Mardi 5 mai (J14) à 07:04
« J’aime pas trop beaucoup ça »
C’est trop calme… et en effet vraiment trop calme côté vent ce lundi 4 mai. Malgré un contre-bord sud de 2 h au matin et l’absence d’alertes sur les différents modèles de vent et de routage, force est de constater que j’ai navigué toute la journée, et jusque tard cette nuit, avec minimum 2 à 3 nds de vent en moins et avec un angle 20° plus haut que ce qui était attendu !
Situé 20 milles plus sud, le groupe emmené par Alex n’a pas eu cet effet accordéon et, derrière, Régis et Clémence n’ont, eux non plus, pas buté dans cette molle. Bref, la perte est lourde, le moral en a pris un coup et, lorsqu’on y ajoute l’arrivée précoce des sargasses, on peut aisément qualifier cette journée de journée de M….
Certes, la route est longue et, devant, il n’y a pas de situation météo bien calée, mais les hautes pressions sont au-dessus et le danger vient du dessus de la route, avec notamment un jeudi/vendredi ultra mou, mais toutefois des veines de vent exploitables que j’essaie de traquer sur les modèles ECMWF et GFS.
Concernant les sargasses, on constate impuissant qu’elles arrivent de plus en plus tôt sur l’Atlantique et qu’il va falloir composer avec, et appliquer la fameuse technique de la corde à nœuds pour enlever les algues accumulées sur le bord d’attaque de la quille. Avec un élastique qui ceinture l’étrave, je fais passer ma corde sous la sous-barbe (bout qui maintient mon espar en carbone) pour ensuite la jeter sous le vent, l’autre extrémité étant attachée aux haubans. Bref, cette corde ceinture la quille et, en la relevant — plus le bateau va vite, plus c’est physique — on chasse ces maudites algues. J’ai déjà dû le faire 20 fois hier, c’était « atelier jardinage des océans », je me suis passé les nerfs là-dessus !
Il est 5 h TU, la nuit est noire et je suis à la table à cartes. J’adore ces moments où l’esprit vagabonde, mais les sens sont en éveil. Le vent vient justement de grimper à 15 nds sous spi serré : je vais aller mettre du mou dans les écoutes et, pourquoi pas, me préparer un p’tit café !
— JP
