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Transquadra

1ère étape Saint Nazaire-Madère

Vainqueur Philippe Vicariot sur "Swinhoé" JPK 1010

Arrivé le 16 juin à 2h57'30''- Quelle course !

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Bravo Philippe, dans quel état êtes vous ?

Un peu fatigué ! En fait j’ai eu deux grosses pressions à gérer, sans parler de celle qui, deux fois par jour, me coupe complètement l’appétit : Le classement ! c’est comme dans le Figaro, je ne peux rien avaler avant LE classement. Je suis impatient, je bouillonne !

En fait, le Cap Finisterre a été un moment difficile.

J’ai eu peur de la pétole annoncée sur les cartes et je suis allée loin des côtes. Ceux qui ont tiré à la côte se sont envolés et j’ai perdu du terrain, mais après on a bien rattrapé ! Le bateau marche très vite et je n’avais en réalité que 5 milles de retard en latéral.

 Vous aviez votre bateau depuis très peu de temps, un JPK 10.10 ?

Ce bateau me convient très bien. Il est rassurant. On n’avait jamais eu 30 nœuds de vent, sous spi, pendant 3 jours... on a eu aucun problème et rien cassé ! Comme souvent les marins emploie le « on » plutot que « je »... On, c’est lui et son bateau, un duo très fusionnel qui doit impérativement fonctionner pour réussir !

Quelle est la deuxième grosse pression dont vous parliez ?

C’était justement pendant ces trois jours de spi à 30 nœuds... comment le gérer, comment se reposer ? J’ai décidé d’affaler une nuit pour aller dormir; J’ai fait confiance au pilote, il le fallait.

 
Alors, prêt pour la deuxième étape ?

Rappelez moi la date ? le 28 janvier ? AH ! j’ai cru que vous vouliez me faire repartir tout de suite ! (rires)
Cette course est vraiment sympa, il y a des coureurs qui sont au niveau des grandes compétitions. Cette étape ressemblait à une grosse manche du Figaro sur 5 jours . Je pense qu’elle devrait rencontrer de plus en plus de succès ! (Mais, mon cher Philippe savez-vous qu’elle affiche 100 concurrents à tous les départs depuis 2 éditions, et que les inscriptions sont déjà en cours pour la prochaine !)


Transquadra 1ère étape juillet 2011

Saint Nazaire - Barcelone - Porto Santo

Au départ de Saint Nazaire, Philippe Vicariot faisait partie des grands favoris du classement solo et cette étiquette lui mettait une pression particulière.

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SAINT NAZAIRE - PORTO SANTO
En terminant plus de 5 heures devant Jean-François Hamon et Titou (Jean-Baptiste L'olivier) le moins que l'on puisse dire est que cette pression a été bien exploitée!.
Après un départ en "boulet de canon" au reaching musclé, Philippe se présente au cap Finisterre avec plus de 10 milles d'avance sur le second.
Respectant les consignes de "maitre" Bernot qui préconise par régime de nord ouest de s'écarter des côtes afin d'éviter la zone "tampon", Philippe arrondit sa route 20 milles à l'extérieur du cap Finisterre mais se retrouve dans un vent molissant et adonnant pendant qu'à "terre" le vent accélère et refuse créant l'aspiration pour les poursuivants. "Swinhoé" le JPK 1010 plonge juste à temps pour éviter les calmes de la dorsale et sort miraculeusement indemne de cette option. 1er du classement double à ce moment sur ler A 35 les frères Cruse perdront plus de 80 milles dans cette option "extérieure".  A la sortie du cap Finisterre, Philippe est 2ème 5 milles derrière Titou et revient très vite sur la tête de course. Les alizées portugais sont au rendez vous entre 25 et 30 nds, il va falloir aller vite sans se faire piéger. Extrêmement rapide durant toute la descente, Philippe mène son JPK 1010 au même rythme que les doubles et creuse tous les jours l'écart avec les autres solitaires. Pas un seul " vrac", pas un seul souci technique, "Swinhoé" arrive avec plus de 5 heures d'avance à Porto Santo. En janvier prochain nul doute que pour la 2ème étape, l'étiquette de grandissime favori lui sera vissé sur la tête ... Tant mieux, Philippe gère très bien la pression !
BRAVO CHAMPION

En double, le bateau vainqueur a déjà une jolie histoire sur la "Transquadra". En 2008 le bateau s'appelle "Léon" (Partouche pour la course) et va remporter le classement solo entre les mains de Jean-Pierre Kelbert. Après cette transat, Pascal Loison excellent régatier de Cherbourg rachète le bateau et se prépare à son tour pour la prochaine Transquadra. Nicolas Pasternak , lui aussi propriétaire d'un 960, vient épauler Pascal sur la course. La suite est simple, l'équipe va fonctionner à merveille avec une vitesse terrible, une route absolument parfaite, et une attitude toujours très offensive.
Résultat depuis le 1er jour, "Night and day" occupe la 1ere place du classement compensé mais surtout vient menacer en temps réel les 1ers du classement, les sympathiques frères Croyère.  A l'arrivée, ce duo de fer termine 2ème en temps réel et remporte très logiquement l'étape en temps compensé.
BRAVO Messieurs pour cette démonstration ...

3ème sur son JPK 1010, Gérard Quénot avait des ambitions au départ de la transat et son équipier et ami Luc Fourichon venait avec l'intention de livrer une belle bagarre. Toujours aux avants postes, le duo, 7ème au Cap Finisterre s'est retroussé les manches pour se mettre en mode "attaque" dès que le vent est rentré fort de l'arrière. En raccourcissant les quarts à 1 heure pour être toujours à 100 %, Gérard et son binôme remonte un à un ses concurrents pour revenir 3ème en temps réel la veille de l'arrivée à quelques milles seulement des 1ers.
Seul problème, dans ce mode "attaque", les  2 grands spis ont été perdus !  Hélas, le vent mollit en fin de parcours et condamne "Nauti stock". Les espagnols de "Victoria " en profitent pour passer 2ème en compensé tout juste  5minutes devant.
Nul doute que la 2ème étape se déroulera sur le même mode offensif pour Gérard et Luc, la méthode étant apparemment la bonne...

BARCELONE - PORTO SANTO
Seulement 2 JPK au départ de Barcelone mais 2 équipages aussi combattifs sur l'eau que sympathiques à terre.
D'un côté, Daniel Dupont secondé par son frère sur "Crédit immobilier"", de l'autre Olivier Duthoit et Christophe Mandeix sur "Jubilations powered by Sud Voilerie".
Les 4 premiers jours se déroulent dans un vrai climat d'été en Méditerrannée avec soleil et "pétole", la flotte restant très groupée à l'affût des moindres risées. Sur  "Jubilations"  les portes de la "pétole"  se sont refermées un peu tôt privant l'équipage de bien figurer mais Christophe et Olivier gardent le moral prêts à attaquer la 2ème étape avec appétit...  Sur "Crédit immobilier" la course se jouera juste avant le passage de Gibraltar.
2ème à 5 milles du 1er "Williwaw" , "Crédit immobilier" inquiet de voir le vent mollir encore lâche son option à gauche du plan d'eau pour retraverser jusqu'à la côte espagnole. Damned, le vent rentre de la gauche et laisse "Williwaw" seul profiter du flux d'air. La suite est simple, le vent étant devant, les 1ers creusent l'écart .
Habiles et rapides, Daniel et son frère reviennent 3ème en tricotant à terre jusqu'à Gibraltar puis au reaching musclé jusqu'à Porto Santo où le JPK 1010  fait parler sa puissance.


"Mon expérience Transquadra"

par Jean-Pierre Kelbert

La prochaine Transquadra se profile déjà à l'horizon et je voulais partager mon expérience en double sur la Transat 2005/2006 et en solo sur la transat 2008/2009 avec ceux qui se lancent dans cette prochaine édition sur un JPK.

JP Kelbert, vainqueur de la TSQ 2008/2009 en solitaire sur "Léon" JPK 960
JP Kelbert, vainqueur de la TSQ 2008/2009 en solitaire sur "Léon" JPK 960
Je pense qu'avant tout il faut privilégier le côté aventure et le côté humain avant le côté performance et le résultat.

Bien sûr, le résultat ajoute au plaisir mais il faut avant tout garder à l'esprit que traverser l'Atlantique est une expérience fabuleuse et ce quelque soit le résultat.

En 2005, je me suis associé à mon ami Hervé Perroud car, au-delà de l'amitié, nous étions complémentaires sur le bateau.
J'étais là pour faire avancer le bateau le plus vite possible et Hervé se consacrait beaucoup à la navigation.
Je me souviens qu'après avoir parfaitement dégolfé sur la 1ère étape (merci Hervé pour l'option cuillère sous le vent) nous étions bien devant quand, en pleine nuit dans 45 nds d'alizé portugais, nous avons cassé notre safran au vent (choc sans doute car le safran s'est retrouvé décapité au raz de la coque). Passé le choc, nous avons décidé d'empanner et de traverser le plan d'eau pour aller vers les côtes portugaises et abandonner ainsi notre option juteuse.
Résultat; nous avons rétrogradé de la 1ère à la 20 ème place mais nous avons rejoint Madère et,  malgré la déception, il n'y eut aucune tension entre nous .
L'aspect résultat était abandonné mais il restait le côté aventure et la perspective d'une seconde manche.
En fait, il faut savoir encaisser, faire le dos rond en attendant des heures meilleures qui viennent toujours.
La seconde manche nous a bien consolés car nous l'avons remportée dans un climat euphorique de bout en bout.
Il est difficile de comparer la transat en solo avec celle en double.
En double, il est toujours possible de s'appuyer sur son partenaire et du coup la tension est sans rapport .
On peut se laisser un peu aller et profiter de chaque instant et surtout partager des moments privilégiés comme une bonne bière au coucher du soleil.

En solo, je pensais aussi me savourer une petite bière avant le coucher de soleil mais tout seul le goût n'y était pas et j'ai vite laissé tomber. La tension est forte et le plaisir vient surtout de la bonne gestion; gestion de son sommeil et de sa récupération, gestion de la nav, gestion des manoeuvres.
Tout se fait malgré tout avec de la pression car, à aucun moment, on a le droit à l'erreur.

Préparation :
Il faut essayer de rester dans la simplicité à tous les niveaux et surtout choisir le bon bateau, marin mais planant, performant mais tolérant.
En double il est encore possible de composer avec un bateau technique et exigeant (mais bon ce n’est pas très drôle!) car en permanence quelqu’un veille sur le pont près à saisir la barre ou à choquer l ‘écoute. En solo, la tolérance n’est pas la même et on s’en remet vraiment aux qualités de son bateau. 
Tous les JPK sont dessinés par jacques Valer à qui je trouve vraiment du génie . Durant ma transat solo, « Léon » mon JPK 960 m’a vraiment bluffé par son aisance. Bouquiner tranquillement dans sa banette sous spi par 30/35 nds m’aurait semblé complètement délirant avant le départ et pourtant je l’ai vécu plus d’une fois . Il s’agit de moments forts dans l’aventure où une vraie communion se crée entre le bateau et le bonhomme…

Equipement :
Une électronique sure et installée par des pros ( et parfaitement à l’abri de toute entrée d’eau) avec une attention toute particulière sur le pilote qu'il faut maîtriser parfaitement avant le départ. (idéalement un 2ème pilote en solo).
En solo, le pilote barre 90 % du temps mais, en double, il ne faut pas hésiter non plus surtout la nuit où le pilote ne faiblit jamais et finalement fait du gain sur la route.
Donc, dans les sorties d'entraînement, il faut confier la barre le plus souvent possible au pilote.

Charge :
Là encore un simple alternateur et 2 batteries (neuves) de service suffisent même en solo . Sur "Léon",  le moteur tournait 15 minutes toutes les 2 heures avec le pilote en permanence.
La charge maxi se fait au début, il est donc préférable de faire des cessions courtes et rapprochées.
Le contrôleur de batterie est un plus mais ne s'impose pas (je n'avais que le voltmètre du tableau)

Optimiser son bateau :
La transat se joue à 80 % au portant , il faut donc le privilégier. Il faut, en tout cas, faire la chasse au poids et emporter le minimum (ce n'est quand même pas le tour du monde).
La carène doit être parfaite tout comme les appendices : antifouling téfloné appliqué au pistolet et éventuellement reponcé. Une hélice bien profilée.
En cas de bi-safrans, un système de réglage pour ajuster l'écartement en fonction du vent. Un bi-safran mal réglé est une catastrophe.
Pour le près et reaching, un bon système de matossage

Spis :
Choix capital
Il en faut minimum 3 +1 code 0 et leur dessin est capital (en terme de rating le spi supplémentaire coûte 1 à 2 millièmes ce qui est dérisoire).
J'avais des grands spis symétriques North très épaulés faciles et tolérants mais passé 25 nds, il fallait être vigilant.
En revanche, derrière j'avais un spi lourd (type code 5) All Purpose de laurent Allard et dessiné par Alain Le Roux qui était une pure merveille de facilité et qui auto-régulait jusqu'à 35 nds passés.
En fait, la navigation solo tient à un bon pilote et un bon dessin de spi (avec le bon bateau, bien sûr ! )
Code 0 : le plus grand possible principalement pour serrer dans la molle (à bien préciser au dessinateur). En tissu tramé, cela se tient mieux qu'en tissu à spi.

Accastillage :
Drisses non dégainées car plus facile à dropper et pas de risque de rester coincé dans une joue de réa.
2 circuits pour bras et écoutes de spis pour les empannages (poulies de bras en avant des cadènes de haubans) mais aussi pour sécuriser avec 2 brins par côté. Je pense même qu'en solo 2 tangons à l'empannage est une chose intelligente car quand il y a 25 nds et plus on hésite, on retarde la manoeuvre, on stresse à l'avance et on gaspille de l'énergie inutilement.

Gestion du bonhomme :
Il faut vraiment s'économiser quand on peut pour garder du jus dans les moments chauds. Je me suis parfois retrouvé au petit matin un peu entamé avec l'idée d'aller dormir un peu et me retrouver coincé sous grand spi à la barre ou à l'écoute dans un grain qui dure 3 heures à plus de 30-35 nds ! Il faut avoir du jus en réserve.
D'une manière générale, la concentration qu'exige la barre demande pas mal d'énergie alors que tenir l'écoute de spi à la main pour choquer et reprendre 10 cm quand le bateau est un peu embarqué ne demande aucun effort pour une efficacité radicale.
Donc, dans les moments chauds sous spi, je préférais systématiquement confier le bateau au pilote avec un gain élevé et prendre l'écoute à la main.
Au niveau sommeil, chacun doit trouver son rythme mais des tranches de 30 minutes réparent beaucoup et, assez rapidement, on s'aperçoit que les mêmes tranches de sommeil se répètent.
D'une manière générale, il faut y aller même pas très longtemps dès qu’on sent qu'on lutte , même un peu, contre le sommeil.
Il faut, en tous, cas éviter l'accumulation car ensuite, sur les nerfs, le sommeil est difficile à trouver.
Bouquiner est un bon moyen de s'évader du bateau et donc de se conditionner pour le sommeil. Un bon réveil buzzer s'impose avec une sirène costaud.
Sur la 1ère étape, dans le rail des cargos, je dormais par tranche de 10 à 15 minutes le temps de faire un tour d'horizon entre chaque tranche de sommeil. Donc, on compte vraiment sur son réveil.

Le transpondeur radar et l'AIS (avec alarme) apporte du confort mais ça ne garantit pas des collisions à 100 %. Il faut donc rester extrêmement vigilant dans les endroits fréquentés.

S'amariner avant le départ :
Il faut éviter de débarquer l'avant veille du bureau pour s'engager en mer. S'amariner quelques jours avant le départ est impératif car on peut être très vite secoué si le vent est de la partie .
Dans ce cas, on peut perdre son énergie super rapidement et mettre un long moment à récupérer. Quand on sait que beaucoup de choses se jouent dès le début de course.
Un bon démarrage est stimulant et très bon pour le moral. Si le moral est bon, on accepte mieux les moments ingrats et durs et c'est dans ces moments là que la différence se fait.

Navigation :  
Bien sûr, les stages météo et les bouquins comme celui de Bernot sont très profitables mais il faut surtout préparer sa navigation avec un bon météo avant le départ et avec les différents scénarios qui peuvent se dérouler; la 1ère étape dure 1 semaine et il est possible de faire une nav déjà très précise avec les conseils de quelqu'un de très compétent.
Dans mon cas, le scénario s'est déroulé comme convenu dans les 2 étapes et j'ai simplement dû ajuster la trajectoire en fonction du timing et des petites oscillations. 
Il ne faut pas hésiter à faire du gain sur la route en suivant ado et refusantes . Dans les grains, il faut anticiper le bon côté car le grain expulse avec des angles très différents selon le bord sur lequel on se trouve. Tout cela est très bien expliqué dans le Bernot par exemple. Je l’avais à bord et poutant c’est lourd !

Sécurité :
Le poste doit être bien travaillé pour garantir un risque vraiment mini. C'est tout à fait possible si on respecte les règles que l'on se fixe au départ. Le problème apparaît lorsque la fatigue fait perdre de la lucidité et que, dans l'urgence d'une manœuvre, on se retrouve très exposé, surtout en solo.
L'idée 1ère est de tout faire pour éviter que les situations deviennent périlleuses et prioritairement avoir à l’esprit sa sécurité.
Cocotiers ; sur ma traversée solo, le spi ayant fait un cocotier vraiment serré pendant une sieste, j'ai dû grimper dans le mât pour défaire le nœud. Je me suis alors aperçu que mon système d'échelle en sangle était inadapté et même dangereux car l'ensemble fait des tours et n'a aucune stabilité (surtout avec 30 nds de vent). Au final et après 3 montées, j'ai fini par me mélanger les "crayons" et tomber depuis le 1er étage de BDF, par chance, sur le pont.
Mon conseil pour le matériel de crapahute : se rapprocher des spécialistes de la grimpette qui ont la connaissance et surtout le bon matos. Dans tous les cas, il faut pratiquer un peu avant le départ .
Cocotier ; un système de génois belge ou de solent envoyé limite le risque surtout quand on dort. Méfiance tout de même des mousquetons du solent qui peuvent piéger la toile à spi. Pour ma transat, j'avais gardé mon étai creux et cela m'a sauvé la mise quand, étant dans l'impossibilité de défaire le nœud du spi, j'ai démonté l'étai creux et j'ai ramené l'ensemble sur le pont après avoir libéré drisse et balancine.

Voilà un petit tour d'horizon de quelqu'un qui n'avait que très peu d'expérience du large avant 2005 et qui a trouvé ce qu'il cherchait dans ces traversées.
En double le plaisir du partage et la navigation hauturière à plein régime avec un ange gardien à ses côtés . 
En solo, des moments très forts émotionnellement avec des moments durs et des instants de grâce inoubliables. Quitter ses proches avec une boule au ventre et les retrouver de l'autre côté heureux et comblé.


Transquadra 2008/2009

Transat aller, transat retour

Après les brillants parcours des JPK 960 sur la dernière Transquadra, "Sobek", "Léon", "Obportus", "Vil Coyote" et "Zeta" sont tous revenus par la mer.


Une transat de vent portant avec un retour, majoritairement, le vent dans le nez, parfois dans des conditions très musclées.


Comme le disait Patrice Carpentier qui a convoyé "Sobek", "ce bateau est surprenant par ses qualités marines et les vitesses moyennes qu'il arrive à tenir..."


Rapide, marin, fiable, le JPK 960 est vraiment un bateau "hors normes".

 


journal de bord des JPK lors de la Trtansquadra 2008/2009

Premier bilan sur "Sobek"

un bateau sur lequel on se sent bien, 2 mecs heureux d'être en mer

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Avec un peu de recul je te propose une analyse preliminaire de la performance de SOBEK
 
Notre objectif apres la première étape était de rentrer dans les 20 au classement général.
 
Sur la base de ce que nous avions appris cet été cela parraissait possible. Il fallait finir la seconde étape autour de la 13ieme place.
 
Le résultat (8iéme à l'étape15ieme au général et second JPK à l'arrivée derrière l'intouchable Léon) est largement au dessus de nos esperances.
 
Je pense que les raisons de cette performance sont:
1. Un bon choix météo, bien réflechi et bien executé (Option Sud sur la première semaine)
2. Contre-perfomances de certains concurrents directs (exemple Akera)
3. Une vrai confiance dans le bateau et ses performances; nous n'avons jamais eu peur d'attaquer.
4. Un équipage homogène et motivé
5. Un bonne préparation du bateau et au final peu de problèmes techniques
 
Il est clair que, s'il fallait le refaire je pense que nous pourrions finir dans les cinqs!
 
Donc nous sommes super contents!
 
En conclusion:
Un grand merci de nous avoir construit un bateau qui a répondu à toutes nos attentes (et plus!)!
Un grand bravo pour ta performance et ta superbe victoire.
 
Amitiés
 


Merci à tous JP "Partouche"

11 février 2009

photo S. Mainguet
photo S. Mainguet

Bonjour à tous,

Nous nous sommes quittés alors que je contournai l’ilet cabrit à la pointe sud de la martinique 

Mon ami jacky me rejoint alors avec son catamaran et toute la famille
pour m’accompagner sur les derniers milles. Quel bonheur de deviner leurs silhouettes sur le bateau, emma et sa petite robe rouge, isaac et ses mini gambettes, sophie et ses cheveux courts…. 

Quelle satisfaction profonde, quelle émotion. Accostage hourras, explosion de joie, je suis sur un vrai nuage et je savoure chaque seconde et raconte déjà ,ty punch aidant ,les grands moments de ce voyage. ..

Le lendemain, après une vraie nuit de sommeil et en débarquant sur les pontons, j’apprends le drame qui vient de frapper  la course. Concurrent solitaire, Jean-Marc Haubois a disparu après être tombé de son bateau.

Je ne le connaissais que très peu mais sa gentillesse m’avait frappé. Nous sommes tous très affectés et tellement tristes pour sa famille et ses proches . La dure loi du large a frappé et j’éprouve un vrai malaise en repensant à ma chute qui, au final, m’aura épargné malgré quelques côtes cassées et une mini fracture au pied.

Je réalise que toutes vos ondes bienveillantes et, pour certains, vos prières m’ont protégé tout au long de mon parcours. Merci à tous.

Je vous embrasse

 jp


Remerciements de Thierry et son Vil Coyote

8 février 2009 23:27

L'aventure va se terminer dans quelques heures, il me reste 110 milles à parcourir, je devrais franchir la ligne au lever du jour ou un peu plus.
A la veille de clore ce chapitre je voulais tous vous remercier pour vos nombreux mails, près de 200 je pense. Je ne sais pas si Yoyo fera suivre ce message ou si je le relaierai moi-même mardi, mais je voulais l'écrire ce soir, sur la bête encore chaude.
Ce soir il fait un temps superbe avec juste ce qu'il faut de vent pour avancer, je viens de passer vingt minutes dehors, à regarder un beau coucher de soleil en écoutant Maxime Leforestier, juste avant j'avais ouvert ma boite mail pour lire vos derniers encouragements. 
Je veux que vous sachiez que résultat de cette course-quelque qu'il soit- vous est dû en grande partie. Je suis incapable de vous dire le nombre de fois où le moral au fond des chaussettes, vos mails m'ont requinqué, combien de fois ils m'ont donné le courage de faire encore une manoeuvre. J'espère vous avoir fait un petit peu partager mon aventure, que vous en avez ressenti les émotions, les plaisirs et parfois les doutes. 
C'était quelque chose d'assez difficile, si on me demande aujourd'hui si je recommencerai, la réponse est nette: NON. Mais chaque fois ou presque que j'ai mis les pieds sur un voilier, je me suis juré que c'était la dernière, et à peine au port......
Voilà, je vais vous laisser, je vais préparer le bateau pour sa dernière nuit, essayer de dormir un peu pour être en forme pour négocier l'atterrissage.
A bientôt
Thierry et son Vil Coyote



Des fois on échangerait pas sa place.... JP "Partouche"

8 février 2009


Droit devant qui se dessine devant mon étrave, l'ilet cabrit qui marque l'extrême pointe sud de la Martinique. Moment fort pour moi car j'ai l''impression d'avoir changé de planète depuis un bon moment déjà.. Je sens le poids de mes émotions en prenant conscience du chemin parcouru et je faisdérouler le fil de ma course .

La préparation du bateau avec le ponçage à l'eau papier 1000 pour optimiser la glisse,  les quelques footing pour évacuer le stress, le départ décevant avec un 1er choix tactique mitigé sous le vent de madère. 3h de pétole pour tout de suite se mettre les nerfs à l'épreuve. le vent qui finit par "rentrer" et la cavalcade qui commence avec souvent des nuits plus inspirées que les jours. Un bilan satisfaisant à mi parcours même si "l'ennemi Massu" dispose de 60 milles d'avance sur une option très nord, payante à court terme. Je n'ai pas ménagé ma peine jusque là et pourtant j'ai l'impression de nepas avoir toujours trouvé les bons couloirs de vent pour descendre.

L'alizé "rentre" enfin et la cadence s'accélère; le bateau fait merveille dans ce vent soutenu et son spi lourd bridé de partout. "partouche" fond sur sa proie et rien ne sembe pouvoir stopper la locomotive .

Erreur, sans raison particulière, ni plus de vent, ni plus de mer, le spi s'enroule  autour de l'étai et m'oblige à prendre des risques. Mon ange gardien sort le grand jeu et me sort de ce pétrin. Je me vois encore, exténué dans le cockpit, la cheville en vrac, le spi enrubanné sur l'étai à me dire, si tu n'y vas pas maintenant, la course c'est terminé. On puise et on trouve la ressource qu'il faut pour refuser la fatalité . En retour quelle joie profonde de s'en être sorti , plus fort et encore plus confiant.

Récompenses journalières les messages nombreux que je reçois 5//5 et qui me galvanisent.

Dernier "gros vrac" avec spi sous la quille où je me surprend à rester incroyablement calme, sans panique à couper les bouts, déchirer la toile, mettre le bateau bout au vent pour défaire le sac de nouilles sous le bateau.

Et ça repart de plus belle sous grand spi et peu de sommeil mais très vite récompensé par les milles parcourus et la progression dans les classements. Bientôt devant "massu", j'ai du mal à réaliser mais ma joie est grande. Tant qu'à battre quelqu'un  le choix est parfait!

Avant le départ on m' a souvent demandé : "quel est ton objectif ?"  Faire du mieux que je peux et nourrir aucun regret, le résultat sera le résultat. Pour moi c'est cela la compétition, chercher le meilleur en soi, se donner les moyens et nullement écraser le voisin (ceci dit avec Massu je suis moyennement honnête !) .  

Donc, nous y sommes à cette fin de course et je suis fier et heureux .Fier du résultat et heureux du Graal que j'y ai trouvé. Merci à vous tous d'avoir suivi le petit "partouche" dans son aventure.

Merci Ari de m'avoir soutenu dans ce projet, merci hervé pour toutes tes leçons de météo de cet hiver et qui m'ont été tellement profitables.

Une pensée pour ma mère qui doit être fière et qui m'a toujours poussé à "foncer" dans la vie, une autre pour solange la grand mère de sophie, décédée juste avant mon départ à l'age de ses 100 ans et dont je salue le parcours en lui dédiant cette modeste victoire.

 jp

ps: bientôt la fiesta à lorient pour fêter çà ....en attendant jacky mon ami antillais vient en cata à ma rencontre avec sophie et les enfants... Des fois, on échangerait pas sa place....





olivier et rémi sur "obportus2"

5 février 2009 17:37

la poisse continue. cette nuit nous avons mis la course en standby

tangon cassé, spi à l'eau, drisse mouflée out

grains incessants et trés violents, on fait route sous grand voile seule et on recharge nos batteries (au propre et au figuré) on laisse passer un ieme grain et on va essayer de renvoyer le spi lourd

avec le lever du soleil , le courage revient et la course reprend ses droits 

il reste  +900 milles soit 5-6 jours


olivier et rémi





spi déchiré sur "Partouche"

5 février 2009 16:29

mauvaise nouvelle sur "partouche"

le spi lourd a explosé ce matin quand le bateau est parti dans un gros gros surf et qu'il a un peu planté dans la vague en bas ! le bateau et parti au lof et le temps de reprendre la main sur le pilote, choquer les écoutes , le bars et l'écoute sous le vent du spi s'étaient ouvertes dans les claquements déments . J'enlève le tangon pour ramener le spi en avant de l'étai mais alors que je le ramène il finit par se déchirer; La drisse cède  un peu trop et voilà le bas de spi sous l'étrave qui termine sa course dans la quille et les safrans ! Un coup de bout au vent pour dégager tout çà et constater les dégats ; je n'ai définitivement plus de spi lourd. Ce spi était génial car faile à gérer et rapide, le médium est plus brutal et exigeant et au delà de 25/27nds je ne préfère pas le mettre . J'ai donc renvoyé mon vieux gennaker qui au premier claquement a explosé lui aussi sur toute sa largeur ! Je suis donc un peu dégouté car çà fait beauoup d'un seul coup. J'ai renvoyé un génois tangonné et glisse vent arrière autour de 8 /9 nds, unemisère ! En plus mon étai creux étai sur le pont depuis ma gamelle et j'ai dû rebricoler tout çà avec un bon ressac . Heureusemment j'ai un petit matelas d'avance mais la distance est encore longue . Je guette donc un mollissement du vent prévu pour bientôt et qui me permettra d'envoyer le spi maxi. Petit tracas, ne soyez pas inquiets si j perds un peu de milles aujourd'hui, demain sera un autre jour et la fin de course se disputera dans un vent plus maniable....


Je refais l'histoire du spi à l'envers et je me rends compte que j'avais déchiré de la même façon sur la 1ère étape; j'avais donc décidé de scotcher systématiquement les mousquetons mais dans leclaquement ils n'ont pas résisté !


J'aurais aimé voir ma tête quand après avoir remis le bateau à son cap, le spi en l'air, je borde l'écoute et rien; je me jette sur lebras et là rien non plus , j'ai vite compris que c'était mal emmanché ca il y avait 35 nds à ce momment là.  La mer reste forte mais le vent semble mollir un peu, je vais préparer tranquillement l'envoi du spi  si je vois que ça dure; je vais aussi me préparer un sac près de la barre pour pouvoir rester un moment si le vent reste limite fort....


A part ça tout va bien !


jp 




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