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Transquadra

8- A bord de "Léon" 15/02/2018

JOUR 5

Je vais les maudire ces grains d'alizés. Juste avant les premières lueurs de l'aube, je me suis encore fait "manger" !

J'étais plutôt content de moi car Bouznik' et Yuzu étaient enfin décramponnés (4/5 milles derrière) après un long travail patient tout à fait contre nature mais je voulais breaker dans ce bord de grain qui me permettait de glisser divinement à 140° du vent à 10/11 nds stabilisés.
Pendant une petite demi-heure ça glisse bien en effet et je me suis sans doute trop approché du "ventre mou" . J'ai "pris la confiance" et ce dynosaure pluvieux m'a gobé tout entier !
Le reste vous connaissez déjà, le ventilateur s'arrête net et il ne reste que le clapot croisé dans le vaste sillage du géant. Comme hier, j'ai dû attendre au final 2 h avant de retrouver une zone de vent stable avec "Léon" en mode roulis, spi à contre et voiles qui flappent. J'en aurais pleuré de frustration mais bon comme on dit "l'important n'est pas le but mais le chemin" ! Mouais !! En tous cas, une bonne école pour apprendre à rebondir et mettre du positif si on veut continuer d'avancer.
Au programme aujourd'hui douche, rasage pour commencer (bon pour le corps, bon pour la tête) puis du spi avec soleil et vent light autour de 10/12 nds . A priori, le groupe sud a recollé un peu, on va jouer plus nombreux dans les prochains jours.
Bises



7- A bord de "Léon" 14/02/2018

"Je connais ici"

C'est ce que je me suis dit en émergeant de ma sieste ce matin vers 9h et en grimpant sur le pont.

Le soleil bas à l'horizon derrière moi qui éclaire toutes les strats de nuages avec un effet de profondeur sidérant, la mer bleue et le gentil alizé paisible autour de 15/17 nds.
La mer, terre de contraste car en fin de nuit le décor n'était pas du tout le même ; une nuit blanche à suivre les micro bascules et à rester dans le flux annoncé molissant, bref difficile de trouver son chemin dans la nuit opaque.
Le dernier grain m'a été fatal vers 5 h du mat non pas par la force du vent mais par son énième effet "kisscool"! D'abord La pluie qui signale l'arrivée du grain car impossible de le voir par ailleurs. Le scélérat m'a pris par surprise pile dans l'axe de ma trajectoire. D'abord la pluie et ensuite le pétole. Le problème lorsqu'on est devant au milieu il n'y a pas d'échappatoire sur les côtés, on est dans la nasse ! Résultat; je me suis retrouvé dans la traine avec vent 4/6 nds pendant plus d'une heure, je fulminais d'avoir bataillé les 6 h d'avant pour anéantir tout ça en fin de nuit.
Les choses vont mieux depuis, j'ai retrouvé mes copains les doubles vu qu'Alex ne veut pas jouer avec moi (sniff). Désormais, il y en a 3 autour de moi , Yataka, Yuzu et Bouznik' de mes potes François et Daniel qui reviennent de tout là haut sur leur option nord. Tous à portée de VHF, ça blablate sur le 16 ! "Léon Léon de Bouznik', tu m'entends? Salut François oui je t'entends mais là je dormais !!!" Sur Yakata dont la femme a dit, "suis Léon" (!) et qui s'inquiète de quoi faire s'il passe devant !! et Olivier Monin sur Yuzu qui a des soucis d'AIS (mais on a réglé le problème, on navigue à vue).
Je suis donc très motivé ce matin pour faire du "good job" et me coucher ce soir avec le sourire ! Pour l'heure, je suis en maillot de bain pour me sécher un peu et j'enchaine les jibes pour descendre le plus vite à mon waypoint sensé m'éviter les bulles anticycloniques placées dans mon Nord et dans mon Sud. Jusqu'à dimanche ça devrait rester mou et l'alizé reprendra ensuite de sa vigueur pour nous propulser vers les Antilles mais c'est une autre histoire .
Bises à tous
jp



6- A bord de "Léon" 13/02/2018

Nuit sans lune

Les classements sont impitoyables et la "mobylette rose" a dû mettre de la nitroglycérine dans son carburant !

C'est sûr qu'il a fait route directe toute la journée mais quand même j'ai l'impression de faire la course contre un mini 6.50 !

Heureusement que j'ai d'autres copains pour jouer. Avec le Figaro 2 d'Olivier Monin on ne s'est pas quitté depuis hier soir. Ils m'ont même fait sursauter à la VHF en pleine sieste pour me dire qu'il croisait juste dans mon AR ; je n'avais rien vu ni entendu à l'AIS !
Je lève la tête , il est juste là à 100 m coque rouge en surf dans l'alizé . Réglage, empannage, changement de spi, on fait ce qu'il faut pour rester devant, non mais ! je perds le contact en fin d'AM mais là en début de nuit, je vois de nouveau ses feux de navigation, derrière ! Et les autres doubles ça donne quoi ?
Bouznik du copain François avec Daniel Péponnet est en pointe de la route Nord et à mon sens en distance au but égale à la notre. Ogic et Agence directe vainqueurs de la 1ere étape sont un peu décrochés .
Chez les solos, Stéphane Bodin 3eme sur son 1010 a bien décroché Loulou Dussere et JF Hamon en demi teinte. C'est vrai que cette 2eme étape est compliquée à gérer car pendant 6 mois on ne navigue quasi plus pour se retrouver direct "dans le dur".
Mon "runner" léger en l'air je vais stresser encore plus cette nuit à l'approche des grains. Tout préparer pour affaler en catastrophe, se fixer une butée haute pour la force du vent garder les sens en éveil car avec cette nuit sans lune on ne voit rien arriver. Mais bon on est là pour naviguer à 100% de la polaire !
Dormez bien les terriens.



5 - A bord de Léon - 13/02/2018

Le cas Ozon !

Il va falloir que j'apprenne à raisonner sur 2 niveaux pour rester 100% positif ! Le classement contre Alex et celui contre le reste de la flotte.

C'est sûr, je suis content de la tournure que prend la course face à toute la horde lancée à mes trousses; ça veut dire que le bateau va bien et que je tiens le rythme.
Contre ce chameau d'Alex c'est autre chose et je suis perplexe car il est tjs super rapide. Cette nuit, il fallait que je mette un peu de Sud dans ma route et à force de contres bords ados/refus j'ai réussi à me glisser là où je voulais mais les contre bords babords coutent chers car au mieux à 30° de la route. Dans le même temps, Alex navigue plus loffé, droit sur la route et ça fait mal !
Pas de surprise car il a investi beaucoup dans le sud après le départ et passe maintenant à la caisse ! C'est sûr qu'après la 1ère nuit de la 1ère étape, j'avais compris que son bateau était très adapté aux bords de portant au delà de 20 nds et sur la transat c'est un peu ça l'idée. Bateau mono programme certes mais ce Alex est un E.T . Il maitrise tous les compartiments du jeu et se sert de son bateau comme d'un instrument de musique qu'il connait par coeur.
Mais bon pas de méprise je reste motivé comme jamais et je joue toujours la gagne, évidemment !
Portez vous bien, ici soleil et mer bleue quoique qu'un peu chahutée pour préparer le petit déjeuner.



4 - A bord de Léon - 12/02/2018

La bataille de l'Atlantique !

Je reçois enfin les fichiers de positions et on peut dire que "c'est là que ça commence" comme dirait Nono (Bruno Jourdren).
Ma position me convient mais ce diable d'Alex est déja bien décollé devant tout le paquet.

JP Kelbert JPK 1080
JP Kelbert JPK 1080

Heureusement, son décalage Sud n'est pas forcément d'un grand intérêt aux vues du schéma météo suivant. Pour l'heure je vais m'appliquer et tenter de garder les doubles dans le rétro ! (pas simple surtout que le Figaro 2 d'Olivier Monin semble bien rapide).

La 1ère journée dans la douleur, la seconde pour reprendre pied et la 3eme pour changer de mode et se mettre dans un état d'esprit offensif.
A venir; une course de vitesse et de placement en mode "gagne petit" au gré des courtes bascules de vent. Cette nuit, je me suis déja bien chauffé avec pas moins de 8 "jibes" . Le principe est simple si le vent adonne (prend de la droite) de plus de 10° pendant 10mn, je décide d'empanner et idem sur l'autre bord, l'inconnue étant le temps que durera cette légère bascule.
Une fois la manoeuvre terminée je redescends à la table à carte regarder la trace dessinée en attendant que le vent tourne à nouveau .
Du coup, je n'ai pas beaucoup dormi avant le milieu de matinée lorsque le vent s'est enfin stabilisé.
Au petit déjeuner, une petite récompense avec une bonne odeur d'oeufs bacon dans le bateau suivi d'un peu de toilette totalement oublié depuis le départ ! J'en ai profité pour me doucher , me raser et voir dans la glace que j'ai un oeil au poc. J'avais pris un bon coup dans la pommette la 1ere nuit mais je n'avais pas fait gaffe. Rien de méchant, j'ai 10 jours pour gommer tout ça.
Côté ambiance et après une nuit animée sur le pont à la frontale, le lever du jour était pourtant assez glauque, ambiance "40 nuances de grès", un ciel bas et plombé, une mer triste. 2 h plus tard grand soleil, mer bleue, nous y sommes enfin !
Sur le même tempo ensoleillé, journée parfaite entre siestes, lecture, bouffe (trop bonne ma salade de tomate + ail et jambon espagnol (merci Daniel !) puis travail des méninges avec les fameux fichiers de vent et de positions et pour finir les travaux pratiques et ses empannages rapprochés que je me surprends à envoyer en mode Lucky Luke. Comme dirait Emma "tu prends la confiance" !
Je vous quitte pour aller contempler l'horizon et rêver un peu devant mon premier coucher de soleil de la transat .
bises bises


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3 - A bord de Léon - 12/02/2018

Lundi 12 Février, 4h du mat, tout va bien à bord de Léon

Digéré l'épisode accrobatique même si je sens encore pas mal de courbatures car j'ai vraiment dû forcer comme une brute pour ramener le "spi en folie"! Dans ces cas là on décuple ses forces mais forcément ça se paye après.

Sur le bateau, les seuls bobos sont halebas de GV arraché (brêlage refait) et mes 2 balancines de tangon (gaines cisaillées) qui n'ont pas apprécié le chalutage violent des tubes. Une pensée pour nos amis de Tonnerre Gréement, Jacques, Gilles, Erwan, Philippe, Dom qui ont fait un top boulot sur le bateau, malgré les efforts rien n'a bougé !
Aujourd'hui, la mer beaucoup mieux organisée et le pilote en nets progrets me changent la vie. Je n'ai quasi pas barré, régulant simplement à l'écoute de spi quand le vent grimpe (encore du 30 nds sous grand spi !)
J'organise ma petite vie autour des axes principaux, faire avancer le bateau au mieux, choisir la bonne trajectoire et recharger mes batteries entre sieste, nav et repas. Oeuf bacon ce matin, poulet curry ce soir.
J'essaye d'installer un peu de "normalité" pour me sentir comme "à la maison" ! Cette nuit le vent est shifty autour de 20 nds et bascule de 20/30° toutes les demi-heures. Forcément l'instinct de régatier refait surface et j'ai dû faire 6 empannages depuis le début de nuit pour essayer d'exploiter les bascules (là je vais me calmer). La technique des doubles tangons est top mais il faut respecter scrupuleusement la bonne procédure pour ne pas se retrouver en "distribil" .
"Jakata" un des 1ers double vient d'apparaitre à l'AIS 5 milles derrière. Je vais essayer de le décrocher cette nuit !
Bises à tous, portez vous bien.
jp


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2- A bord de "Léon" 11/02/2018

Les vacances sont terminées !

Dur dur ce début de course !

JP Kelbert JPK 1080
JP Kelbert JPK 1080

Durant la procédure de départ mon GPS ne donnait plus de position au moment de "rentrer" la position de la bouée de dégagement . Donc déjà un peu en stress et passablement perturbé pour gérer tranquillement mon départ. Alex est parti à fond avec son grand spi et j'ai préféré être prudent avec mon spi lourd .
2ème à la bouée je me suis assez vite refait en gérant mon empannage proprement. Nous voilà parti pour un long bord babord histoire de sortir sans risque du dévent de l"île.
Le bateau va bien mais le pilote fait pas mal d'embardées et je ne suis pas serein dans les claques à 26/28 nds surtout que la mer est très croisée et que j'ai remis mon grand spi histoire de réduire l'hémorragie avec Alex qui planne constamment.
La mer est vraiment croisée, pourrie et le bateau roule beaucoup.
Les vrais problèmes arrivent en début de nuit peu après avoir géré mon empannage à 60 milles de Madère histoire de ne pas avoir de zone perturbée par le dévent qui peut aller jusqu'à plus de 100 milles .
Empannage nickel mais peu après gros départ à l'abbattée, bateau couché, tangon dans l'eau, pas fier !
Miraculeusement, j'arrive à remmettre le bateau à l'endroit mais je suis un peu choqué ! 30mn plus tard et de nouveau sous pilote, rebelotte mais là impossible de refaire la même, le spi termine dans l'étai et je vais y passer plus d'une heure avec très grosse débauche d'énergie.
J'ai dû naviguer plus d'un heure sous GV seule; le temps de tout ramener, ranger, plier, lainer et renvoyer. Depuis, je suis reparti et j'ai gardé la barre quelques heures. Le vent tourne maintenant autour des 20 nds et je peux souffler et enchainer quelques micro siestes .
Voilà pour cette nuit ! Il va falloir prendre le rythme et surtout retrouver les bons réglages pilote .
Bref, pour un début de course c'est du "brutal" !


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1 - A bord de Léon - 10/02/2018. - Les news de Jean-Pierre Kelbert à suivre dans la rubrique TRANSQUADRA

Ca y est, nous y sommes au départ de cette seconde étape de la Transquadra entre Madère et la Martinique!

Tout le monde est enfin arrivé car avec les avions qui ne décollaient pas de Paris et ceux qui ne se posaient pas à Funchal à cause du vent rafaleux, certains concurrents sont restés bloqués 48 h dans différents aéroports !

Les JPK
Les JPK

Tout le monde est enfin arrivé car avec les avions qui ne décollaient pas de Paris et ceux qui ne se posaient pas à Funchal à cause du vent rafaleux, certains concurrents sont restés bloqués 48 h dans différents aéroports !
Mention spéciale à Loulou (Solo Raging Bee) qui est arrivé à minuit la veille du départ!
Pour ma part, no stress car arrivé lundi j'ai eu le temps de gérer la préparation du bateau et switcher dans la tête du chantier à la course.
A priori, tout est OK pour une traversée plutôt rapide sur une route assez tendue et un alizé solide. Evidemment, du jeu il va y en avoir entre la zone de départ et son cône de dévent sous Madère toujours piégeant et une zone de haute pression descendant du Nord qui risque de nous obliger à glisser sous la route en milieu de traversée.
Impatient mais tendu dans ces derniers moments d'avant départ.
Une traversée Atlantique c'est l'aventure et en solo plus encore.
Les expériences passées me permettent d'être assez serein mais il reste évidemment l'appréhension d'avant le "grand saut"!
Coté course, le cadre a été posé sur la 1ère étape et Alex Ozon devrait en toute logique être le plus coriace de mes adversaires. Bien-sûr, la horde des JPK 1010 , Stéphane Bodin, Jean-François Hamon, Loulou Dussere ... seront aussi très dangereux mais bon l'idée est de naviguer proprement "fast and safe" pour ne pas avoir de regrets et prendre le maximum de plaisir.
En double, Ogic est favori avec sa superbe 1ère étape mais les écarts sont faibles et rien n'est joué chez les doubles.
Rendez vous dès que possible (à priori les 1ères 24 h seront toniques et délicates) lorsque mon "Léon" me laissera un peu de temps libre pour écrire!
Bises de Madère à 1 h du départ
JP

 


carto Transquadra Madère- Martinique

Vidéo "OGIC"

Vainqueur de la 1ère étape Lorient-Madère

Pascal Chombart de Lauwe et Fabrice SORIN



Clap de fin 1ère étape Lorient-Madère - Transquadra 2017/2018

Une semaine après l'arrivée à Madère de la 1ère étape de la Transquadra , il est temps de "débriefer"!

Pascal Chombart de Lauwe et Fabrice Sorin les heureux vainqueurs en double en temps compensé sur "Ogic" JPK 1010.

FVM_8287.jpg

 

Le format de la course en 2 étapes séparées de 6 mois est assez singulier et au final c'est un peu 2 courses différentes avec un cumul final des temps aux Antilles. Cette étape Lorient/ Madère est toujours très riche et intéressante avec la traversée du Golfe de Gascogne, la négociation du cap Finisterre et en général le déroulé final jusqu'à Madère.


A 3 jours près nous partions au près dans du vent soutenu (face au Beepox je n'aurais pas dit non !) mais c'est au portant médium + que le 1er tronçon a été avalé. La négociation du passage du cap Finisterre et surtout le choix de passer à l'intérieur ou à l'extérieur du DST (zone de traffic maritime intense interdite aux voiliers) a conditionné beaucoup de choses et a surtout établi une hiérarchie en tête de flotte. Clairement, ca passait à l'intérieur même s'il fallait accepter une zone de transition un peu ingrate entre le vent mollissant sur certaines zones et son orientation dans le nez. En solo, Alexandre Ozon sur son Beepox à quelques milles devant moi, mais invisible pour cause de panne de balise, a vite estimé que le "grand tour" par l'ouest du DST n'avait pas grand sens car rien n'indiquait de façon formelle que le vent y serait plus soutenu et mieux orienté. En revanche que la route était rallongée de 15/20 milles ça oui cela était clair dans le calcul. Dans le même état d'esprit et malgré une panne de fichier à ce moment sensible, j'ai opté pour la même stratégie. Alex a mieux exploité un couloir de vent plus écarté de la terre et avec mes positions a habilement négocié ce passage délicat. La course va se jouer en grande partie là autant chez les solos que chez les doubles. 100% des bateaux très bien classés à Madère auront opté pour "l'intérieur ".
Si devant le Beepox mange son pain blanc en touchant le nouveau vent très tôt avec en prime un angle idéal au largue pour viser Madère (de mon côté, j'ai poussé le bord assez loin dans l'ouest sous le DST pour toucher tôt la bascule ouest) , il n'en va pas de même pour les partisans du "grand tour". Parmi les favoris, au départ LS Resta le 1080 d'Olivier Burgaud et Louis Lagadec auront été les extrêmes ouest et donc les plus grands perdants. Dans une moindre mesure, "Bouznik'" le 1080 de François Valraud et Daniel Peponnet perdra lui aussi toutes chances de podium sur ce choix de tangenter mais par le Nord Ouest le DST s'appuyant sur quantité de routages en mailles fines !
Par l'intérieur, le 1080 "Agence directe" de Francois-René Carluer et Gwenael Roth auteur d'un début de course parfait et en navigation à vue la veille avec "Bouznik'" va coller plus de 20 milles aux malheureux sur le choix de l'option.
Tout proche en temps réel malgré sa petite taille, "Ogic" le JPK 1010 de Fabrice Sorin et Pascal Chombart de Lowe mène un train d'enfer et se retrouve 4ème en réel.
Parmi les grands favoris de la course après un début de saison en fanfare le redoutable duo ne fera aucune faute autant sur la conduite à 100% du bateau que sur la stratégie.
A la sortie du DST un pré classement s'établit et il ne va plus varier beaucoup jusqu'à la fin.
En solo, Alex fait corps avec sa redoutable machine, un Beepox de 15 ans d'âge qu'il connaît de la tête de mât au bulbe de quille. Ultra léger, ultra planant mené toujours à 100% par Alex toujours à la barre et de plus intraçable car non repéré sur les balises, il ne me laissera aucune chance ! J'étais pourtant satisfait de ma course et de ma trajectoire .
En terminant 1er et 2eme scratch devant tous les doubles, je pense qu'on a prouvé avec Alex que nous naviguions à fond tout le temps et que du match il risque d'y en avoir jusqu'à l'arrivée au Marin.
Les autres solos JPK 1010 "maison", Loulou Dussere sur "Raging Bee", Stephane Bodin sur "Enertek" et Jean-François Hamon sur "Charline" se sont tirés une bourre mémorable. Tous situés à l'extérieur du DST, ils ont tous perdu de précieux milles par rapport au "groupe de terre".
A l'arrivée, Stéphane termine 1 h devant Loulou un peu dépité avec pas mal de petites casses sur le bateau.
En solo et à part l'extraterrestre "Ozon" c'est un joli carton JPK avec 5 bateaux dans les 6 premiers, Ludovic Melnyk complétant avec son JPK 960 "Sous mama" ce joli tir groupé.
En double, "Agence directe" collé dans mon tableau AR à Finisterre aura tout essayé pour me passer mais non ! En tous cas, cela nous aura permis de mener à fond nos 1080 et de faire de l'écart derrière. En double, Francois-René et Gwenael terminent 1er en réel mais pour 15 mn se font battre en compensé par "Ogic" auteur d'un sans-faute .
3eme en réel "Bouznik'" va payer cher son option ext DST sur le compensé .
Les "petits ratings' ne sont pas très loin et c'est un A31 "Taigan" qui monte sur le podium devant "Alkaid " le JPK 1010 de Gérard Quenot et Jérôme Alpoda vainqueur de la Transquadra 2012 et de retour "aux affaires "!
Sur "Shaitan" le 1080 de Jean-Eudes Renier et Patrick Baune absent des relevés de balises durant toute la course, on aura connu une belle frayeur lorsque Patrick accroché en haut du mât pour défaire un vilain "cocotier" s'est vu voltiger après 2 empannages involontaires ! 2 heures plus tard, les 2 amis épuisés décideront de faire quelques heures sous GV seule pour récupérer des forces ! Venu d'Allemagne, "Frida" le dernier 1080 engagé se place honorablement pour ce sympathique duo composé de Tim Berhendt et Andreas Buchheim.
Heureux également, Jacques Amedeo et Brice Tailliandier sur le JPK 110 "Sephora". Une trajectoire impeccable et un rythme soutenu pour une magnifique place à l'arrivée. Bravo Jacques, tu te bonifies année après année ! En belle progression également, le JPK 1010 "El Soplo" de Daniel Robin et Jacques Rigalleau revient sur la transquadra. Entrainement avec le figariste Benjamin Dutreux, séquences de navigation tout l'hiver, le travail paye...

Dans la famille JPK, mention spéciale au JPK 38 "Avance au large". Jean-Bernard et Claire Palthey qui fêtait leur 20 ans de mariage en s'offrant une Transquadra sur leur JPK 38 de croisière.
Clin d'œil également avec le 1er JPK mis à l'eau en 2003 présent sur la course. Hugues Le Cardinal aura mené à bon port son JPK 960 "Mascarade" anciennement "Léon" " Léonardo" "Forget me not". Du côté des sudistes, le JPK 1010 Jubilations Corse d'Arnaud Vuillemin accompagné de Grégoire Bezie monte sur la 3ème marche du podium méditerranéen... Difficile de citer tout le monde ! Une chose est sûre; chacun a vécu sa course avec passion.

A terre, certains se sont aussi brillamment illustrés comme François Valraud notre interprète portugais (langue assimilée en 3 jours !) ou Olivier Burgaud qui trouvait là un terrain propice à la revanche ...  Bref du sport sur l'eau, de l'ambiance à terre , en un mot le bonheur !
Moins drôle, les bateaux sont désormais au sec sous l'aéroport de Madère à nous attendre jusqu'en janvier prochain.

Il va falloir vivre sans nos bateaux pendant 6 mois ! Bravo et merci à tous !

Jean-Pierre Kelbert



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