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WE de Pâques : du vent et des résulats ! SNIM, Solent Race, Spi Ouest France, les JPK ont cartonné ce week end...

Spi Ouest France 2016 mission accomplie avec 4 podiums et 2 victoires .

IRC double : 1er "Charline" JPK 1010 de Patrice et Jean-François Hamon 2ème "Alligator for ever" JPK 960 de Bruno Recoules et B. Lanet
IRC 2 : 1er "3 Développeurs Immobiliers" JPK 1080 chantier
IRC 3 : 3eme "Cocody" JPK 1010 de Richard Fromentin

"3DDI" JPK 1080 chantier
"3DDI" JPK 1080 chantier

En IRC 2 il nous tenait à coeur de réaliser un bon Spi Ouest France car l'an dernier nous n'avions pas pu jouer la gagne avec nos spis asymétriques face à "Dream Pearl " le sister ship malouin.
Dans la classe cette année pas mal de concurrence avec 4 "bons" 1080, le redoutable 40.7 "Penkoet", les A 35 "optimisés" et surtout le nouveau J 112 "chantier" mené par Didier Le Moal.
La météo annonce baston pour dimanche /lundi et on comprend vite qu'il va falloir être très bon dès le début de l'épreuve vendredi car toutes les manches risquent de compter...
A bord de 3 DDI je tiens la barre pour la 1ere fois depuis toutes ces années de Spi Ouest où, en géneral, je fais la tactique. Mon pote Alex Loison n'étant pas libre pour le Spi pour cause d'AG2R, j'ai avancé d'une place dans le bateau pour laisser le poste de tacticien à Christian Pontieux. Christian a réalisé comme toujours le "sans faute" et cela nous a beaucoup aidés. Dans l'équipage, nous sommes 4 du chantier JPK avec Kévin (Tritschler) , jean-Mich (Pautrec) et Fred (Espagnon) + les copains Arnaud (Aubry), Jean-Louis (Couedel) , Jérôme (Aubert). Une équipe "au top" nécessaire car pour battre le J 112. Dans ses conditions, il ne va pas falloir mollir !
Vendredi le vent SO 9/13 nds est oscillant .
1ere manche : peu de temps après le départ, Christian nous fait virer pour nous dégager à droite et aussi éviter la flotte des IRC 1 qui partage nos départs. Clairement, ça fait la cuillère par en dessous et on décide de pousser le bord. En haut, nous sommes 3eme scratch soit devant quasi toute la flotte des IRC 1 et 2 ! Ca commence bien...
On gère l'avance jusqu'à l'arrivée pas mal gêné parfois aux bouées par les gros IRC 1 rattrapants.
Au classement, nous sommes 1er réel mais classé 2 eme du compensé derrière "Musix " le Grand Soleil 37. Apparemment, une erreur s'était glissée dans la feuille de pointage...
Manche 2 : même vent, départ bas de ligne, on arrive à contenir les "gros" et à les pousser à virer. La voie est libre pour pousser le bord à gauche. Christian attend la rotation Sud et, en effet, nous sommes dedans au moment de pousser la barre. Au 2/3 du bord nous sommes loin au vent de la flotte car ça a cisaillé, notre babord étant nettement meilleur que celui de la flotte. A 200m de la bouée, le vent revient fort sur l'ouest et le gros bénéfice est perdu ! 3 eme là haut derrière le J et le A 35 d'Antoine Croyère, nous nous appliquons à revenir. Le bateau va vite dans ces 13 nds de vent mais les voiles Europ Sails de mon ami Laurent allard sont fines et en dessous de 10 nds ça devient plus compliqué ... Le J est un poil plus à l'aise que nous au près quand le vent descend et en bout de manche nous sommes 1 minute derrière.
Manche 3 : bon départ de nouveau mais nous restons axés sur la remontée pour parer les oscillations et marquer nos concurrents. Devant là haut, toute la manche va être sous pression car les écarts avec le "J" sont très faibles pour un rating équivalent. Les autres 1080 pointent leur nez avec "Dream Pearl" d'Eric Mordret et Arnaud Delamarre. Ils vont vite mais sur les choix de bords, je pense que Christian est bien au dessus... Au 2 eme tour, nous sommes 3 longueurs devant mais le spi sort un peu tôt de la soute et il va faire quelques tours et donc cocoter sévèrement à l'envoi ! Résulat 3 longueurs de retard une fois le spi établi ... rageant car nous sommes maintenant bloqués derrière et sur le près suivant "J Lance" nous mettra systématiquement dans "ses fumées" !
Au général, nous sommes 1er et contents de l'être car il ne fallait pas rater cette journée...
Samedi le vent souffle à 25/30 nds et les organisateurs décident d'envoyer sur l'eau uniquement les IRC 1,2 et 3. Un côtier musclé nous attend. Départ "prudent" sous règle noire nous naviguons sous génois lourd et GV haute malgré les 28/30 nds de Sud en anticipant les 2 longs bords de reaching qui suivront ce 1er près de 2,5 milles. Le bateau est chargé mais nous arrivons à passer 2 là haut derrière l'autre "J lance" à 1 longueur et devant "Time Line" à 1 longueur. "Time Line " est le 1080 de Marc Alperovitch et, pour l'instant, ils n'ont pas eu beaucoup de réussite. Sur ce 1er reaching, nous butons sur la vague du J un peu "collé" et "Time Line" en profite pour nous dépasser au vent dans un surf. Vexés (!) nous lui accrochons le tableau et, 2 minutes plus tard, nous le repassons aidés par notre génois. Course de petits chevaux jusqu'à la "Chimère" où le vent s'oriente à 125 ° du réel. avec 35 nds de vent ça risque d'être chaud pour le spi lourd symétrique. Nous n'avons pas de code 5 donc on se prépare à l'envoi . Derrière le ménage est déja fait et à part "Time Line" déja décroché il n'y a pas danger. La bulle est quand même envoyée et ça déboule fort sur "3DDI". Pointe max à 18.9 nds presque sur la route. Quelques petits départs au tas mais on revient comme des balles sur les IRC 1. Les "buissons de méabans" sont passés en "bord breton" spi fasseyant avant de réabattre derrière pour viser l'arrivée. Avec 6 minutes d'avance à l'arrivée, nous sommes super contents... "Time Line" termine 2eme et les autres 1080 font 4 et 5 ce qui prouve l'aisance du bateau sur les allures ouvertes...
A ce moment, le Spi est terminé mais nous le le savons pas encore...
Une dernière tentative sera tentée dimanche matin par les organisateurs pour étoffer le nombre de manches mais avec ce temps à grain c'était un peu risqué. De fait, 53 nds à l'anémo pendant un gros grain (nous étions couchés sous solent seul !) prouve qu' il était sage d'arrêter là.
Pour le chantier, le bilan est super avec les victoires en IRC double et IRC 2.
En IRC 3, on regrette bien-sûr l'OCS de "Foggy Dew" le JPK 1010 de Noel Racine qui avec OCS, 5 eme, 1er et 1er était le seul à pouvoir contenir Daniel Andrieu sur son 3200 mât carbone.
Heureusement, "Cocody" de Richard Fromentin se place sur le podium après avoir bien dominé les entrainements d'hiver. Seul regret pour Richard la manche 2 où ils sont loin devant quand ils repartent au près pour un 3eme tour alors qu'ils étaient sur une banane à 2 tours ! Résultat 10 ème au lieu de 1 à la manche et la place de 2 au général qui leur échappe.

Sur 3DDI, on retient un vrai grand plaisir à naviguer ce WE avec une équipe au top, sur un bateau génial et qui plane (pour Christain une 1ere de planer comme ça sur un bateau d'IRC).
Bravo aussi à Jacques (Valer) à qui je pense toujours quand le bateau drope comme ça...


JPK 1010 "Charline" de P. et J.F. Hamon IRC double
JPK 1010 "Charline" de P. et J.F. Hamon IRC double
JPK 1080 chantier "3DDI"
JPK 1080 chantier "3DDI"
Remise des prix IRC2 JPK 1080 "3DDI"
Remise des prix IRC2 JPK 1080 "3DDI"


2016 RORC Easter Challenge

Victoire de "Sunrise" JPK 1080 de Tom Kneen 2ème "Strait Dealer" JPK 10.10 de David Franks

Tom Kneen
"We've only had the boat for four weeks and she's just astonishing - very very fast and in quite difficult conditions."

"Sunrise" JPK 1080
"Sunrise" JPK 1080

"This is the first time I have won a yacht race - which is why we're drinking at 1100!" enthused Sunrise's skipper, Tom Kneen.

Despite a strong challenge from David Franks' JPK 10.10 Strait Dealer, which claimed three bullets in five races, it was the newer, larger JPK 10.80 Sunrise that prevailed in IRC Three, winning today's race.

 

 


RORC RESULTS

Jean-Pierre Kelbert : « On a une bonne étoile » Ouest-France 28/03/2016

Recueilli par Jacques GUYADER

Spi Ouest - France Destination Morbihan. Vainqueur de l’épreuve en IRC2, le Constructeur-navigateur surfe sur une insolente réussite depuis un an.

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Savez-vous combien de bateaux de votre chantier participent au spi ?
Non je dirais une vingtaine… 22 ? ah oui, quand même, c’est pas mal.

Auriez-vous imaginé un jour qu’un bateau portant votre nom et votre patte gagne Sydney-Hobart dans sa catégorie et finisse 2e toutes catégories ?
Non ! Au départ de l’histoire de notre chantier, on n’était pas pari pour faire des miracles. On avait juste une idée en tête, on espérait qu’elle était bonne, et on se disait que l’aventure méritait d’être vécue. On a dessiné ce bateau avec Jacques Valer et une équipe de shaper qui fabriquaient des planches à voile avec moi. On ne s’est jamais projeté très loin, mais quand on regarde en arrière, il faut reconnaître que les choses se sont bien goupillées. On a une bonne étoile depuis le début. c’est surtout la rencontre avec Jacques Valer, l’architecte, qui est l’élément fort. On est bien complice, on a une super équipe au chantier… De là à imaginer que l’on gagnerait un jour la Sydney-Hobart…

Vous étiez à bord lors de l’épreuve en plus
…Oui. Courir cette épreuve mythique c’était une idée de Gery Trentesaux. ce qui prouve au final que ce bateau, le JPK 10.80, si c’est un bateau très performant en IRC en France et sur les courses du Rorc (Fastnet), il n’y avait pas de raison qu’il ne le soit pas sur une Sydney-Hobart.

Le bateau avait déjà gagné le Fastnet au printemps…C’est dingue ! En plus on gagne overall, c’est-à-dire toutes catégories. Ce que l’on aurait aussi probablement fait avec l’autre bateau, Courier du Léon, si on avait pu naviguer avec là-bas, car c’était un bateau mieux préparé. Mais il faut dire que les équipages de Gery sont toujours de haut niveau. Il est bien entouré avec Alexis Loison à la tactique et François Lamiot, excellent barreur, qui, en plus, dessine les voiles All Purpose. Tout gagner sur une saison en IRC, je me demande comment on va faire pour faire mieux l’année prochaine.

Ces excellents résultats en IRC ont-ils des conséquences sur l’activité de votre chantier ?
Déjà, on n’a pas à prouver que les bateaux marchent bien puisque les résultats sont-là. Après les bons résultats sur les courses internationales ont des effets sur les marchés étraners pour nous, c’est clair. Il a trois ans, on ne vendait quasi exclusivement qu’en France, aujourd’hui, les quatre derniers bateaux que l’on a livré sont pour des Anglais, des Irlandais, et les quatre prochains aussi. En plus ce sont pour des bons navigateurs qui vont gagner des courses, dont faire de la pub… on est dans un cercle vertueux. Cela profite aussi aux autres modèles du chantier, destinés ceux-là à la croisière.

Combien de bateaux fabriquer vous par an?
Là on est sur un volume d’une vingtaine de bateaux par an.

Et quelle est la part des JPK 10.80 là-dedans ?En ce moment on ne fait presque plus que ça. On doit donc être à une quinzaine. Mais, on a concentré la fabrication sur ce modèle car on avait une grosse demande. Mais on va lancer un nouveau bateau de 39 pieds spécialisé pour les courses IRC.

Vous avez gagné la 3e manche et vous allez remporter le Spi Ouest-France en IRC 2
…Oui, samedi matin, on a fait une super manche, il y avait pas mal de vent, on a fait des pointes à 19 nœuds sur le dernier bord… c’était génial. On avait un autre bateau dans les pattes, le J112 de Didier Le Moal qui était redoutable, surtout sur les parcours banane. Mais on a réussi à le contenir, mais c’est vrai qu’on a couru que trois manches.


www.ouest-france.fr/sport/jean-pierre-kelbert-une-bonne-etoile-4127624

Retour en images sur une saison folle

Interviewé dans le nouveau Voiles et Voiliers, son constructeur, Jean-Pierre Kelbert, revient sur cette année incroyable.

2015 restera marquée d’une pierre blanche pour le chantier JPK qui, avec le JPK 1080, a enfilé les premières places comme des perles jusqu’aux Antipodes.

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Les JPK ont depuis longtemps affiché leur aisance en course et peuvent s’enorgueillir d’un sacré palmarès au Spi Ouest-France ou dans les courses du RORC. Mais l’année 2015 a été tout à fait exceptionnelle en termes de résultats pour le JPK 1080, qui a remporté le Fastnet toutes classes et même la Sydney-Hobart (dans sa classe), soit les deux courses au large en équipages les plus prestigieuses. Un succès à mettre au crédit d’un dessin très réussi de Jacques Valer et d’un équipage ultracompétent emmené par un skipper formidable, Gery Trentesaux. Jean-Pierre Kelbert, constructeur et coureur à la fois, revient sur les moments forts de la saison.


Vidéo à la Hune

JPK 45 FC - Phase 3 - janvier 2016

La carène du JPK 45 FC vient d'être infusée sans problème dans le moule de coque.

Bravo à Kévin et à toute son équipe car il n'était pas simple de faire passer les 750 kg de résine avec la complexité du plan de drapage,la ventilation des différentes âmes de mousse airex et la structure de fond
de coque particulièrement blindée.

infusion coque
infusion coque

Au final, le poids de résine correspond à 10 kg près aux calculs de Jacques !

Dans l'autre atelier, la préforme de pont est à son tour bientôt en voie d'achèvement. Fidèle à sa démarche habituelle, le chantier a fait évoluer le plan de pont "in situ". Le travail effectué en collaboration avec YOS Ingéniérie pour la partie plans et avec Naviline pour la partie fourniture a permis d'approcher ce qui nous semblait être l'optimal en terme d'ergonomie, d'esthétique et
de volume. A partir de la préforme "base" issue des plans nous avons ensuite revalidé tous les postes en corrigeant "in situ" de nombreuses valeurs pour obtenir comme sur une maquette échelle 1 le résultat attendu : un cockpit multifonctions avec poste de veille confortable, assises généreuses, consoles de manoeuvres efficaces et chemin de bouts fluide. A l'AR, un poste de barre ergonomique alliant vision optimale autant en navigation qu'au port lors des manoeuvres. Le roof aussi a été corrigé avec un léger galbe fluide laissant place à des passavants plus larges pour assurer un passage aisé malgrè les cadènes de haubans sur le livet.
Bref, le résultat répond aux attentes !
La préforme sera bientôt au moulage après une bonne cession de ponçage/lustrage/finition et cirage....



Construction JPK 1080

Pose d'une petite caméra GoPro pour suivre « en timelaps » la construction d’un JPK dans le chantier pendant le mois de février 2015.

Ces images sont exploitées uniquement en accéléré sur une minute dans le cadre de l’exposition permanente de la Cité de la Voile



Victoire de "Courrier Léon" JPK 1080

Rolex Sydney-Hobart 2015

1er dans sa classe IRC4
2ème overall
BRAVO !!

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Très grosse satisfaction de l'équipage mené par Géry Trentesaux, Pierre Ghewy, Alexis Loison, François Lamiot, Franck Legal, Jean-Pierre Kelbert et Michel Quintin le propriétaire du bateau.



JPK présent au BOOT de Dusseldorf

Les effets des résulats sur la Sydney/Hobart et du Fasnet 2015 notamment profitent au rayonnement du chantier à l'étranger...

Présents à Dusseldorf avec un JPK 38 nous avons pu mesurer la cote du chantier sur ces nouveaux marchés de l'Europe du Nord.
Nous sommes revenus emballés de ce salon qui brasse un monde incroyable avec des visiteurs très connaisseurs.

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4 ou 5 fois grand comme le Nautic de Paris, le BOOT rassemble tous les fabricants européens. Le bilan est excellent en terme de ventes et de qualité de contacts pour le futur. L'offre habituelle étant assez "classique" nos modèles présentent une alternative entre la performance et le confort.
Tout est question de positionnement de curseur car si les amateurs de voiliers évoluent vers les bateaux plus légers et planants, ils demeurent très exigeants sur la qualité notamment des détails et de la finition.
Bref, la philosophie générale de nos produits a véritablement de l'avenir mais il reste à encore travailler et améliorer ce qui peut l'être.
Avec l'arrivée prochaine du 45 FC et vu le nombre de prospects plus qu'intéressés par le concept, le challenge est passionnant pour toute l'équipe JPK.



BOOT DUSSELDORF voilesetvoiliers.com

Le Boot, le salon nautique européen par excellence

En visitant le JPK 38, construit par JPK Composites – chantier présent pour la première fois à Düsseldorf –, nous apprenons que les visiteurs du Boot, déjà bien informés, se sont montrés très intéressés par ce bateau.

JPK 38 exposé au Boot
JPK 38 exposé au Boot

Au terme des premières journées du salon, le bilan de ce chantier est positif : un nombre de contacts intéressant, des demandes de visites de chantier et de tests en mer.


VOILES ET VOILIERS

RETOUR SUR LA ROLEX SYDNEY-HOBART RACE À BORD DE « COURRIER LÉON », JPK 10.80

Par Alexis LOISON, skipper professionnel

Partir un mois à l’autre bout du monde pour 4 jours de régate … drôle d’idée ??

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Peut-être, surtout quand on sait qu’il s’agit de la mythique Rolex Sydney-Hobart, surnommée le Fastnet des antipodes, et surtout réputée pour ses conditions très hostiles malgré la saison estivale. Voici comment cela s’est passé :

Équipage :

Skipper+Barreur : Géry Trentesaux
Propriétaire et Piano : Michel Quintin
Régleur de GV+Barreur (et maître-voilier du bateau, Voilerie ALL PURPOSE) : François Lamiot
Régleur de voiles d’avant + Barreur (et constructeur du bateau) : Jean-Pierre Kelbert
N°2 + Barreur + Régleur (et en charge des nombreuses communications radios avec l’organisation, désormais mondialement célèbre pour son « french accent » ) : Franck Legal
Équipier d’avant (acrobate et unique gardien de sa plage avant) : Pierre Ghewi
Navigateur+Barreur : moi-même (Alexis Loison)
Mi Octobre, Le skipper des fameux « Courrier … », Géry Trentesaux qui n’est autre que le vainqueur du Fastnet 2015, me propose le poste de navigateur (en charge de la météo, tactique et stratégie à bord) sur cette compétition dans les mers australes. Gros challenge que j’accepte de relever sans hésitation. D’autant plus que le bateau armé pour l’occasion, le JPK 10.80 de Michel Quintin (star de la planche à voile il y a quelques années) est basé en Nouvelle Calédonie. Il faut donc commencer par délivrer le « colis » à Sydney. Après un convoyage paisible d’une semaine avec mon super pote Jean-Cloooode Fossey que tout le Team remercie pour sa disponibilité, l’équipage prépare le bateau avec soin. On passe une semaine à tout mettre en ordre sans vraiment profiter de Sydney, mais l’objectif est clairement la victoire dans notre catégorie et plus si affinités, donc pas de tourisme !!!

La météo annoncée est claire : on va en ch… !! Du vent portant soutenu au début, une rotation brutale du vent pour être au près serré, vent contre courant dans une mer démontée et des vents qui frôlent les 40 nœuds pendant 36/48 heures, pour ensuite laisser place à du tout petit temps avec un vent faible à nul et qui passe par toutes les directions possibles. Et en plus, les systèmes météo tournent à l’envers de ceux de l’hémisphère nord. Un vrai casse-tête !

Après un dernier briefing météo où l’on discerne dans les regards des skippers et de leurs navigateurs respectifs de l’excitation mais aussi de l’appréhension, le départ est donné le 26 décembre à 13 heures. Quel spectacle !!! Des milliers de bateaux sur l’eau, les rives de la baie sont noires de monde, des hélicoptères survolent le départ pour le retransmettre en direct. Une ambiance sans équivalent !! Pas d’autre mot, c’est magique !! Nous prenons un bon départ et nous sortons très bien de la baie, c’est un vrai bazar !! Nous sortons en tête de notre groupe et malgré la petite taille de Courrier Léon par rapport aux autres concurrents, ça commence très fort ! La première nuit arrive, je surveille l’arrivée du front froid et du changement brutal du vent. En moins de 10 minutes, on passe de Spinnaker Maxi avec 25/28 nœuds de Nord Nord-Est et des surfs à 13/15 nœuds à 40 nœuds de Sud Sud-Ouest et comme voilure, ORC + 2 ris dans la GV, soit presque 70 % de voilure en moins … On gère super bien ce passage, s’en suit alors une longue et pénible période où barreurs et régleurs se relaient dans la « braffougne ». Le Jour se lève, le bateau fait route parfaitement, on apprend être 23ème au scratch en temps réel et potentiellement en tête en temps compensé. Notre plus féroce concurrent, Wild Rose (vainqueur toutes classes en 2014 de Sydney-Hobart quand même !!) est 2 milles derrière, nous sommes plus que dans le match !!

Lors de la deuxième nuit, nous sommes habitués à ce vent et à cette mer démontée mais tout l’équipage est particulièrement ravi quand je lui apprends la nouvelle : demain il y aura 5 nœuds de vent, voire moins !! Bizarre pour des marins d’être contents de ne plus avoir de vent mais cela a permis de se refaire une santé et de réparer les petites casses du bord. Et surtout que nous sommes en plein dans le détroit de Bass, l’un des pires endroits au monde pour naviguer en cas de mauvais temps . On a passé la nuit à remettre progressivement toute la toile, Pierre, Franck et Michel nous font des changements de voile «mieux que dans le manuel» et après s’être fait rattraper par quelques concurrents opportunistes dans le vent absent, on s’applique, concentration/motivation/détermination/extermination sont les seules pensées de la dream-team.

On repart alors de plus belle le troisième jour sous Spi asymétrique au largue serré dans du vent bien établi, « sur les portières » comme on dit. Et avec toute modestie, on leur colle cette fois un caramel !! Il n’y aura plus qu’à les contrôler à distance (sachant que ce n’est pas simple avec les « ratings » qui sont les coefficients attribués au temps réel d’arrivée de chaque bateau et qui permettent ainsi d’avoir un classement « en temps compensé » afin d’égaliser les chances des bateaux de taille, de poids et de surface de voilure différents). Ça, c’est la théorie bien sûr ! Car du coup, les bateaux ne rencontrent pas forcément les mêmes conditions météo quand la régate dure plusieurs jours. Et nous craignons dans notre classe le retour d’Azzuro, un « vieux » Sparkman & Stephens 34 refait à neuf, mené par des furieux, plus petit bateau de la flotte mais qui a du vent très favorable depuis le début !

Le quatrième jour, la Tasmanie est en vue. Les conditions sont superbes et après une quatrième nuit dure pour les nerfs dans un vent très changeant, nous déboulons sous spi max et sous le soleil ! Chapeaux, crème solaire, lunettes de soleil, dauphins, c’est parfois cool en fait les 40èmes rugissants ! Maintenant, on y voit plus clair sur notre ETA et c’est chaud !! Azzuro est toujours dans nos pattes ! En revanche, la bonne nouvelle c’est que notre position pour le classement overall a de l’allure. Les gros ratings sont restés coincés dans la baie d’Hobart toute la nuit et on peut donc encore rêver !! Surtout que le timing d’arrivée dans la baie est parfait pour nous car le vent thermique y est très bien installé. On déboule à 9/10 nœuds de vitesse vers l’arrivée, pile-poil pour l’heure de l’apéro (encore une histoire de timing, pas pour rien que la régate est sponsorisée par Rolex !). Comme chaque bateau, nous sommes accueillis en héros par tout Hobart ! C’est vraiment quelque chose de fort pour l’Australie cette régate !

En arrivant, nous sommes alors pour le moment classés second de l’overall derrière Un TP52 Australien nommé Balance, ce qui est donc une superbe perf pour nous mais nous ne sommes pas encore totalement à la fête, car ce foutu Azzuro est annoncé arriver dans quelques heures seulement et est en passe de gagner la Sydney-Hobart en overall et donc dans notre classe !!! Mais y aura-t-il du vent dans la baie cette nuit ?

Après une bonne nuit réparatrice, les nombreux sms nous réveillent. C’est l’euphorie pour tout l’équipage !! Courrier Léon est annoncé vainqueur de la Rolex Sydney-Hobart en IRC 4 pour seulement 6 minutes et quelques secondes sur plus de 4 jours de course et second toutes classes confondues … On l’a fait !!!

Quelle chance pour moi d’avoir pu naviguer là-bas, sur un bateau magique réalisé par mon ami Jean-Pierre Kelbert et en compagnie d’excellents marins menés par un très grand Géry Trentesaux que je ne remercierai jamais assez de m’avoir fait confiance pour ce poste de navigateur !

ALEXIS LOISON



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