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Transquadra

Vidéo JPK 1080

Victoire de "Léon 3D" 1ère étape Transquadra St Nazaire-Madère août 2014



Le blog de Delphine Priollaud-Stoclet

Carnet de voyage Transquadra Madère Le Marin

Laurent bricole sur Oxymore, tandis que sur le ponton 5 il règne une vie incroyable. Quelle ambiance !

Laurent Stoclet, 2ème solitaire sur "Oxymore" JPK1010
Laurent Stoclet, 2ème solitaire sur "Oxymore" JPK1010

Les équipages se saluent, plient les voiles, briquent le pont, lavent leur linge sale en famille, discutent, lorgnent l’état du bateau voisin, comptabilisent la casse. On échange des nouvelles : ceux qui sont encore loin, les démâtés, les touchés-coulés… Cette édition fut riche en péripéties, mais heureusement, aucune perte humaine à déplorer.


Croquis de voyage
Marina du Marin
Marina du Marin
"Crescendo" à l'arrivée
"Crescendo" à l'arrivée
"Oxymore" à l'arrivée
"Oxymore" à l'arrivée


La TRANSQUADRA 2014/ 2015 ou L’Odyssée COCODY par Richard Fromentin

« Ça y est enfin arrivés au Marin en Martinique, île magnifique de l'arc antillais. Après une traversée éprouvante et physique nous voilà enfin à destination

L'idée d'une traversée de l'Atlantique germait déjà depuis 4 ans et l'occasion de participer à cette aventure s'est présentée après avoir reçu COCODY, mon bateau , un rapide coursier des mers, un JPK 10,10 flambant neuf.

FVA_2489.jpg

I La préparation
Donc revenons à notre affaire, le départ c'est le 24 janvier. Déjà 6 mois que nous attendons ce jour et pouvoir en découdre enfin avec nos adversaires et néanmoins amis .
Au terme de la première étape, nous sommes 6 ème au général et les premiers se méfient de nous évoquant que 1h sur une traversée ce n'était pas grand chose , il n’empêche que je les aurais bien pris dans ma besace ces 60 minutes. La première étape a rapproché bon nombre d'équipages et de forts liens d'amitiés se sont créés. La semaine qui précède est ponctuée de petites excursions nautiques pour valider, essayer et s'assurer que tout fonctionne correctement. Je pense en plus avoir prévu toutes les situations de pannes possibles . Réparation voiles, moteur , Époxy avec durcisseur et fibre, pilote de secours........

 

Ensuite et le plus important était de définir la stratégie de course, une semaine à bosser tous les jours les schémas météo.
Bertrand Castelnérac mon beau frère sera d'une aide précieuse durant cette semaine de préparation météo, clef de la réussite de notre traversée.
Après avoir lu et relu toutes les revues possibles sur la météo la formation des nuages et même le vol à voile qui fonctionne à l'envers de nous, eux cherchent les ascendants, nous on les évite justement pour ne pas rester dans une molle.
L'aide d'un fin régatier comme « Tranbert »(Bertrand Castelnérac) et un regard extérieur nous est fort utile.

 

Voilà brièvement à quoi ressemble une stratégie de course :
Réalisation Bertrand Castelnérac – reaching@48nord.com

 

Stratégie étape 2
Système anticyclonique plutôt classique au début, incertitudes sur la seconde moitié.

 

MADERE – LE MARIN : route directe CAP AU 254° A 160° TWA :
Butée en tribord 274°
Butée en bâbord 234°
Vent neutre au 74°
Si + que 74° bâbord rapprochant
Si – que 74° Tribord rapprochant
Butées à recalculer ensuite selon le cap du waypoint.

 

Quitter Madère : jouer sur le côté droit du dévent sur zone tracée sur la carte, probablement dans une canalisation, faire du bâbord quitte à ce qu’il soit loffé dès que le vent baisse en tribord.

 

STRATEGIE N°1
1 – Les routes vont chercher la courbure de l’anticyclone au nord : début en tribord tant que le vent est NE. Tribord rapprochant dans l’adonnante, compromis vmg portant.
2 – Le vent passe progressivement à l’E, tribord moins rapprochant. Toujours chercher le gain sous le vent et dans l’ouest, mais rajouter des empannages dans ados/refus (court/moyen terme) pour gérer la courbure.
3 - A un moment ça devient certainement rapprochant en bâbord, choisir le point d’empannage pour placer ce long bâbord. Penser à l’éventail pour décider s’il est « définitif ».
4 - Ce bâbord peut être sport, au largue serré penser : code 5 - 2 ris GV.
OU dans du vent mollissant, si vous êtes trop près de l’axe de la dorsale.
5 – Faire évoluer le point d’atterrissage par anticipation des zones de basses pressions entraînant des perturbations dans l’Alysée à la fin de semaine, décalage Nord ou Sud à trancher.
6 - Atterrissage : soit HP est stable on arrive par le Nord, soit HP affaiblit par phénomène au N : Front froid etc… on arrive vers le Sud.

 

STRATEGIE N°2
1 – Le tribord n’est pas si rapprochant que ça, on cherche tout de suite le gain sous le vent avec des empannages dans ados/refus (court/moyen terme) pour gérer la courbure te le gain sur la route selon état de la mer et nuages.
2 – Le vent reste entre le 70° et le 100°, anticiper des zones de basses pressions entraînant des perturbations dans l’Alisé à la fin de semaine, décalage Nord ou Sud à trancher.
3 - Atterrissage : soit HP est stable on arrive par le Nord, soit HP affaiblit par phénomène au N : Front froid etc… on arrive vers le Sud.

 

CONCLUSION / PROBLEME : vu d’ici on part plus sur une route « Nord » ce qui vu d’ici à l’hôtel devant l’ordinateur, n’est pas définitif.

 

 Situation en fin de semaine, prévision 1 semaine avant :

 

Vu d’ici on est clairement dans une situation d’arrivée par le Sud HP affaiblit.

 

Faire la descente à l’est de l’axe de la dorsale, pas couper l’axe, type vent au 100°.

 

A surveiller précisément :
l’AXE DE LA DORSALE
SON DEPACEMENT EVENTUEL VERS L’EST (pour ne pas se faire rattraper

 

Jeudi 29 à 0h prévi du 23 à 12h
Samedi 31 à 0h prévi du 23 à 12h

 

Exemple de cas extrême qui peut arriver :
Attention à l’orientation de la houle, la mer va être de travers tout pourri au nord :
Vous voyez ce n'est vraiment pas simple !!!!!!
Un vrai travail de professionnel .
Ensuite après le départ et durant toutes la traversée nous sommes restés en autarcie météo validant ajustant corrigeant tous les phénomènes qui se présentaient à nous et ils furent nombreux.
Les routages extérieurs étant interdits nous souhaitions être irréprochables. Faire une performance en ayant triché me paraissait insupportable.

 

II Le Départ
Ça y est enfin parti.
Nos familles nos amis nos proches sont présents pour nous encourager Jean et moi ferons le maximum pour qu'ils soient fiers de nous, le résultat étant secondaire l'important est d'arriver de l'autre côté

 

Dès le départ nous sommes dans le groupe de tête derrière Laminak un autre JPK 10,10 , nous contournons en deuxième position la bouée de dégagement et comme d'habitude les meilleurs sont déjà aux avant postes.
Rapidement nous dépassons le premier bateau. Quel plaisir que de voir toute la flotte derrière nous surtout Raging bee et Jean Pierre Kelbert que nous connaissons bien et dont le palmarès laisse rêveur ……. respectivement 2ème et premier de la première étape Saint Saint-Nazaire Madère.

 

Tout commençait pour le mieux . En tête de la flotte nos prenons l'option Nord, l’orthodromie, en traversant le dévent de l’île même s'il est pénalisant nous nous obstinons car l'objectif est d'aller chercher du vent frais et une rotation favorable . Je pensais que ce serait moins long mais je garde la tête froide et continue dans le schéma prévu en allant renifler le bon moment pour tourner définitivement à gauche. La position des autres concurrents n'a pas d'importance pour le moment c'est encore beaucoup trop tôt il faut avancer vite et toujours vite, notre obstination 100% c 'est le chiffre reporté sur nos instruments de navigation annonçant la performance du bateau .
Nous étions rivés, focalisés dessus.
Le premier passage à niveau va arriver avec vent fort on s'y prépare en ayant à l'esprit de ne jamais lâcher, erreur que nous avions commise à la première étape après épuisement.

 

Des vagues de dingue à surfer avec un vent oscillant poussant parfois à 35 nœuds, le pilote ne peut pas tenir Jean et moi alternons des quarts d'une heure, le sommeil nous manque déjà. la peur de casser du matériel s'installe également mais il faut tenir .
Le lever du jour arrive bientôt et les positions de 6h00 avec . On va voir ce qu'on va voir.
Peine perdue ils ont tenu aussi, ça commence bien, il faudra oublier l'image des alizés tranquilles à siroter un petit verre de rhum, les meilleurs sont là, présents, accrocheurs et la traversée s'annonce tendue.
On a passé 3 jours difficiles à la limite du sommeil et des hallucinations
Nous dormions à même le cockpit pour être prêt à réagir au plus vite.

 

Extraits de journal de bord
JOURNAL DU 29 janvier 2015
La nuit a été particulièrement éprouvante car toujours autant de vent et de vagues qui nous obligent à barrer le bateau tout le temps.
Le départ à l’abattée de la veille nous a bigrement calmé je devrais dire les départs car à chaque fois nous avons relancé le bateau sachant les concurrents proches et prêts à en découdre.
Sur le pointage de ce matin nous avons pris de l’avance sur Xanlite sûrement un meilleur suivi des oscillations de vent et surtout des gros grains
Les grains, c’est nouveau pour nous et pas vraiment agréable à traverser vu les variations forte du vents en force et en direction, nous avons constaté 100 degrés d’écarts de route à tel point qu’il a fallu affaler le spi et passer sous génois au bon plein travers, impressionnant ces variations.
Tout ceci nous oblige à dormir sur le pont ou dans la descente, s’assoupir conviendrait le mieux quand les hallucinations commençaient à venir, vision triple ….. etc , il était temps de demander de l'aide.
Donc au pointage 7 miles d’avance sur Xanlite mais pas vraiment d’avance sur
Merlin et vu les efforts que nous avons déployés on s’attend à ce qu’ils ne lâchent rien .
Sur le schéma météo je pense que nous sommes sur la bonne position et ne voit pas comment vont s'en sortir Raging bee et JPK . Face à eux les vents vont tourner à droite avec en plus une grosse zone de molle bref ça ne sent pas bon du tout ils jouent avec le feu .
S’ils passent ce sera certainement un magnifique coup météo.
Pour le moment nous sommes sous génois et GV à 125 degré du vent 25 nœuds et prenons pour cible l’endroit ou nous devrions mettre les clignotants à droite.

 

JOURNAL DU 30 janvier 2015
La nuit a été plutôt ventée  mais cette fois-ci vent de travers bon plein
Le pilote en marche, l'homme de quart, dans le cockpit ou au rappel, surveille  dans le cockpit d’éventuels dangers mais surtout reste attentif aux oscillations de vent
Il a fait relativement froid et le temps était maussade. Dans la matinée, le ciel s’est dégagé apportant du soleil bien agréable mais aussi un vent irrégulier et faible c’est mon avis un nouveau passage à niveau à ne pas rater.
Toutes la journée nous avons alterné les voiles au gré des oscillations et du coup par mégarde avons déchiré le spi asymétrique .
Le mousqueton d’écoutes légères était saillant et lors de l’envoi a déchiré le spi, quelle poisse !
2/3 bonnes heures à le réparer du temps perdu et de l’énergie pour rien
Aujourd’hui douche quel délice
Premier envoi du spi léger je pense être le seul à avoir pris cette option .
Ce soir il faudra barrer sans arrêt, quarts d’1 heure pour ne rien rater
Rien à l’horizon ni bateaux ni dauphins qui pourraient nous distraire un peu. La vie à bord s'installe sans grosses surprises.
Si des poissons volants viennent s'échouer voire percuter nos visages et de l'avis de Jean cela restera une expérience très douloureuse .
Nettoyage du bateau, vérifications du matériel, pansement des plaies …..

 

Le journal de bord est ponctué de ces petites anecdotes .
Instant magique l'ouverture de nos cadeaux après une semaine de MER.
Les messages sont émouvants

 

Le rôle du navigateur est terriblement stressant aller vite Jean et Moi savons le faire et nos concurrents le savent aussi mais aller au bon endroit sur une transat c’est nouveau pour nous .
La tache étant complexe et pour simplifier et caricaturer la chose en l’exorcisant nous décidons de la comparer à un grand triangle olympique voilà tout avec toutes les bonnes vieilles recettes d'ado refus positions décalages sous le vent au vent en introduisant des butées barométriques en contrôlant nos adversaires la difficulté était que pendant 12 heures nous n'avions pas leurs positions
C'est un sport vraiment complet et exigeant qui nous oblige en permanence à réfléchir.
Pensez qu'un écart de 7 jours se creusera entre nous et la queue de la flotte .
Il fallait aller vite au bon endroit et être extrêmement vigilant pour ne pas rater les subtilités météo au risque de voir un nouveau schéma se présenter souvent défavorable .
Pour aller vite il fallait à tout prix se débarrasser de ces satanés algues, les fameuses sargasses s'incrustant sous nos safrans sail drive quille , Au moins 20 % de vitesse perdue sans parler des départs au lof provoqué par des safrans saturés d'algues .
Une vraie plaie que nous avons combattu sans relâche en plongeant, en reculant sous voile ,en utilisant cordes à nœuds, gaffes. Un vrai cauchemar

 

III L'arrivée
Nous arrivons premier au marin épuisés mais tellement heureux
Merlin qui a été notre adversaire régulier passe devant nous en temps compensé . C'est quand même rageant
Je ne sais pas si nous aurions pu éviter le grain qui nous a cloué 1 heure à l’arrivée, ce qui est certain c'est que la victoire au général s'envole à ce moment hélas .
Nous restons humble face à ce coup du sort
Ceci dit deuxième après 2 étapes reste une performance très honorable et nous aurions signé tout de suite si nous l'avions su au départ,

 

Conclusion
Nous avons porté fièrement les couleurs de Leclerc Hennebont qui m'a apporté une aide logistique sur la partie avitaillement et aussi porté un message d'espoir pour l'association Loisirs Pluriels qui développe des centres de Loisirs en France pour les enfants en situation de handicap .
Nous espérons que cette traversée leur a apporté un éclairage médiatique supplémentaire car les efforts qui''ils déploient à l'attention des enfants ne nous semble pas assez connus les fonds manquent également et RDV fin Septembre pour une grande randonnée à Hennebont qui je l'espère réunira 2000 à 3000 personnes.
Les fonds colletés leur seront reversés intégralement pour apporté modestement notre contribution.
Une pensée à Frère Ernest qui, par ses prières bienveillantes, nous a porté jusqu 'à la victoire.

 

Bref ce fut une véritable aventure humaine une véritable entreprise ponctuée de joies et de quelques embûches mais c'est bien entendu le lot de tout projet à mener.
Je remercie nos familles, Anne-Gaëlle, mon épouse et mes 3 enfants pour m'avoir soutenu encouragé et porté .
Un grand merci aussi à Jean Frétigny qui a été un Co skippeur et régleur formidable. Un ami sur qui compter et un excellent Marin aussi teigneux que moi.
Merci à tous nos amis qui nous ont envoyé tant de messages et qui suivaient plusieurs fois par jour.
L'aventure Transquadra se termine mais pas celle de COCODY qui aura d’autres challenges à relever.


Document à télécharger :
     [pdf] L'odyssée_cocody.pdf (6,36 Mo)

Victoire de "Cocody" JPK 1010 de Richard Fromentin et Jean Fretigny 2è étape Transquadra en temps réel

Grand bravo à "Merlin" le JPK 1010 d'Eric Morvan et Benoit Champanac qui vient de s'adjuger l'édition 2015 de la Transquadra

Samedi 7 février 2015
En futé renard, "Merlin" est venu coiffer en temps compensé le redoutable "Cocody" 1er en temps réel.

Jean Fretigny et Richard Fromentin
Jean Fretigny et Richard Fromentin
"Cocody"
"Cocody"
"Merlin"
"Merlin"

15 - A bord de "Léon 3DDI" - 9 février 2015

Et maintenant ... Dormir !!

Tout d'abord un grand bravo à "Merlin" le JPK 1010 d'Eric Morvan et Benoit Champanac qui vient de s'adjuger l'édition 2015 de la Transquadra. En futé renard, "Merlin" est venu coiffer en temps compensé le redoutable "Cocody" 1er en temps réel.

Arrivée de "Léon 3DDI" au Marin
Arrivée de "Léon 3DDI" au Marin

En perdant une heure dans un grain à l'arrivée au Marin "Cocody"voit revenir "Merlin" et "Marylou". Les 3 bateaux terminent en moins de 10 minutes en temps réel ce qui à l'échelle de l'océan est vraiment bien peu! Sur "Léon 3DDI" les dernières 24 h ont été vécues à fond comme d'hab ! Système de grains et bascules de vent sont venues corser le jeu. Depuis plusieurs jours, on accumule de la fatigue car le bateau est exigeant dans ces vents variables et avec ce spi "fragile" en l'air. Résulat 2/3 h de sommeil ces derniers jours sont peu pour attaquer à 100% les dernières 24 h. Typiquement le vent est à peu près stable, et le bateau glisse au largue serré par 18 nds de vent. Je dis à Hervé, c'est bon tu peux aller dormir un peu ça l'air stable..
15 mn plus tard, le vent rentre 20/22/24 ....26 "Hervé, c'est chaud, faut venir...."
Et voilà "Léon le despote" interdit tout repos depuis quelques jours... Bref la veille de l'arrivée donne "Yolo" 3 mn devant. Bonne trajectoire d'Hervé pour attaquer par le Nord une zone perturbée un peu plus sud (davantage sur la route de "Yolo" ) et nous voilà au milieu de nuit repassé devant à 3/4 milles devant. Dans le même temps, on revient sur un groupe de bateaux et en pleine nuit, on croise "Zephyrin" de Pierrick Penvern 1er solitaire de la TQS Route de convergence à l'AIS, on s'appelle à la VHF. Nous sommes à fond sous spi et Pierrick en mode récup sous GV seule. Moment sympa cet échange VHF.
"Et toi comment tu fais avec les sargasses ? Ben moi je mets le bateau "au tas" , je le couche sur l'eau en espérant que ça décroche ! Ah ouais quand même, il attaque le Pierrick ! On passe "Zephyrin" et on repère " l'ange de Millon" mon ancien 1010 entre les mains de Jacques et Bertrand Pelletier . Il est 6 h du mat et nous sommes dans un grain pluvieux qui dure, qui dure... En sortie de grain, pétole ! Et voila, il faut se sortir de là surtout que notre "Yolo" n'est pas forcément dans la même molle vu que nous avions 10 milles de décalage N/S à la tombée de nuit. 2 h à vitesse lente et aux premières lueurs du jours, les nuages se dissipent et là à 100m "Yolo" qui sort des brumes ! Du délire ... Et nous voilà repartis pour un dernier run de 35 milles jsuqu'à l'arrivée, plein vent AR bord à bord par 20/25 nds. 85/90% de la polaire, nous ne sommes pas à l'aise , le bateau traine encore un "paquet" ! Corde à noeuds, canne à algues, on essaye tout ce qu'on peut mais ça nous sera fatal. A 1/2 h de l'arrivée "Yolo" passe avec un meilleur de descente et il ne lachera pas quand il passe l'ile Cabrit et que notre "fan club" et family sur le cata "Zen" de Jacky "Sail Paradise" est venu nous accueillir...
Bravo les gars, on s'est vraiment "tirés la bourre" comme jamais, et nous ne sommes pas près de l'oublier. Au ponton, on se tombera dans les bras ....Nous sommes épuisés mais heureux d'arriver. Déçus par le résultat c'est sûr mais jamais nous n'avons "baissé" les bras..
Maintenant dormir, avec Hervé on rêve d'une nuit pleine ...
JP et Hervé de "Léon3DDI"



14 - A bord de "Léon 3DDI" - 7 février 2015

Arrivée proche

Un peu compliqué hier de tenir le journal !
Après une journée sous spi lourd (pour préserver le léger dans ces 20/25 nds) où "Yolo" nous a repris du mille, nous avons décidé de "prendre le risque" et de remettre le grand spi.

Hervé Perroud et Jean-Pierre Kelbert
Hervé Perroud et Jean-Pierre Kelbert

Conséquence, barre obligatoire (et non pilote) pour éviter de le faire "claquer". Quelques heures plus tard, on revient sur "Yolo" et on attaque l'animal sur son flanc gauche; au largue serré 25nds sous grand spi, ça allume . A peine dépassé le vent adonne en grand et là c'est lui qui repart, on est "collé". On estime avoir un almagame d'algues dans le Zdrive et on cogite longtemps pour réussir à enlever ça sans tout affaler. Avec une corde à noeuds passée de façon particulière, on arrive à dégager le "gros" et on retrouve des vitesses cibles cohérentes. Pour nous, c'est simple on règle jusqu'à atteindre le 100% de la polaire ! Si les polaires sont justes (Hervé a énormément bossé là-dessus), l'outil est redoutable. Et comme toujours on se retrouve avec "Yolo" à moins d'1 mille en milieu de nuit quand on décide lui comme nous d'envoyer une série d'empannage au gré des bascules a proximité des grains. C'est suréaliste de naviguer aussi proche depuis plus de 5 jours avec des bateaux différents. Je crois qu'on les mène de la même façon, à fond et les caractéristiques des 2 bateaux sont identiques en longueur, poids, surface voiles etc... Les différences se font davantage au près mais transat = portant...
Hier après midi, nous avons rattrapé "Mac Do Cherbourg" qui nous confiait ses ennuis à la VHF : pilote noyé depuis le 2ème jour, centrale navigation "cramée", spi médium déchiré et surtout le poison suprême, les sargasses! Ils sont entrés dans une véritable nappe d'algues et ils ne savaient plus comment s'en sortir, moral au plus bas dans les chaussettes. Désolé pour eux car un équipage aussi sympa que talentueux qui jouait le podium. En attendant "Léon 3D" revient dans le match avec en moyenne 20 milles de gain
par jour sur le paquet de tête (sauf les tout premiers sur une autre météo). C''est sûr nous n'avons pas de problème de speed à vent égal et on mesure chaque jour le "gâchis" ! (ça c'est mon côté, j'aime bien me faire du mal!)
Désormais, l'objectif est de terminer dans le top 10 (eh oui il faut savoir être humble) et de mettre derrière "Yolo" qui dit faire de "l'acordeàléon" !
Depuis milieu de nuit, il a disparu dans un grain et à chacun son côté du plan d'eau; je ne serais pas surpris qu'on termine "à vue". Son temps compensé étant bien plus lourd, nous avons plus de 4 h de marge pour être devant en compensé mais on veut jouer jusqu'au bout...
Avec les classements qui tombent, on suit de près le trio de tête . Quel suspense ! On est à fond derrière les 1010..
Pour nous ETA demain 15 h mais ça peut varier bien sûr. On vous attend tous à l'île Cabrit, Marin, Martinique pour l'arrivée de "Léon 3DDI", vous ne serez pas déçu c'est magnifique...
JP & Hervé sur "Léon 3DDI"


 


 



13 - A bord de "Léon 3DDI" - 5 février 2015

Et pendant ce temps là, les baleines s'amusent...

12ème jour de course qui se termine sur "Léon 3DDI. Les routages d'avant départ donnaient une course en 13 jours mais nous n'y seront pas ! Les 48 h de stop au milieu se retrouvent maintenant.

Hervé et Jean-Pierre Kelbert
Hervé et Jean-Pierre Kelbert

La journée d'hier était à nouveau une régate à vue avec "Yolo" que nous avons finalement perdu de vue dans un grain en fin d'après-midi. Pas simple avec les paquets de sargasses de trouver ses vitesses cible. A 23 h, affalage et changement de spi car le vent monte et notre spi léger (le médium a explosé le 2ème jour) ne pourra plus encaisser plus de 22 nds. Ca fait un trou entre le lourd et le light mais on doit commencer à gérer ! On profite de l'affalage pour une marche AR et une plongée pour dégager quille et ZDrive qui forment des boules de sargassses et génèrent des vibrations et de la trainée. Un début de nuit agité donc et un peu pénalisant en terme de milles. A 17 h ,nous sommes à 160° du vent. Je ne suis pas mécontent car on fait jeu égal avec notre spi lourd dans ces 20/24 nds de vent quand il navigue lui sous grand spi médium.
Seule galère, de nouveau des paquets dans le ZDrive avec de grosses vibrations dans les surfs. Affaler, nettoyer, repartir représente une bonne perte et on a décidé d'attendre le changement du prochain spi pour nettoyer dessous.
Et pendant ce temps là, les baleines s'amusent...
Hervé a repéré en 1er la masse sombre avec ventre blanc dépasser "Léon" à tribord à moins de 5 m en plein surf. A la fois fascinant et inquiétant, on se régale du spectacle mais la tension est là ! Pendant 1h le baleineau va débouler tout près du bateau, nous couper la route, plonger sous la coque et sauter dans de grosses gerbes. Spectacle terminé, c'est bien comme ça !
Avec son petit spi, le bateau est facile donc nous sommes sous pilote avec l'hydrogénérateur qui débite la consommation du bord pendant qu'on se repose à tour de rôle. Sur le pont, compas de relèvement à la main, on s'observe avec notre "meilleur ennemi" sous un soleil de plomb et un océan bleu profond.
Bise
JP et Hervé de "Léon 3DDI"


Transquadra positions actualisées

12 - A bord de "Léon 3 DDI" - 4 février 2015

Suspense Suspense !!

C'est chaud devant pour commencer à prognostiquer le podium... Quand même "Marylou" en tête sur la route nord , c'est dingue ! quand on sait qu'il avait + de 100 milles de retard sur nous au moment du choix nord/sud, ça laisse rêveur !

Hervé Perroud et Jean-Pierre Kelbert
Hervé Perroud et Jean-Pierre Kelbert

En même temps il s'agit d'une toute autre course, celle des schémas météo et non celle contre les adversaires.
Daniel qui navigue parfois sur "Léon" ne manque pas d'audace et de panache, il tire surtout le meilleur parti de son Elan 350 (pas forcément le plus pointu en perf.) et il est encore tôt pour dire si ça va passer sur la fin .
En tout cas pour nous la position en haut est difficile comme prévu car moins ventilée que la route sud (sauf Daniel qui est sur un autre système). Pour nous maintenant c'est "Yolo" le matin, "Yolo" le midi, "Yolo" le soir et puis "Yolo" la nuit aussi . On l' a tout le temps à vue et on sait qu'il guette "l'ouverture" !
La nuit dernière était sympa avec 15 nds de vent sur la route et magnifique lune pile dans le sillage. Avec la musique c'était un "chouette " moment. Au matin ça a un peu dégénéré avec vent très mou et surtout des sargasses partout. On a dû s'arrêter et plonger (eau à 22°)pour dégager le bateau (incroyable le paquet sur la quille et le Z drive)! Un vrai poison équivalent aux algues vertes chez nous. A la barre, on slalome entre des nappes impressionnantes et toutes les 10 mn c'est nettoyage safrans et quille. Donc moral moyen avec pertes de milles et peu de fun à la barre.
Mais le vent va revenir...
Donc pour les prognostiques , je vois bien "Cocody" avec Richard et Jean. Beaucoup de préparation sur le bateau, des polaires "aux petits oignons" qu'il faut tjs mettre à 100% plus la gnac et le talent. Quand je pense que je rigolais de Richard quand je le voyais installer ses petites caméras devant chaque safran, quille, Z drive et que maintenant j'aimerais bien avoir pareil ! "Merlin" c'est le fin renard donc il peut attendre la dernière occasion pour rafler la mise. En temps compensé, "Merlin" est plus bas de 3 millièmes donc "Cocody" doit arriver 30/40 mn devant au Marin mais je crois qu'ils veulent tous les 2 claquer en réel.
Sur "Agence directe" François-René et Bruno ont pris un coup sur la "callebasse" au dernier classement . Trop nord ils souffrent de la molle. Pour gagner faudrait pas que ça dure...
Le vent rentre enfin et Hervé actionne les winches. On attend ça depuis ce matin et je vais l'aider sur le pont.
Bise
JP & Hervé sur "Léon 3DDI"


Transquadra positions actualisées

11 -A bord de "Léon 3 DDI" - 3 février 2015

"La mer des sargasses"

Imaginez une plage de rêve, vous préparez l'apéro pour le coucher de soleil, avec les enfants, les potes ... le soleil décline , ça va être parfait...

Hervé Perroud et Jean-Pierre Kelbert
Hervé Perroud et Jean-Pierre Kelbert

Ben non, pile au coucher de soleil, une armée de "mousticos" vient vous pourrir l'endroit et c'est en courant que vous quittez la plage ( du vécu !)
Les sargasses c'est un peu pareil. La mer est bleue, le soleil tape, le vent chaud vous pousse droit sur la route et la régate bat son plein avec notre copain "Yolo" collé à nos baskets. Ben non, les sargasses sont là, partout et c'est du slalom permanent entre les bancs d'algues ! 200 fois déjà que j'ai sorti la canne à algues pour dégager les safrans; Idem dans la quille avec la corde à noeuds. On lance travers à la route du bateau un bout avec des noeuds tous les mètres, le bout est censé ceinturer la quille . On tire sur un des côtés, le bout coulisse sur l'attaque de la quille, les noeuds dégagent les algues. Après 3 h de ce jeux absurde, hervé me conseille la sieste. Il devait s'inquiéter de me voir devenir dingue ! A mon réveil presque plus de sargasses et le bateau file tranquille sous pilote. J'ai p't'être rêvé ?
Ce soir, on pense inviter Philippe et Jean-François à venir prendre l'apéro chez nous. On mettra "Yolo" en remorque. Je n'ai pas vu que c'était interdit dans les IC ! (instruction de course)
Sinon, nous avons une pensée toute particulière pour Joel et Fred sur "Laminak" qui ont du abandonner leur JPK 1010 suite au dématage de l'autre jour. Nous étions en relation avec eux mais les choix étaient maigres. ils étaient à 1500 milles des Antilles et le bateau marche à max 2/3 nds sous gréement de fortune. Plus proche, le Cap Vert mais travers à la route le bateau n'avance pas. Les secours acceptent de venir mais seulement pour l'aide aux personnes. La décision s'impose alors d'abandonner le bateau et de le mettre "par le fond".
On attend des nouvelles et on pense bien à eux.
Bonne nuit les terriens.
JP & Hervé de "Léon 3 DDI"


Transquadra positions actualisées

10 -A bord de "Léon 3 DDI" - 2 février 2015

Nous ne sommes plus seuls !!

Au petit matin, les feux par notre travers au vent à environ 4 milles ne font pas longtemps mystère quant au bateau qu'ils concernent. "Yolo" notre compagnon d'infortune et plus redoutable adversaire déclaré est là.

Hervé Perroud et Jean-Pierre Kelbert
Hervé Perroud et Jean-Pierre Kelbert

Cette position nous l'avons déjà vécu sur la 1ère étape où nous l'avons "gardé au chaud " dans notre sillage toute la dernière journée pour le battre de 15 mn en temps réel. Aujourd'hui ce qui change est notre position dans le tableau depuis le "loupé" dans notre option ouest.
Nous avons désormais un bon lièvre et il ne va pas être possible d'adopter un mode trop "relaché"! Pour lui comme pour nous, cela redonne du sens à la régate car devant le groupe des sudistes va bientôt profiter de la bascule du vent au nord est qui va leur offrir un angle idéal pour mettre le cap sur la Martinique. c'est le 2ème effet "kiss cool" de l'option, les 40 h au ralenti nous ont décalés dans le timing prévu pour attraper cette bascule prévue de longue date.
Trêve de gérémiades, du match nous allons en avoir avec "Yolo" (depuis ce matin, écart stable, ça ne bouge pas !) puis lorsque nous aurons rejoint les copains groupés. Devant ça "matche" fort entre les JPK 1010 et le 10.80 ( et les autres aussi bien sûr !).
C'est sûr du niveau, il y en a devant et vu les tempéraments de nos clients et amis pour la plupart, je ne vois pas qui va "lâcher" !
Sinon la nuit, divine avec pleine lune, des dauphins qui viennent couiner gentiment et s'amusent comme des gosses. Je profite égoistement de tout et me remplit les sens debout sur la plage avant sous la lune qui filtre à travers mon spi blanc flappant gentiment au dessus de ma tête. Hervé, profitant de son quart matinal, a pêché son 1er poisson volant (enfin le poisson s'est emplafonné le bateau !) l'idée a aussitôt germé de lui faire un sort à la casserole. Ce midi donc, il nous a concocté un repas de rois ! En entrée, filets de poisson volant cuits en filet avec beurre salé (trop bon), sandwich toasté jambon basque et fromage açorien de "Sao Jorge", salade fruit rouge, café + carreaux de chocolat.
La déprime est bien loin désormais ! On profite pour vous.
Bise
JP & Hervé de "Léon 3DDI"


Transquadra positions actualisées

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