 2017

Victoire Overall de "Bogatyr" le JPK 1080 d'Igor Rytov avec son équipage russe mené par Yvan Sharapov.

Les conditions dures et variées de la Middle Sea Race 2017 ont favorisé la polyvalence du JPK 1080 et la solidité de l'équipage russe.

L'équipage de "Bogatyr" JPK 1080
L'équipage de "Bogatyr" JPK 1080

Après un début de course dans du vent très léger où il fallait s'extirper des zones molles pour aller chercher le Mistral annoncé et attaquer la 2ème partie de course avec un angle favorable, "Bogatyr" a magnifiquement "joué le coup" en investissant dans une option nord payante à long terme.
Longtemps les gros ratings comme "Teasing machine" semblaient en mesure de gagner l'overall mais l'équipage de Bogatyr n'a jamais soufflé et toujours imprimé un rythme fou à leur course. Pour la plupart issu de la voile légère en Melges 20 où ils naviguent à un très bon niveau international, le jeune équipage de "Bogatyr " a vite progressé en course au large depuis 2 ans sur leur JPK 1080. Déjà bien placé au Fastnet cette année, ils ont réalisé un bel exploit en Méditerranée pour déjouer tous les pièges et venir coiffer le Swann 53 "Music" leader encore quelques heures avant l'arrivée.
Bravo "Bogatyr"

C'est magnifique !


Document à télécharger :
     [pdf] Results (172,94 ko)
Igor Rytov's Russian-crewed JPK 1080 Bogatyr at the start of the 2017 Rolex Middle Sea Race
Igor Rytov's Russian-crewed JPK 1080 Bogatyr at the start of the 2017 Rolex Middle Sea Race


Quadrasolo Méditerranée 2017 - 25 août au 1er septembre 2017

Victoire des JPK 1010 en solo d'"Expresso 2" de Guy Claeys et en double de "Léon IV- Art Immobilier Construction" de Daniel Dupont et Sandrine Revil - Bravo !

7 jours de course en double racontés par Sandrine :

 

"Ça commence fort :

1er jour en rade de Marseille
2 manches, parcours banane, distance du bord de près …1MN ! Peu de vent sur la 1ere course, 15 nœuds sur la seconde, les manœuvres s’enchainent et les coureurs rentrent heureux mais déjà…fatigués ! Guy Claeys, sur son JPK 1010 Expresso 2 termine 5ème puis 1er ; pour nous (Daniel Dupont et Sandrine Revil), sur le JPK 1010 Léon IV-Art Immobilier Construction, ce sera une place de 2 puis une de 7. Chez les duos, le JPK 1010 de Michel Pelegrin prend la tête de la course.

2ème jour : Marseille / Port St Louis du Rhône
Encore une journée de petit temps et de grosse chaleur. Les 2 JPK terminent second dans leur groupe respectif, après un peu plus de 4h de patience, de réglages fins, de concentration et de réflexion quant aux choix tactiques à faire.

Les 3ème et 4ème jours nous emmènent à Porquerolles
Pour changer, journée et nuit de petit temps. Soleil de plomb. Un peu plus de 15h sous spi, le nez en l’air – aïe le cou !-Le JPK solo rase les iles de la rade de Marseille, nous faisons route «au large», en tous cas très au vent de la flotte. Alors que le soleil s’enfonce dans l’horizon, et que nous nous enfonçons dans la nuit montante, nous passons la porte des Embiez en tête de notre groupe. La nuit permettra aux risées et bulles sans vent de jouer à cache-cache, et bizarrement nous dénicherons plus souvent les secondes… En ajoutant une erreur tactique, nous voilà relégué à la 5ème place en compensé, à l’arrivée au petit matin.
Toujours 4ème au classement général mené par "Ar Wech All", le JPK de Michel. L’étape magnifique et reposante que constitue Porquerolles ne nous enlève pas l’envie de repartir. Nous n’avons qu’une hâte, prendre un nouveau départ et en découdre.

5ème jour, départ pour la Seyne/mer
Le départ nous amène à fermer la porte au comité au bateau de Michel, en tête du classement. Il nous le rendra bien à la bouée de dégagement en nous envoyant nous balader du côté du pointeur (!), ajoutons une erreur tactique durant le bord, partis 1er, nous voilà quasi dernier ! Au moins on ne va pas s’ennuyer, tout est à refaire. Nous restons côté large, sous génois, code zéro puis spi. Après un long travail de glisse nous passons la porte de l’île Verte en tête, porte qui sera finalement l’arrivée. Nous sommes 2nd en compensé.

6ème jour : en route pour Marseille
Décidément belle organisation! En plus des nombreux apéros, repas, petit déj prévus tout au long de la semaine, voici le spectacle d’une opération militaire : avions en tous genres, hélicoptères, bâtiments militaires…et même un sous-marin. Le départ est donné dans un vent faible qui ne cesse de forcir. Encore un beau et bon départ pour nous. Nous sommes devant, la flotte s’aligne. Le vent monte, c’est du près, j’affectionne cette allure à la barre et Daniel nous règle le bateau d’une main de maître. Cap et vitesse. L’écart se creuse autant que la mer. Dans la blancheur des vagues nous avons un peu de mal à trouver la petite vedette blanche du comité d’arrivée !
Les 2 JPK gagnent, chez les solos et les duos. Toujours 4ème au général mais les bateaux se tiennent à moins de 3 points.

7ème et dernier jour
Côtier en rade de Marseille, 15 à 20 nœuds. Partir vite et bien, tout un programme. Nous savons qu’il faut réussir le départ, puis le reste. En préparant les bateaux le matin, j’échange avec Guy. Le (bon) stress est là.
Départ des solos. Le JPK 1010 de Guy joue la 1ere place. Il part bien mais tarde à renvoyer à notre gout. Qu’à cela ne tienne, ces bateaux sont rapides dans ce temps. A nous de jouer, comme d’habitude je suis à a barre, Daniel aux réglages et à la manœuvre. Nous échangeons dans les minutes puis les secondes qui précèdent le top. Départ réussi ! La flotte renvoie, nous aussi, la flotte s’aligne. Une fois de plus les réglages de Daniel font merveille. Chacun à son poste, communication et confiance nous emmènent à l’arrivée en tête ; Guy gagne de son côté.
C’est ainsi que ce beau bateau qu’est le JPK 10.10, simple et efficace, toujours bien dans ses lignes, rapide, remporte la Quadrasolo chez les duos et les solos au terme de 7 jours de course le long du littoral méditerranéen.

Actuellement, le championnat de Méditerranée double IRC est mené par 3 JPK 1010 :
1er : Léon IV- Art Immobilier Construction (suite à nos 2 podiums : 3ème sur la duo max (Marseille/Rosas/Barcelone) et 1er sur la Quadrasolo,
2ème : Expresso 2 de Guy Claeys
3ème : JPK 1010 Hathor 5 de P.Van Gaver.
Nous ne pourrons malheureusement pas participer à la dernière manche de ce championnat.



FASTNET 2017. Toujours intéressant les courses "vu de l'intérieur"

Pascal Loison nous raconte sa course disputée avec son fils Alexis .

Personne n'oubliera la victoire "overall" du terrible duo sur l'édition 2013. Un exploit incroyable salué à l'époque par une standing ovation de plusieurs minutes à la remise des prix.

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Le Fastnet est une épreuve incontournable dans la famille Loison qui revient tous les 2 ans montrer qui sont les patrons de la course.
Cette année encore la trajectoire a été parfaite et, côté navigation, ils ont une nouvelle fois réalisé un "sans faute" qui ne doit rien au hasard.
1er overall au passage du "caillou" après une remontée 100% au près pourtant plus favorable au gros ratings, le scénario de 2013 aurait presque pû être réédité  On retiendra la victoire en double, la victoire en IRC 4 face aux équipages et la victoire en IRC 3 si le fameux JPK 1010 "Night and day" s'était inscrit dans cette classe !

 

Fastnet 2017 ; Pascal et Alexis LOISON

Nous étions motivés ; en 2015 un J 105 anglais, Jester, avait gagné la catégorie « two handed » au Fastnet , en nous battant de 14 secondes en temps compensé ; la pilule était amère, cette catégorie double on l’avait gagnée en 2005 avec un autre J105 et en 2013 avec « Night and Day » , JPK 1010 construit quasiment exprès pour ça et qui avait tellement bien marché en 2013 qu’on avait gagné la Rolex ; le double , on aime ça, on croit sincèrement qu’on peut , en course au large, aller aussi vite en double qu’en équipage complet et qu’au moins on n’inflige pas à des gens qui sont en général des amis le plaisir de rester des heures au rappel à prendre des paquets de mer et à ne faire que bien peu de manœuvres. La catégorie double du fastnet se développe d’année en année ; c’est manifestement dans l’air du temps et depuis qu’on participe aux courses du Rorc en double, c’est probablement un peu grâce à nous.
Du coup entre 2013 et 2015, par superstition, je n’avais rien changé sur le bateau, ni les voiles, ni le rating alors que les autres , manifestement, avaient évolué ; le J 105 Jester était par exemple gréé comme la reine d’Angleterre un jour de fête avec un code zéro qui « trainait par terre » et un rating qui avait certainement nécessité de nombreuses simulations . D’où une explication possible aux 14 secondes….
Entre 2015 et 2017 on a donc fait des modifications : d’abord un essai ( non concluant) de spi maxi asymétrique en 2016, puis une recoupe des voiles, un changement de safrans, un retour au spi symétrique et au tangon en 2017, en conservant le bout dehors plus court, qui permet ainsi de garder le code zéro « immense » qu’on avait fait faire en 2016 ; le souci de la préparation avait même été jusqu’à baisser le rating jusqu’à 1,003, limite supérieure de la classe IRC 4, ce qui permettait de partir 20 minutes avant les IRC 3 et donc d’avoir quelques chances supplémentaires de passer Portland avant la renverse. Si l’heure de départ avait été différente par rapport à l’heure de la renverse on aurait pu au contraire doper le rating jusqu’à 1,004, passer en IRC 3 et partir plus tard en comptant sur le fait que les IRC 4 ne passeraient pas Portland.
Ainsi équipés , au moment du départ, il y a plusieurs constats :
- On va faire du près ! Antoine, ingénieur-voyageur-chanteur-marchand de lunettes l’a bien dit : « quand on fait du près en croisière , c’est qu’on a fait une erreur de navigation » ; en regardant les fichiers, c’est clair, je réalise qu’on va tirer des bords du début jusqu’à l’Irlande et que je n’aurai jamais fait autant de louvoyage à la file ( 380 milles) ; je ne suis d’ailleurs pas certain qu’Alexis, bien que professionnel, l’avait déjà fait ; ça va être humide ! Mais ça tombe bien, on n’est pas en croisière, on est en course, et c’est quand même au près que c’est le plus intéressant.
- Les bateaux inscrits en double ont grossi : avant, avec un JPK 1010 on avait plutôt un gros bateau ; maintenant, il y a plusieurs JPK 1080, des Sunfast 3600, dont le redoutable Redshift avec Nick Cherry, quelques J 120 et 122, un First 50, et même un 50 pieds open dont le rating de 1,500 nous met plutôt en confiance mais qu’il va quand même être totalement impossible de contrôler ; il ne va certainement pas avoir les mêmes conditions de vent et de courant que nous. C’est finalement dans la catégorie « two-handed » , et de loin, qu’il y a le plus grand étalement des ratings et donc le plus de risque d’être victime de conditions avantageant des bateaux beaucoup plus rapides ou beaucoup plus lents.
- Dans l’autre catégorie où nous sommes inscrits, la catégorie IRC4 ( ce n’est pas l’objectif principal mais on regarde quand même), il y a beaucoup de dangereux JPK 1010, l’éternel Foggy Dew, 2eme overall en 2013, Cocody ( bretons du sud ayant reçu du renfort cherbourgeois avec Bruno James et Louis Marie Dussere) et plein de bateaux à qui on doit un peu de temps comme un Swan 44 ( !) et Winsome ( SS41 proto) à l’ami Harry qui a mis un mât carbone et qu’on a croisé dans les rues de Cowes tout content d’avoir fait un malheur à la semaine de Cowes ; il nous a dit que le bateau allait vraiment bien quand c’était « chippy »
- Il fait beau
On prend un bon départ, le bateau va bien, deux bateaux sont réellement impressionnants dans le Solent, le Swan et Winsome ; il va nettement plus vite que nous, ( c’est chippy), avec son rating de 0,990, ça ne nous fait pas rire du tout ; Les autres JPK 1010 vont vite aussi, c’est un peu normal, ils ont du monde au rappel, mais quand même . Cocody nous fait un peu mal au cap Saint Alban….. Et pour couronner le tout on ne va manifestement pas passer Portland avec la marée ; c’est d’ailleurs à Portland que va se jouer en partie cette course ; le vent est sud ouest, on tire des bords, faut il aller s’abriter du jus dans la baie de Weymouth et essayer de passer dans les cailloux ou au contraire aller au large où il y a moins de courant qu’au ras de la pointe ? Alexis hésite pas mal ; passer au ras de Portland a mauvaise réputation chez les figaristes ; c’est ce que dit de faire le routage mais parfois ces bêtes là racontent un peu n’importe quoi ; finalement une petite bascule momentanée nous fait opter pour la baie de Weymouth ; les autres ne suivent pas ; je suis presque certain que ça va passer, j’ai le souvenir de l’avoir fait vers 1982 avec un rush, en croisière ; on va trouver à l’est de la pointe un tourbillon de courant qui , au ras de la falaise de craie, nous pousse au sud vers la pointe ; ça marche ! au ras de la pointe on tombe sur 5 nœuds de courant contraire mais la direction du vent nous permettent de faire du plein ouest en débridant un peu, on est à 7 nœuds sur l’eau, 2 nœuds sur le fond, mais ça ne dure pas longtemps ; dès la pointe passée le courant faiblit et on sent « qu’il s’est passé quelque chose » que les copains sont derrière et que autour de nous il n’y a plus que quelques gros bateaux qui vont d’ailleurs très vite être en tête de leurs classes respectives ;
Après ça, il va se mettre à pleuvoir, à Star Point le courant est à nouveau contraire, au Lizard on va l’avoir dans le nez aussi ; évidemment dans la baie de Plymouth entre les 2, il y en a moins, et là il est favorable….. Les fichiers l’avaient dit : au Lizard ça va « être la foire » ; effectivement après la pluie il y a une grosse molle ; on attend un front avec une bascule au nord-ouest, le problème est qu’avant cette bascule il n’y a presque plus rien, ah si il y a 70 m de fond…. Pour mouiller ça va pas être simple ! On continue donc vers la côte à la fois pour aller plutôt vers la droite du plan d’eau, pour avoir la renverse de courant plus tôt, pour mouiller plus facilement en attendant cette renverse si le nord ouest se fait attendre ; l’AIS nous fait stresser un peu car plus au large, par moments, ils avancent bien avec l’ancien vent et on n’est pas très fiers ; et puis finalement le courant s’inverse, le bateau redémarre, le vent réalise enfin que la route pour le Fastnet ne va pas tarder à tourner vers le nord ouest et que s’il veut rester de face jusqu’au bout il faut qu’il tourne ! en attendant on se fait un petit coup de code zéro ( 3-4 milles) le long des falaises du Lizard ( on n’aura donc pas fait du près tout le temps) et on a eu le temps de voir que nos camarades en double sont plus au large et que le nouveau vent met du temps à aller jusqu’à eux; c’est une bonne nouvelle ! Le soleil est de nouveau là, ou plus exactement la pleine lune.
A lands End il y a les DST à éviter qui compliquent un peu les choix ; on choisit de monter plein nord, juste après Longships, dans la longue cheminée entre le cap et le DST « off Lands end » ; c’est logique vu les bascules annoncées, il reste que c’est un peu angoissant de laisser des bateaux faire d’autres choix, jusqu’à maintenant les fichiers ont été assez exacts mais le diable est parfois dans les détails ; ce qui est certain c’est qu’à la sortie de la cheminée, ça va faire mal. Mais à qui ?
Au petit jour on a retrouvé Foggy Dew 1 ou 2 milles derrière; le spectacle est superbe, les dauphins font des cabrioles, il y a des oscillations à exploiter en fonction des nuages, entre les nuages il y a du soleil et un air très clair, « spécial Nord ouest », la pleine lune un peu plus tard ; finalement le louvoyage en JPK c’est presque agréable ! La nuit suivante, tout d’un coup, pendant que les dauphins font des sillages phosphorescents du plus bel effet, ça sent la vache ! pas de doute, on arrive ! le phare est aperçu au lever du soleil, il faut faire attention, il y a de grosses molles qui tombent sur nous sans prévenir et on en repère quelques uns à l’AIS qui s’arrêtent tout d’un coup ; il faut rester vigilant ; un cameraman en hélico nous tourne autour, il insiste un peu, c’est bizarre. Le spi envoyé, on profite d’internet pour faire le point : surprise, on est premiers overall au Fastnet ; Foggy Dew est deuxième, tiens tiens, ça rappelle quelque chose tout ça même si en 2013 on n’était pas aussi bien à ce moment de la course ; cette première place , alors que la course s’est faite au louvoyage, dans le médium voire la brise, allure qui avantage traditionnellement les gros ratings, et qu’on a eu l’impression de passer quasiment toutes les pointes à contre courant est vraiment une surprise et nous donne un moral d’enfer.
La météo est moins enthousiasmante ; le vent faiblit, une molle arrive dans notre dos ; quelque part c’est une bonne nouvelle, pour l’IRC 4 ça devrait bien se passer ; nous sommes en tête en temps réel, les écarts devraient se creuser ; mais pour le double il y a Ajeto, le J 122 néerlandais, qui , passé 7 milles devant nous au Fastnet, risque de creuser fort l’écart et de sauver son rating ; quant à l’overall, c’est pareil, les gros sont partis avec le vent, un vent plus nord qui leur a permis de faire route directe et rapide, alors que nous repartons dans un vent nord-ouest qui va nous obliger à tirer des bords ; a posteriori on peut aussi remarquer que c’est la bascule au nord qui nous a permis d’optimiser notre louvoyage vers le Fastnet et explique pourquoi nous avons battu les gros ratings dans la montée au phare et pourquoi ils vont nous atomiser au retour ;
Donc l’overall on oublie et on se concentre sur le double pour limiter la casse avec Ajeto ; de 7 milles au Fastnet, son avance aux Scilly va passer à 35 milles ; aïe, si ça continue ainsi il va passer le Lizard avec le jus favorable et nous ? eh ben pas nous, les routages nous annoncent au Lizard avec la renverse défavorable effectuée . Hum…. Ça sent le roussi ! Heureusement on a l’A5 ; cette voile qu’on envoyait sur le delphinière en 2013 nous avait permis de doubler Foggy Dew en mer d’Irlande et de gagner ; elle va à nouveau nous sauver la mise ; maintenant on l’envoie sur le bout dehors, elle fait moins lofer le bateau, on arrive à tenir celui-ci plus loin, plus vite, on va à plusieurs reprises entre les Scilly et l’arrivée la mettre , revenir sous génois, etc…. Quand on la met, on va plus vite que les Sun Fast 3600 qu’on côtoie, quand nous sommes contraints de repasser sous génois, fort logiquement ils vont nettement plus vite que nous ; ils essayent par moments des codes zéros, des spis asymétriques plus creux, c’est intéressant à voir mais ça ne marche pas aussi bien que notre A5 . Les dauphins aiment bien l’A5 aussi. Bref on arrive au Lizard juste à la renverse, un dernier petit café pour ne pas s’endormir et c’est gagné ! Nous avons droit à l’arrivée aux deux coups de canon libérateurs, l’un pour l’IRC 4, l’autre pour le « two-handed » et on vérifie qu’aucun plus petit bateau ne nous a détrônés de la première place overall au phare. On aurait gagné l’IRC 3 aussi si on avait choisi cette catégorie.
On a donc bien mérité notre Ti Punch ; seule entorse à la chasse au poids j’avais emporté un citron vert et le pilon « carbone » qui permet de l’écraser avec les morceaux de sucre roux ; ça vaut bien la potion magique, malheureusement cela ne donne aucune force surhumaine pour garer le bateau dans la marina…. ….……



Jeudi 7 septembre, démoulage de la préforme de pont du JPK 1180

Le moule est parfait et va être traité en cirage avant le gelcoatage du 1er pont et le début du drappage avant l'infusion.

La préforme va être désormais détruite après le traçage des cloisons et le moulage des gabarits d'accastillage.
Le planning est respecté pour la mise à l'eau du 1er exemplaire en fin d'année.

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ROLEX FASTNET RACE 2017 - Il ne manque que l'Overall !

Magnifique résultat cette année encore pour les JPK sur le Fastnet 2017 avec les victoires en IRC double , un doublé en IRC 3 et un triplé en IRC 4 !

Grand favori des doubles au départ de Cowes, "Night and day" mené par les Loison père et fils n'a laissé aucune chance aux autres duos.

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Pascal est un fin navigateur et Alexis, top figariste, est capable de tenir un rythme intense sur la durée avec un sens aigu du placement et de la stratégie.
Seule la météo favorable aux gros bateaux les prive de jouer cette année encore pour le classement "overall". En terminant devant bon nombre des IRC 3, le tandem a survolé également la catégorie IRC 4 où ils devancent avec une marge insolente un autre "sérieux client" de l'IRC 4, Noel Racine sur "Foggy Dew".
Les écarts faits à ce moment de la course n'ont fait que se gonfler au fil de la course, la pression favorisant systématiquement ceux de devant.
3eme après justement une erreur de navigation sur la 1ere partie de course, "Cocody" skippé par Richard Fromentin , a travaillé dur pour revenir dans le match et atteindre un podium bien mérité !

En IRC 3, on attendait le match entre les JPK 1080 et notamment entre les favoris "Time line" et surtout "Dream Pearl" 2eme overall du dernier Fastnet. Le match a bien eu lieu mais avec un scénario véritablement hitchcockien !
1m30 d'écart à l'arrivée au profit de "Dream Pearl" malgré la domination tout au long de la course de "Timeline" qui avait bien mieux géré son début de course  Marc Alperovitch et son équipe rodée aux courses en Manche n'a pas raté son rendez vous et n'a franchement rien à se reprocher ! Il aura simplement manqué le poil de réussite ou le point de rating pour sauver en compensé la 1ere place.
De son côté, "Dream Pearl longtemps distancé et pointé 5eme à un moment dans sa classe est revenu petit à petit dans le match à force de travail et de constance.
Chapeau ! Le travail sur le rating aura beaucoup joué et les 5 points de rating d'écart avec "Timeline" permet ce finish "sur le fil".
Bravo aux équipages des 2 bateaux qui ont bagarré au meilleur niveau.

Pour finir un grand Bravo à Didier Gaudoux qui vient de remporter l'Overall sur "Lannael" son proto de 39 pieds qui attendait "ses"  conditions pour enfin s'exprimer . C'est fait et bien fait !



Clap de fin 1ère étape Lorient-Madère - Transquadra 2017/2018

Une semaine après l'arrivée à Madère de la 1ère étape de la Transquadra , il est temps de "débriefer"!

Pascal Chombart de Lauwe et Fabrice Sorin les heureux vainqueurs en double en temps compensé sur "Ogic" JPK 1010.

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Le format de la course en 2 étapes séparées de 6 mois est assez singulier et au final c'est un peu 2 courses différentes avec un cumul final des temps aux Antilles. Cette étape Lorient/ Madère est toujours très riche et intéressante avec la traversée du Golfe de Gascogne, la négociation du cap Finisterre et en général le déroulé final jusqu'à Madère.


A 3 jours près nous partions au près dans du vent soutenu (face au Beepox je n'aurais pas dit non !) mais c'est au portant médium + que le 1er tronçon a été avalé. La négociation du passage du cap Finisterre et surtout le choix de passer à l'intérieur ou à l'extérieur du DST (zone de traffic maritime intense interdite aux voiliers) a conditionné beaucoup de choses et a surtout établi une hiérarchie en tête de flotte. Clairement, ca passait à l'intérieur même s'il fallait accepter une zone de transition un peu ingrate entre le vent mollissant sur certaines zones et son orientation dans le nez. En solo, Alexandre Ozon sur son Beepox à quelques milles devant moi, mais invisible pour cause de panne de balise, a vite estimé que le "grand tour" par l'ouest du DST n'avait pas grand sens car rien n'indiquait de façon formelle que le vent y serait plus soutenu et mieux orienté. En revanche que la route était rallongée de 15/20 milles ça oui cela était clair dans le calcul. Dans le même état d'esprit et malgré une panne de fichier à ce moment sensible, j'ai opté pour la même stratégie. Alex a mieux exploité un couloir de vent plus écarté de la terre et avec mes positions a habilement négocié ce passage délicat. La course va se jouer en grande partie là autant chez les solos que chez les doubles. 100% des bateaux très bien classés à Madère auront opté pour "l'intérieur ".
Si devant le Beepox mange son pain blanc en touchant le nouveau vent très tôt avec en prime un angle idéal au largue pour viser Madère (de mon côté, j'ai poussé le bord assez loin dans l'ouest sous le DST pour toucher tôt la bascule ouest) , il n'en va pas de même pour les partisans du "grand tour". Parmi les favoris, au départ LS Resta le 1080 d'Olivier Burgaud et Louis Lagadec auront été les extrêmes ouest et donc les plus grands perdants. Dans une moindre mesure, "Bouznik'" le 1080 de François Valraud et Daniel Peponnet perdra lui aussi toutes chances de podium sur ce choix de tangenter mais par le Nord Ouest le DST s'appuyant sur quantité de routages en mailles fines !
Par l'intérieur, le 1080 "Agence directe" de Francois-René Carluer et Gwenael Roth auteur d'un début de course parfait et en navigation à vue la veille avec "Bouznik'" va coller plus de 20 milles aux malheureux sur le choix de l'option.
Tout proche en temps réel malgré sa petite taille, "Ogic" le JPK 1010 de Fabrice Sorin et Pascal Chombart de Lowe mène un train d'enfer et se retrouve 4ème en réel.
Parmi les grands favoris de la course après un début de saison en fanfare le redoutable duo ne fera aucune faute autant sur la conduite à 100% du bateau que sur la stratégie.
A la sortie du DST un pré classement s'établit et il ne va plus varier beaucoup jusqu'à la fin.
En solo, Alex fait corps avec sa redoutable machine, un Beepox de 15 ans d'âge qu'il connaît de la tête de mât au bulbe de quille. Ultra léger, ultra planant mené toujours à 100% par Alex toujours à la barre et de plus intraçable car non repéré sur les balises, il ne me laissera aucune chance ! J'étais pourtant satisfait de ma course et de ma trajectoire .
En terminant 1er et 2eme scratch devant tous les doubles, je pense qu'on a prouvé avec Alex que nous naviguions à fond tout le temps et que du match il risque d'y en avoir jusqu'à l'arrivée au Marin.
Les autres solos JPK 1010 "maison", Loulou Dussere sur "Raging Bee", Stephane Bodin sur "Enertek" et Jean-François Hamon sur "Charline" se sont tirés une bourre mémorable. Tous situés à l'extérieur du DST, ils ont tous perdu de précieux milles par rapport au "groupe de terre".
A l'arrivée, Stéphane termine 1 h devant Loulou un peu dépité avec pas mal de petites casses sur le bateau.
En solo et à part l'extraterrestre "Ozon" c'est un joli carton JPK avec 5 bateaux dans les 6 premiers, Ludovic Melnyk complétant avec son JPK 960 "Sous mama" ce joli tir groupé.
En double, "Agence directe" collé dans mon tableau AR à Finisterre aura tout essayé pour me passer mais non ! En tous cas, cela nous aura permis de mener à fond nos 1080 et de faire de l'écart derrière. En double, Francois-René et Gwenael terminent 1er en réel mais pour 15 mn se font battre en compensé par "Ogic" auteur d'un sans-faute .
3eme en réel "Bouznik'" va payer cher son option ext DST sur le compensé .
Les "petits ratings' ne sont pas très loin et c'est un A31 "Taigan" qui monte sur le podium devant "Alkaid " le JPK 1010 de Gérard Quenot et Jérôme Alpoda vainqueur de la Transquadra 2012 et de retour "aux affaires "!
Sur "Shaitan" le 1080 de Jean-Eudes Renier et Patrick Baune absent des relevés de balises durant toute la course, on aura connu une belle frayeur lorsque Patrick accroché en haut du mât pour défaire un vilain "cocotier" s'est vu voltiger après 2 empannages involontaires ! 2 heures plus tard, les 2 amis épuisés décideront de faire quelques heures sous GV seule pour récupérer des forces ! Venu d'Allemagne, "Frida" le dernier 1080 engagé se place honorablement pour ce sympathique duo composé de Tim Berhendt et Andreas Buchheim.
Heureux également, Jacques Amedeo et Brice Tailliandier sur le JPK 110 "Sephora". Une trajectoire impeccable et un rythme soutenu pour une magnifique place à l'arrivée. Bravo Jacques, tu te bonifies année après année ! En belle progression également, le JPK 1010 "El Soplo" de Daniel Robin et Jacques Rigalleau revient sur la transquadra. Entrainement avec le figariste Benjamin Dutreux, séquences de navigation tout l'hiver, le travail paye...

Dans la famille JPK, mention spéciale au JPK 38 "Avance au large". Jean-Bernard et Claire Palthey qui fêtait leur 20 ans de mariage en s'offrant une Transquadra sur leur JPK 38 de croisière.
Clin d'œil également avec le 1er JPK mis à l'eau en 2003 présent sur la course. Hugues Le Cardinal aura mené à bon port son JPK 960 "Mascarade" anciennement "Léon" " Léonardo" "Forget me not". Du côté des sudistes, le JPK 1010 Jubilations Corse d'Arnaud Vuillemin accompagné de Grégoire Bezie monte sur la 3ème marche du podium méditerranéen... Difficile de citer tout le monde ! Une chose est sûre; chacun a vécu sa course avec passion.

A terre, certains se sont aussi brillamment illustrés comme François Valraud notre interprète portugais (langue assimilée en 3 jours !) ou Olivier Burgaud qui trouvait là un terrain propice à la revanche ...  Bref du sport sur l'eau, de l'ambiance à terre , en un mot le bonheur !
Moins drôle, les bateaux sont désormais au sec sous l'aéroport de Madère à nous attendre jusqu'en janvier prochain.

Il va falloir vivre sans nos bateaux pendant 6 mois ! Bravo et merci à tous !

Jean-Pierre Kelbert



La flotte JPK sur le ponton Transquadra à Lorient

"A bord de Léon" Les news de Jean-Pierre Kelbert à suivre dans la rubrique TRANSQUADRA

Un grand merci à tous nos coureurs JPK 960, 38 FC,1010, 110 et 1080 au départ de la Transquadra 2017-2018 Lorient-Madère-La Martinique

JPK 1080 de JP Kelbert
JPK 1080 de JP Kelbert

"Have a great race
Stay Safe, Sail Fast"


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