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Cap Martinique J4 à J6 — Petit décalage deviendra grand…

Vendredi (J4) à 23:24

Petit décalage deviendra grand !

Eh bien les amis, je pense avoir fait le coup de trop dans mon décalage un peu extérieur aujourd’hui…

Clairement, toute la journée, ce décalage m’a permis de revenir aux avant-postes avec une bonne carbu et une veine de vent intéressante plus au large. Les routages prévenaient d’une transition à risque avec l’arrivée du vent thermique. Il fallait donc choisir le bon moment pour revenir vers la terre et accepter de contre-border deux heures dans un vent adonnant sur l’autre bord. Il fallait capitaliser les milles, gagner sans être trop gourmand !

Laudato [JPK 1050 de Régis et Clémence Vian], que j’avais bien déposé, est reparti un peu plus tôt que moi en tribord quand j’attendais un franc refus… qui au final est arrivé, mais n’aura pas tenu longtemps avec l’arrivée de la totale pétole, et bien plus tard, du nouveau vent du large.

Je suis resté longtemps dans cette zone de transition sans aucun échappatoire pour constater que les copains avaient retrouvé de la pression et tendaient de nouveau l’élastique. Double peine, car dans cette position, ma trajectoire pour mettre le cap sur Lisbonne est moins ventilée. Il est 23 heures et je dois réempanner, travers à la route, pour éviter de naviguer parallèle à cette zone de vent sans vraiment en profiter.

Donc je ne suis pas très fier de moi, car ce matin je me disais qu’il ne fallait pas rater le train et c’est sans doute ce qui vient d’arriver. La route est longue et je vais guetter les ouvertures…

Alex je ne te laisserai pas tranquille !

— JP

Position de JP sur le JPK 1050 PERSAIVERT le vendredi 24/04 à 23:30

Samedi (J5) à 23:58

Attendez-moi les copains !

C’était la journée rêvée pour faire du bateau, et qui plus est en croisière où le seul enjeu est de se faire plaisir et de jouir du bonheur d’être sur l’eau. En course, les enjeux sont différents, et on préfère naviguer devant sous la pluie que derrière sous le soleil, l’idéal étant de naviguer devant et dans les conditions rêvées, on est pas des sauvages !

De fait, j’ai passé la journée dans un état d’émerveillement et de frustration, émerveillement de cette beauté folle et frustration de voir inéluctablement le « club des 5 » créer de l’écart à chaque pointage. C’est sans doute là que se manifeste l’esprit de compétition, où les choses sont vécues avec une totale intensité pour, sitôt l’arrivée franchie, ne plus avoir aucune importance.

L’explication de cette perte de milles aujourd’hui révèle à quel point ces nouveaux bateaux planants sont sensibles : avec 13 nds, ils ne planent pas, avec 15 nds, ils planent sur le bon angle. Piégé 20 milles en parallèle du groupe de tête, j’ai dû attendre 16 h pour avoir ce seuil de vent minimum et pouvoir enfin pousser la machine, avec en soirée des pointes au delà de 17 nds. Mais l’hémorragie de milles à bien eu lieu, et il va falloir charbonner ! Le bord est encore long jusqu’à Madère qu’on atteindra lundi en milieu de journée.

La question suivante concerne la trajectoire, Nord ou Sud, pour rejoindre les Antilles. L’alizé est faible et positionné très bas, ce qui oblige à une belle rallonge de route, presque à toucher le Cap Vert ! L’autre route fait moins rêver et comporte des inconnues sur la troisième semaine de course, mais elle réduit follement la distance.

J’imagine que chacun mouline dans son coin la stratégie de traversée, un combo entre l’envie de naviguer au soleil sous spi et bien sûr, jouer la gagne.

Sur Persaivert on persévère, on ne lâche rien, et on prépare le coup suivant pour la beauté du jeu !

— JP

Position de JP sur le JPK 1050 PERSAIVERT le samedi 25/04 à 23:30

Dimanche (J6) 01:39

On s’est quittés un peu tendus car le redémarrage avait été bien laborieux… Quelques heures plus tard, la nuit est douce avec une jolie lune et un vent ami qui fait bruisser la toile légère du spi. Je divague et profite, en essayant de ne plus penser aux classements qui tournent dans le mauvais sens pour moi.

À 2 h du mat’, je m’allonge pour une sieste de 40 minutes, et j’enclenche mon buzzer. Profondément endormi, une alarme stridente m’arrache soudain à mon sommeil, et je comprends que ce n’est pas mon réveil mais une autre alarme : la centrale a planté, c’est pas bon ! Sans pilote, le bateau a empanné, spi à contre, safran relevé… Mais rien de cassé, car heureusement, le vent souffle léger à 12 nds.

Je remets le bateau sur son cap et je temporise à la barre pour voir comment gérer. Comme je ne veux pas affaler le spi, il va falloir faire vite… C’est MAINTENANT, il faut lâcher la barre descendre à la table à carte, ON/OFF centrale pour tenter de la faire repartir. C’est rock & roll de faire l’aller-retour en 3 secondes !

Au final j’enclenche le pilote de secours, merci Julien [électricien de JPK Composites], et je peux gérer. Deux heures plus tard, mon martin breaker de spi s’ouvre tout seul (!) dans un vent plus fort, mais gérable, et en soirée c’est ma pile à éthanol qui me cause de petits soucis. À 1h30, ce matin, c’est le lashing de l’anneau au bout du bout dehors qui cède. Là, pas le choix : il faut affaler le A2 et aller devant refaire le lashing, les pieds calés sur la sur la sous-barbe, et bien concentré car c’est un peu impressionnant d’être au-dessus de l’eau !

Là c’est reparti, et j’espère sans ennuis avant un moment !

Bonne nuit …

— JP

Position de JP sur le JPK 1050 PERSAIVERT le lundi 27/04 à 09:00

La vidéo du bord

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