Throughout the Cap Martinique, a transatlantic race from La Trinité-sur-Mer to Fort-de-France, Jean-Pierre regularly sent us short, light-hearted notes recounting his solo adventures aboard the JPK 1050 ‘PERSAIVERT’: fishnets caught in the keel, a dead calm off Finisterre, a battle against the Sargassum and the pursuit of the formidable Alex Ozon… Here they are all compiled in the form of a diary. Enjoy reading!
Lundi 21 avril
Day 1 — Full throttle to Spain
Hello everyone,
Tout va bien à bord même si j'ai quelques galères… Ma pile ne déclenche pas, et surtout tous mes afficheurs sont black-out dehors ! Ça c'est galère.
Sinon, on a bien tartiné cette nuit avec Alex sous code 0 jusqu'à 28/30 nœuds, puis roulage chaud mais la voile est intacte et à bord ! Les trois dernières heures avant le passage de BXA, on a roulé pour finir sous génois, et j'ai réussi à dormir un peu.
À BXA j'ai envoyé mon plus petit spi car ils annoncent cartouche, mais pour l'instant je suis à la peine, sous toilé, et le Pogo m'a déboîté. Rageant !
J'ai envoyé un message à Quentin mais j'ai de sérieux doutes sur les afficheurs dehors, les boules car c'est déjà arrivé et ils n'ont rien trouvé. Je comprends que ça merde quand y'a beaucoup d'eau sur le pont… mais c'est fréquent !
Otherwise, everything is fine…
— JP
Mardi 22 avril
Day 2 — Crime scene on board
Hello everyone,
Avant le départ, quand on me demande si je fais une prépa mentale, je réponds juste que je me « prépare à tout », car d'évidence, on fait le max pour être archi-prêts, mais dès le départ on rentre dans l'inconnu, c'est l'aventure.
Right now, the weather has caught us out a bit, and we’ve had to find the right balance to go fast without breaking anything.
Après la première nuit rapide mais assez facile, le vent est vite rentré, et après BXA, j'ai fait le choix d'envoyer mon petit A5 (le string comme l'appelle Alex !), en prévision du vent qui devait rentrer très fort quelques heures plus tard.
Côté perf, j'étais un peu frustré au début du bord avec l'impression d'être « collé », mais quelques heures plus tard j'étais content; car au-delà du vent, la mer était forte, croisée, avec des vagues raides compliquées à gérer quand le bateau est à fond en surf (dont deux fois à plus de 20 nds dans la descente)…
Après ce long bord tribord, il faut empanner pour aller vers le cap Ortegal que je vise en waypoint. Dans 25/28 nds en solo, il faut bien décomposer la manœuvre, mais tout se passe bien, et nous voilà repartis « plein gadin » en bâbord amure.
Le temps de caler le pilote et les réglages de spi, le bateau fait sa vie, et moi je m'accroche dedans car ça secoue !
À un moment, le bateau part brutalement au lof et je saute sur la barre. Je choque en grand le spi et essaye de le ramener sur le cap, mais rien à faire, je ne comprends pas, jusqu'au moment où je vois quatre grosses bouées tractées derrière… Merde ! J'ai attrapé une ligne de casiers ou un filet dans la quille !
C'est le début des emmerdes. Bref, j'essaye tout en commençant par affaler le pépin, ce qui est déjà très chaud car le bateau est au travers dans 30 nds de vent.
En récupérant le spi chaluté, je perds un bout de peau sur le pouce et je pisse le sang comme un goret, y'en a partout. J'y arrive pas : gaffe, couteau, mais les lignes sont ultra tendues, c'est dangereux.
I end up lowering everything, mainsail and genoa included, and there, facing the wind, the boat breaks free and I let out a cry of joy! I furl my spinnaker and get the boat moving again. We’re going to have to push hard to catch up with the leaders…
Une fois le bateau reparti, je m'occupe de ma plaie et je m'allonge car je suis totalement cramé, j'ai dépensé un jus énorme.
Côté course, ça bagarre fort, et l'arrivée sur l'Espagne n'est pas évidente. J'ai pris l'option sud à terre (avec Ose) et ça semble payant.
Là, j'ai 10 nds de vent et du soleil, c'est trop bon. À 40 mn j'ai le cap Ortegal où le vent va tourner, forcir, puis mollir. Encore deux jours complexes avant de toucher l'alizé portugais, et il sera alors temps de regarder les écarts.
L'aventure continue…
— JP
Mercredi 23 avril à 17:13
J3 — Pétole à Finisterre…
Hello everyone,
We’re leaving the wind behind…
After our lovely run across the Bay of Biscay, it’s time for erratic gusts and a battle of nerves!
Après avoir longé le cap Ortegal et les côtes galiciennes jusqu'à la tombée du jour dans des conditions magnifiques, le milieu de nuit nous a vu buter dans une zone de grand calme difficile à évaluer. Aruba (Pogo RC) et Léon (JPK 1050) sont restés un peu proches de la terre, quand OSE (JPK 1050) a toujours navigué plus au large. Cette option était la bonne, car au petit matin, Éric et Max avaient repris le leadership au Pogo RC Aruba.
De mon côté, j'ai limité la casse, mais c'était clairement usant pour les nerfs, car à 100 mètres près, on restait collés ou on partait avec un micro souffle. Au lever du jour, la mer est d'huile et les bateaux sont posés. Les prévisions sont pessimistes : il va falloir attendre 15 h que le thermique se lève. Entre 8 h et 12 h, j'ai réussi à me faufiler dans quelques veines de vent pour revenir au contact d'Alex sur Léon et sur Laudato, donc je suis content.
La suite, c'est arrêt buffet complet pendant 3 heures, les voiles qui claquent… On reste en dérive pendant 2 heures et j'en profite pour faire une petite sieste. Quand je me réveille, ils sont déjà repartis d'un mille ou deux, quel âne !
Le thermique rentre doucement, mais ça part chez eux avant moi, l'élastique se tend, et là, je cravache dans 10 nds de vent sous spi pour ne pas les laisser s'échapper. De toute façon, cette nuit, ça va de nouveau pétoler et peut-être qu'il y aura un petit regroupement. Donc tout va bien à bord de PERSAIVERT, mais ce n'est pas facile de trouver des conditions faciles et stables pour dormir ! J'essaye de recaler une certaine normalité avec des œufs au bacon ce matin et un frais rasage cet après-midi.
Have a good evening, friends,
— JP
Jeudi 24 avril à 23:24
J4 — Petit décalage deviendra grand…
Eh bien les amis, je pense avoir fait le coup de trop dans mon décalage un peu extérieur aujourd'hui…
Clairement, toute la journée, ce décalage m'a permis de revenir aux avant-postes avec une bonne carbu et une veine de vent intéressante plus au large. Les routages prévenaient d'une transition à risque avec l'arrivée du vent thermique. Il fallait donc choisir le bon moment pour revenir vers la terre et accepter de contre-border deux heures dans un vent adonnant sur l'autre bord. Il fallait capitaliser les milles, gagner sans être trop gourmand !
Laudato [JPK 1050 de Régis et Clémence Vian], que j'avais bien déposé, est reparti un peu plus tôt que moi en tribord quand j'attendais un franc refus… qui au final est arrivé, mais n'aura pas tenu longtemps avec l'arrivée de la totale pétole, et bien plus tard, du nouveau vent du large.
Je suis resté longtemps dans cette zone de transition sans aucun échappatoire pour constater que les copains avaient retrouvé de la pression et tendaient de nouveau l'élastique. Double peine, car dans cette position, ma trajectoire pour mettre le cap sur Lisbonne est moins ventilée. Il est 23 heures et je dois réempanner, travers à la route, pour éviter de naviguer parallèle à cette zone de vent sans vraiment en profiter.
Donc je ne suis pas très fier de moi, car ce matin je me disais qu'il ne fallait pas rater le train et c'est sans doute ce qui vient d'arriver. La route est longue et je vais guetter les ouvertures…
Alex, I won’t leave you in peace!
— JP
Vendredi 25 avril à 23:58
J5 — Attendez-moi les copains !
C'était la journée rêvée pour faire du bateau, et qui plus est en croisière où le seul enjeu est de se faire plaisir et de jouir du bonheur d'être sur l'eau. En course, les enjeux sont différents, et on préfère naviguer devant sous la pluie que derrière sous le soleil, l'idéal étant de naviguer devant et dans les conditions rêvées, on est pas des sauvages !
De fait, j'ai passé la journée dans un état d'émerveillement et de frustration, émerveillement de cette beauté folle et frustration de voir inéluctablement le « club des 5 » créer de l'écart à chaque pointage. C'est sans doute là que se manifeste l'esprit de compétition, où les choses sont vécues avec une totale intensité pour, sitôt l'arrivée franchie, ne plus avoir aucune importance.
L'explication de cette perte de milles aujourd'hui révèle à quel point ces nouveaux bateaux planants sont sensibles : avec 13 nds, ils ne planent pas, avec 15 nds, ils planent sur le bon angle. Piégé 20 milles en parallèle du groupe de tête, j'ai dû attendre 16 h pour avoir ce seuil de vent minimum et pouvoir enfin pousser la machine, avec en soirée des pointes au delà de 17 nds. Mais l'hémorragie de milles à bien eu lieu, et il va falloir charbonner ! Le bord est encore long jusqu'à Madère qu'on atteindra lundi en milieu de journée.
La question suivante concerne la trajectoire, Nord ou Sud, pour rejoindre les Antilles. L'alizé est faible et positionné très bas, ce qui oblige à une belle rallonge de route, presque à toucher le Cap Vert ! L'autre route fait moins rêver et comporte des inconnues sur la troisième semaine de course, mais elle réduit follement la distance.
J'imagine que chacun mouline dans son coin la stratégie de traversée, un combo entre l'envie de naviguer au soleil sous spi et bien sûr, jouer la gagne.
On Persaivert, we’re persevering, we’re not giving up, and we’re preparing our next move for the sheer joy of the game!
— JP
Samedi 26 avril à 01:39
J6 — C'était pas mon réveil…
On s'est quittés un peu tendus car le redémarrage avait été bien laborieux… Quelques heures plus tard, la nuit est douce avec une jolie lune et un vent ami qui fait bruisser la toile légère du spi. Je divague et profite, en essayant de ne plus penser aux classements qui tournent dans le mauvais sens pour moi.
À 2 h du mat', je m'allonge pour une sieste de 40 minutes, et j'enclenche mon buzzer. Profondément endormi, une alarme stridente m'arrache soudain à mon sommeil, et je comprends que ce n'est pas mon réveil mais une autre alarme : la centrale a planté, c'est pas bon ! Sans pilote, le bateau a empanné, spi à contre, safran relevé… Mais rien de cassé, car heureusement, le vent souffle léger à 12 nds.
Je remets le bateau sur son cap et je temporise à la barre pour voir comment gérer. Comme je ne veux pas affaler le spi, il va falloir faire vite… C'est MAINTENANT, il faut lâcher la barre descendre à la table à carte, ON/OFF centrale pour tenter de la faire repartir. C'est rock & roll de faire l'aller-retour en 3 secondes !
Au final j'enclenche le pilote de secours, merci Julien [electrician at JPK Composites], et je peux gérer. Deux heures plus tard, mon martin breaker de spi s'ouvre tout seul (!) dans un vent plus fort, mais gérable, et en soirée c'est ma pile à éthanol qui me cause de petits soucis. À 1h30, ce matin, c'est le lashing de l'anneau au bout du bout dehors qui cède. Là, pas le choix : il faut affaler le A2 et aller devant refaire le lashing, les pieds calés sur la sous-barbe, et bien concentré car c'est un peu impressionnant d'être au-dessus de l'eau !
Là c'est reparti, et j'espère sans ennuis avant un moment !
Good night …
— JP
Dimanche 27 avril à 11:14
J7 — Et si on allait au Cap Vert ?
J'ai cru un moment à la possibilité d'une route directe après Porto Santo (Madère), mais une petite dépression s'est décalée sur la route, et le scénario s'est écroulé. Il va donc falloir être patient et concentré pour trouver la bonne carburation et les bons angles : le passage des îles Canaries en choisissant le bon couloir de vent, la descente à toucher les côtes de Mauritanie, puis venir raser les mythiques îles du Cap Vert en résistant à la tentation de s'y arrêter ! Un peu cruel, je trouve !
Next up: a long downwind leg, VMG heading for the Caribbean, at the mercy of shifting winds and patches of seaweed to avoid. Quite a challenge, and many, many miles to cover.
À bord, depuis dimanche midi, le vent s'est bien renforcé et il a fallu troquer l'A2 contre l'A3, la mer étant vraiment difficile à négocier pour le pilote, et sous A3, la vie à bord est redevenue possible… Avec à la clé des pointes à 19 nds dans une ambiance de tambour de machine à laver ! En milieu de nuit, on change de nouveau pour l'A2, mais petit cafouillage à l'envoi avec l'amure qui s'ouvre again… Et obligé d'aller passer la contre-écoute devant. On y prend goût, à ces jeux du cirque !
La vie à bord dépend de l'exigence du patron « père sévère » ! Parfois gentil, souvent très exigeant. Dès qu'il est bien luné, je « profite ». Café avec gâteau breton, poulet curry, delicatessen a volonté. Quelques siestes aussi, avec un bon bouquin de mon pote Thomas sur l'histoire magnifique et véridique d'un sous-marin italien, le Cappellinî, durant la Seconde Guerre mondiale. Génial, surtout dans le contexte…
Et aussi la nav, bien sûr. Avec l'antenne Starlink du faux-ami Musk, c'est Internet à bord. Je m'en sers pour mouliner pas mal de routages sur des fichiers rafraîchis deux fois par jour, et échanger par WhatsApp. J'y vais mollo quand même, nous sommes là pour « couper », pas pour geeker !
Life is good and I’m making the most of it whilst thinking of you all, my fellow terrestrials…
Love,
— JP
Lundi 28 avril à 16:06
J8 — T'as voulu voir Madère et tu as vu Fuerte !
Génial de regarder la carto et de se dire qu'on va où le vent nous porte… Mais juré, on n'ira pas plus bas que le Cap Vert : j'ai un Jacky qui m'attend aux Antilles !
Cette nuit, l'approche des îles Canaries était sympa avec 15 – 18 nds, donc une allure rapide et sans stress sous GV, A2 et J2, safran au vent relevé, et réglage à la limite du choqué du spi, car le pilote B&G/Pixel en mode vent + surcouche AWA (angle du vent apparent) attaque dans un cadre défini pour toujours relancer le bateau. Après chaque empannage, je passe un bon moment à le caler aux petits oignons, car en solo, on barre vraiment très peu.
Toute la nuit, je suis bien dans le rythme, et je cale mes empannages sur Adrena et m'accroche au paquet avec l'objectif de m'en rapprocher. C'est ce qui se passe (mais ça navigue vraiment fort sur tous ces bateaux devant) jusqu'au passage du DST entre Gran Canaria et Fuerteventura, où, malheureusement, le vent s'écroule un peu pour ma pomme, et tombe de 15 à 11 nœuds là où j'attendais un renforcement canalisé entre les îles (comme pour les copains). C'est dur, car là je suis en trajectoire obligée. Milles gagnés, milles perdus… Wahou, c'est dur ! Je hurle un coup et ça m'fait du bien !
Comme dirait Alexis, ça démarre d'ici : histoire d'être toujours dans le positif, on ne ressasse pas les erreurs passées et on construit le présent. J'sais pas comment il fait, car plus facile à dire qu'à faire…
Il est 16 h, j'ai retouché du vent et le bateau va bien. Je vais pouvoir me détendre et peaufiner les trajectoires à venir, car le vent n'est pas également réparti sur le plan d'eau en direction des côtes africaines.
Avant tout ça, plaisir savoureux d'un bon repas en écoutant Nina Simone. Comme disait ma grand-mère : « le roi n'était pas son cousin » !
— JP
Jeudi 30 avril à 14:08
J10 — L'enfer au paradis…
Eh bien : conditions superbes depuis quelques jours, à longer les côtes africaines avant d'attaquer la traversée de l'Atlantique. Au coucher de soleil, j'ai traversé une myriade de pirogues mauritaniennes en pêche, au mouillage, face au vent. Trois par bateau, à se faire balloter toute la journée, et à faire de grands signes amicaux à mon passage. En arrière-plan, les hautes falaises blanches rectilignes sur des kilomètres, un peu austères.
Déjà, la nuit arrive et je programme une première sieste pour être bien d'attaque pour la nuit. Côté course, peu de réussite ou d'inspiration pour l'instant : passage à niveau de La Corogne manqué, perte sèche au passage des Canaries, atterrissage sur le Sahara occidental un peu en retard, et donc pétole avant un retour tardif du vent. Je guette une possibilité de me rapprocher de la tête de course, mais c'est plutôt le scénario inverse qui s'écrit !
La journée d'hier était superbe, avec une mer plate, 16/18 nds de vent, le bateau super aérien quand on rasait la Mauritanie : quel bonheur de naviguer sur ces carènes en regardant la côte défiler et ces pêcheurs partout.
Mais cette nuit, j'ai ramassé trois filets dans la quille, j'ai cru ne pas y arriver !
Les Marocains pêchent aux filets dérivants très longs, avec flash light ou petits flotteurs pour matérialiser. Éric, sur le JPK 1050 Ose, m'avait donné un point GPS : ils l'avaient croisé quelques heures avant moi et y avaient échappé à la dernière seconde. Donc j'avais pris de la marge sur ce point GPS et j'étais en sieste vers 1 h du mat… Quand le bateau s'est arrêté net !
L'alarme pilote qui braille, je me réveille et comprends que le bateau n'avance plus, spi à contre, avec des bruits de flotteurs contre la coque. Affalage de toutes les voiles, je sors la canne à algues et mon couteau, et là c'est une énorme dépense d'énergie, suspendu au ras de l'eau, à détruire leur outil de travail et essayer de « sauver Willy ». Le premier : quasi une heure pour en sortir ; mais j'ai cru devoir plonger, donc trop heureux quand tu vois que tu ne traînes plus rien. Pendant que je range tout ce bordel, je n'y crois pas, je m'en reprends un ! Pas de flash sur cette ligne. Rebelote : affalage, gaffe, couteau… Je repars délivré une nouvelle fois, mais me fais piéger un dernier coup une demi-heure plus tard. Je suis cerné par des filets dérivants, le cauchemar !
Là, je m'en sors sans affaler, il faut juste essayer de ressortir par où on est rentré ! Foc à contre, pivot, et hop, on sort du piège, mais je reste parano un long moment et m'inquiète aussi de voir les pêcheurs débouler : c'est sûr, ils ne vont pas être contents…
Au bilan de la nuit, je ne suis pas très fier ! Je me rapprochais doucement de Régis et Clémence et je m'étais bien remobilisé, mais là… Combien de milles perdus ? Et physiquement, ce matin, je suis comme « passé à tabac », avec des contusions partout et un méga hématome à la cuisse. C'est très scabreux d'être plié à l'extérieur du bateau avec couteau et gaffe, l'effort ultra violent !
Une fois le bateau reparti à bonne vitesse sous spi, et pour me redonner le moral, je me prends à rêver d'escales enchantées : du Cap-Vert, à Fernando de Noronha, d'escales brésiliennes ou de glisses pacifiques jusqu'aux Marquises, à bord du futur JPK Fast Cruiser du chantier… On vous en dit plus dans quelques jours !
— JP
Vendredi 1er mai à 21:01
J11 — On déterre la hache de guerre !
Ça faisait un moment que je l'attendais, cette inversion de phase et ce vent plus fort derrière que devant. Plus de pression désormais pour Laudato et PersaiVert, c'est bon ça ! Ça dure quelques heures et hop, 10 milles de gagnés : bon pour le moral. Depuis qu'on a quitté la Mauritanie, l'angle du vent est propice à tenir de bonnes vitesses sans pour autant avoir le stress du vent fort. J'ai bien attaqué sous A2 hier après-midi et en soirée, et je l'ai gardé au max du raisonnable !
Le changement de spi pour le A3 a été vite envoyé et j'ai enchaîné une belle nuit sur les portières (bateau qui plane avec un bon angle de gîte). Je passe un petit moment à caler mon pilote et le réglage du spi, car ça accélère fort, fort dans les surfs et je suis toujours à la limite de « perdre » le spi sur son guindant. Une fois tout calé, je m'installe dans le coin arrière du bateau et je profite du spectacle juste génial. La lune est pleine et la luminosité exceptionnelle. Je me nourris de ce moment de grâce.
Alors que je suis à la table à cartes, appel à la VHF de Régis, qui me devance de quelques milles avec Clémence depuis de nombreux jours. J'ai bien grappillé quelques milles, mais il doit encore être 10 milles devant. En réalité, il m'appelle pour me dire d'être vigilant, car je suis très proche, avec un gros écart de vitesse depuis qu'ils ont dû affaler le spi suite à la casse du système de redescente de son safran bâbord.
Je passe en effet 5 mn plus tard, tout proche, sous spi à 15 nds. On fait un point à la VHF sur l'avarie et les solutions pour réparer. Régis est ultra préparé et garde toujours son sang-froid : ils ont ce qu'il faut à bord pour repartir. Sur les autres 1050, on a installé un double système au cas où. Je comprends que ce n'est pas superflu ! Quelques heures plus tard, Laudato est de nouveau aux mêmes vitesses que le groupe de tête sous spi, ce qui veut dire que tout est OK à bord.
La nuit n'a pas été propice au sommeil : rien, mais avec 294 milles parcourus sur le fond, PersaiVert a réalisé le meilleur score sur les dernières 24 h. On travaille maintenant l'approche des îles du Cap-Vert avant de se projeter plus loin vers les Antilles. Il va y avoir du jeu…
— JP
Dimanche 3 mai
J13 — La Saudade
Nous nous sommes quittés alors que le Cap-Vert était vraiment en approche. Deux stratégies possibles s'offraient à nous : venir se rapprocher des îles, voire passer entre certaines d'entre elles, pour bénéficier d'un couloir accéléré du vent. Seul Aruba tentera une route entre les îles, quand le groupe de chasse viendra raser l'île la plus nord de Santo Antao et glisser dans les accélérations extérieures. Sur le Pogo, la route sud était un peu compliquée, voire en négatif au but, afin de rester dans les flux de vent et éviter les dévents des îles.
Sur le front ouest, Alex a parfaitement géré, avec un pif-paf au bon endroit et un coup de boost au passage. Ose et Midnight Blues sont là aussi dans un mouchoir de milles. C'est dingue, cette course dans ce groupe de tête où personne ne veut lâcher. En termes de rating, tout le monde se tient, excepté Aruba, qui a pris le parti de mettre un maximum de surface dans ses voiles (spi, GV), ce qui lui impose de creuser de l'écart avec, à l'arrivée, 8 h à sauver !
Sur PersaiVert, l'idée est de recoller avant d'envisager autre chose ! C'est un travail patient pour un gars pas patient du tout !! Heureusement, je ne me ronge pas les ongles : je n'aurais plus de doigts.
Ma position est un peu décalée nord et je cherche à tendre mes trajectoires pour sauver des milles et m'ouvrir le jeu en fonction des derniers fichiers météo. Au passage du Cap-Vert, je suis resté à 25/30 milles dans son nord afin d'éviter une zone de tampon possible au vent des îles (apparemment, personne ne l'a subie !).
Je navigue depuis, décalé 30 milles au vent de tout le monde et, mécaniquement, j'ai divisé mon retard par deux. Au max, j'avais 50 milles de retard sur Alex ; aujourd'hui, 25, mais on parle de distance au but et tout va se jouer sur le recalage sud prochain et la rotation du vent à droite.
Donc frustration de ne même pas avoir vu les sublimes îles du Cap-Vert, mais peut-être pire encore de voir les îles sans s'y arrêter ! Depuis, je compense : je n'écoute que du Cesaria Evora et ça me fait un bien fou.
Côté tempo, c'était assez rapide ces derniers jours, avec un bon flux qui nous poussait aux fesses. A2, A3, A2.5 : on fait tourner les spis et on attaque, c'est génial. Personne ne lâche et c'est bien intense. Une bagarre entre les solos, une autre entre les doubles, une autre entre solos et doubles : il n'y a que des furieux devant et le jeu, il est là.
On the solo side, I’m starting to feel a bit tired, but sometimes I stay on deck at night just for the pleasure of watching the Pixel autopilot, which is doing a brilliant job: it accelerates and then, with a quick jab of the tiller, launches the boat like a rocket. With the moon lighting up the course, the spectacle is magnificent.
Les températures montent gentiment et ce matin, c'est « douche au réveil ». C'est encore tonique, mais quel bonheur d'attaquer la journée comme ça, suivi d'un brunch maison — en gros un « fourre-y-tout » de ce qui traîne au fond du frigo ! Je dirais note moyenne sur la présentation, mais un bon 16/20 sur la partie goût.
Voilà, je suis bien et mon dimanche s'annonce sympa…
— JP
* À l'évocation du Cap-Vert, chacun ressent un sentiment mêlé de fascination et de mélancolie. La saudade, si magnifiquement chantée par Cesaria Evora, est ce doux sentiment, à la fois heureux et nostalgique, sur cette perception du temps passé.
Mardi 5 mai à 07:04
J14 — J'aime pas trop beaucoup ça…
C'est trop calme… et en effet vraiment trop calme côté vent ce lundi 4 mai. Malgré un contre-bord sud de 2 h au matin et l'absence d'alertes sur les différents modèles de vent et de routage, force est de constater que j'ai navigué toute la journée, et jusque tard cette nuit, avec minimum 2 à 3 nds de vent en moins et avec un angle 20° plus haut que ce qui était attendu !
Situé 20 milles plus sud, le groupe emmené par Alex n'a pas eu cet effet accordéon et, derrière, Régis et Clémence n'ont, eux non plus, pas buté dans cette molle. Bref, la perte est lourde, le moral en a pris un coup et, lorsqu'on y ajoute l'arrivée précoce des sargasses, on peut aisément qualifier cette journée de journée de M….
Certes, la route est longue et, devant, il n'y a pas de situation météo bien calée, mais les hautes pressions sont au-dessus et le danger vient du dessus de la route, avec notamment un jeudi/vendredi ultra mou, mais toutefois des veines de vent exploitables que j'essaie de traquer sur les modèles ECMWF et GFS.
Concernant les sargasses, on constate impuissant qu'elles arrivent de plus en plus tôt sur l'Atlantique et qu'il va falloir composer avec, et appliquer la fameuse technique de la corde à nœuds pour enlever les algues accumulées sur le bord d'attaque de la quille. Avec un élastique qui ceinture l'étrave, je fais passer ma corde sous la sous-barbe (bout qui maintient mon espar en carbone) pour ensuite la jeter sous le vent, l'autre extrémité étant attachée aux haubans. Bref, cette corde ceinture la quille et, en la relevant — plus le bateau va vite, plus c'est physique — on chasse ces maudites algues. J'ai déjà dû le faire 20 fois hier, c'était « atelier jardinage des océans », je me suis passé les nerfs là-dessus !
Il est 5 h TU, la nuit est noire et je suis à la table à cartes. J'adore ces moments où l'esprit vagabonde, mais les sens sont en éveil. Le vent vient justement de grimper à 15 nds sous spi serré : je vais aller mettre du mou dans les écoutes et, pourquoi pas, me préparer un p'tit café !
— JP
Mercredi 6 mai à 06:02
J15 — Le jour le plus long !
Depuis 3 jours, on ne peut pas dire que ça manœuvre beaucoup sur PersaiVert : c'est du tout droit tribord amure, dans la même configuration de voiles. Cela dit, le vent varie sans cesse en intensité et je régule pilote et choqué de spi, mais j'ai l'impression de redémarrer toujours la même journée, surtout que je me retrouve de nouveau avec le même retard que j'avais il y a 8 jours déjà sur Alex.
J'ai tenté des trajectoires différentes, mais ça n'a pas payé, pour l'instant !
Là, je suis dans un mode dedans/dehors au niveau course : « dedans » quand je règle, joue avec ma corde à nœuds ou travaille la météo et les routages, récupère des classements ; « dehors » quand je sors mon bouquin (le 3e), Olivier Norek, « Les Guerriers de l'hiver », là aussi une histoire vraie d'un héros finlandais, Simo, qui a semé le trouble dans l'armée russe en 39, ou quand j'écoute de la musique en buvant un thé !
Donc je fais le yoyo, c'est troublant, mais je m'oblige à me recentrer de temps à autre et à garder une certaine rigueur dans le fonctionnement.
J'ai aussi plus de temps pour boulotter, et là les stocks ont bien fondu… Étrangement, tout ce que j'aime a disparu, il me reste les « fonds de placard » !
Dehors, ça cogne et j'ai ramassé un coup de soleil dans le cou. Résultat : le parasol rouge est de sortie, incongru et drôle, mais diablement efficace. Quand je vous disais « 2 salles / 2 ambiances » !
— JP
PS : on a une annonce à vous faire dans quelques heures au sujet d'un nouveau JPK Fast Cruiser… Rendez-vous sur ce site web, et sur nos réseaux sociaux !
Mercredi 6 mai à 17:44
J15 — Mais qu'est-ce que je fous là !
2 h du mat', le vent est encore tombé d'un cran et, avec 8 nds et un peu de mer, je tiens à peine le spi gonflé et je dois lofer en grand, loin de la route. Le pilote ne gère pas, il guidonne trop et, pour couronner le tout, je suis dans une zone concentrée de sargasses. J'ai à peine terminé de passer ma corde que je repasse dans une nappe, c'est un truc à devenir dingue !
Vite, sortir la caisse à outils des bons sentiments pour faire redescendre l'espèce d'angoisse qui me prend la poitrine. Depuis 48 heures, je suis lent et je vois mes copains partir par devant inexorablement, c'est un peu le supplice du régatier ! Je pense toujours avoir un peu moins de vent que les autres, mais peut-être que je suis à l'envers dans mes choix de bord ! Pause, une boisson chaude, on reprend la barre, on oublie un peu les sargasses et on se recentre…
12 h plus tard, le ciel gris du matin s'est dégagé au profit d'une lumière étincelante, les 8 nds sont devenus 16, les sargasses sont moins compactes et le pilote gère très bien. Je respire, je profite en regardant le bateau s'amuser tout seul : un coup de lof, un surf, un coup de lof, un surf.
La vie rêvée du large…
— JP
Vendredi 8 mai à 12:23
J17 — 360° sous spi !
Depuis 3 jours, le décor a changé et le vent soutenu ainsi que la mer propre ont laissé place à un vent souffreteux et une mer chargée de sargasses. Dire « c'était mieux avant » : bien sûr, mais ces conditions offrent des opportunités, comme cette figure jamais tentée jusqu'à présent : le 360° sous spi !
La nuit passée, et au rythme de toutes les 30 mn environ, je pousse la barre en grand et amène le bateau au lof pour finir proche du plein bout. Dans le coup de gîte, les sargasses se décrochent et je remets vite le bateau sur son cap. La perte est faible, l'effort zéro, donc on prend !
Cette nuit, un peu plus gourmand qu'à l'ordinaire, je pousse un peu plus longtemps la barre, mais le spi prend à contre et le bateau part en marche arrière, spi appuyé dans le gréement. Il y a 10 nds de vent, donc le seul risque est d'abîmer le spi. Barre à contre, je choque la contre-écoute, le bateau abat en grand de l'autre côté, je lâche une écoute, en reprends une autre et hop, 10 secondes plus tard le bateau a fait son tour complet et nous sommes repartis !
Sinon, le rythme un peu mou de milieu de traversée va bientôt laisser place à un flux plus soutenu pour les deux derniers jours avant l'arrivée, prévue lundi. Les dés semblent bien jetés du côté d'Alex, mais sur PersaiVert on garde le moral à bloc, prêts à saisir toutes les opportunités !
— JP
Samedi 9 mai à 14:55
J18 — Gestion de crise
Hello la terre,
Il nous reste trois jours de mer pour atteindre la Martinique et, à ce stade, dans le groupe des six bateaux de tête, les dés sont jetés car pas d'options météo possibles. Le seul vent un peu soutenu se trouvant très au sud de la route directe, tous les bateaux ont suivi grosso modo les mêmes routages.
Donc, depuis une semaine, le jeu était de descendre au gré des bascules et des couloirs de vent pour désormais, après l'empannage de ce matin, faire route directe sur l'île Cabrit. Les vitesses sont ultra proches et personne ne lâche rien !
Le point délicat reste la gestion des sargasses, surtout en solo, car on ne barre pas en permanence ; il est donc difficile pour le pilote de slalomer entre les bancs d'algues. Ça, il ne le fait pas encore ! La quille en ramasse beaucoup, mais le safran également, et c'est ce dernier qui tient le bateau. Donc, de temps à autre, quand la pelle est trop saturée, elle décroche et le bateau part au lof…
Mais comment qu'on fait pour dormir, bouquiner, prendre un petit thé ?! Ambiance gestion de crise, car là, en quinze minutes pour écrire ces news, le bateau est parti trois fois au lof : je pose la tablette en sécurité, sors dehors comme un diable, stop le pilote, choque l'écoute de spi, remets le bateau sur ses rails, je passe un coup de canne sur la pelle, et ça repart…
Sur la course, j'ai beau charbonner nuit et jour pour essayer de recoller, rien n'y fait. Devant, ça navigue sans erreur et vite. Je me console : beaucoup de JPK 1050 sont aux avant-postes, même si le Pogo RC est vraiment impressionnant dans sa configuration de voilure survitaminée.
Là, je vais essayer de retrouver mon héros finlandais et son armée au cœur de la terrible froidure de l'hiver 1939 et ses -50 °, en total contraste avec mes 32 ° à bord de PersaiVert !
L'aventure continue…
— JP
Lundi 11 mai à 10:41
J20 — À l'approche des Caraïbes, spi déchiré en deux !
Hello everyone,
Le vent est définitivement rentré et c'est avec un flux moyen de 18/20 nds à 140° du vent que la transat va se terminer, avec de bonnes vitesses moyennes et, on l'espère, une gestion tenable des sargasses.
Il y a clairement des zones de concentration et là c'est l'enfer, car toutes les 30 secondes il faut nettoyer les safrans sous peine de perte de contrôle du bateau. En double, ça peut se gérer ; en solo, c'est mission quasi impossible. Je n'arrive même pas à comprendre comment fait Alex pour tenir ce rythme !
This morning, I’m checking the weather and the standings: the night went pretty well, with a few miles gained on Alex. Extremely motivated, I decide to clear the keel with a good broach.
Tout va bien, sauf que le mousqueton de l'amure de spi s'ouvre : du jamais arrivé ! Affaler me ferait perdre trop de temps, j'abats en grand et arrive à la recrocheter, c'est bon, mais au moment où je récupère le winch piano, la drisse de spi file en grand… Et le spi s'écroule devant l'étrave. Le bateau passe dessus : il est en deux morceaux !
Ça bagarre sur le pont pour récupérer les morceaux et les écoutes en évitant de trop les mettre dans la quille, car je n'ai pas envie de plonger. Trois quarts d'heure plus tard, je suis reparti sous A2.5 (même spi arisé, le plus costaud) et ça tartine de nouveau, mais je suis dépité… On se remet dans le match et la journée s'avère tendue, avec les safrans qui décrochent sans cesse et le bateau ingérable pour le pilote. Je m'active entre canne à algues, pilote, réglages : pas de trêve !
18 h, le vent monte d'un cran, j'expérimente l'affalage par chaussette de mon A2.5. Le système est top et ça se gère nickel du cockpit. À la volée, j'envoie le A3 et ça tambourine de nouveau. Moins de sargasses aussi : le bonheur.
Journée off côté bouffe, ou presque, mais c'était trop chaud aujourd'hui.
Martinique is getting closer, I can start to smell the rum…
— JP
Mardi 12 mai à 18:04
J21 - Clap de fin !
So happy!
Ça y est, j'y suis, sur les pontons de Fort-de-France, après les derniers milles menés avec du vent de face, au près et de la mer plate. Le bonheur ! Et quel contraste avec la nuit passée où, finalement, je me suis remis en mode attaque et grand spi quand je pensais dérouler sagement avec petit spi.
Une nuit blanche passée à slalomer entre les bancs de sargasses et à manier la canne à algues, je commençais à halluciner un peu ! Je me dis que c'est comme ça que ça marche, en tout cas pas à l'économie : on donne le meilleur de ce qu'on peut, le résultat c'est la cerise.
PersaiVert porte bien son nom et je suis fier pour l'association, qui fait beaucoup avec peu de moyens au Sénégal et ne baisse jamais les bras. C'est le message : tout est dans l'engagement.
À l'arrivée au ponton, chouette moment et émotions garanties avec Alex, qui n'a que des mots ultra sympas quand il a lui-même fait un festival sur l'eau. Les gentils organisateurs Jean-Philippe et Thibault, ainsi que tous les bénévoles dévoués, les représentants de la Martinique, Jacky et Patricia, et tout plein de monde heureux de me voir heureux.
Je ressens une joie profonde et une grande gratitude. J'y pensais cette dernière nuit en longeant la Barbade au crépuscule, dans une lumière de fin du monde : quelle aventure !
The results are fantastic, as Ose beat the Pogo RC Aruba on corrected time. In the end, for the JPK 1050s, that means:
- 1er, 2e et 3e en solo
- 1er et 4e en double
The boats are amazing but demand a lot to be pushed to the limit. Clearly, you have to love pushing yourself to the max!
Bravo Jacques, le maestro, et à toute l'équipe du chantier : tous nos jeunes 1050 ont traversé brillamment, sans encombre. Place au débrief et à la convivialité, à fond dans l'aventure humaine…
Un grand merci à mon ami Hervé, qui m'a aidé dans ma préparation, et qui est véritablement mon ange gardien durant ma traversée. Un grand merci à ma famille, qui me laisse vivre à fond ma passion malgré leurs inquiétudes bien légitimes ! Merci à Sophie, qui par ses coups de fil m'a redonné le sourire dans les moments compliqués, et me soutient depuis toujours !
Merci de m'avoir suivi au gré des news du bord. De mon côté, ce moment me permettait l'évasion et le partage. Et bravo aux magnifiques vainqueurs !
— JP
