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Cap Martinique J10 — L’enfer au paradis…

Jeudi 30 avril (J+10) à 14:08

Eh bien : conditions superbes depuis quelques jours, à longer les côtes africaines avant d’attaquer la traversée de l’Atlantique. Au coucher de soleil, j’ai traversé une myriade de pirogues mauritaniennes en pêche, au mouillage, face au vent. Trois par bateau, à se faire balloter toute la journée, et à faire de grands signes amicaux à mon passage. En arrière-plan, les hautes falaises blanches rectilignes sur des kilomètres, un peu austères.

Déjà, la nuit arrive et je programme une première sieste pour être bien d’attaque pour la nuit. Côté course, peu de réussite ou d’inspiration pour l’instant : passage à niveau de La Corogne manqué, perte sèche au passage des Canaries, atterrissage sur le Sahara occidental un peu en retard, et donc pétole avant un retour tardif du vent. Je guette une possibilité de me rapprocher de la tête de course, mais c’est plutôt le scénario inverse qui s’écrit !

La journée d’hier était superbe, avec une mer plate, 16/18 nds de vent, le bateau super aérien quand on rasait la Mauritanie : quel bonheur de naviguer sur ces carènes en regardant la côte défiler et ces pêcheurs partout.

Mais cette nuit, j’ai ramassé trois filets dans la quille, j’ai cru ne pas y arriver !

Les Marocains pêchent aux filets dérivants très longs, avec flash light ou petits flotteurs pour matérialiser. Éric, sur le JPK 1050 Ose, m’avait donné un point GPS : ils l’avaient croisé quelques heures avant moi et y avaient échappé à la dernière seconde. Donc j’avais pris de la marge sur ce point GPS et j’étais en sieste vers 1 h du mat… Quand le bateau s’est arrêté net !

L’alarme pilote qui braille, je me réveille et comprends que le bateau n’avance plus, spi à contre, avec des bruits de flotteurs contre la coque. Affalage de toutes les voiles, je sors la canne à algues et mon couteau, et là c’est une énorme dépense d’énergie, suspendu au ras de l’eau, à détruire leur outil de travail et essayer de « sauver Willy ». Le premier : quasi une heure pour en sortir ; mais j’ai cru devoir plonger, donc trop heureux quand tu vois que tu ne traînes plus rien. Pendant que je range tout ce bordel, je n’y crois pas, je m’en reprends un ! Pas de flash sur cette ligne. Rebelote : affalage, gaffe, couteau… Je repars délivré une nouvelle fois, mais me fais piéger un dernier coup une demi-heure plus tard. Je suis cerné par des filets dérivants, le cauchemar !

Là, je m’en sors sans affaler, il faut juste essayer de ressortir par où on est rentré ! Foc à contre, pivot, et hop, on sort du piège, mais je reste parano un long moment et m’inquiète aussi de voir les pêcheurs débouler : c’est sûr, ils ne vont pas être contents…

Au bilan de la nuit, je ne suis pas très fier ! Je me rapprochais doucement de Régis et Clémence et je m’étais bien remobilisé, mais là… Combien de milles perdus ? Et physiquement, ce matin, je suis comme « passé à tabac », avec des contusions partout et un méga hématome à la cuisse. C’est très scabreux d’être plié à l’extérieur du bateau avec couteau et gaffe, l’effort ultra violent !

Une fois le bateau reparti à bonne vitesse sous spi, et pour me redonner le moral, je me prends à rêver d’escales enchantées : du Cap-Vert, à Fernando de Noronha, d’escales brésiliennes ou de glisses pacifiques jusqu’aux Marquises, à bord du futur JPK Fast Cruiser du chantier… On vous en dit plus dans quelques jours !

— JP

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Vidéo du jour, au large du Sahara occidental

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